« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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19 février 2011

"Les larmes d'émotion des femmes contiennent un signal chimique qui refrène l'appétit sexuel des hommes"

trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com
Samedi 19 février 2011
À quoi servent les larmes ? Plusieurs rôles physiologiques ont été proposés, par exemple l'évacuation de substances toxiques ou la protection des yeux. Cependant, la fonction psychologique et sociale des larmes émotionnelles, celles qui coulent sur nos joues lors d'une sensation intense, joie ou tristesse, restait inconnue. Shani Gelstein, de l'Institut Weizmann, en Israël, et ses collègues ont révélé qu'elles contiennent un signal chimique qui influe sur le comportement sexuel.
Pour lire la suite du billet, cliquez sur l'avatar au cerveau.
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Autres billets sur les larmes
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
"Pourquoi pleure-t-elle tout le temps ?" dans Viols par inceste
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Autres billets de Franck Trommenschlager
Dans l'inceste, il y a violation d'espace vital. L'instinct de survie du cerveau va bloquer les souvenirs comme un verrou.
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28 novembre 2010

16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

Page 264
« Après Ali, Rita s'est engagée sur une pente descendante, une piste de toboggan très, très raide », dira Orson Welles.
Après tout ce qu'elle avait subi, d'abord de la part de son père, 
puis de son premier mari, l'échec de ses mariages avec Welles et Ali khan ne pouvait que confirmer ses pires crainte concernant ses capacités à mener une vie intime harmonieuse – et la concernant elle, tout simplement. Pendant le temps, bref, qu'avaient duré son union avec Welles puis celle avec le prince, 
elle avait connu quelques périodes d'espoir, mais tout cela s'était terminé par des trahisons.
Humiliée par la façon dont Ali s'était conduit lors de cette semaine qu'elle avait passée à Neuilly, blessée par cette parodie de réconciliation, elle était mûre pour une nouvelle crise.
Comme nombre de victimes d'inceste qui épanchent leur rage contre autrui par le biais d'actes autodestructeurs, Rita, en s'affichant si ouvertement avec le comte Villapadierna (malgré les mises en garde de son avocat), criait le malheur d'une femme dont les derniers espoirs de bonheur familial venaient de s'évanouir. 
Puisque les protestataires de Madrid l'accusaient d'immoralité (elle qui souhaitait si désespérément n'être qu'une bonne épouse et une bonne mère), eh bien elle allait abonder dans leur sens, leur prouver qu'effectivement elle ne méritait pas une vie stable et tranquille.

Très souvent la victime d'un inceste fait reporter sur elle la responsabilité de l'acte. Son enfance tragique l'ayant privée de toute estime de soi, tout ce qu'elle subit par la suite ne peut que la confirmer dans l'opinion qu'elle a d'elle-même : celle d'être une personne mauvaise et méprisable.
Savoir cela permet de comprendre comment Rita a pu se retrouver sur cette terrifiante « pente descendante » et se jeter dans une aventure totalement autodestructrice avec un personnage aussi trouble que le chanteur-acteur Dick Haymes – un homme aussi répugnant et manœuvrier qu'Eddie Judson jadis.
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Autres billets sur Rita Hayworth
1/ Livre - Rita Hayworth par Barbara Leaming
2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming
3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire
5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
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21 novembre 2010

Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer

Page 373
À la fin de la première semaine de répétitions, Rita s'effondra.
Le samedi soir, elle se plaignit d'avoir mangé quelque chose qui la rendait « malade », et le lundi elle fut hospitalisée sur un diagnostic d'anémie, d'épuisement nerveux et de déficience du métabolisme. « Je veux juste me reposer », dit-elle aux journalistes, lorsqu'elle quitta l'hôpital quelques jours plus tard au bras de son médecin. Et son nom disparut de la distribution de la pièce.
Personne ne savait encore de quelle maladie elle souffrait. Les victimes de la maladie d'Alzheimer éprouvent beaucoup de difficultés à s'adapter à de nouvelles situations, ce qui était le cas de Rita avec le théâtre. Et lorsque la situation devient trop difficile à maîtriser, le malade panique et renonce. On donna diverses explications au renoncement de Rita : qu'elle n'avait pu supporter la chaleur et l'humidité qui régnaient sur la scène au théâtre Ethel-Barrymore ; que brusquement elle s'était rendu compte qu'elle n'aimait pas la pièce; et aussi, ce qui était nettement plus proche de la vérité, qu'elle s'était sentie incapable de passer du cinéma au théâtre – incapacité que la maladie, bien entendu, aggravait.
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7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
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15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
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La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
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20 novembre 2010

