« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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5 novembre 2011

« Le viol est le seul crime où la victime se sent coupable » par Clémentine Autain et Tristane Banon

5 novembre 2011
Interview : Clémentine Autain et Tristane Banon expliquent leur combat contre les violences faites aux femmes.
Par ONDINE MILLOT
Elles ne se connaissent pas, ne se sont croisées qu’une fois, mais la discussion est partie au quart de tour.
Clémentine Autain, 38 ans, femme politique, directrice du mensuel
Regards, et Tristane Banon, 32 ans, qu’on ne présente plus, sont deux femmes aux parcours et personnalités différentes. Qui ont une révolte commune. Un ras-le-bol – avivé par le contexte de l’affaire Dominique Strauss-Kahn – des pseudos discours qui mélangent tout, liberté sexuelle et agressions sexuelles, jouissance et «troussage».
Toutes les deux appartiennent à cette génération où l’on a grandi dans l’illusion de l’égalité entre les sexes. Jugeant le féminisme ringard et la question réglée. Toutes les deux ont été agressées. Ces traumatismes sont d’abord restés des douleurs privées. Jusqu’à ce qu’elles réalisent que, autant que de l’agression, elles souffraient du silence. De l’impossibilité de parler sans apparaître comme « souillées ».
Des stéréotypes qui veulent faire croire à une correspondance rationnelle entre actes subis et séquelles. Des relents de domination masculine qui empêchent d’aborder la question des violences aux femmes, pourtant banales. Petit à petit, l’engagement est devenu leur façon de ne plus être des victimes. A l’occasion de la manifestation de samedi contre les violences aux femmes et de la sortie de leurs livres respectifs, Libération leur a proposé une rencontre.

Pour lire l'article, cliquez sur le logo de Libération
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12 juin 2011

Des effets pervers d'Outreau par Maître Marc Geiger

Lundi 3 janvier 2011
Je défends depuis 22 ans des victimes de crimes et délits à caractère sexuel, et plus particulièrement des enfants.
En prêtant serment en 1988, j'ai vécu les dernières années de ce que j'ai qualifié d'obscurantisme en matière de parole de l'enfant.
Le principe était clair : On ne peut se fier à la parole d'un enfant, et cette parole ne saurait asseoir des poursuites en matière pénale.
Puis, petit à petit, la France a regardé autour d'elle, et s'est inspirée de pays très en avance comme le Canada par exemple pour donner à cette parole une consistance qu'elle méritait.
On s'est rendu compte que souvent ce n'était pas la parole de l'enfant qui posait problème, mais les conditions de recueil de celle ci.
Un véritable système d'évaluation s'est mis en place et a permis de bouger l'immobilisme confortable de l'institution judiciaire au regard de ces crimes si dérangeants.
Les poursuites se sont mises en mouvement et les condamnations sont tombées, libérant la parole de plus en plus d'enfants victimes murés jusqu'alors dans le silence.
Puis, un peu comme si l'institution judiciaire cherchait à expier son immobilisme passé, celle ci s'est emballé.
Il suffisait qu'un enfant parle pour que sa parole soit considérée comme sacrée et insusceptible d'être contredite. "Parlez, je condamnerais"
Nous avons tous en mémoire quelques revirement spectaculaires dans certaines de ces affaires qui ont défrayé la chronique.
Ce n'est certainement pas la faute des enfants. On s'est tout simplement mis à oublier à quel point la parole d'un enfant était fragile et qu'il fallait la recueillir avec un soin extrême.
L'apothéose, si j'ose user de ce terme est bien sur l'affaire d'Outreau.
Ce que l'on oublie de dire, c'est que tous les enfants d'Outreau ont été victimes.
Qu'ils en aient accusé d'autres, poussés par des enquêteurs par trop zélés n'est pas à mettre à leur débit.
Mais l'effet pervers de la médiatisation à outrance de ce fait divers, c'est que tous les enfants victimes paient aujourd'hui les errements de ces adultes qui ont si mal fait leur travail.
Le taux de classement sans suite par les parquets de ce type de procédure n'a jamais été aussi important.
Les délais d'enquêtes sont démesurés, et il n'est pas rare qu'une victime attende plus d'un an des nouvelles de son affaire.
Dans les crimes sexuels intra-familiaux, est il nécessaire d'expliquer à quel point ce comportement peut engendrer souffrance et drame complémentaire ?
Nous sommes aujourd'hui doté d'outils parfaitement fiable pour recueillir et évaluer la parole d'un enfant.
Il est indispensable que chacun d'entre nous, à son niveau, fassent en sorte que ses outils soient utilisés et que les crimes et délits à caractère sexuels sur les mineurs recouvrent une égalité de traitement avec les autres infractions, ni plus ni moins.
Que serait une justice incapable de protéger ses enfants ?
Pour lire le billet cliquez sur le logo du blog de Maître Marc Geiger
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5 juin 2011

