« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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25 mars 2011

James Dean fut victime d'agressions sexuelles, selon Liz Taylor

25/03/2011
AFP

L'acteur James Dean avait été agressé sexuellement par un pasteur durant son adolescence, avait assuré Elizabeth Taylor dans un entretien dont la teneur ne devait être publiée qu'après sa mort, survenue mercredi à Los Angeles.

Liz Taylor, décédée à l'âge de 79 ans, avait fait cette révélation sur son partenaire de "Géant" (George Stevens, 1956) lors d'un entretien accordé il y a quatorze ans à l'auteur Kevin Sessums.

"J'adorais Jimmy. Je vais vous dire quelque chose, mais il ne faut pas le publier avant ma mort, OK?", aurait affirmé l'actrice, citée vendredi par Kevin Sessums dans un entretien publié par le magazine en ligne Daily Beast.

"Quand Jimmy avait 11 ans, après la mort de sa mère, il a commencé à être agressé sexuellement par son pasteur. Je crois que cela l'a hanté toute sa vie. En fait, je sais que cela l'a hanté. On en a beaucoup parlé", a-t-elle dit.

"Pendant +Géant+, on restait éveillés tard dans la nuit, on parlait beaucoup et c'est l'une des choses qu'il m'a confiées", a-t-elle ajouté.

James Dean, décédé dans un accident de voiture en 1955 à l'âge de 24 ans, est resté l'incarnation du rebelle pour toute une génération de cinéphiles, après avoir joué dans une poignée de films, dont "A l'Est d'Eden" (1955) et "La fureur de vivre" (1955).

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5 février 2011

J’ai une peine immense, cette nuit – dévoilement – par RPL


Je me suis trompé. J’ai espéré un appui, une solidarité qui n’est pas venue. La banque d’amis supposés, obligée de faire quelques heures supplémentaires, bénévoles s’entend, a gardé l’épargne disponible pour elle.
J’ai fait ce que j’ai pu, de la façon la plus transparente possible, avec des torrents de mots – trop peut-être, j’ai compris là-dessus que trop de mots lassent, qu’un texte trop long est lu en diagonale, que personne n’a de temps à perdre avec l’imprévu, encore moins avec les histoires douloureuses des autres.
« Pourquoi toi ? » C’est classique.
J’aurais peut-être dû agir autrement, me taire, ne me conformer qu’aux convenances, ne penser qu’aux autres, qu’à leur droit absolu de ne jamais être inquiété - je veux dire, ici, bousculé dans leur quiétude.
J’ai risqué, je me suis trompé, j’ai perdu – ou pour reprendre ici le mot qui m’a été servi : j’ai «
raté », j’ai failli, d’autres ont vite bâclé l’affaire, ce sont là des économies de faites, après tout.
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Autres billets de Chroniques amnésiques et autres mémoires vives
Laurent de Villiers une résistance hors du commun
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29 décembre 2010

Les aveux de François Houtart : Comment va la victime de ces "attouchements" par inceste ?

mercredi 29 décembre 2010
Voici la lettre que le « chanoine rouge » nous a adressée, nous confessant qu’il avait abusé sexuellement d’un cousin, mineur, il y a 40 ans.
Par Ricardo Gutiérrez
« Le message de ma cousine était un rappel que seul je pouvais comprendre. Il y a environ 40 ans, rentrant d’une conférence dans le sud du pays, je fus invité par ses parents, aujourd’hui décédés, à loger chez eux, dans la région de Liège. En traversant la chambre d’un des garçons de la famille, j’ai en effet touché ses parties intimes à deux reprises, ce qui l’a réveillé et effrayé. Ce fut évidemment un acte inconsidéré et irresponsable. »

« Dans les jours qui suivirent, j’eus des contacts avec mes cousins, ses parents, respectivement à Louvain et à Liège. Pour une part, j’étais préoccupé des conséquences pour leur fils. C’est alors qu’ils me dirent qu’il avait été vu par un psychologue. Par ailleurs, cet événement m’avait aussi bouleversé personnellement, car j’étais conscient de la contradiction que cela signifiait avec ma foi chrétienne et ma fonction de prêtre, auxquelles j’étais profondément attaché. Je leur dis que j’étais prêt à renoncer à l’exercice du sacerdoce et d’assumer toutes les conséquences. Je n’ai donc jamais pensé, ni affirmé, que c’était une situation normale ni ordinaire. »

« Ils me proposèrent alors de consulter un professeur du grand séminaire de Liège, prêtre et psychologue. Celui-ci me conseilla de rester dans le sacerdoce et de me concentrer sur les tâches universitaires en sociologie des religions. J’avais alors le choix entre le travail purement académique dans le domaine ou une tâche en liaison avec l’engagement social. En vertu des problèmes existant surtout dans le tiers-monde et que j’avais pu côtoyer, c’est la deuxième option que j’ai choisie. Je l’ai menée de toutes mes forces au cours de ces quarante années, je crois pouvoir le dire, sans désir de protagonisme personnel, mais sur la base d’une conviction profonde, à la fois sociale et religieuse. »

« J’ai toujours été fort reconnaissant de l’attitude de pardon de mes cousins, qui me permit de continuer cet engagement. Dans une conversation récente avec celle de leurs filles qui avait pris le contact, celle-ci me rappela que, pour ses parents et sa famille, pardon ne signifiait pas absence de souffrance, ce que je reconnus, en demandant que sa génération puisse aussi accepter ma demande de pardon. »

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25 octobre 2010

Allison Arngrim, alias Nellie dans La Petite Maison dans la prairie, parle de l'inceste qu'elle a subi

De 1974 à 1981, Alison Arngrim a incarné la petite pimbêche de La Petite Maison dans la prairie, Nellie Oleson. La fillette est aujourd'hui une femme de 48 ans qui publie un livre : Confessions of a Prairie Bitch : How I survived to Nellie Oleson and Learned to Love Being Hated (Confessions d'une garce de la prairie : Comment j'ai survécu à Nellie Oleson et appris à aimer être détestée). Son livre ne s'arrête pas à des anecdotes mais dévoile aussi de terribles souffrances.

