« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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20 juillet 2011

Existe-t-il des caractéristiques cliniques et psychopathologiques des adultes auteurs d’agressions sexuelles intra-familiales ? – Dr. Darves-Bornoz

10 décembre 2001
Dr. Jean-Michel Darves-Bornoz
Docteur ès Sciences, hdr, Psychiatre des hôpitaux à Tours, Clinique Psychiatrique Universitaire (CHU) & EA 3248
Psychobiologie des émotions (Université François-Rabelais)

La question qui est posée ici n’a suscité que peu de recherches. En outre, l’absence d’utilisation des méthodologies modernes de recherche clinique et épidémiologique jette le doute sur la validité des découvertes.
Ce manque préoccupant est en soi un élément scientifique à verser au débat. En effet, problème de santé majeur, l’abus sexuel d’enfants ne peut trouver de réponse dans la seule répression mais dans une approche préventive diversifiée où le débat de société suivi de ses décisions éducatives et la théorisation psychiatrique accompagnée de ses prescriptions psychiques sont décisifs.

Ce texte trouve la justification de sa démarche dans l’opinion que les auteurs d’agression sexuelle intra-familiale ne forment pas un groupe clinique spécifique, et que pris dans leur ensemble, les traumatismes interindividuels – émotionnels et physiques aussi bien que sexuels – apparaissent comme un facteur de risque de délinquance sexuelle surtout chez les hommes.
Dès lors, la référence au champ du trauma sert la prévention en ce domaine, en particulier pour saisir au moment opportun chez les victimes la genèse d’identifications aliénantes, en particulier d’identifications à l’agresseur.

Histoire
Le problème de santé posé par les violences sexuelles est connu dans notre pays depuis un siècle et demi. Dès cette époque, il y a marqué la psychiatrie clinique et la psychotraumatologie naissantes. En attestent les anciennes observations d’Hystérie (Briquet 1859), d’Hystérie traumatique (Charcot 1870/1889) et de Dissociation hystérique (Janet 1904) qui ouvrirent la voie à la Neurotica de Freud. Cette théorie freudienne place l’étiologie des hystéries dissociatives dans la survenue d’un traumatisme (Freud & Breuer 1892). Dans un texte qu’il écrivit directement en français, Freud affirme : « expérience de passivité sexuelle avant la puberté : telle est donc l'étiologie spécifique de l'hystérie" (Freud 1896).
Ce savoir s’étendait en cette fin du dix-neuvième siècle bien au-delà des seuls spécialistes de la psychopathologie. En 1860, Tardieu avait publié dans une revue scientifique un article intitulé "Etude médico-légale sur les sévices et mauvais traitements exercés sur des enfants" (Tardieu 1860). Tardieu était professeur de médecine légale à l'Université de Paris, doyen de la Faculté de médecine de Paris et président de l'Académie de médecine. Son livre "Etude médico-légale sur les attentats aux mœurs", diffusé dès 1857, relatait l’expertise de 616 cas dont 339 étaient des viols ou des tentatives de viol sur des enfants de moins de onze ans.
Lors de son séjour à Paris en 1889 et 1890, Freud venu de Vienne pour apprendre de Charcot, suivit aussi des enseignements du successeur de Tardieu, le professeur Brouardel, médecin spécialisé dans le viol d'enfant. Brouardel était connu pour ses conférences à ce propos, et son ouvrage "Les attentats aux mœurs" fut édité dans une collection de cours de médecine légale de la Faculté de Médecine de Paris après sa mort (Brouardel 1909).
L’existence de maltraitances sévères avait donc été portée à la connaissance du corps médical et des élites de la société française. Pourtant, peu à peu, ces avis d’experts furent disqualifiés de manière « passive agressive » dans une mise en cause de la véracité des allégations ou dans la promotion de la notion de « pithiatisme ». S’est instaurée alors pour les rescapés d’abus sexuels une période de déni de leur souffrance qui a duré un siècle et dont nous avons encore du ma
l à sortir en France.

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27 mai 2011

Quelques informations à propos des viols et du milieu social des auteurs par Michel Huyette

Vendredi 27 mai 2011
par
Michel Huyette
.../...
- Les enquêtes de victimisation, qui consistent à demander à un échantillon de personnes ce qu'elles ont vécu et subi, montrent que les auteurs de viols se retrouvent dans toutes les couches sociales de la société française. Pourtant l'étude des dossiers soumis aux cours d'assises montre que les accusés poursuivis pour viol sont très majoritairement (environ 90 %) issus des milieux populaires. Cela signifie que les auteurs de viol qui appartiennent aux couches les plus aisées échappent aux poursuites judiciaires.