21 juin 2004 – Outreau – Enfants – Des paroles si fragiles

21/06/2004
Leur témoignage occupe une place clef dans les affaires d'agressions sexuelles et de maltraitance. Mais le procès d'Outreau est venu relancer la vieille suspicion : faut-il les croire ? En vérité, c'est un travail très difficile pour les enquêteurs, les juges, les experts d'apprendre à les écouter.
Exemples
Tête blonde au-dessus du micro, Malvina s'accroche à son silence. Elle n'entend pas la question du magistrat :
« Est-ce que vous vous souvenez de certaines choses ? »
Ce « vous » s'adresse à elle, malgré ses 9 ans. La petite fille est tétanisée. « Votre père, c'est qui ? »
insiste Jean-Claude Monier, président de la cour d'assises du Pas-de-Calais, en ce jour étouffant de mai.
« Vous souvenez-vous du nom de votre papa ? »
Elle veut sortir, file aux toilettes, puis revient. Sur un écran se met à défiler la vidéo de son audition, enregistrée il y a trois ans au commissariat de Boulogne-sur-Mer.
Malvina est l'une des enfants victimes dans le procès d'Outreau : elle accuse de violences sexuelles un couple de voisins et son propre père. A l'écran, l'enquêteur lui demande :
« Tu as dit qu'on t'avait fait des manières ? »
Oui de la tête.
A chaque question, elle mime oui ou non. Fin de la cassette.
Le président, à Malvina :
« Vous ne vous souvenez plus ? Ou vous ne voulez pas en parler parce que ce serait pénible ? »
Elle dit : « Un peu. »
Oui, ce fut « un peu », voire très pénible, pour les enfants d'Outreau de raconter, puis de répéter leur calvaire. Oui, leur récit fut jugé « un peu », puis très crédible par les enquêteurs, les experts psys et le juge d'instruction, qui n'a d'ailleurs pas organisé la moindre confrontation. Pour toutes ces raisons, ce qui devait être le procès de l'un des plus gros réseaux de pédophilie en France a viré au fiasco judiciaire. Il a fallu le coup de théâtre de Myriam Delay, personnage central du dossier, pour que la thèse du réseau s'effondre, le 19 mai, sous le poids des incohérences :
« J'ai menti », a-t-elle dit. Le chauffeur de taxi ne les aurait pas violés.
Ni l'huissier. Ni la boulangère. Ni le prêtre. Ni aucun autre des 13 accusés qui crient leur innocence depuis trois ans. Ils n'étaient que quatre, les couples Delay et Delplanque, dit-elle. Avant de se rétracter.
A l'issue d'un invraisemblable chaos, le président a disqualifié la psychologue Marie-Christine Gryson et ordonné de nouvelles expertises, pour les 21 et 22 juin.
Poursuivis pour viols avec torture et actes de barbarie, certains prévenus risquent de vingt à trente ans de prison.
Pour lire le billet, cliquez sur le logo de l'Express.fr
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Autres billets sur la parole
2 février 2010 – France-Culture – L'enfance, le secret et la justice
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1 juin 2011