Dans ce livre, elle parle donc de la difficulté d'être une petite fille haïe par tous les téléspectateurs : "Avoir 11 ou 12 ans et avoir tout le monde qui t'appelle garce tous les jours est très étrange", raconte-t-elle au cours de l'émission The Today Show. Cependant, son personnage lui a permis de grandir et d'affronter des épreuves : "De petite fille timide, abusée et peureuse, je suis devenue une grande gueule, active politiquement aujourd'hui."

En effet, Alison a vécu le pire en subissant un inceste. En 2004, elle a déclaré lors de l'émission de Larry King avoir été abusée par un membre de sa famille. Elle n'a pas voulu le nommer mais a précisé qu'il ne s'agit pas de ses parents. Dans son livre, elle revient sur cet épisode pour mieux l'exorciser. Elle est devenue ainsi très investie pour des causes humanitaires comme la lutte contre la maltraitance des enfants et le Sida.

La pétillante Alison a donné un spectacle - Confessions d'une garce de la prairie - qui a même eu lieu en France. L'actrice revient sur les secrets de la série avec un humour décapant. Elle parle notamment de Michael Landon, le célèbre Charles Ingalls qui offre une image bien différente quand les caméras sont éteintes : "Il fumait, il buvait, il racontait des blagues salaces." Elle est par ailleurs restée très bonne amie avec Melissa Gilbert, Laura Ingalls dans la série.
Pour lire l'article, cliquez sur l'image de Nellie Olson

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19 juillet 2010

Marilyn Monroe accused Gobbard of sexual abuse & again by both of Brunings sons

Marylin was born in L.A. on June 1st 1926. She was named Norma Jeane Mortenson, but her mother baptized her as Norma Jean Baker because her father was never around.

Gladys was not able to take care of Marilyn because of economic and emotional problems, so she left her with her adoptive parents Albert and Ida Bolender, who lived in Hawthorne, California.

When Gladys solved her problems and bought a house of her own, she took back Norma Jeane, but after a few months she (Gladys), suffered a nervous breakdown and Norma was given to Grace McKee, her best friend. It was Grace who promoted the little girls interest for the movies and who pushed her to become an actress in the future.

Later in 1935 McKee married Ervin Silliman Goddard and moved to the US West Coast, so the girl was given to other family in custody. 2 years after her wedding, Grace took the girl back with her, but months later she again gave the custody of the girl to someone else, this time her uncle Olive Bruning, after the little girl accused Gobbard of sexual abuse. By the age of 12 the little girl was sexually abused again by both of Brunings sons.

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3 mai 2010

2 millions de victimes d'inceste par Bernard Reynaud

lundi 3 mai 2010
Un numéro du Nouvel Obs daté du 29 avril au 5 mai 2010, riche en informations
…/…
6°) dossier "Inceste l'enfance assassinée" dans le TéléObs en PJ : 2 millions de victimes, peut-être "1 enfant sur 10... 4 d'entre eux sur 10 (soit 8 fois plus que la moyenne) feront une tentative de suicide [ce que POMMEREAU avait démontré au Centre ABADIE de Bordeaux]
"Le mot clé, c'est la perversion... au sens moral du terme : manipulation, double jeu, double lien, injonction paradoxale : tous les ingrédients qui font que, psychologiquement, on puisse aliéner quelqu'un sans jamais faire preuve de la moindre brutalité."
page 5 "Nicolas... son oncle... l'a offert en sacrifice à dix hommes de la secte satanique à laquelle il appartenait... [c'est donc confirmé noir sur blanc par le Nouvel Obs du 29 avril au 5 mai 2010]"… Entre 30% et 80% des abuseurs auraient été abusés..."
La Croix 10/5/2010 page 10 : "... 98% des victimes d'incestes se sentent ou se sont senties "régulièrement très déprimées"... les victimes d'inceste souffrent de multiples pathologies... 93% des victimes d'inceste affirment "avoir régulièrement peur des autres ou peur de leur dire non"… " Étant enfant, la victime s'est structurée avec le fait que la personne censée être là pour aimer est l'agresseur... Aussi quand la relation amoureuse se stabilise, cela fait peur"... les victimes ont également une peur terrible de devenir parents... 85% des victimes souffrent de douleurs chroniques... 86% d'entre elles affirment avoir eu des idées ou pulsions suicidaires et 53% ont déjà tenté de se suicider, à une ou plusieurs reprises... les victimes attendent en moyenne 16 ans avant de révéler leur agression, 22% attendent même plus de 25 ans..."
Pour lire le billet, cliquez sur le logo Information Bernard Reynaud
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9 février 2010

Aider une victime de traumatismes anciens et répétés : inceste par l'Institut de Victimologie

Les conseils utiles

Un problème de confiance

Si un de vos proches vous confie avoir été victime d'agressions répétées comme des actes de maltraitance infantile et/ou d'inceste, comprenez qu'il s'agit d'une marque de confiance qui engage définitivement la qualité de votre relation.

