« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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30 mai 2011

Emploi : revictimisation durant des années après des viols par inceste

Lundi 30 mai 2011
Mon contrat à durée déterminée d'un an s'achève dans un mois, mais je prends mes congés payés à partir de demain et c'est temps mieux.
Je ne signe que des CDD d'un an, que j'égraine comme un chapelet. Je me fais toujours avoir.
Document préparatoire à la réunion du 30 mai 2011 à 15 heures :
Durant cette année universitaire 2010-2011 VIABLE a transcrit 110 cours de la Sorbonne, soit 220 heures de transcription qui auraient dû être facturées ≈ 40 000 € H.T
Bilan Sorbonne sur 3 mois,
du 22 février au 20 mai, de Sophie et moi-même.
Ce laps de temps qui permet de faire une évaluation sur 3 mois du travail de 2 transcriptrices qui ont un bon rendement à temps plein et sans pauses, en situation de travail normal. Nous avons effectué la même somme de travail, et nous nous baserons sur le travail effectué en entier, transcription + correction soit 23 cours chacune. Les cours étant dispensés par des professeurs différents, ils ont tous plus ou moins de contenu, mais nous arrivons à une moyenne de 23000 mots chacune.
Nous avons bénéficié des vacances de Pâques pour pouvoir mettre à jour les corrections des cours.
Si l’on compte au mot à 4 centimes du mot :
10 000 mots par cours = 8 cours par mois = 80 000 mots = 320 000 centimes = 3 200 €
Salaire ≈ salaire net ≈ 1900 €+ charges salariales ≈ 400 € + charges patronales ≈ 600 € ≈ 2900 €
A l’heure :
8 cours par mois, chaque cours = 2 heures = 16 heures = 3000 €/16 ≈ 180 € H.T.
Transcription écrite
Sur 40 cours, 9 ont été réalisés en transcription écrite uniquement.
Ceci est souvent dû à des défaillances techniques et nous avons récupéré l'enregistrement que j'ai transcrit chez moi parce que je suis outillée pour ce faire.
J'ai Word et j'ai pu ainsi programmer des commandes pour les manipulations et les formules qui reviennent constamment et qui donc tombent sur l'appui unique sur une touche.
J'ai un pédalier, ce qui permet de gagner des heures de travail étant donné que je peux à l'aide du pied revenir un mot ou deux en arrière, sans lâcher le clavier ce qui évite la perte de temps.
Je peux aussi régler le débit de paroles de l'intervenant et en le mettant plus lentement, on transcrit au fur et à mesure sans avoir besoin de revenir en arrière.
Je pense donc qu'il ne faut pas dénier ce système de transcription qui a été employé tout au long de l'année, puisque j'ai repris tous les cours du début de l'année, que nous avions loupés, de cette manière-là et que ça représente donc 20% de notre mode de fonctionnement.
…/…
La quantité de travail
Pour ce travail de transcriptrice, vous avez embauché une professionnelle ayant l'expérience que vous n'aviez pas (3 années passées à l'ONU) et vous n'avez jamais profité de cette expérience pour faire évoluer le service.
J'ai souffert toute l'année de rapports de force pour faire entendre que la méthode de travail initiale ne pouvait faire ses preuves. J'ai lutté pour faire accepter les corrections.
Étant en plus ancienne élève de l'École du Louvre, j'ai tout de suite évalué la somme de travail que représenterait cette première année d'histoire de l'art à la Sorbonne. J'en ai parlé, mais personne n'a jugé bon de prendre en compte mon avis, alors sachant que je serai seule, en pouvant demander de l'aide à ma sœur, j'ai décidé de me mettre à 80% du temps, parce que je savais que je ferai le travail de trois personnes.
Vous avez embauché un travailleur handicapé en ne songeant au handicap qu'à travers les yeux des personnes sourdes et non pas du travailleur malade. J'ai cet avantage de pouvoir gérer ma santé auprès du corps médical comme je l'entends et j'ai donc pris des congés en prenant bien soin de ne pas nuire au bon fonctionnement du service.
Pour la semaine dernière qui était ma dernière semaine, j'ai refusé de faire de la transcription vocale, parce que le temps pressant, et mon dragon n'étant pas assez performant, il aurait été inutile que je fasse un travail médiocre dont ne pouvait se servir l'étudiant. Le premier jet de Dragon XI étant lisible, il a donc pu relever directement sur la plateforme une prise de notes acceptable étant donné qu'il s'agissait de révisions.
J'étais sous antibiotiques et une toux persistante depuis deux mois me faisait louper des passages du cours. Ceci dit, j'ai été obligée d'en faire une heure le mardi, le matériel de Sophie étant défaillant, ce qui est le reflet de tous les contretemps de cette année.
Je suis aussi très contente d'avoir pu, vendredi dernier, alors que j'avais dit que je ne prendrai pas de transcriptions vocales pour ma dernière semaine, d'avoir pu dire non, je ne le ferai pas, alors que Tom, à mon arrivée à 9h m'a demandé, comme à son habitude, de prendre le cours de 2 heures parce que Sophie ne voulait pas faire les 4 heures.
Je suis contente d'avoir rompu cette relation d'emprise que Tom sait très bien instaurer et qui lui permet de faire faire à tout un chacun exactement ce qu'il veut, c'est ce que l'on appelle vulgairement son pouvoir de persuasion. C'est une méthode de dressage qui marche très bien en danse et peut être bénéfique pour une entreprise.
Ce qui m'a fait rompre ce système, c'est justement les hurlements de Sophie disant que je m'étais moi-même mise dans ce... puisque je travaillais à la maison, alors qu'elle vocifère à l'idée de devoir en faire autant et essaye de me culpabiliser en mentionnant un hypothétique travail que je n'aurais pas fait alors qu'elle ne consulte pas le tableau excel récapitulatif et qu'elle se mêle de capitaliser mon travail en prenant un pouvoir qu'elle s'octroie comme si j'étais incapable de gérer mon travail.
En ce qui concerne mon dernier arrêt maladie, hormis le fait d'une fièvre et d'une toux persistante qui ne m'ont pas lâchée depuis que je suis installée dans le local du sous-sol, humide et non aéré, pour lequel le ménage n'a jamais été fait (je suis contente en ce sens que vous déménagiez) je voulais que Sophie travaille seule étant donné que je n'ai cessé d'essuyer de sa part des réflexions sur une exagération de ma part en ce qui concerne la quantité de travail, alors qu'elle vient d'arriver et que j'ai toujours fait en sorte de ne pas la surcharger pour ne pas la décourager. Mais parfois, il s'avère qu'il faille mettre les points sur les i pour que les personnes se rendent compte de l'investissement de leur collègue et ne se préoccupe pas seulement du leur et de leur opiniâtreté à vouloir garder leur emploi si difficilement décroché.
L'accusation de ne pas être fiable est bien l'une de celle que professionnellement il est impossible de me reprocher, elle était inconsidérée et inappropriée. Je suis très triste que cela ce soit terminé par des grossièretés publiques impardonnables. Nous ne jouons pas dans la même cour.