6/ J'adressais des messages confus que j'imaginais 
suffisamment clairs par Chérif Delay dans Je suis debout

Page 43
Quand j'arrivais à m'exprimer, toujours indirectement, personne ne saisissait. Je n'arrivais pas à dire 
les choses dans le langage des grands, mais je n'arrêtais 
pas d'envoyer des SOS, comme des bouteilles jetées à la 
mer...
Aidez mes frères !
Je faisais des dessins. Il suffisait 
de les regarder. Tous ces pros n'avaient pas la bonne 
formation, ou alors ils ne pouvaient pas voir parce qu'ils 
avaient la tête brouillée par l'idée qu'il faut se méfier 
des enfants parce qu'ils sont des menteurs...

Écartelé entre le désir de sauver mes frères, et la peur 
du pire si je dénonçais Delay, ma mère et leur clique de 
pervers, j'adressais des messages confus que j'imaginais 
suffisamment clairs.
Le temps passait en mode survie. Tous les quinze 
jours, je devais retourner en enfer. Un jour, tout de 
même, j'ai fini par dire stop ! Oh ! Pas comme vous 
l'espérez. J'ai simplement pu dire :
- Je ne veux plus rentrer chez moi !
- Pourquoi?
- Je veux plus voir ma mère.
Incapable de dire les viols. Alors, une fois de plus, 
je suis passé pour un sale caractère.
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Autres billets sur le livre Je suis debout de Chérif Delay
2/ Autofiction, dans "Je suis debout" de Chérif Delay
3/ La responsabilité du suicide de l'un des acquittés d'Outreau
4/ La suite, je l'ai vécue comme pendant les viols. Dissocié. J'étais à la barre, mais totalement absent
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25 mai 2011

Le monopole de la parole par Isabelle Germain

Écrit par Isabelle Germain
Mercredi, 25 Mai 2011
Le monopole de la parole
Les hommes qui s’expriment dans les médias en France n’ont pas l’habitude d’être remis en question. Ils éditorialisent, débattent, s’invectivent entre eux et avec les hommes politiques. S’ils vous disent qu’un viol ce n’est pas grave, que la drague appuyée c’est rigolo et que le harcèlement sexuel, franchement, on ne va pas en faire tout un plat… ils n’ont pas l’habitude d’être contredits. Monopolisant la parole dans les médias, ils disent aux femmes ce qu’elles doivent penser.
Seulement voilà, la caste de dirigeants mâles n’a plus le monopole de la parole publique. Ils se font mordiller le mollet par les blogueurs et prennent en pleine face les assauts de la presse étrangère et ne savent plus comment réagir.
Sur le plateau de France 2 qui avait bouleversé ses programmes jeudi 19 mai pour suivre les événements à New-York, ils sont une poignée de grands éditorialistes. On sent l’affolement, ils hurlent plus qu’à l’accoutumée et entonnent des couplets de vertu contre l’avocat Robert Badinter qui a ouvertement pris le parti de défendre son ami Dominique Strauss-Kahn et, logiquement, parle plus de lui que de la plaignante.
Changer de métier
Sur le plateau, deux femmes auront la parole un peu plus de 30 secondes chacune. Une journaliste anglaise du Guardian et la directrice de la rédaction de France Inter, Hélène Jouan.
Dans le faible temps de parole qui leur est imparti, elles auront à peine le temps de répondre à la seule question qui leur est posée : Et vous ? Avez-vous eu à subir des avances ?
Remarquons au passage que, comme à l’accoutumée, on demande aux hommes de s’exprimer en tant qu’experts et aux femmes en tant que victimes, mais pour une fois ça a du sens.
Hélène Jouan se lance. Elle aura le temps de dire deux choses indispensables : elle-même a failli renoncer au métier de journaliste tant elle en avait assez de subir les assauts de certains hommes. Et « les hommes de pouvoir ont des comportements... difficiles à dénoncer ».
Donc oui ça existe.
Partout où il y a des hommes de pouvoir, en politique, dans les entreprises ou dans les médias, le phénomène existe et la loi du silence s’impose. Déposer une plainte, est très risqué : la femme peut être mise en quarantaine puis perdre son job et son honneur parce que, bien sûr, elle sera traitée d’affabulatrice… En France, les femmes savent qu’elles ont plus à perdre en faisant un procès qu’en subissant. Même celle qui occupe aujourd’hui un poste très important à la rédaction de France inter a envisagé de renoncer à son métier.