Quel que soit son âge, il a déjà tenté au moins une fois de révéler les faits et de chercher de l'aide sans succès. D'autre part, s'il s'agit la de révélation de faits anciens, ces derniers ont souvent été commis par un adulte qui aurait dû l'aimer et le protéger. De ce fait, la victime d'agressions anciennes n'a en général aucune confiance en elle-même, pas plus qu'en toute forme d'aide possible, elle l'a cruellement appris à ses dépens.

Cette révélation peut vous éclairer si vous estimez que votre proche est fragile, anxieux, dépressif, instable, peu sûr de lui ; il a parfois tendance à se mettre en danger ou à adopter des conduites à risque (impulsivité, incapacité à reconnaitre les situations dangereuses, conduites suicidaires, consommation de produits toxiques, troubles des consuites alimentaires...)

La révélation peut enclencher un long et complexe processus de réparation qui passe par :

  • la reconnaissance,
  • les soins,
  • l'accompagnement social et judiciaire,

c'est donc un travail en réseau.

La reconnaissance

Elle est la première étape indispensable à toute possibilité de reconstruction. Il faudrait par conséquent parvenir à dominer l'émotion que cette révélation peut susciter en vous... et accepter d'écouter et de croire " l'impensable "…

Sachez qu'en France, il n'y a pas "d'épidemie de personnalité multipliple" ou de "faux souvenirs" comme aux Etats-Unis. Les victimes se taisent mais n'ont jamais oublié ce qu'elles ont subi.

Comprenez que les manipulateurs sont plutôt les agresseurs... que les victimes !

Si vous avez douté de ses propos, faites amende honorable et tentez de renouer le dialogue.

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20 novembre 2009

Les Amours incestueux interprétés par Barbara

Catherine Lara écrit pour Barbara les deux musiques des chansons :
"Claire de nuit" et "Accident" pour l'album "Amours incestueux".


Mon amour, mon beau, mon roi,
Mon enfant que j'aime,
Mon amour, mon beau, ma loi,
Mon autre moi-même,
Tu es le soleil couchant
Tombé sur la terre,
Tu es mon dernier printemps.
Mon dieu, comme je t'aime.

J'avais déjà fait ma route.
Je marchais vers le silence
Avec une belle insolence.
Je ne voulais plus personne.
J'avançais dans un automne,
Mon dernier automne, peut-être.
Je ne désirais plus rien
Mais, comme un miracle,
Tu surgis dans la lumière

Et toi, mon amour, mon roi,
Brisant mes frontières,
Et toi, mon soleil couchant,
Mon ciel et ma terre,
Tu m'as donné tes vingt ans
Du cœur de toi-même.
Tu es mon dernier printemps.
Mon dieu, comme je t'aime.

J'ai toujours pensé
Que les amours les plus belles
Etaient les amours incestueuses.
Il y avait, dans ton regard,
Il y avait, dans ton regard
Une lumineuse tendresse.
Tu voulais vivre avec moi
Les plus belles amours,
Les amours les plus belles.

J'ai réouvert ma maison,
Grandes, mes fenêtres
Et j'ai couronné ton front,
J'ai baisé ta bouche
Et toi, mon adolescent,
Toi, ma déchirure,
Tu as couché tes vingt ans
A ma quarantaine.

Mais, à peine sont-elles nées
Qu'elles sont déjà condamnées,
Les amours de la désespérance.
Pour que ne ternisse jamais
Ce diamant qui nous fut donné,
J'ai brûlé notre cathédrale.
Les amours les plus belles,
Les plus belles amours
Sont les amours incestueuses.

Adieu mon amour, mon roi,
Mon enfant que j'aime.
Plus tard, tu le comprendras.
Il faut, quand on aime,
Partir au plus beau, je crois
Et cacher sa peine.
Mon amour, mon enfant roi,
Je pars et je t'aime.

Ceci est ma vérité,
Du cœur de moi-même...
__________________
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17 novembre 2009

Mettre fin à la conspiration du silence par Lewis Engel & Tom Ferguson

Page 200

La plupart des personnes issues de familles dysfonctionnelles ont été victimes d'une conspiration du silence de la part de leurs parents, des membres de leur parenté, de leurs écoles et de la société en général. Jamais on n'a parlé, ni à l'intérieur ni à l'extérieur de la famille, du fait que le père ou la mère, ou les deux, souffraient d'une toxicomanie ou d'un problème psychologique, ou qu'un ou plusieurs enfants ont été agressés à plusieurs reprises.

La conspiration du silence a plusieurs effets :

• Elle permet au père ou à la mère dysfonctionnels de maintenir leur pattern négatif sans jamais faire face à leur problème.

• Elle contribue à renforcer l'impression qu'a l'enfant que ses sentiments de tristesse, de colère et de crainte sont sans fondements.

• Elle donne aux enfants de familles dysfonctionnelles l'impression qu'ils sont responsables de tous les malheurs qui se sont produits.