Il y a une part de liberté d'organisation qui doit être laissée aux transcripteurs ce qui est difficile à concevoir à VIABLE qui toute l'année m'a prise pour une incapable dans la gestion de mon travail tout en omettant d'en jauger l'ampleur pour pouvoir continuer à en rajouter encore et encore.
Je n'ai toujours pas compris pourquoi et comment VIABLE embauche des personnes qualifiées, à bac + 4 minimum, qui ont donc un statut de cadre, pour les maintenir dans un statut d'incompétents à qui on donne constamment des ordres contradictoires parfois, sauf sur les travaux à faire sur lesquels personne ne cherche à savoir ce que l'on fait exactement, comme la somme de travail de recherches et corrections.
C'est une méthode de travail éprouvante et non constructive, ni même productive.
…/…
Mon bilan personnel pour ce CDD d'un an
Toute l'année, j'ai fonctionné sur les vœux pieux de Laurent qui serine que l'on va arranger cela et attache l'élastique du vœu pieux au ressort du rêve. (Je lui dois bien un peu de prose).
Je n'ai jamais eu word, ni Dragon plus performant.Vous avez simplement remplacé Mélanie par Sophie.
J'ai fait le travail de trois salariés. Mon seul moyen de faire des pauses ont été les congés maladie.
En faisant établir mon aptitude à 80% du temps, je savais bien que je travaillerai beaucoup pour être moins payée, mais j'avais besoin d'avoir un autre horizon que celui des cours de la Sorbonne en première année, cours que j'ai suivis il y a 30 ans et qui me projetaient donc en régression. J'ai besoin d'avancer et VIABLE m'a largement fait régresser, tant d'un point de vue culturel, qu'épanouissement personnel que financier.
● J'ai très rapidement pris l'ampleur de la catastrophe financière, lorsqu'au mois d'août à l'hôpital, alors que je soignais une embolie pulmonaire, (et que vous êtes gentiment venus me voir, sans réaliser le souci dans lequel VIABLE me plongeait), on m'a annoncé que je n'avais pas la sécurité sociale, que mon employeur ne m'avait pas déclarée et que je devais la somme de 700 euros à l'hôpital.
Étant donné que je n'ai pas eu de salaire au mois d'août, je n'ai pu redresser mes finances et c'est ainsi que les impôts n'ayant pu faire leurs prélèvements ce sont servis sur mon salaire.
Étant donné que j'ai perçu mes salaires irrégulièrement après un siège récurant auprès de Romain pour les obtenir, j'ai aussi écopé d'un interdit bancaire pour un refus d'honorer un chèque de 25 euros alors que j'avais dépassé mon découvert autorisé et qu'on était le 20 du mois. Cela a bien sûr occasionné des frais.
● Je prends mes congés en juin pour que VIABLE n'ait pas à me payer un mois supplémentaire puisque l'entreprise ne peut se le permettre et aussi pour ne pas faire le déménagement car j'ai ma reconnaissance handicapée par la perte de la mobilité de mon bras droit et cette année, avec la frappe au kilomètre, qui m'est interdite, et que je n'ai cessé de pratiquer à VIABLE, cette année donc, j'ai assez mis ce bras à l'épreuve sous peine de faire travailler les kinésithérapeutes qui sont déjà fort occupés avec la lombalgie chronique que j'ai contractée à VIABLE.
Au reçu de ma déclaration préalable des impôts, j'ai entériné le fait que VIABLE m'a embauchée en tant que travailleure handicapée avant le 1er juillet 2010 de manière à pouvoir bénéficier de la prime à l'embauche au tarif maximale alors qu'elle allait être diminuée. Cette prime agrémentée d'une autre pour l'embauche d'une salariée de 50 ans, aurait pu me laisser croire qu'il n'y aurait pas de souci pour mon salaire étant donné que vous aviez une provision pour celui-ci et qu'au vu du travail que je fournissais, s'il avait été facturé convenablement, il n'y aurait pas eu de souci.
L'expérience de l'aide apportée à un seul étudiant n'a pas coûté beaucoup à VIABLE, pas d'investissement matériel, et pas d'avance de fonds pour un salaire, j'estime que vous avez fait cette expérience à mes frais en tant que salariée faisant le travail de trois personnes à plein temps et rémunérée pour le smic financé par les primes.
D'autre part, je tiens à préciser que dans cette manière de laisser évoluer cette façon de considérer le travail, il y a un irrespect profond pour le travail et le travailleur qui n'est reconnu nulle part et cette désinvolture en lui attribuant un bas salaire non révisé, (Romain m'avait promis une prime à Noël) est une façon de faire l'aumône qui révèle une sorte de mépris envers le salarié qui bien évidemment ne vient pas travailler pour son plaisir. Une société n'est pas une association, elle doit faire des bénéfices, sinon elle n'embauche pas. (Vois-tu Laurent qu'en matière de leçon de morale, je peux être beaucoup plus forte que toi, c'est l'envers du protestantisme !)
Je suis entrée à VIABLE parce qu'il m'est important dans ma vie personnelle aussi de cultiver « la relation d'aide ». Cette aide ne peut être apportée que dans la réalité du quotidien et non dans l'illusion du viable probable. C'est pour moi un principe de vie et pour l'année universitaire prochaine, à côté d'un travail de documentaliste à temps partiel, je suis inscrite en Master d'éthique médicale à Paris V et je travaille sur cette relation d'aide à travers l'internet ce qui est ma profession, à travers mon métier de gestionnaire de l'information. C'était un mi-temps de mon contrat de travail dont vous n'avez jamais profité.
Il est malsain de continuer à vendre un service irréalisable, au détriment des salariés de VIABLE, qui sont exploités – et j'emploie le mot sciemment – afin de rendre le service acceptable.
Je veux attirer votre attention sur la juste démesure de ma contribution à VIABLE cette année et ma seule faute a été de rejoindre le musée des illusions.
J'ai joué à Cassandre, mais aucun Périclès n'a pu trouver de solution et bientôt, si vous persistez en cette route, vous chercherez un Hercule pour sauver VIABLE.
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Autres billets sur Viols par inceste de Auteure obligatoirement anonyme
1/ Requête en changement de nom
2/ Définition des viols par inceste
3/ La mémoire des viols
4/ L'Emprise dans le viol par inceste
5/ "En France la mémoire passe plutôt pour une faiblesse, une maladie du cerveau" Georges Mateï
6/ "Pourquoi pleure-t-elle tout le temps ?"
7/ Les conséquences des viols par inceste dans l'échec scolaire
8 /La mémoire et l'intelligence après plus de 10 ans de viols par inceste
9/ La dissociation lors des viols par inceste
10/ La culpabilité qui s'amplifie de viols en viols devient partie intégrante de la personnalité d'un-e incesté-e
11/ Même si ce n'était arrivé qu'une fois, cette culpabilité existerait
12/ L’autoculpabilité entraine des situations d‘évitement
13/ Revictimisation
14/ Le procès
15/ Dans le viols par inceste, l'emprise par le regard
16/ Les deux vies d'une dissociée
17/ L'importance du tuteur de résilience
18/ Viol/mort ; amour/vie – attirance/répulsion