L’affaire DSK va-t-elle contribuer à briser la loi du silence ou au contraire la renforcer ? Entre les fausses accusations de harcèlement et de viol qui pourraient sortir, les difficultés à prouver les histoires vraies, et la notion de vie privée très extensible chez les journalistes français… Difficile à dire.
Pour lire le début du billet, cliquez sur le logo des Nouvelles news
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1 avril 2011

La Hadopi obtient la suspension du blog de Maître Eolas ! Poisson d'avril ?

01 Avril 2011
Julien L.
posté dans Numerama
Terrible journée que ce premier avril ! Alors que la riposte graduée veut monter en puissance, la Hadopi a obtenu pour 24 heures la suspension du blog de Maître Eolas.

C'est un terrible coup porté à la blogosphère française. Le célèbre site de Maître Eolas, dont les thèmes de prédilection sont l'actualité juridique et le rugby, vient d'être suspendu par la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la protection des Droits sur Internet. Ouvert en 2004, le blog s'était rapidement taillé une réputation sur le net, tout comme son auteur.

L'avis de suspension provisoire, publié en lieu et place du blog, nous informe que la Hadopi "a ordonné la suspension pour une durée de 24 heures du blog "Journal d'un avocat (http://maitre-eolas.fr) au motif de la constatation par procès-verbaux dressés par les agents assermentés visés à à l'article R.331-36 du code de la propriété intellectuelle, et ce de manière réitérée".

"Ce service de communication au public en ligne a été utilisé à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d'œuvres ou d'objets protégés sans l'autorisation des titulaires des droits prévus aux livres Ier et II lorsqu'elle est requise, en l'occurrence le plagiat par plusieurs billets de larges extraits de l’œuvre ISBN-13: 978-2246734017" est-il encore indiqué, en Comic Sans MS, fameuse police d'écriture dont le sérieux n'est plus à prouver.

Cette décision, prise le 1er avril, "est exécutoire de droit par provision au seul vu de la minute transmise par voie électronique à l'hébergeur, la société Typhon SARL". Nous ne verrons plus la célèbre distinction de Maître Eolas, le prix Busiris, décernée aux personnalités politiques tenant "une affirmation juridiquement aberrante, si possible contradictoire, teintée de mauvaise foi et mue par l'opportunité politique plus que par le respect du droit".

L'intervention de la Hadopi sanctionne ainsi l'analyse critique du célèbre bloogueur-avocat, qui avait jugé en 2009 que l'ordonnance pénale que Christine Albanel souhaitait mettre en place pour la sanction finale de la riposte graduée n'était pas conforme avec la Constitution française. Elle punit également l'affront de Maître Eolas à Pascal Nègre, qui avait mouché le producteur sur Twitter.