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Autres billets sur le livre La culpabilité de Lewis Engel & Tom Ferguson

La culpabilité, ne plus la subir, ne plus en souffrir

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1 février 2008

4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire

Page 31
« Parfois, l'après-midi, ils répétaient leurs exercices, explique Loretta. On les regardait par la fenêtre. Il n'arrêtait pas de lui crier après, de la houspiller. "Ne fais pas ça, ne sois pas si stupide, ne fais pas ça !" Il était plutôt petit, une sorte de petit coq vaniteux. » Pendant toutes ces séances, Margarita demeurait une élève docile, anxieuse de plaire. « Lorsqu'elle faisait une faute, il lui criait après, mais je ne l'ai jamais entendue lui répondre, jamais. Elle se contentait de recommencer, jusqu'à ce qu'il soit satisfait. Elle était toujours caIme, douce, obéissante. »
Les gens aimaient bien Eduardo, et il en était ainsi depuis l'époque du music-hall. Mais le souvenir qu'a gardé de lui Loretta Parkin, « un petit tyran domestique », suggère qu'en l'espionnant par la fenêtre les enfants ont perçu un autre aspect sa personnalité que, comme son alcoolisme, il laissait rarement paraître à l'extérieur. Les gens sont tellement stupéfaits d'apprendre qu'un homme qu'ils considéraient comme un « chic type » s'est livré à des actes incestueux qu'ils fusent souvent d'y ajouter foi. D'autant que ces pères abusifs savent à la perfection dissimuler leur brutalité derrière le masque d'un être aimable et sociable. Ce besoin narcissique d'admiration qui les amène à avoir des relations sexuelles avec leurs enfants les pousse également à ne rien négliger pour se faire aimer des autres.
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Autres billets sur Rita Hayworth

1/ Livre - Rita Hayworth par Barbara Leaming
2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming
3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer

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3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père

Page 26
C'est triste à dire, mais la personne dont Margarita avait désespérément besoin d'être protégée à Tijuana était son propre père. Car les relations qu'Eduardo Cansino entretenait avec sa fille prenaient une tournure terrible. Plus tard, Margarita révélera à son second mari, Orson Welles, que pendant toute cette période son père eut avec elle des relations sexuelles • New York Star, 15 novembre 1914.

L'accusation choque, consterne, mais il est indéniable que dans la famille Cansino étaient réunies beaucoup de circonstances qui souvent, les études le montrent, conduisent à des actes incestueux.
Les pères qui abusent de leur fille ont des tendances « narcissiques » – ce sont des hommes qui recherchent de façon maladive l'adulation des autres. 
Lorsqu'une crise quelconque les prive de l'admiration dont ils ont tellement besoin pour leur estime personnelle, ils vont chercher le réconfort auprès de leur fille. Humiliés, blessés par les adultes, ils demeurent pour leur enfant le personnage puissant qui sait commander. Les échecs professionnels sont indéniablement l'un de ces événements majeurs qui déclenchent des épisodes incestueux: le père traumatisé demande à sa fille de le consoler des déceptions que lui cause le monde du travail.

Fait significatif : le père incestueux est le centre de l'attention de toute sa famille. Il est le « patriarche par excellence » dont les besoins et les exigences passent en premier. Répondant à sa quête narcissique d'admiration, les membres de la famille le décrivent en termes enthousiastes : il est plus grand, plus intelligent, plus doué ou plus « artiste » que les autres hommes. 
Mais souvent, trop souvent, le monde extérieur ne sait pas reconnaître cette supériorité, et il incombe alors à ceux qui lui sont le plus proches, c'est-à-dire sa famille, de se sacrifier pour lui, pour le « sauver ».
Généralement, dans les cas d'inceste, la mère est présentée par les autres membres de la famille comme souffrant d'une mystérieuse maladie qui souvent, comme dans le cas de Volga, se révèle être l'alcoolisme. Puisqu'il faut satisfaire les désirs du père à tout prix, l'indisponibilité de la mère oblige la fille aînée à prendre sa place. Le père lui accorde le statut privilégié d'« enfant préférée ». Elle est celle de la famille qui lui ressemble le plus, lui dit-il, la seule qui partage sa spécificité, ses talents. Mais elle a également des responsabilités que les autres n'ont pas. Ce qui implique qu'elle fasse des sacrifies pour lui, alors que ses frères, et les garçons en général, « sont libres d'être des enfants ».

Tout cela, dans les moindres détails, s'applique à la situation de Margarita. Non seulement ce portrait de « la famille à inceste» ressemble en tout point à la sienne, mais de nombreux épisodes apparemment hétéroclites, choquants de sa vie d'adulte deviennent soudain compréhensibles si l'on ajoute foi à ce qu'elle raconte sur son enfance. De toutes les formes d'inceste, celui que pratique un parent avec son enfant est reconnu comme le plus traumatisant ; en abusant de son pouvoir sur l'enfant qui lui fait confiance et dépend de lui, le père ou la mère incestueux commettent « la plus haute des trahisons », marquant psychologiquement leur victime pour la vie.

Chez Rita comme chez bien d'autres, les conséquences se feront sentir dans l'image qu'elle aura d'elle-même ainsi que dans les relations, très souvent difficiles, qu'elle entretiendra avec ses maris, ses amants. les autres femmes, et même ses enfants.

Amour, sexualité, maternité : dans ces trois domaines essentiels le souvenir des sévices subis dans l'enfance aura un impact évident et désastreux. Et même si certains mettent encore en doute la véracité des confidences de Rita à son mari, le fait qu'Eduardo ait véritablement exploité sa fille ne se discute pas.