11/ Explications psychologiques de la revictimisation par François Louboff


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11 février 2011

19/ Hypervigilance par Auteure obligatoirement anonyme

page117
Mon père a très souvent fait irruption dans mon sommeil et je voulais qu'il finisse vite, très vite ce qu'il voulait faire afin que je puisse me rendormir, car le sommeil était mon seul refuge.
J'ai observé cette singulière façon qui est la mienne de dormir encore maintenant. Je crois que je me sers de cette faculté comme d'un atout et non comme d'un handicap. Que l'on me réveille, en pleine nuit, je n'aurai aucun mal à me rendormir.
Lorsque j'étais enfant, je me levais avant que l'orage n'éclate au cours de la nuit et j'allais vérifier toutes les fenêtres sans avoir ensuite de problèmes pour me rendormir. Mais je reste sans cesse en état de veille. Il est inutile d'essayer de ne pas faire de bruit en entrant dans mon appartement alors que j'y dors, j'entendrai certainement tout ce qui se passe et me rendormirai ensuite.
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Autres billets sur Viols par inceste de Auteure obligatoirement anonyme
1/ Requête en changement de nom
2/ Définition des viols par inceste
3/ La mémoire des viols
4/ L'Emprise dans le viol par inceste
5/ "En France la mémoire passe plutôt pour une faiblesse, une maladie du cerveau" Georges Mateï
6/ "Pourquoi pleure-t-elle tout le temps ?"
7/ Les conséquences des viols par inceste dans l'échec scolaire
8 /La mémoire et l'intelligence après plus de 10 ans de viols par inceste
9/ La dissociation lors des viols par inceste
10/ La culpabilité qui s'amplifie de viols en viols devient partie intégrante de la personnalité d'un-e incesté-e
11/ Même si ce n'était arrivé qu'une fois, cette culpabilité existerait
12/ L’autoculpabilité entraine des situations d‘évitement
13/ Revictimisation
14/ Le procès
15/ Dans le viols par inceste, l'emprise par le regard
16/ Les deux vies d'une dissociée
17/ L'importance du tuteur de résilience
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Et l'histoire continue
Emploi : revictimisation durant des années après des viols par inceste
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29 septembre 2010

Pourquoi Auteure obligatoirement anonyme est obligatoirement anonyme

Devant les vives protestations d’Auteure obligatoirement anonyme, je me dois de faire le erratum suivant :
donc « C. » qui a été mise en procès par son père-incesteur suite à son témoignage lors de l’émission « médiations » de 1989, n’est pas « C. », mais l’autre C.
Puisqu’en fait (bon, accrochez-vous, c’est tortueux, tous ces C., je m’y suis perdue – et je sens d’ici la vanne que je vais recevoir d’Auteure obligatoirement anonyme : « tu t’perds vite, toi, dis-donc ». Mouais. Ça va, hein. N’en rajoute pas, s’te plait – Mais elle me rétorque : « non, justement, ça m’plait pas ». Ah là là … Et, ainsi, ça n’en finit pas, mais quant à moi, il faut bien que je ferme la parenthèse).