15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming

Page 154
Quant au personnage d'Elsa, il rappelle par bien des côtés celle qui l'interprète.
Rita incarne en effet une « pauvre gamine » (selon les termes d'un autre protagoniste du film) mariée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, sorte de figure paternelle qui, comme Judson, la menace de révéler les noirs secrets de son passé.
Il est même question d'une mystérieuse lettre (écrite ici par le mari) qui raconte des choses qui pourraient la couler définitivement si elles étaient connues.
Comme Judson, son vieux mari la pousse dans les bras d'un autre homme et, pervers, encourage leur liaison.
Toutefois, l'écho le plus poignant de la réalité, c'est dans la relation entre les deux personnages principaux qu'il faut le chercher. « Arrête de pleurer. Je ne peux pas supporter de te voir pleurer », dit Michael à Elsa, nous rappelant le désespoir de Welles devant les larmes de Rita.
Et tout comme Welles, il lui promet de l'emmener avec lui loin de tout cela : « Je vais t'emmener dans un endroit où il n'y a pas d'espions », ces espions étant une allusion à Harry Cohn et à l'obsédante surveillance qu'il exerçait sur sa star.
Pourtant, un peu plus tard, Michael, toujours à l'image de Welles, semble avoir changé d'avis : « Veux-tu toujours m'emmener avec toi ? » demande-t-elle désespérée. Et la réponse ne tombe qu'au bout d'un long et pénible silence. 
« Pourquoi me poses-tu cette question ? dit-il, visiblement toujours aussi amoureux, mais soudain effrayé et hésitant. 
Arrête de me tourmenter. »
À un moment, elle paraît comprendre pourquoi il ne peut malgré tout son désir, la sauver : « Tu ne sais même pas prendre soin de toi-même, lui dit-elle, alors comment pourrais-tu t'occuper de moi ? »
Accablé par ses propres problèmes, Welles n'avait vu d'autre issue que de s'éloigner de Rita – comportement identique à celui qu'il avait eu à l'égard de son père alcoolique, au retour d'un voyage traumatisant en Chine, et qu'il se reprocha tout le restant de sa vie.
La même histoire se répétait avec Rita : pour se sauver il rejetait loin de lui quelqu'un qu'il aimait, le laissant seul face à ses démons. Que dans son esprit les deux trahisons aient été liées, on en trouve la preuve dans le film, où il situe le passé d'Elsa non au Mexique, mais en Chine, le lieu qu'il associait à la déchéance de son père.


Autres billets sur les larmes
Elle les laissaient approcher pour leur faire peur ensuite et noyer tout cela dans les larmes dans Interdits ordinaires

Orson Welles & Rita Hayworth
envoyé par vodeo. - Films courts et animations.
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8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
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La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer
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19 novembre 2010

la Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth

Drame d'Orson Welles,
avec Rita Hayworth (Elsa Bannister),
Orson Welles (Michael O'Hara),
Everett Sloane (Arthur Bannister),
Glenn Anders (George Grisby),
Ted De Corsia (Sidney Broome),
Gus Schilling (Goldie).
Scénario : Orson Welles, librement adapté du roman de Sherwood King If I Should Die Before I Wake Photographie : Charles Lawton Jr.
Décor : Stephen Goosson, Sturges Carne
Musique : Heinz
Roemheld
Montage : Viola Lawrence
Production : Columbia Pictures
Pays : États-Unis
Date de sortie : 1948 Durée : 1 h 27

Une étrange beauté

Orson Welles a sans doute tourné ce film, adapté d'un roman assez faible, avec l'idée de prouver à Hollywood qu'il était capable de faire un film à succès, en employant une star comme Rita Hayworth (laquelle était alors sa femme).