Condamnée à ne pas avoir une enfance normale parmi d'autres gamins de son âge, Margarita passa pour la femme d'Eduardo (il lui interdisait de l'appeler « père » en public) dans tous les endroits, bateaux ancrés au large ou casinos mexicains, où elle se produisit à partir de douze ans. Son père la dressait à jouer les allumeuses sur scène, mais dès qu'elle en sortait elle redevenait la petite fille timide et réservée qu'elle n'avait jamais cessé d'être. Même si des rapports incestueux ne lui avaient pas appris à utiliser le sexe comme moyen d'attirer et de retenir l'attention, le rôle de provocatrice que son père l'encourageait à jouer sur scène aurait eu le même effet.
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mère
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2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming

Françoise Adelstain(Traducteur)
Poche - Broché
Paru le : 01/02/2008
Editeur : Ramsay
Collection : Ramsay poche cinéma
ISBN : 978-2-84114-926-1
EAN : 9782841149261
Nb. de pages : 415 pages
Poids : 285 g
Dimensions : 11,5cm x 17cm x 2,7cm

Rita Hayworth flamboie pour toujours au firmament des stars.
Sur les écrans du monde entier, elle est et restera Gilda, la Dame de Shanghai, celle par qui le scandale arrive, la femme fatale, instrument du destin des hommes qui ont le malheur de la croiser. Cinq maris, une pléthore d'amants célèbres, Rita offre de quoi alimenter la chronique. Pourtant, elle est d'une timidité maladive, elle ne rêve que d'être une femme au foyer. Mais c'était son image qu'Orson Welles, le prince Ali Khan et d'autres convoitaient, l'image d'une femme qui semblait traverser la vie sur les ailes de la gloire et de la puissance.
Que cachaient la crinière rousse, le regard sensuel, le fourreau de soie noire ? Quel destin contrarié, quelle tragique méprise allaient acculer la vedette adulée à l'alcoolisme, à la démence précoce, à la déchéance ? C'est ce que Barbara Leaming nous révèle, en traçant le portrait d'une femme qui n'a jamais pu ressembler à celle qu'on la força à devenir.
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« J'ai toujours été utilisée et manipulée par les hommes, dira un jour Rita Hayworth. Le premier qui m'ait exploitée était mon père ! Il savait que de m'exhiber à ses côtés ne pouvait que plaire au public. Il savait que cela lui rapporterait un peu plus d'argent. Et nous en avions besoin ! »
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Rita Hayworth
Barbara Leaming
Françoise Adelstain (Traducteur)
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Paru le : 01/02/2008
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EAN : 9782841149261
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Dimensions : 11,5cm x 17cm x 2,7cm

Rita Hayworth flamboie pour toujours au firmament des stars.
Sur les écrans du monde entier, elle est et restera Gilda, la Dame de Shanghai, celle par qui le scandale arrive, la femme fatale, instrument du destin des hommes qui ont le malheur de la croiser.
Cinq maris, une pléthore d'amants célèbres, Rita offre de quoi alimenter la chronique. Pourtant, elle est d'une timidité maladive, elle ne rêve que d'être une femme au foyer. Mais c'était son image qu'Orson Welles, le prince Ali Khan et d'autres convoitaient, l'image d'une femme qui semblait traverser la vie sur les ailes de la gloire et de la puissance.

Que cachaient la crinière rousse, le regard sensuel, le fourreau de soie noire ?
Quel destin contrarié, quelle tragique méprise allaient acculer la vedette adulée à l'alcoolisme, à la démence précoce, à la déchéance ?
C'est ce que Barbara Leaming nous révèle, en traçant le portrait d'une femme qui n'a jamais pu ressembler à celle qu'on la força à devenir.
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Autres billets sur Rita Hayworth

2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming
3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire
5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer

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28 septembre 2006

La parole interdite dans les familles incestueuses par Martine Nisse et Pierre Sabourin

Page 149
Ces familles à transactions incestueuses peuvent être schématisées soit comme des systèmes chaotiques, soit comme des dictatures : confusion des rôles la plus complète et absence de frontières entre les générations dans les premiers cas, soit au contraire rigidité exacerbée des règlements et des secrets, des alliances et des rivalités, dans les seconds.
Dans les familles à promiscuité sexuelle généralisée, familles chaotiques, il est interdit à un enfant d'être autonome, dans les familles dictatoriales il est interdit aux enfants de parler ou d'avoir une pensée différente de celle du parent dominant: le plus souvent, le dominant sadique, c'est le patriarche, quelquefois ce sont des mères qui font la loi depuis toujours. Le silence étant toujours une stratégie de survie. L'interdit qui se retrouve toujours dans ces familles maltraitantes, c'est l'interdit de ressentir l'émotion.
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29 septembre 2005