Voilà qui est fait.
Heu … égaré avant la parenthèse, il y avait un « puisqu’en fait ». Donc, Puisqu’en fait si vous lisez le texte du blog d’Auteure obligatoirement anonyme qui raconte cette émission, il y a deux C. : Claude, et Claudine.
Claudine est en fait bien « C. » citée dans la citation d’Eva Thomas, c’est-à-dire « C. » mise en procès pour diffamation par son père-incesteur suite à l’émission (l’animateur aussi, a été poursuivi, si j’ai bien compris).
Mais Auteure obligatoirement anonyme n’est pas Claudine.
Auteure obligatoirement anonyme est l’autre C. : Claude, dans le texte. Le père incesteur de Claude est officier, très fort aux échecs (imbattable, dit le blog – mais il ressemble à mon père, ce type, c’est dingue). En revanche, il n’a pas porté plainte contre Claude après l’émission.

Comment ai-je pu faire une telle méprise (pire : et si, au moins, c’était la seule …) ?
Dans l’ouvrage d’Eva Thomas, il est question d’une seule « C. ». D’ailleurs, il est aussi question uniquement de SOS inceste, à ce procès, en arrière plan, et pas d’autres asso non plus (comme le collectif féministe contre le viol, par exemple).
Lisant sans doute un peu vite (vous savez, cette habitude de parcourir les textes en diagonale, qui permet de faire des maouss bibliographies à la fin d’un mémoire), je n’imprime pas ce « nouveau » C., un peu comme en lisant le mot « inprescriptible », si on passe vite, on peut ne pas imprimer ce « n », là, qui pourtant est bien visible.
En outre, Auteure obligatoirement anonyme parle de l’émission de 1989, sur son blog, et elle était parmi les témoins qui y ont parlé. Donc c’est C.
Sinon, pourquoi serait-elle obligatoirement anonyme ?
Loupé.
J’ai comblé les vides, les interstices, et bien non, C. n’était pas C.
Peut-être comblés avec mes rêves : celui que C. ne soit pas ressortie complètement cassée de ce procès-là. Qu’elle ait pu en faire un livre, ou quelque chose, même Obligatoirement anonyme. C’est que même Eva Thomas, qui pourtant était simplement là à côté, à assister C. parmi d’autres, avait mis 2 ans à s’en remettre … et puis au bout des 2 ans, elle en avait fait un livre (Le sang des mots), parce qu’elle, elle s’en sort toujours en faisant (notamment) un livre.

Notez que dans les livres, et notamment Le sang des mots, du coup, nulle trace d’Auteure obligatoirement anonyme : Auteure obligatoirement anonyme n’existe pas dans l’histoire, et si elle n’avait fait son blog, cette histoire où elle existe n’aurait pas été racontée.

Alors ne me demandez pas pourquoi Auteure obligatoirement anonyme est obligatoirement anonyme : si j’ai bien compris, ce serait l’éditeur qui lui aurait imposé. Comme s’il n’était pas possible de choisir un vrai nom de plume, au moins. Mais je ne suis pas sûre d’avoir tout compris…

Pour lire le mémoire de Sophie Perrin, cliquez sur le livre

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Le 24/03/11 11:10
Surfant sur le ouaib pour vérifier la visibilité de mon site internet, ma route croise la page suivante :
http://viols-par-inceste.blogspot.com/2010/09/pourquoi-auteure-obligatoirement.html
Surprise. Est-ce le seul utilisé ainsi, ou y'en a-t-il d'autres ?
Dans tous les cas de figure, mes billets/mails ne sont pas destinés à participer d'un blog ou de toute autre mise sur la place publique : ils sont envoyés à un groupe clos et bien déterminé de destinataires, dans le cadre d'un groupe google.
Si j'avais voulu faire un affichage ouvert au grand public de ces courriels, je l'aurais fait. Tel n'est pas le cas.
Il me semblait d'ailleurs avoir répondu, par la négative, à ta demande faite de pouvoir en publier certains sur ton blog ? Nous sommes-nous, à cette occasion, bien comprises ?
En tout cas, et pour être sûre que cette fois nous nous comprenons bien : je te remercie de bien vouloir retirer toute publication sur un de tes blogs issue de mes courriels. Seules les publications issues de mon site internet sont libres (et même encouragées), comme l'y indique d'ailleurs la licence GNU.
D'avance merci.
Bien cordialement, Sophie
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Déplacer la honte
Freud évoque le rôle joué dans la honte par le passage du privé au public.
« un auto-reproche se transforme en honte si quelqu'un d'autre vient à l'entendre ».
Une interdiction de publication d’éléments intimes – de lettres par exemple, même si le propriétaire d’une lettre est celui qui la reçoit et non pas celui qui l’a écrite –, en invoquant le droit à la vie privée, est assez significatif d’une intention de faire porter la honte au destinataire des écrits qui les mets en lumière.