- Sur un échantillon de près de 500 accusés, il a été relevé que 90 % ont un père lui même issu d'une classe populaire, et que ces accusés sont ouvrier ou employé pour 45 % d'entre eux, chômeur ou en situation de précarité pour 45 %, les cadres étant seulement 7 % de ces accusés...
…/…
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18 avril 2011

L’atelier du juge des enfants par Laurence Bellon

18 avril 2011
Billets par Jean Claude Farcy
Parution de Laurence Bellon,
L’atelier du juge. A propos de la justice des mineurs,
Paris, Erès, 2011, 304 p
ISBN : 978-2-7492-1389-7

Présentation de l’éditeur
L’objet de cet ouvrage n’est pas de protéger l’avenir professionnel du juge des enfants mais de revendiquer la mission qu’assume la justice des mineurs dans l’apprentissage de la loi pénale et dans la transmission des règles fondamentales que sont l’interdit de l’inceste et l’interdit de la violence, enjeux de société de première importance.
Faire vivre ce va-et-vient entre la violence, l’émotion, la réflexion et la décision judiciaire est essentiel pour que chacun mesure ce que représenterait pour les enfants un repli de l’institution judiciaire sur ses seules fonctions classiques : la répression et l’arbitrage des conflits. L’auteur a choisi pour cela d’intégrer à sa réflexion de nombreux extraits des dossiers. Ils donnent à entendre les mots que les enfants et les parents mettent sur les expériences extrêmes qu’ils ont pu vivre, et montrent leur cheminement commun avec le juge des enfants tout au long des audiences successives.
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14 janvier 2011

Amplification de la perte des limites suite à un inceste

Psychologie | 10 pages | 14-01-2011
Résumé
Etude de cas de Psychologie niveau Licence sur l'amplification de la perte des limites d'une jeune fille suite à un inceste.
Extrait :
Un institut médico-éducatif a reçu pour mission d'accueillir des enfants et adolescents déficients intellectuels légers et moyens pour les aider à grandir, à se structurer et à développer toutes leurs potentialités dans un environnement et un cadre de vie adapté et sécurisant dans le soutien de tous les professionnels de l'établissement.
Pour ce faire, l'équipe met en œuvre des actions éducatives, pédagogiques, thérapeutiques et sociales où chacun, enfant et adolescent – parent et famille – association et membre de l'équipe interdisciplinaire, a sa place et son rôle à jouer.
C'est le cas de Cathy, née en 1996, adressée par un CMP, en septembre 2008, à la suite de « troubles » ainsi que des « difficultés psychoaffectives », difficulté dans la relation à l'autre.
A la suite des premières observations cliniques, ainsi que des apports théoriques de certains auteurs, nous allons essayer d'en dégager la logique propre du sujet, qui nous permettra par la suite d'émettre une hypothèse qui s'organise autour de la structure du sujet.
En effet, le sujet nous dévoile sa vérité, et quelque chose de sa structure. Il nous donne des éléments cliniques de par son discours et son rapport au monde qui l'entoure. C'est au travers de l'histoire de Cathy que nous allons pouvoir dégager une logique (...)
Sommaire :
Introduction
I) CATHY ET SON HISTOIRE
A. Un peu de son histoire
1. Son entrée à l'IME
2. Observations chez Cathy
II) QUESTION DE LA PLACE DE L'ENFANT
A. Conséquences de la déstructuration familiale
1. La fonction maternelle
2. La fonction paternelle
3. Complexe d'Oedipe et l'interdit de l'inceste
B. Confusion des rôles et culpabilité
1. Amplification de la perte des limites par l'inceste
2. Notion de culpabilité : l'agressée devient agresseur
Conclusion

Bibliographie

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7 janvier 2011

Dynamique familiale de l'inceste

07-01-2011
Résumé
Cours de Psychologie criminelle et expertale sur l'inceste pour savoir identifier les contextes facilitant l'émergence des délits incestueux dans les familles et/ou l'entourage, pour repérer les comportements de tous les acteurs (enfants, abuseurs, fratries, imagos parentales) et pour aider au dévoilement de l'acte incestueux.
Extrait :
Très souvent le père abuseur a lui-même subi une enfance difficile. Il existe chez lui un fond d'insécurité qui entraîne la recherche d'un partenaire faible, pas trop insécurisant ou menaçant pour lui. L'enfant abusé lui servira de réparation.
Les familles où se produit l'abus présentent :
- Une structure chaotique ou hyper rigide
- Une faible différenciation des structures identitaires
- Une inversion des rôles mère-fille
- Une répartition inégale du pouvoir : matriarcale ou patriarcale
- Peu d'habilité à la communication
(...)
Plan :
I) Le contexte dans lequel peut émerger l'inceste
A. Organisation enchevêtrée / altruiste
B. Organisation chaotique indifférenciée
C. Organisation totalitaire et absolutiste
II) Qui sont les pères incestueux ?
III) Les mères
IV) Le vécu des enfants victimes d'abus
A. Vécu d'impuissance
B. Sentiment de trahison
C. Vécu de sexualisation traumatique
D. Vécu de stigmatisation
V) Les obstacles au dévoilement
A. Les sentiments de loyauté
B. La relation particulière à l'abuseur
VI) La méthode Statement Validity Analysis
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24 novembre 2010

Etat de stress post-traumatique (ESPT) : un syndrome du lobe temporal droit ? - Post-traumatic stress disorder: a right temporal lobe syndrome?