8/ Niki de Saint-Phalle, témoigner pour prévenir par Questions d’inceste

Page 223
Ce n'est que « cinquante ans après » qu'elle a décidé de révéler Mon Secret, en forme de lettre à sa fille Laura :
J'ai écrit ce livre d'abord pour moi-même, pour tenter de me délivrer enfin de ce drame qui a joué un rôle si déterminant dans ma vie. Je suis une rescapée de la mort, j'avais besoin de laisser la petite fille en moi parler enfin. Mon texte est le cri désespéré de la petite fille.
…/…
Un après-midi, son père décide d'aller chercher une canne à pêche dans une cabane, au jardin, elle part avec lui.
Subitement, les mains de mon père commencèrent à explorer mon corps d'une manière tout à fait nouvelle pour moi. Honte, plaisir, angoisse et peur me serraient la poitrine. Mon père me dit : ne bouge pas. J'obéis comme une automate. Puis avec violence et coups de pied, je me dégageais de lui et courus jusqu'à l'épuisement dans le champ d'herbe coupée. Il y eut plusieurs scènes de ce genre ce même été. Mon père avait sur moi le terrible pouvoir de l'adulte sur l'enfant. J'avais beau me débattre, il était plus fort que moi.
Après ce récit de l'acte incestueux, Niki aborde dans cette lettre les questions qui se sont posées pour elle, questions que pose chaque enfant abusé. « Mon amour pour lui se transforma en mépris : il avait brisé en moi la confiance en l'être humain. » Pensait-il ainsi montrer son amour à Niki ? Croyait-il « honorer » sa fille? Voulait-il satisfaire son plaisir ? « Ce n'est pas simple », souligne-t-elle. En effet, il avait la possibilité de le trouver ailleurs, bien que l'adulte puisse éprouver une jouissance particulière avec un enfant (« over », écrit-elle, soit plus littéralement sur ou par-dessus un enfant).
…/…
Mon père est devenu objet de haine, déclare Niki. Le monde m'avait montré son hypocrisie : j'avais compris que tout ce qu'on m'enseignait était faux. Il fallait me reconstruire en dehors du contexte familial, au-delà de la société.
Tel est le dilemme : elle sentait qu'elle devrait ou pourrait le faire hors de sa famille, mais que signifierait cette rupture par rapport au lien familial ? Ce lien qui l'avait construite et avait fait d'elle une jeune fille charmante et jusqu'alors bien insérée dans la société ? Au-delà de la société ? Exilée ? C'est précisément la question à laquelle nous sommes confrontés avec les jeunes filles accueillies à la MAJB, mais « désinsérées » de leur milieu familial.
Puisque je n'étais pas encore parvenue à extérioriser ma rage, mon corps devint la cible de mon désir de vengeance.
…/…
L'agressivité qui était en moi commençait à sortir. Je me mis à faire passer la violence dans mon œuvre.
Elle n'échappera pas à un séjour en clinique psychiatrique. Peu après en être sortie, elle reçoit une lettre de son père, pris par le remords : « Tu te rappelles certainement que lorsque tu avais onze ans, j'ai essayé de faire de toi ma maîtresse ? » À ce moment-là, elle n'en avait plus souvenir : façon de se protéger contre une « vérité insupportable » comme elle semble l'affirmer? Seules les images d'un père élégant, séduisant les amies de sa mère, voire les bonnes, lui restaient en mémoire. Niki a pourtant connu la psychiatrie avant que son père ne fasse resurgir le souvenir, indice qu'il n'était, sans doute, pas assez bien enfoui.
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Autres billets sur Niki de Saint-Phalle
1/ Niki de Saint-Phalle : Mon secret
2/ Mon secret de Niki de Saint-Phalle réédité
4/ Autoportrait
5/ L'interdit
6/ Forme de pardon

7/ Les traces du viol dans l'œuvre de Niki de Saint-Phalle Par Rennie Yotova
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13 septembre 2005

13/ L'atteinte narcissique et la culpabilité pour la mère par Questions d’inceste

Page 121

La dénonciation représente une atteinte narcissique inimaginable pour la mère. Dénoncer, c'est étaler au grand jour l'intimité d'un fonctionnement familial qui se doit par essence de rester intime et privé. Le déballement public de l'inceste signe l'échec de sa relation conjugale et maternelle, comme si elle était prise en flagrant délit d'incapacité de satisfaire son mari qui lui a préféré sa fille et de protéger son enfant. Dans les deux cas il y a la marque infamante d'une culpabilité qui atteint et blesse profondément son image.

Cela renvoie chez ces mères à la nature et à la qualité de leur narcissisme primaire, seule assise psychologique capable de leur permettre d'aller au-delà de leur honte pour sauver leur fille. S'il a été défaillant et n'a pas permis l'accès à une identification féminine et maternelle « suffisamment bonne », il ne leur permettra pas de s'oublier pour se mettre au service de l'enfant, fût-ce au prix du sacrifice de leur image. Dénoncer, c'est en quelque sorte s'accuser et du coup perdre toute estime de soi. Privées au départ d'une bonne image intériorisée d'elles-mêmes, elles ont un besoin farouche, vital de la retrouver dans le regard de l'autre. Ne se reconnaissant pas de valeur interne, elles ne peuvent la trouver qu'à l'extérieur, dans la confiance de l'autre. Il ne saurait donc être question qu'elles donnent l'occasion de se faire mal voir, ce qui entraînerait leur effondrement dans la honte et la dépression.

La résistance à la découverte de la réalité de l'inceste et à sa dénonciation procède de cette tentative désespérée de survie et de maintien d'un narcissisme de façade qui se craquelle et contient mal les angoisses que ces mères sentent resurgir comme de nouvelles menaces d'anéantissement.

L'intériorisation de la souffrance de l'enfant est-elle pour autant totalement absente ? La honte du narcissisme blessé empêche-t-elle toute réelle culpabilité ? Nous ne le pensons pas. Il est simplement question d'un subtil équilibre instable entre l'intérêt de son image et celui de sa fille. La faille initiale se traduit par une inhibition anxieuse, un laisser-faire et une attente désespérée et infantile pour qu'un autre le fasse à sa place. Cette difficulté à dénoncer est à l'image de l'infantilisme du père séducteur qui a conscience de l'anormalité et de la gravité de ses actes mais qui ne peut s'empêcher de les commettre et qui attend qu'une autorité supérieure vienne l'arrêter.

La victime semble l'avoir compris. Est-ce alors pour protéger sa mère ou au contraire parce qu'elle la méprise et la juge incapable de la croire et de la protéger qu'elle révèle l'inceste à une autre? Ou est-ce la honte et la culpabilité de parler de ça avec elle qui la poussent à dévoiler à l'extérieur ce secret de famille ? Nous sommes là dans cette problématique de la honte, de la culpabilité, de la confiance, du narcissisme blessé et chaque cas est alors singulier dans la façon dont il se traitera, privilégiant telle ou telle inclination selon des lignes de force structurellement déjà établies et toujours différentes les unes des autres.