Pour lire l'article et rejoindre sa source, cliquez sur le logo Hadopi m'a tué
Lire les commentaires. L'article R331-36 qui n'existe pas
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13 mars 2011

6/ Outreau - L'aîné des enfants martyrs Chérif alias Kévin, confirme ses accusations

13 mars 2011
Jacques Thomet

Voici une vidéo exclusive sur le témoignage de cet enfant martyr d’Outreau devenu récemment majeur, Kevin (Chérif), filmée par Serge Garde avec Jean-Michel Garcia, en 2011 :



Il y parle d' Aurore, la fille des Lavier qui ont été mis en garde à vue il n'y a pas longtemps.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de un journalisme d'investigation

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Autres billets de Jacques Thomet sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau : ce scandale rebondit avec un colloque sur la parole des 15 enfants violés
2/ Outreau : les 13 acquittés ne sont pas tous innocents, mais 12 enfants ont tous été violés
3/ Les 10 ans d’Outreau : pour la première fois, l’un des 12 enfants victimes maintient ses accusations
4/ Outreau : 2 des acquittés sont en garde à vue – maltraitances sur deux de leurs enfants de 10 et 11 ans qui leur ont été retirés
5/ Exclusif – Outreau : l’aîné des 12 enfants martyrs, Chérif (Kevin) Delay, demande au président Sarkozy de les recevoir à l’Elysée
7/ Outreau – Chérif Delay : le juge Fabrice Burgaud a été une « victime »
8/ Les pédophiles ont pignon sur rue en France, et plus que jamais depuis Outreau
9/ Outreau : le couple Lavier à nouveau en garde à vue
10/ Outreau : Alain Marécaux avait pourtant avoué sa culpabilité devant les jurés aux assises de 2004
11/ Outreau a engendré l’abdication française dans la défense des mineurs
12/ Outreau : d'autres photos et vidéo remettent en cause la ligne de défense du couple Lavier
13/ Outreau : Virginie Galland de la Voix du Nord parle du délit de contrefaçon
14/ Outreau et ses conséquences : le calvaire de Marine, violée par des adultes dure depuis six ans
15/ Outreau : Un balai instrument du martyre menace les Lavier
16/ Jacques Thomet lance un appel aux 27 enfants d'Outreau
17/ Outreau : 18 et 8 mois de prison avec sursis pour 2 des acquittés + Franck Lavier et Hélène Bernard
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Autres billets au sujet du livre de Cherif Delay
Le prochain livre d'une victime d'Outreau fait déjà polémique Par Gabriel Thierry
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12 septembre 2010

Les interprétations inadmissibles de la parole par Pierre Delion

Page 49
Sans compter que ces purs esprits attendaient la demande, laissant d'authentiques malades mentaux aux prises avec leurs persécutions délirantes ou leur furieuse envie de se tuer, dans l'impossibilité, et pour cause, de demander quoique ce soit à qui que ce soit, du fait des interprétations inadmissibles auxquelles 
ils risquaient de se heurter.
Observer le corps de loin semblait suffisant pour interpréter les symptômes corporels énonçant des vérités psychiques non formulables dans le cadre d'une parole pleine, et principalement par ceux qui ne pouvaient y avoir qu'un accès problématique : les personnes psychotiques.

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Autres billets sur le livre Le corps retrouvé de Pierre Delion
Le corps retrouvé : franchir le tabou du corps par Pierre Delion
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2 février 2010