Des troubles du comportement par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
Pour Damien, il s'avère qu'il présentait, comme tous 
les autres, d'importants troubles du comportement qui 
relevaient du syndrome post-traumatique. Ils se sont amendés 
sans disparaître totalement au moment où je l'examine :
troubles du sommeil, hurlements, cauchemars ;
auto-agressivité : se tapait la tête sur le mur ;
hétéro-agressivité : autoritarisme sans limites, cris, agressivité verbale et physique sur tout le monde ;
[1] Gryson-Dejenhansart Marie-Christine, Outreau La vérité abusée, Paris, Hugo & Cie, 2009, p. 40

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Autres billets sur le mémoire de Sophie Perrin
1/ L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne
2/ Les rôles de l'argent dans les viols par inceste
3/ Terminologie - incestueur, incesté
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26 août 2010

AFP – Paris : commémoration des 40 ans du MLF

26/08/2010 | Mise à jour : 14:04
Une centaine de sympathisants et de militants du Mouvement de libération des femmes (MLF), dont une grande majorité de femmes de tous âges, ont commémoré, mercredi à Paris, les 40 ans de la naissance du mouvement féministe.
Réunis sur le Parvis des Droits de l'Homme, place du Trocadéro, les militants ont proposé, à l'appel de plusieurs associations ou mouvements (Osez le féminisme !, La Barbe, les Chiennes de garde, Fédération Nationale Solidarité Femmes), de le rebaptiser "Place des Droits de l'Homme et de la Femme" et ont annoncé vouloir faire la demande officielle à la mairie de Paris.
Les militantes sont montées sur un podium afin d'y lire la déclaration des "Droits de la Femme et de la citoyenne", rédigée par Olympe de Gouges en 1791, pendant que d'autres tenaient des banderoles aux slogans féministes : "Le machisme tue tous les jours, le féminisme n'a jamais tué personne" ou encore "Un homme sur deux est une femme".
Le 26 août 1970, une dizaine de femmes avait déposé sous l’Arc de triomphe à Paris, une gerbe à la femme du Soldat inconnu, lançant la première action médiatique du MLF. Cette date fait débat, une partie des féministes, menée par Antoinette Fouque, figure historique du féminisme, fait naître le mouvement en 1968.
Présente ce 26 août 1970, Cathy Bernheim, journaliste et écrivain, a regretté qu'aujourd'hui, "les hommes décident démocratiquement, mais toujours entre hommes", appelant au soutien de Sakineh Mohammadi Ashtiani, l'Iranienne condamnée à la lapidation pour adultère et complicité de meurtre. Martine Storti, présidente de l'Association 40 ans du MLF, a rappelé les conquêtes obtenues et souligné que les jeunes femmes et hommes d'aujourd'hui devaient continuer de lutter. La militante a insisté sur le fait que les femmes gagnent encore "27% de salaire en moins" que les hommes, et qu'il existe dans le monde "des formes barbares d'oppression", prenant en exemple l'Iran et l'Afghanistan.
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Autres billets sur la journée du 26 août 2010
FR3 – 26 août 2010 – Les 40 ans du MLF
Le MLF a 40 ans : Les grandes victoires pour les femmes
Les féministes du MLF fêtent leurs 40 ans au Trocadéro
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Autres billets sur Viols par inceste de Auteure obligatoirement anonyme
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11/ Même si ce n'était arrivé qu'une fois, cette culpabilité existerait
12/ L’autoculpabilité entraine des situations d‘évitement
13/ Revictimisation
14/ Le procès
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26 janvier 2010