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Autres billets sur le livre Questions d'inceste
1/ Questions d'inceste de G. Raimbault, P. Ayoun, L. Messardier
2/ L'inceste séducteur, le père avec la fille
3/ La pianiste de Michael Haneke
4/ L’inceste avec violence, le viol incestueux
5/ Une conception réductrice de l'inceste
6/ La rupture du lien de filiation
7/ Les réactions au traumatisme
8/ La sidération et l'impossibilité de dire
9/ Ces mères qui n'ont pas réussi, ou pas voulu, ou pas su éviter l'inceste
10/ L'identité désorganisée des pères séducteurs
11/ Pourquoi les incestueurs en appellent-ils à l’insatisfaction conjugale ?
12/ L'interprétation du consentement par l’incestueur

14/ La valeur de la sanction pour l'agresseur et la victime
15/ La tragédie grecque et la littérature
16/ L'autonomisation
17/ Le devenir des pères agresseurs en prison

18/ Le pardon
19/ Anaïs Nin, un inceste choisi
20/ Deux sœurs dans les viols par inceste
21/ La recherche de sens – La valeur de l'écrit
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3 septembre 2005

3/ Le film Festen pour en parler par Questions d’inceste

Mais qui ou qu'est-ce qui empêche d'en parler ?
Page 181
Impossible de le savoir. Pour répondre sont convoquées l'hostilité des autres institutions, la violence des enfants, les transgressions de tout le monde. Mais chacun sent bien qu'il s'agit aussi d'autre chose.
C'est dans ces occasions que le film Festen a été évoqué pour décrire l'état émotionnel du groupe. Nous serions donc, comme cette famille, réunis dans une sorte de salle à manger remplie d'invités au moment précis où Christian, le fils aîné se lève et s'adresse dans un discours solennel à son père. Tous attendent un compliment pour les 60 ans d'un père unanimement aimé et respecté, Christian affirme tranquillement, le verre à la main que ce père l'a violé quand il était enfant, et que cette mère, témoin de l'acte, a fait comme si rien ne s'était passé.
La réaction première de la majorité des présents est de maintenir la cohésion du groupe et d'expulser, punir et battre celui qui a parlé. Puis tous se dispersent après l'aveu du père. Le groupe de supervision pourrait être uni par une sorte de pacte collectif implicite de déni. Les paroles échangées auraient alors pour fonction de préserver à tout prix le groupe.
Le dévoilement d'inceste, au lieu d'être salvateur, peut être traumatique par ses effets de scandale public : désorganisant, insécurisant et culpabilisant. Ce fait a longtemps été une idée reçue servant à renforcer la loi du silence. Puis on a, avec raison, imputé la plupart des effets négatifs de cette traumatisation secondaire à l'inadaptation de nos dispositifs. Les appareils policier, judiciaire, social et thérapeutique n'étaient pas formés pour parer à la crise profonde affectant l'enfant et l'ensemble de sa famille. Pour qu'on cesse d'accuser l'enfant d'avoir, par la puissance de sa parole, détruit une famille, gommant ainsi l'agression dont il se plaint légitimement, il a fallu des années d'évolution des pratiques et de la législation.
C'est ce qu'on fait de la parole de l'enfant qui peut lui donner la puissance sacrée maléfique qu'on lui prête après coup. À travers l'évocation de Festen, les attaques du cadre de la supervision et des collègues présents ou non, c'est l'éthique de la prise de parole qui est interrogée. Celle-ci fut doublement abîmée chez les enfants, une première fois en famille, une seconde fois dans les maladresses institutionnelles, et c'est lors de ces séances de supervision si particulières que ce deuxième traumatisme trouve sa représentation.
Là aussi, c'est l'accueil fait par l'analyste de la dénonciation d'un ou plusieurs adultes dans le groupe qui va être décisif pour le travail avec l'enfant. S'il s'agit de sa hiérarchie, a-t-on le droit de parler ? Quelles sont la limite et l'éthique de l'analyste ? Que fait-il des paroles entendues ? Les répète-t-il ? Les utilise-t-il ? À son tour, l'analyste doit faire ses preuves, tenir une place loyale du côté de la parole, écouter l'inconscient et parier que les traumatismes ne résument pas le destin d'une personne.
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Autres billets sur le film Festen
1/ Festen de Thomas Vintergerg – 1998
2/ Notes sur Festen de Thomas Vinterberg – 1997
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Autres billets sur le livre Questions d'inceste
1/ Questions d'inceste de G. Raimbault, P. Ayoun, L. Messardier
2/ L'inceste séducteur, le père avec la fille
3/ La pianiste de Michael Haneke
4/ L’inceste avec violence, le viol incestueux
5/ Une conception réductrice de l'inceste
6/ La rupture du lien de filiation
7/ Les réactions au traumatisme
8/ La sidération et l'impossibilité de dire
9/ Ces mères qui n'ont pas réussi, ou pas voulu, ou pas su éviter l'inceste
10/ L'identité désorganisée des pères séducteurs
11/ Pourquoi les incestueurs en appellent-ils à l’insatisfaction conjugale ?