Le résultat fut loin de convaincre les studios. La Columbia, plutôt réservée, attendit de sortir Gilda de Charles Vidor, qui élèvera Hayworth au rang de star, avant de se risquer à exploiter le film de Welles…

Il n'en reste pas moins que la Dame de Shanghai est un beau film qui dégage une impression étrange, troublante, du fait de la relation tumultueuse entre les deux personnages principaux : un mélange d'amour et de manipulation.

Le récit doublé du commentaire en voix off ajoute beaucoup à l'étrangeté du film. Truffaut écrivait à ce sujet : « Si l'on regarde le film en écoutant les informations données par la voix off (le commentaire prononcé par Orson Welles), on s'aperçoit que le scénario est beaucoup plus simple qu'il n'en donne l'impression : toute l'histoire s'inscrit dans un itinéraire marin qui va de New York à San Francisco en passant par les Caraïbes et une escale à Acapulco ! L'écriture du script est très professionnelle, chaque scène se termine par un gag visuel ou sonore, l'action ne reste jamais en repos ».

On se souvient également de la composition des deux personnages secondaires : Everett Sloane qui joue le mari de Rita Hayworth, figure mêlant puissance et infirmité (il marche en s'aidant de deux cannes) et Glenn Anders qui, dans le rôle de George Grisby, est chargé de tendre un piège au naïf Michael O'Hara.

Pour lire le résumé, cliquez sur la photo
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mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
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1 février 2008

14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent

Page 232
Lorsqu'elle se plaignit de son sort, Ali suggéra que, après le safari, elle pourrait peut-être envisager de tourner un-nouveau film. Idée à laquelle il semblait tenir, car à peine avait-elle déclaré à un journaliste de Nairobi qu'elle ne voulait pas refaire du cinéma qu'Ali confiait à un autre reporter, à Zanzibar, que lui et l'Aga Khan estimaient que Rita devrait accepter de retrouver les studios si on lui offrait un bon rôle. Quelle consternation dut-elle éprouver en lisant ces propos, elle qui avait considéré son mariage comme le plus sûr moyen de dire définitivement adieu à Hollywood !
Ali a peut-être sincèrement cru que tourner un film aiderait Rita à surmonter ce mal de vivre qu'elle éprouvait depuis qu'elle était en Europe, mais il avait également une autre idée en tête, bien plus cynique : l'argent que gagnerait Rita en retravaillant.
Malgré le luxe dans lequel évoluait le prince, on savait que le vieil Aga surveillait de très près sa fortune et que la bourse de son fils « était souvent vide », si l'on en croit Elsa Maxwell. Ali devrait attendre la mort de son père pour satisfaire ses perpétuels besoins d'argent, exacerbés par le jeu et un gaspillage immodéré.

S'il était exact, comme tout le monde s'en émerveillait, que Rita avait épousé un homme très, très riche, son vieil ami Hermes Pan n'en avait pas moins remarqué qu'Ali dépensait sans vergogne l'argent de sa femme : « L'argent de Rita lui glissait entre les doigts comme de l'eau. Il a dépensé ainsi une fortune. »
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9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
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13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité

Page 223
« Elle donnait aux hommes l'image qu'ils désiraient d'elle, disait Bob Schiffer pour définir les relations entretenues par Rita avec ses époux et amants. C'est ainsi, malheureusement, qu'elle croyait que les choses devaient se passer. »
Et c'est ainsi que cela se passa avec Ali khan.
Peu importaient la renommée et le succès qu'elle s'était acquis, l'image dévaluée qu'elle avait d'elle-même et son sentiment d'infériorité, legs de son enfance, la poussaient à considérer chaque homme qui partageait sa vie comme le centre de l'univers, et à s'efforcer de devenir ce qu'il attendait qu'elle 
fût. Son père l'avait façonnée en danseuse espagnole aguichante, Eddie Judson en avait fait une star et avec Welles elle s'était transformée en l'épouse d'un futur politicien. 