Intervention de George Pau-Langevin – PS – Assemblée nationale – 26 janvier 2010

M. le président.
La parole est à Mme George Pau-Langevin.
Mme George Pau-Langevin – députée de la 21ème circonscription – PS
Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues,
nous sommes amenés à examiner, en deuxième lecture, la proposition de loi visant, selon son titre initial, « à identifier, prévenir, détecter et lutter contre l’inceste sur les mineurs ».
Lors du premier passage de ce texte devant l’Assemblée, notre groupe avait exprimé son accord de principe pour travailler sur le sujet de l’inceste, mais nous avions été frustrés par la manière dont les débats avaient été menés. Nous avions notamment pointé l’insuffisance de travail collectif visant à analyser la question, par exemple en procédant à des auditions, ce qui se fait habituellement au Parlement quand il s’agit de préparer l’examen d’un texte en séance.
Nous sommes aujourd’hui un an après la première lecture, ce qui montre d’ailleurs que nous aurions pu prendre un peu de temps, au moment où nous l’avions demandé, pour travailler ensemble. Et, effectivement, le texte qui nous revient du Sénat a été amélioré. Les débats dans la seconde chambre ont tenu compte d’un certain nombre d’objections que nous avions formulées. Cependant, sur certains des points pour lesquels nous avions préconisé des modifications, le texte nous semble présenter encore un caractère inachevé.
Il faut d’emblée dire, notamment aux victimes, la chose suivante : il est évident que, pour nous, ce texte est important dans la mesure où il s’agit de dire clairement que nous sommes conscients du drame que les victimes ont vécu et des ravages que l’inceste a pu entraîner dans la construction – en l’occurrence, la destruction – de leur personnalité.
L’inceste demeure un interdit social, un tabou majeur et on peut juger opportun de le nommer en tant que tel et de le définir dans notre droit. On peut parfaitement comprendre et reconnaître la souffrance toute particulière des enfants agressés par celui qui est censé les protéger, qui leur a donné la vie ou qui leur est proche, par quelqu’un en qui ils ont confiance et pour qui, souvent, ils éprouvent de l’affection. En cela, il y a effectivement une spécificité de l’inceste par rapport à d’autres agressions sexuelles : les enfants qui en sont victimes sont attaqués dans leur maison, dans leur lit, souvent de manière répétée, par un proche. Très souvent aussi, ils ont l’impression de ne pas être protégés, y compris par leur mère ou par d’autres membres de la famille qui restent passifs, voire critiques à leur égard.
On dispose de témoignages extrêmement émouvants, notamment celui d’une jeune femme qui a publié un livre de façon anonyme, dans lequel elle écrit, à propos de son père : « Il m’a tuée, mais je ne suis pas morte. » Elle écrit aussi : « J’étais ensevelie sous un flot d’impuissance dont seule la mort pouvait me délivrer. »
Nous sommes entièrement d’accord : l’inceste peut occasionner un traumatisme irréversible pour l’enfant et entraîner une déstructuration du lien social et familial.
Mme Fabienne Labrette-Ménager et M. Paul Jeanneteau.
Évidemment !
Mme George Pau-Langevin
Au regard de ces exigences, toutefois, on doit noter que certaines interrogations que nous avions soulevées en première lecture demeurent.
En effet, lorsque l’on rédige un texte de loi, il faut tenir compte des contraintes juridiques ; on ne peut pas se fonder simplement sur la compassion et proposer un texte qui, au final, n’explicite pas les règles juridiques qu’il est censé poser. De surcroît, l’article 40 ayant été invoqué pour un certain nombre de dispositions, et après le passage au Sénat, ce texte a finalement une valeur normative relativement minime.
Examinons d’abord les apports du Sénat. Il est vrai que, sur plusieurs points, il a clarifié ce que nous avions critiqué en première lecture. Ainsi, il a plus clairement précisé que la contrainte morale peut résulter de la différence d’âge. Toutefois, certaines de nos critiques demeurent, par exemple sur la différence qui existe toujours, et que je ne parviens à comprendre, entre la définition pénale ici donnée et la définition civile de l’inceste.
L’inceste est particulièrement inacceptable lorsqu’il se produit dans la famille biologique. Ainsi, on distingue en droit civil deux situations : d’un côté, l’inceste absolu, entre ascendants et descendants ou entre frères et sœurs ; de l’autre, ce que j’appellerais l’inceste « relatif », où l’auteur peut être un concubin de la mère ou encore un cousin. Dans le second cas, il est possible de lever l’interdiction de mariage.
Nous avions donc souhaité que les cas d’inceste nommés et particulièrement punis dans le code pénal soient ceux qui relèvent de l’inceste absolu. Sur ce point, nous regrettons que l’on ne se soit pas calé sur la distinction existant en droit civil. Le Sénat a précisé la définition proposée pour le code pénal, notamment à travers la notion de famille. Il a également précisé les cas où il existe une relation d’autorité. Cependant, on reste dans l’ambiguïté en raison de la différence qui persiste avec la définition du droit civil.
Par ailleurs, un certain nombre d’objections que nous avions exprimées en première lecture n’ont pas été levées. Je rappelle que des personnes aussi concernées par le sujet et aussi sensibles aux droits des enfants que Claire Brisset et Dominique Versini avaient elles aussi émis des réserves sur lesquelles nous n’avons pas obtenu de réponse à ce jour.
M. Paul Jeanneteau
Mme Brisset n’en a quand même pas émis beaucoup !
Mme George Pau-Langevin
Ainsi, la notion de contrainte est précisée s’agissant de l’inceste, mais le texte indique qu’elle résulte spécifiquement de la différence d’âge. Il s’agit certes d’un apport mais la notion n’est pas spécifique à l’inceste : elle pourrait tout à fait se retrouver dans un texte consacré aux agressions sexuelles ou aux viols sur mineurs.
Les autres éléments, notamment les dispositifs de prévention qui ont été insérés, nous laissent eux aussi un peu dubitatifs. On nous parle de lieux où il faut faire de la prévention, notamment l’école. Nous en sommes tout à fait d’accord, mais il est évident que ce n’est pas dans ce texte que ce genre d’indication doit figurer. D’ailleurs, on nous a dit que les autres dispositions de même nature du texte avaient une valeur réglementaire.
M. Paul Jeanneteau
Ça pinaille !
Mme George Pau-Langevin
Non, je ne pinaille pas ! En l’espèce, la loi de 2007 donne compétence, en matière de protection de l’enfance, aux conseils généraux. Par conséquent, je ne comprends pas qu’un texte qui relève très évidemment de la protection des mineurs ne renvoie pas à cette compétence du conseil général.
Mme Fabienne Labrette-Ménager et M. Paul Jeanneteau.
Le code pénal, ce n’est pas le conseil général !
Mme George Pau-Langevin
C’est la loi, mes chers collègues, je n’y peux rien ! Il est exact que ce n’est pas dans le code pénal qu’on doit faire de la prévention. La prévention, en la matière, est importante et même nécessaire, mais elle est, selon la loi, de la responsabilité du conseil général. Il n’est donc pas normal que l’on ne prévoie pas, dans le présent texte, d’associer le conseil général à cette forme de prévention. Par ailleurs, le texte d’origine stipulait qu’il fallait mieux accompagner les victimes. Là aussi, nous étions cent fois d’accord,…
Mme Marie-Louise Fort, rapporteure.
Bravo !
Mme George Pau-Langevin
. …car les victimes disent souvent qu’elles ont le sentiment de se retrouver seules face à leur souffrance. Or, vous pouvez constater vous-mêmes que cette partie aussi a été éliminée de votre texte.
Mme Marie-Louise Fort, rapporteure.
Pas du tout !
Mme George Pau-Langevin
De fait, la création des centres que vous proposiez au départ, avec des psychiatres et des infirmières spécialisées, et même si l’idée pouvait sembler intéressante, ne relevait pas du code pénal. D’ailleurs, on voit bien aujourd’hui que l’hôpital public est dépecé.
M. Paul Jeanneteau.
Il n’est pas du tout dépecé !
Mme Fabienne Labrette-Ménager
Cela n’a rien à voir !
Mme George Pau-Langevin
Un exemple précis : dans ma circonscription existait un service tout à fait remarquable, celui du professeur Jehel, qui traitait les suicidaires, notamment parmi les personnes victimes d’inceste. Eh bien, il a perdu des moyens depuis l’année dernière, ce qui est en contradiction absolue avec ce que vous aviez dit vouloir faire, c’est-à-dire améliorer le suivi et le secours pour les personnes victimes d’inceste !
M. Paul Jeanneteau
N’importe quoi !
Mme George Pau-Langevin
Bref, nous comprenons tout à fait la nécessité d’affirmer symboliquement l’importance du tabou que représente l’inceste. Nous devons dire aux victimes notre compassion et notre compréhension pour ce qui leur arrive. Mais ce texte nous posait problème, parce que nous craignions son inefficacité. En outre, il ne répondait pas aux véritables problèmes qui étaient posés. Malheureusement, malgré les améliorations apportées par le Sénat, nos interrogations demeurent.
C’est la raison pour laquelle le groupe socialiste, tout en n’étant pas, bien évidemment, opposé à ce texte, considère qu’il agira un peu comme un emplâtre sur une jambe de bois.
M. le président
Veuillez conclure, s’il vous plaît !
Mme George Pau-Langevin
Mis à part le fait – symbolique – qu’il nomme l’inceste dans le code pénal, ce texte ne nous paraît pas apporter grand-chose et il s’est encore vidé de sa substance par rapport à l’année dernière. Voilà pourquoi nous serons amenés à nous abstenir.
Mme Fabienne Labrette-Ménager
Pitoyable !
M. Paul Jeanneteau
Que c’est pénible ! Ce n’est pas mieux qu’en première lecture.
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Inceste : 15 h – 7. Discussion, en deuxième lecture, de la proposition de loi – N° 1789
FR3.fr – La loi contre l'inceste votée aujourd'hui
Agenda de M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Justice – Loi inceste
Reuters – Le Parlement pénalise spécifiquement l'inceste – mardi 26 janvier 2010
L'Express – Le Parlement pénalise spécifiquement l'inceste – mardi 26 janvier 2010
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27 août 2009