12/ L'interprétation du consentement par l’incestueur

13/ L'atteinte narcissique et la culpabilité pour la mère

14/ La valeur de la sanction pour l'agresseur et la victime
15/ La tragédie grecque et la littérature
16/ L'autonomisation
17/ Le devenir des pères agresseurs en prison

18/ Le pardon
19/ Anaïs Nin, un inceste choisi
20/ Deux sœurs dans les viols par inceste
21/ La recherche de sens – La valeur de l'écrit
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10 janvier 2004

10/ Les mères selon Roland Coutanceau

Page 163

On est en droit de se demander si finalement il n'y a pas là un processus d'aveuglement, et si celui-ci n'est pas plus ou moins conscient. Peut-être qu'au fond, elle a compris et ne veut pas le croire. Peut-être, mais si le résultat de ce questionnement fugace, c'est d'exclure l'hypothèse de l'inceste, on voit qu'à la différence de la situation où la mère ne sait rien et n'a jamais envisagé cette possibilité, là, la question est posée en pleine conscience. Et cela oblige, en cas de dénégation, à une réorganisation psychique pour la mère, qui intègre l'hypothèse de l'inceste et le jugement selon lequel cette hypothèse n'est pas crédible. De façon analogue, c'est un peu ce qui se passe dans les situations d'infidélité conjugale où un protagoniste pense à partir de quelques indices que l'autre peut être infidèle, réfute l'idée et est forcé, pour en être sûr, d'organiser son imagination de manière à se rassurer en toute bonne foi. Cette réorganisation doit prendre le dessus avec netteté, et cela plus nécessairement dans la situation incestueuse que dans la situation d'infidélité.

Faut-il donc que cet impensable, pourtant pensé un instant, soit repoussant au point de menacer la totalité du psychisme d'une personne ?

Tout à fait. Il faut comprendre que l'idée que son mari puisse coucher avec sa fille, avec toutes les conséquences que cela peut avoir, est un traumatisme tellement intense qu'il devient légitime de le rejeter comme impensable et de refermer de façon naturelle le questionnement. Cela permet à la mère de cicatriser la brèche un instant ouverte dans sa pensée. On voit parfois des femmes plus matures qui essaient d'observer avec méthode ce qui se produit. Dans le fond, elles conçoivent l'hypothèse, ou même ont deviné et questionnent leur fille. Ces femmes aideront l'enfant à leur dévoiler l'histoire.

Mais il faut pour cela une force de caractère que, dans mon expérience, je ne rencontre pas souvent. Cette rareté est en soi une preuve que l'inceste est de l'ordre de l'inconcevable, et qu'il constitue une considération d'une extrême violence, capable de désorganiser l'imaginaire familial au point que tout s'effondre : une fille traumatisée d'avoir été dans une position si vulnérable, d'avoir été marquée par le sexe avant l'heure, un homme qui s'apparente désormais à un monstre, qui a trahi la confiance de son épouse, qui a trahi sa propre fille, qui s'est rendu indigne de sa fonction de père. Dans une logique d'économie psychique, on comprend que la mère ait intérêt à effacer une telle turbulence, une situation si éloignée de la norme.

…/…

Je note le cas où la mère s'efforce de faire pression sur le père. Animée par le désir de sauver la famille et de régler la situation sans que cela sorte du cercle familial, elle chapitre son mari, essaie de faire pression sur lui pour qu'il ne recommence pas. Cette femme qui tente de faire face, utilise les armes dont elle dispose : elle questionne son époux, l'interpelle, intervient pour modifier les situations favorables aux actes délictueux, le surveille, et le menace : « Si tu recommences, je fais appel à la justice. » Elle finira parfois par mettre à exécution les menaces qu'elle profère, mais cela demandera du temps, car sa volonté est de minimiser ce qui s'est passé pour préserver son couple et sa famille. Elle mise sur une sorte d'autorégulation interne à la famille, lui permettant de ne pas révéler la situation. C'est son choix, mais il est fondé sur l'illusion que ce type de menaces peut agir sur le père, que le cataclysme de la découverte du comportement incestueux pourra passer sans désorganiser la famille, sans la faire éclater, puisque l'incarcération de son époux aura été évitée.

Ces femmes ne parviennent~elles donc jamais à leur objectif ?

Il y a des situations où cela marche : le père arrête de toucher ou de violer sa fille. La démarche de la mère, son chantage auront été opérants et, dans ces cas, la victime n'a pas d'animosité contre sa mère. Et puis, soit il n'y aura jamais de dévoilement et ce type de dénouement ne parvient pas à notre connaissance, soit l'arrêt des agressions, définitif ou seulement temporaire, n'empêche pas l'enfant ou l'adolescente de dévoiler les faits quelque temps après, parce que l'arrêt des agressions ne suffit pas à résorber sa souffrance, son mal-être.

Bien souvent, la menace ne suffit pas : les agressions ne s'arrêtent que momentanément, le père jauge la détermination de sa femme à le dénoncer, puis finit par recommencer. Son égocentrisme fait penser à cet homme que, si les menaces ne sont pas encore mises à exécution, elles ne le seront jamais, même si elles se répètent. Et c'est seulement quand la situation devient intenable, que la mère, remontée à bloc, fait intervenir un tiers ou entame un dialogue avec sa fille qui leur permettra d'agir ensemble. Ainsi, bien qu'il ait agi dans une famille tolérante et souhaitant conserver le secret en son sein, et malgré les multiples signaux qui lui ont été adressés pour mettre fin à sa conduite, le père n'a pas saisi la perche tendue pour tenter de se contrôler. Cette seconde situation correspond donc à des mères toniques, qui veillent au grain, agissent seules au début avec plus ou moins de bonheur, et finissent le plus souvent par alerter la société en cas d'échec.
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Voir aussi les billets concernant le livre de Roland Coutanceau :
1/ Vivre après l'inceste : Haïr ou pardonner
2/ Peut-on pardonner ?

3/ Un silence difficile à rompre
4/ Désordres relationnels et sexuels

5/ Le père incestueux
*/ L'enfant investi d'une sorte de mission

6/ Les milieux sociaux et culturels
7/ Quelques conséquences sur les survivantes
9/ Trois profils des pères incestueux
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