Maintenant Ali la confiait à un répétiteur chargé de lui apprendre le français, dont elle aurait besoin pour naviguer dans la société qu'il fréquentait, et à un autre précepteur chargé de lui 
enseigner les règles de l'étiquette et du
protocole.
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12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme

Page 138
Bien plus tard, reconnaissant qu'il avait copieusement trompé sa femme à cette époque, Orson frissonnait encore en imaginant combien, en s'entendant rapporter toutes ces histoires, Rita avait dû être bouleversée.
« Nous sommes une race de gens si cruelle », grognait-il, en pensant non seulement aux colporteurs de ragots mais sûrement à lui-même.

Comme sa mère avant elle, Rita se mit à boire.
Et plus elle buvait, plus nombreuses étaient les scènes. Soudain, au milieu de ces vociférations, elle sortait de la maison comme un ouragan et se précipitait vers la voiture. Rien ne pouvait l'arrêter. Craignant qu'elle ne se tue, Orson l'accompagnait ; si elle était morte dans ces conditions, il ne se le serait jamais pardonné.

Parfois, en la voyant conduire à des vitesses folles sur les routes escarpées des collines de Hollywood, il avait l'impression qu'elle voulait effectivement se tuer.
Le souvenir de son propre père mort d'alcoolisme augmentait son sentiment de culpabilité : à un moment de sa jeunesse, Orson avait cessé de voir son père à cause de ses excès de boisson, et lorsque Dick Welles était mort, peu de temps après, il s'était amèrement reproché de l'avoir abandonné.
Or la même chose se produisait avec Rita ; comme avec son père qu'il avait pourtant adoré, il se détournait d'elle au moment où elle avait le plus besoin de lui.
Et c'était même pire, car il était adulte maintenant, et comme tel, pleinement responsable de ses actes.

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11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth

Page 87
Contrairement à ce qui s'était passé huit mois auparavant, cette fois-ci Rita fit appel à un avocat de Los Angeles, Don Marlin, qui lui procura tout le soutien légal dont elle avait besoin.
Après avoir vidé leur compte d'épargne, laissant Rita sans la moindre liquidité, Judson prit une chambre au Beverly Hills Hotel – qui était déjà alors l'hôtel le plus prestigieux de Hollywood. Par ce choix, il semblait indiquer qu'il comptait bien continuer à vivre aux dépens de sa femme et qu'il n'avait pas l'intention d'accepter un partage équitable de leurs biens ; il voulait tout. Non content de la menacer physiquement, il l'avait 
avertie qu'il avait les moyens de ruiner sa carrière cinématographique.
Dans la presse, les commentateurs supposèrent qu'Eddie détenait certaines informations embarrassantes pour Rita, ce qu'elle sembla confirmer par ses réactions affolées. Mais personne ne sut jamais de quoi il s'agissait. La réponse figure dans le dossier constitué par le FBI sur Rita, qui contient notamment une déclaration de Judson affirmant qu'il possédait « une lettre obscène écrite par Hayworth et dont il se servait pour lui extorquer des fonds ». Dans cette « lettre obscène », 
Rita disait avoir « entretenu des relations intimes avec d'autres hommes ». Ainsi Rita aurait fourni à Judson les munitions qu'il utilisait contre elle. Mais pourquoi ?
Si Rita écrivit cette lettre à Judson pour le punir de l'avoir poussée à coucher avec d'autres hommes, elle obtint le résultat inverse de celui qu'elle recherchait : c'est elle qui en souffrit, pas Eddie. Cette lettre, en tout cas, est très révélatrice des tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient sa conduite. À l'époque où elle l'écrivit, elle savait à l'évidence quelle sorte d'homme était son mari et jusqu'où il n'hésitait pas à aller pour parvenir à ses fins.
Est-il possible qu'elle ait remis involontairement un document aussi dangereux entre ses mains ?
Sa colère se manifestait par un acte qui, de fait, ne punirait qu'elle-même et qui, de plus, la punirait pour des actions commises contre elle – comme si c'était elle la coupable et qu'elle dût payer pour ce qu'un autre l'avait forcée à faire.