Georges Vigarello : Histoire du viol 16e-20e siècle

Page 247

Le témoignage d'une victime d'inceste publié sous forme de livre en 1992, Viol d'inceste, auteur obligatoirement anonyme1, n'est pas le premier du genre. Il est le premier en revanche à revendiquer une démarche exclusivement psychologique, insistant comme jamais sur le dommage intérieur provoqué par l'agresseur : « Je ne porte pas plainte contre mon père2... », mais « il était devenu un tueur… toute ma personnalité d'adulte est déterminée par le viol3 ». D'où cette démarche quasi thérapeutique, cette décision de se libérer en révélant : « Je n'écrirai qu'au sujet de mon vécu4. » D'où encore ce double déplacement du regard sur le viol en général et sur l'inceste en particulier : la gravité de l'acte mesurée à la « santé psychologique et mentale 5» de la victime ; la parole prise par cette victime ensuite, censée dire publiquement ce qu'elle a subi, contribuant à une sensibilisation largement renouvelée de l'opinion.

Rien ne serait plus contestable que de limiter la conversion du regard récent sur le viol à ces deux déplacements. Bien des renouvellements sont à suivre, dont celui de l'image de l'agresseur par exemple. Mais l'importance attribuée à la souffrance psychique comme l'importance prise par l'initiative des victimes ou de leurs proches sont déterminantes, révélant de nouveaux effets de la violence et de nouveaux rapports entre les acteurs. Ce qui peut, au bout du compte, transformer le sens des brutalités dénoncées.

notes de la cinquième partie le débat des mœurs

1. Viol d'inceste, auteur obligatoirement anonyme, Paris, Eulna Carvalo, 1992.
2. Ibid., p. 20.
3. Ibid., p. 25 et 26.
4. Ibid., p. 20.
5. Ibid., p. 11.

Je préfère le terme de survivante à celui de victime
La victime est "souffrante du fait de quelqu'un" elle est passive , la survivante "survie à quelqu'un d'autre", "elle a échappé à la mort dans une circonstance grave", de part le fait de vivre encore elle est active. La culture des incestées, vue de l'intérieur se définit par la survivance et vue de l'extérieure par la victimisation. C'est ce qu'aime bien notre actuelle société : des victimes sur lesquelles on peut s'attendrir un instant mais qui n'ont qu'un intérêt précaire pour se faire plaisir dans l'aide ponctuelle et déculpabilisante que l'on peut leur apporter.
Une survivante est une preuve qui fait peur, elle veille et je note que le livre de l'Auteure anonyme – qui pour moi servait de veille – n'est que celui d'un victime passagère que l'on ne retrouvera pas :
1. Viol d'inceste, auteur obligatoirement anonyme, Paris, Eulna Carvalo, 1992.
Viol par inceste, auteure obligatoirement anonyme, Paris, Eulina Carvalho, 1993.
J'ai googelisé quelques références pour faire mon blog et je suis tombée dessus par hasard, ayant fait une faute à auteur.