2 février 2010 – France-Culture – L'enfance, le secret et la justice

Sur les docs
par Jean Lebrun
émission du 2 février 2010
de 17h à 17h15

Questions à la Justice – Réponses de la Justice (2/5) - L’enfance, le secret et la justice
Un documetnaire de Jean-François Laé et Christine Diger
Dans les procès pénaux impliquant des mineurs, avant le tribunal, avant l’instruction, avant la plainte au commissariat, avant de fabriquer son dossier pour se défendre, il y a ce long parcours de la révélation. En effet, des années peuvent s’écouler avant que la parole n’éclate, ceinturée de peurs et d’incertitudes, d’autant lorsqu’on a dix ou treize ans et que l’on cherche les mots pour dire les sévices.
Chantal – qui a aujourd’hui vingt-trois ans – raconte comment elle a mis des années avant de pouvoir ouvrir sa boîte à secret devant son père, puis devant un professeur de français, puis devant une amie, avant d’oser enfin composer un numéro vert anonyme ; après cet appel, quatre ans s’écoulent encore avant qu’un jugement intervienne.
A qui en parler ? Qui peut aider ? Comment contrôler cet événement sans que le stigmate infâmant se retourne contre soi ?
A chaque étape, les questions surviennent : que dire pour confirmer les actes d’agression lorsqu’il n’y a aucune preuve ? Que vaut la parole d’une adolescente de treize ans par rapport à celle d’un adulte ?
Ce documentaire, réalisé au Tribunal pour enfants de Bobigny, interroge ce long chemin : la crédibilité du « témoignage de soi sur soi » , la recherche nécessaire d’un locuteur qui gardera par devers lui, sans fuite et sans risque de dérapage, le secret aux limites du déséquilibre.
Avec :
Chantal, étudiante en sciences sociales, plaignante ;
Laure Vermeersch, juge pour enfants au Tribunal de Grande Instance de Bobigny ;
Didier Seban, avocat à la cour de Paris, spécialisé dans la défense des enfants ;
Cédric Tormard, conseiller pédagogique et éducatif dans un collège du XVIIIème arrondissement,
et le centre d'appel 119, qui recueille les paroles des jeunes en difficultés.
Production : Jean-François Laé
Réalisation : Christine Diger
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Autres billets sur la parole de l'enfant

21 juin 2004 – Outreau – Enfants – Des paroles si fragiles
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17 novembre 2009

Mettre fin à la conspiration du silence par Lewis Engel & Tom Ferguson

Page 200

La plupart des personnes issues de familles dysfonctionnelles ont été victimes d'une conspiration du silence de la part de leurs parents, des membres de leur parenté, de leurs écoles et de la société en général. Jamais on n'a parlé, ni à l'intérieur ni à l'extérieur de la famille, du fait que le père ou la mère, ou les deux, souffraient d'une toxicomanie ou d'un problème psychologique, ou qu'un ou plusieurs enfants ont été agressés à plusieurs reprises.

La conspiration du silence a plusieurs effets :

• Elle permet au père ou à la mère dysfonctionnels de maintenir leur pattern négatif sans jamais faire face à leur problème.

• Elle contribue à renforcer l'impression qu'a l'enfant que ses sentiments de tristesse, de colère et de crainte sont sans fondements.

• Elle donne aux enfants de familles dysfonctionnelles l'impression qu'ils sont responsables de tous les malheurs qui se sont produits.

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Autres billets sur le livre La culpabilité de Lewis Engel & Tom Ferguson

La culpabilité, ne plus la subir, ne plus en souffrir

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3 janvier 2008

Dorothée Dussy : L'inceste versus l'Interdit de l'inceste : lectures croisées

Chargée de Recherche au CNRS, Laboratoire d’Anthropologie Urbaine (UPR 34) associée au Laboratoire Genêse et transformation des Mondes sociaux (EHESS-CNRS)

Dans cet exposé, je voudrais questionner ce que les savoirs sur l'inceste, en anthropologie, disent du rapport de la société à l'inceste. A partir d'une lecture du livre exemplaire de Françoise Héritier, De l'inceste, je vais montrer comment l'inceste peut être pensé quand on a en toile de fond conceptuelle la théorie de l'interdit de l'inceste. Etant entendu que la pratique de l'inceste a pour condition nécessaire de mise en œuvre le silence autour de cette pratique, je voudrais ensuite explorer la question du "dire l'inceste" collectivement, à l'échelle de la société. En conclusion, je retournerai la perspective de départ, et m'interrogerai sur le sens de la théorie de l'interdit de l'inceste, quand on a en toile de fond la réa lité de l'inceste.