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mère
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10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels

Page 77
Malgré les problèmes qu'elle devait affronter chez elle, où Eddie ne supportait pas qu'elle défiât son autorité, et au studio avec Cohn, pendant le tournage de L'amour vient en dansant, rien dans son comportement ne laissait deviner de telles difficultés.
Les femmes qui ont été exploitées pendant toute leur jeunesse font souvent preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels, quels que soient les ennuis qu'elles doivent affronter dans leur vie privée. Les responsabilités qui ont pesé sur elles les ont préparées à une vie de labeur et de sacrifice, même si, ce qui est fréquemment le cas, le travail ne leur offre pas beaucoup de satisfactions. Ce schéma colle tout à fait à Rita, dont la discipline au travail a souvent contrasté avec le chaos de sa vie privée.
Fred Astaire, quant à lui, fut ravi de cette partenaire si dure à la tâche, qu'il qualifia de « danseuse-née » : « Je n'ai jamais vu quelqu'un apprendre les pas aussi vite qu'elle. Je lui montrais l'enchaînement avant le déjeuner, et lorsqu'elle revenait aussitôt après le repas, elle l'exécutait à la perfection. Elle l'avait apparemment répété dans sa tête pendant qu'elle mangeait »
Pour leur premier numéro, une rumba, «So Near and Yet So Far» (« Si proche et pourtant si lointaine »), Fred Astaire avait prévu les dix jours habituels de préparation avant tournage ; avec Rita il n'en fallut que quatre. « Je voyais Fred presque chaque jour, se rappelle Hermes Pan, et il me disait : "Je travaille avec Rita. Elle est vraiment remarquable. Elle peut faire n'importe quoi". »
Alors qu'Astaire se donnait totalement pendant les répétitions, Rita semblait se retenir pour le moment où ils se retrouveraient devant la caméra.
« Elle avait un côté transparent pendant les répétitions, explique Hermes Pan. Et on se demandait : est-ce qu'elle sera capable d'en faire davantage ? Et puis, lorsque la caméra tournait, elle avait une présence fantastique, bien plus que dans la réalité. »
Elle éprouvait chaque jour la même angoisse à l'idée de travailler avec un grand danseur comme Fred Astaire. Ginger Rogers et lui formaient un couple tellement bien assorti qu'ils semblaient avoir été fabriqués pour danser ensemble. 
(Incidemment, il se trouve que Ginger et Rita avaient un lointain lien de parenté : Vinton, le frère de Volga, avait épousé la sœur de la mère de Ginger.) Toujours aussi peu sûre d'elle-même, 
Rita craignait qu'Astaire ne l'apprécie pas comme partenaire. Elle redoutait par-dessus tout de le décevoir.
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Autres billets sur Rita Hayworth
1/ Livre - Rita Hayworth par Barbara Leaming
2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming
3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire
5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer

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9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre

Page 65
Désireux de satisfaire cette soif des spectateurs, Eddie Judson n'hésita pas à laisser la presse pénétrer dans son intimité et cela, sept jours sur sept. On attendait d'une vedette qu'elle livre sa vie privée au public, ou du moins qu'elle en donne l'illusion. 
Pour Rita, le prix à payer, du point de vue psychologique, fut immense. Roz Rogers la jugeait comme étant « fondamentalement très timide. Elle n'était jamais à l'aise sous le regard des autres ».
On observa alors un curieux phénomène qui devait se reproduire tout au long de sa carrière : tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, elle semblait s'éteindre, disparaître à l'intérieur d'elle-même. C'est ainsi que pendant les séances de photos, selon le témoignage de Rogers, elle « exécutait ses gestes presque comme un robot ».
« Je dois tout à Ed, disait-elle aux journalistes. Sans lui, je n'aurais jamais réussi à Hollywood. J'étais bien trop bas. C'est lui qui a conçu toute ma carrière »
Naturellement, bon nombre des reparties attribuées à Rita et publiées dans les journaux venaient de Judson. Il l'avait forgée physiquement, et maintenant c'était lui qui s'exprimait par sa bouche. Comme elle le racontera plus tard, Eddie ne cessait de lui rappeler qu'elle était incapable de penser par elle-même, qu'elle était « irresponsable ».
Elle avait passé naguère pour la femme de son père, envers qui elle se comportait sur scène d'une manière excitante, sensuelle, mais avec son véritable époux elle semblait se conduire comme une enfant. Non seulement leur différence d'âge pouvait la faire passer pour la fille de Judson, mais elle-même se complaisait dans ce rôle.
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7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
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8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère

Page 49
On avait pourtant entendu le « big boss » faire une remarque en passant sur cette fille Cansino, qui devrait bien changer de nom. Cansino, c'était trop ... , eh bien ... , ça sonnait trop espagnol.
À la Fox, Sheehan avait voulu cultiver le type latin de Rita, en faire la nouvelle Dolores Del Rio. Cohn suggérait une autre possibilité, et Judson en prit bonne note.
C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère. Eduardo n'apprécia pas beaucoup que sa fille se dépouille de son nom, mais il semblait que ce fût un mal nécessaire.

Entre-temps, Rita avait décidé d'abandonner davantage que le nom de son père. En mai 1937, moins de quatre mois après avoir signé le contrat avec la Columbia, elle s'enfuit avec Eddie Judson.
Empêcher Eduardo de chercher à casser sa première liaison ne fut peut-être pas la seule raison qui la poussa à agir ainsi. Chez nombre de femmes violées dans leur enfance, la névrose de répétition les conduit non seulement à rechercher un substitut de l'image paternelle mais à entourer leurs aventures sexuelles du même secret, du même caractère « particulier » qui marquait leurs relations incestueuses.
Le jour où elle avait décidé de s'enfuir avec Eddie, Rita se présenta au studio à l'heure dite pour les dernières prises d'un film intitulé Flashing Skates (qui devrait sortir sous le titre de The Game That Kills). Elle craignait que, comme il en avait coutume, car son cours de danse était tout près, Eduardo ne fit un saut pour la voir, mais ce ne fut pas le cas. La seule personne étrangère à qui Rita et Judson semblent s'être confiés fut Helen Hunt, sur qui ils tombèrent au restaurant.
Cette confidence était une démarche calculée. Comme Judson devait le savoir, Helen avait l'oreille de Harry Cohn, et Eddie n'avait pas manqué de cultiver cette amitié utile. Lui révéler leur grand secret, c'était la rapprocher d'eux encore plus.
En se rendant à son rendez-vous routinier avec Judson ce soir-là, Rita demanda à son père de la réveiller tôt le lendemain matin, car elle avait des prises à refaire pour Flashing Skates. 
Sur quoi, Judson et elle se rendirent directement à Yuma, en Arizona, d'où le jour suivant ils expédièrent un télégramme à Eduardo et Volga pour leur annoncer leur situation de nouveaux et heureux mariés.
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6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail

Page 40.
Le studio avait décidé d'abréger son prénom en Rita, lui faisaient suivre des cours de comédie, de danse et d'équitation, et il lui avait demandé de maigrir grâce à un régime et des exercices physiques. Les communiqués de presse la présentait comme "une belle danseuse de seize ans, moitié néerlandaise, moitié espagnole, qui a fait le tour du monde une douzaine de fois" et qui descendait, point sur lequel ils insistaient beaucoup, d'une éminente famille de danseurs espagnols.
Mais ces vantardises ne la rendait ni moins angoissée, ni plus sur d'elle. Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail. "Il y a longtemps que je n'ai pas vu quelqu'un d'aussi bouleversé. Elle ne sait simplement pas ce que tout cela signifie1" -, écrivit en 1935 un journaliste du Milwaukee Journal qui était venu l'interviewer.

1. Gelal Talata, "Dancing Feet Lead to Stardom", The Milwaukee Journal, 1935.
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mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
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