1 – Viols par inceste – Page 20
Il s'est tu lors de toutes mes interventions dans les journaux, à la télévision et après, bien que place lui ait été laissée pour qu'il me poursuive en diffamation, s'il le jugeait nécessaire. Je considère ce silence comme un aveu de
sa part. Il est fier, orgueilleux et sait bien que le silence le protégera. Il ne doit pas se dévoiler lui-même. De cette façon, il ne m'attaque pas, alors je n'ai pas besoin de me défendre. Il me faudra surtout soutenir le fait que je ne porte pas plainte contre mon père. Un procès, à mes yeux, représente la loi du talion. Je suis une adulte, je ne risque plus rien, le procès ne représenterait alors que piètre vengeance.

C'est sans doute ici, le lieu d'expliquer que je n'ai pas porté plainte contre mon père, non parce qu'il me manipulait dans "le dommage intérieur provoqué par l'agresseur", mais parce que mon entourage, tout un chacun, les structures sociales inexistantes, les avocats menteurs pour une défense inappropriée, n'étaient en rien prêts à un procès. J'ai assisté à quantité de procès se terminant en diffamation aux dépends de la jeune femme ; j'ai assistée impuissante au suicide de certaines d'entre elles. Un procès raté et inéquitable est un viol supplémentaire, celui dont on ne se relève pas.
Notre société crie vengeance, elle veut se protéger d'agresseurs, de personnes associales qu'elle a pourtant aidées à être, mais ne protège en aucun cas les incestées ni ne les aide à se relever. Cependant, en matière de viol par inceste, nous ne sommes pas dans un jeu vidéo où les agresseurs doivent être neutralisés et les victimes résilientes. Notre société actuelle nous veut ainsi mais le viol est plus vieux que toutes les sociétés.


Voir le billet porter plainte et les commentaires


2 – Viols par inceste – Page 25

Le sentiment de ma propre responsabilité dans l'acte, le poids de ma culpabilité ne se sont pas installés ce jour-là. En frottant ma peau que je voulais étriller pour la changer, je savais qu'il n'était plus mon père ni moi, sa fille, qu'il était devenu un tueur et moi, sa victime. Je savais que je n'y étais pour rien, que, s'il m'avait tuée, nous n'aurions pas eu à partager le fardeau des responsabilités et des conséquences, mais comme je n'étais pas morte, il a fait de moi sa complice.


3 – Viols par inceste – Page 26
Toute ma personnalité d'adulte est déterminée par le viol, ma façon de vivre, de l'éviter, de le concevoir. Il y a dans ma gorge fureur et silence, c'est pourquoi il m'est toujours très difficile de parler des viols ; les mots s'embrouillent, reviennent plusieurs fois et se dérobent. Ces actes sont enfouis au plus profond de moi-même. Rien n'est oublié, tout est enterré pour me laisser vivre. Le viol et ses conséquences sont une grande pieuvre menaçante. La vie s'écoule tranquillement et, tout à coup, une grande tentacule de cet animal resurgit et essaie de m'étouffer. Il me faut tuer cette bête afin qu'elle ne me menace plus. Tout est clair dans ma tête, mais ne se formule pas nettement. J'espère que mon écriture sera plus lisible que ma diction n'est audible.

4 – Viols par inceste – Page 20
Je n'écrirai donc qu'au sujet de mon vécu : de viols par inceste. Je ne parlerai pas d'abus sexuels. Ils existent, mais ne peuvent être comparés à la souffrance qu'inflige le viol. Je veux arrêter cette démarche qui amalgame le tout et nivelle les abus sexuels aux viols par peur de les oublier. J'aurai toujours, comme base de réflexion, que de nombreux viols se sont répétés sur une durée de quinze années environ. J'affirme que le viol complet, la répétition et la durée ne peuvent ni ne doivent être considérés de la même façon qu'une démonstration exhibitionniste, qu'un abus sexuel ou qu'un seul viol. Les abus sexuels autant que les viols expriment le manque de respect aux femmes considérées alors comme un objet dont les hommes se servent ou prétendent se servir. De ce point de vue, la différence entre les uns et les autres s'estompe. C'est au niveau de la répétition et de la durée de l'acte, de la violence subie et donc de leurs conséquences, qu'ils ne peuvent pas être comparés. Les viols par inceste, en plus répétés, sont les plus graves de toutes les agressions d'ordre sexuel.

5 – Viols par inceste – Page 11
Requête en changement de nom

Que cela a mis en risque sa santé physique et psychologique, le suicide ayant été, pendant et jusqu’à il y a très peu de temps, la seule issue envisagée ;

Qu’elle a besoin, pour l’équilibre de sa santé physique et mentale, de rompre définitivement avec cet homme ;

Cette requête en changement de nom n'a jamais abouti étant donné que je n'ai pas porté plainte et que mon père n'a pas été reconnu coupable.

A History of Rape: Sexual Violence in France from the Sixteenth to the Twentieth Century.
By Georges Vigarello
Translated by Jean Birrell.
Cambridge: Polity Press. 2001

The testimony of a victim of incest published in book form in 1992, Viol d’inceste, auteur obligatoirement anonyme, was not the first of its genre, but it was the first to proclaim an exclusively psychological approach, insisting in a new way on the inner damage caused by the aggressor: ‘I made no complaint against my father…’ but ‘he had become a killer… my whole adult personnality was determined by the rape.’ This explains the quasi-therapeutic act, the décision to seek release by telling all: ‘I will vrite only about what I have experienced.’ It also explains the twofold change in ways of seing rape in général and incest in paricular: the gravity of the act measured in terms of the victim’s ‘psychological and mental health’; the victim speaking out, expected to tell the world what s

he has suffered, contributing to a général transformation of sensibilities.



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