Études n° 124 2008/1
Père et fille à l’épreuve d’un procès pour inceste
Dorothée Dussy
Plan de l'article
• l'aveuglement devant la violence domestique
• se construire en victime
• assumer le doute
• le bénéfice du doute
• BIBLIOGRAPHIE

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21 février 2005

Claire Brisset à propos du procès de Saint-Omer

Claire Brisset, Defenseure des enfants
15 millions d'enfants à défendre, Paris, Albin Michel, 2005
Un premier constat s'impose : les mineurs victimes sont encore trop peu protégés par notre système judiciaire.
Il n'est pas excessif de dire que le procès de Saint-Omer n'aura en rien allégé les souffrances des enfants d'Outreau, bien au contraire.
Placer devant une cour d'assises des enfants auxquels on demande, en présence de leurs parents qui reconnaissent les avoir violés, tous les détails de ce qu'ils ont subi des années auparavant, laisser la presse citer leurs noms et prénoms, pour ensuite, devant le fiasco judiciaire, regretter la « sacralisation » de la parole des enfants ainsi recueillie...

Le procès de Saint-Omer aura concentré, à lui seul, tous les défauts du système [ ... ]. Bien peu de voix se sont élevées pour rappeler que les enfants victimes, ceux que l'on invitait à témoigner dans cette cour d'assises transformée en foire d'empoigne, ne pouvaient en aucun cas rendre un témoignage utile à la cour. Il était totalement illusoire d'attendre quoi que ce soit de leur parole dans de telles conditions.
Déjà blessés, ils seront ressortis de ce tribunal encore plus meurtris.
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
3/ Outreau : Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité »
6/ Des troubles du comportement par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir » par M.-Ch. Gryson-Dejehansart
11/ le test du Rorschach expliqué par Marie-Christine Gryson-Dezjehansart
12/ Militantisme association par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
13/ Les points de défaillance au procès de Saint-Omer par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes
15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
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Autres billet sur l'affaire d'Outreau
7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri

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3 janvier 2004

3/ Un silence difficile à rompre – Roland Coutenceau

Vivre après l'inceste – Haïr ou pardonner
Pour l'enfant, un silence difficile à rompre p 80-81
Le cœur de l'histoire se situe dans la tête de l'enfant et dépend de son degré d'évolution. Il est rare que les actes incestueux soient ponctuels, mais il arrive que des enfants, souvent très jeunes, toniques, le disent rapidement, des enfants « nature » ou qui ont une structure psychique simple, réactive. Au fond, ceux-là ne réalisent pas la menace que représente le père. C'est comme s'ils n'étaient pas organisés pour percevoir la nature sexuelle de l'agression. Ils la vivent comme une sorte d'asticotage, de comportement provocateur qui les agace : « Papa m'embête », « Papa me touche ». On a ainsi des réactions salutaires chez ces très jeunes enfants, qui restent malgré tout moins minoritaires.
Page 80

Il en va différemment dès qu'ils sont plus grands, au niveau de la période de latence, ce que l'on appelle l'âge de raison, entre sept ans et la puberté. Les enfants sont alors davantage constitués comme des êtres humains pensants. Leur psychisme est plus organisé et ils ont, du moins potentiellement, la capacité de verbaliser. Mais comme ils sont en même temps plus facilement impressionnables, ils en arrivent à « penser » la crainte que leur· inspire le père incestueux, et à anticiper les conséquences de leurs attitudes, cela – car il ne faut pas négliger le contexte – dans un monde qui pour eux se résume à la famille et qui, pour simplifier, est une espèce d'entité totalitaire où celui qui peut gratifier et punir est le père.

page 82

Bien sûr, il y a l'école, et il est tout à fait caractéristique que certains enfants parlent à l'école. Mais, même si l'école est là physiquement, même si elle fait partie de la vie quotidienne de l'enfant, elle n'est pas vécue comme appartenant à un monde où les normes, les lois qui régissent la famille seraient différentes. Il est donc difficile à l'enfant d'imaginer que parler au sein de ce monde pourrait le délivrer. La difficulté, pour un enfant ayant l'âge de raison, de raconter ce qui se passe chez lui, c'est qu'il n'est pas capable de penser à un autre lieu que sa famille où des choses, pressenties comme abusives, anormales, puissent se dire de manière que quelqu'un s'en saisisse et intervienne.

L'enfant ne peut pas penser que l'instituteur, le médecin ou le juge sont des indicateurs de repères sociaux qui le concernent. L'adulte tiers, celui qui n'est ni papa ni maman, n'existe pas avec assez d'intensité dans le psychisme de l'enfant. La comparaison avec un pays totalitaire où règne un tyran arbitraire et égocentrique est parlante : celui qui y vit ne peut pas penser qu'il y a un salut en dehors, qu'il a un moyen d'échapper à la tyrannie. Le monde mental que constitue la famille évoque à une petite échelle la situation d'un citoyen dans un pays totalitaire. Comme lui, l'enfant se sent prisonnier, il est enfermé dans un système clos.


page 83

Plus subtil que la violence, c'est la menace que distille le père, c'est une ambiance menaçante, une tension : l'enfant étant un être en devenir, son psychisme étant fragile, comment va-t-il réagir face à des menaces voilées ? Beaucoup d'enfants disent : « Je ne savais pas trop ce que je risquais. » La menace n'étant pas nommée, n'étant pas identifiée, l'enfant ne peut l'imaginer que redoutable : « Si je ne m'exécute pas, si je ne me laisse pas faire, si je parle, je vais subir un châtiment. » Cette menace indéterminée laisse le psychisme de l'enfant dans un état totalement démuni, car la violence potentielle est plus terrible que la violence physique elle-même.

page 86

La peur confuse de la réaction de l'autre se fonde dans une crainte plus générale, la crainte de l'hostilité, de l'agressivité que pourrait provoquer le fait de parler - de l'agression sexuelle bien sûr - mais aussi simplement d'exprimer un sentiment, une opinion. Il faut bien se souvenir que ces peurs se situent dans un monde où règnent totalitarisme et arbitraire. Pour l'enfant, la nature des gestes incestueux se clarifie à mesure qu'il grandit, mais l'emprise du père reste unique, totale : « C'est le seul qui pouvait me faire quelque chose. »

Avec notre savoir, nous pouvons penser qu'un enfant qui parle est sauvé, mais lui est à mille lieues de penser qu'un copain, la maîtresse, le docteur, la mère d'une copine, en bref que des gens extérieurs au système familial, puissent le libérer. Il n'a pas une perception exacte de la société, et pense in fine que son aveu, son témoignage viendront à la connaissance de son père qui se vengera.


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Voir aussi les billets concernant le livre de Roland Coutanceau :
1/ Vivre après l'inceste : Haïr ou pardonner
2/ Peut-on pardonner ?

4/ Désordres relationnels et sexuels
5/ Le père incestueux
*/ L'enfant investi d'une sorte de mission
6/ Les milieux sociaux et culturels
7/ Quelques conséquences sur les survivantes
8/ Le dévoilement
9/ Trois profils des pères incestueux
10/ Les mères
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19 octobre 2001

8/ Le recours à la loi pour les victimes par Gérard Lopez

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Je fais clairement partie des professionnels qui pensent que la loi permet de réinscrire une victime dans la société humaine en punissant le coupable et en redonnant la parole à la victime, c'est-à-dire son statut d'être humain. Une victime n'est jamais traitée comme un sujet ayant des droits, un désir propre. Elle est traitée comme un objet : la chose d'un agresseur qui exerce un rapport de domination à son strict profit. Il s'agit toujours d'un rapport de force. Nous pourrions dire qu'une victime de viol ne subit pas un rapport sexuel, mais un rapport de domination qui la touche dans son intimité, là où elle est précisément la plus vulnérable.

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Autres billets par Gérard Lopez :

1/ La fascination est une des armes qu'utilisent préférentiellement les pères incestueux

2/ Définition de la victime
3/ Les pères incestueurs
4/ Quelques conséquences sur les survivantes
5/ Psychologie des vampires
6/ La responsabilité
7/ La cure des incestueurs
9/ La résilience

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