Post-traumatic stress disorder: a right temporal lobe syndrome?
B Engdahl, A C Leuthold, H-R M Tan, S M Lewis, A M Winskowski, T N Dikel and A P Georgopoulos
In a recent paper (Georgopoulos et al 2010 J. Neural Eng. 7 016011) we reported on the power of the magnetoencephalography (MEG)-based synchronous neural interactions (SNI) test to differentiate post-traumatic stress disorder (PTSD) subjects from healthy control subjects and to classify them with a high degree of accuracy.
Here we show that the main differences in cortical communication circuitry between these two groups lie in the miscommunication of temporal and parietal and/or parieto-occipital right hemispheric areas with other brain areas.
This lateralized temporal-posterior pattern of miscommunication was very similar but was attenuated in patients with PTSD in remission.
These findings are consistent with observations (Penfield 1958
Proc. Natl Acad. Sci. USA 44 51–66, Penfield and Perot 1963 Brain 86 595–696, Gloor 1990 Brain 113 1673–94, Banceaud et al 1994 Brain 117 71–90, Fried 1997 J. Neuropsychiatry Clin. Neurosci. 9 420–8) that electrical stimulation of the temporal cortex in awake human subjects, mostly in the right hemisphere, can elicit the re-enactment and re-living of past experiences.
Based on these facts, we attribute our findings to the re-experiencing component of PTSD and hypothesize that it reflects an involuntarily persistent activation of interacting neural networks involved in experiential consolidation.
Published 28 octobre 2010
Pour lire l'article, cliquez sur le logo de Journal of Neural Engineering
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15 novembre 2010

Désamour par Bernard Lempert

Broché
Paru le : 01/12/1994
Editeur : Seuil
Collection : La couleur des idées
ISBN : 2-02-021951-4
EAN : 9782020219518
Nb. de pages : 0 pages
Poids : 210 g
Maltraitance et inceste ne sont pas des événements malheureux qui frapperaient certaines structures familiales soumises à des conditions extérieures difficiles, mais les conséquences directes d'un engrenage, d'un mécanisme dont la logique interne n'est rien d'autre que la destruction de l'enfant.
La victime occupe une véritable position sacrificielle, comme si la sphère privée faisait mémoire des sacrifices humains prisés par d'anciens rituels. Dès lors, l'analyse des violences familiales et de leurs conséquences psychiques gagne à se confronter à l'anthropologie religieuse, notamment aux principes, raisonnements et discours qui prétendaient justifier les pratiques sacrificielles.
En retour, une meilleure compréhension des phénomènes de maltraitance permet de relire les rapports entre la violence et le sacré, en posant côte à côte des réflexions sur l'Ancien Testament, des commentaires de contes de fées et des analyses de rêves éveillés qui ont surgi dans l'inconscient de quelques-uns de nos contemporains

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26 octobre 2010

Le viol : de la famille à la cour d'assises par Arnaud Bihel

Mardi, 26 octobre 2010
La réalité judiciaire des viols est très éloignée de la réalité sociale. C'est ce qui ressort d'une étude menée par deux sociologues sur les viols jugés en cour d'assises.
Relation entre auteur et victime, violence, milieu social... Co-auteure de ce travail, Véronique Le Goaziou revient sur ces distorsions.
La judiciarisation du viol n'en est qu'à ses débuts. Selon les enquêtes de victimation, plus de 9 faits sur 10 ne font pas l’objet de dépôt de plainte (1). Mais le viol est le crime le plus couramment jugé en Cour d'assises. Il l'est aussi de plus en plus sévèrement. En 1984, moins de 2 peines sur 10 étaient supérieures à 10 ans. En 2008, plus de 4 sur 10.
« Ce n'est pas un sujet classique en sociologie », reconnaît Véronique Le Goaziou. L'objet de l'étude, commandée par le ministère de la Justice, était de « comprendre ce qu'est le viol, pas uniquement en s'arrêtant aux motivations des auteurs, ou aux conséquences sur les victimes, mais en replaçant l'acte dans un contexte social ». Avec son confrère Laurent Mucchielli, Véronique Le Goaziou a étudié 425 affaires de viols jugés dans trois cours d’assises pour explorer l'ensemble de ces aspects sociaux.
De quoi mettre à mal nombre d'idées reçues. Des idées ancrées parce que le sujet est difficile à aborder. Mais aussi parce qu'« on a un regard assez paresseux sur la violence », juge Véronique Le Goaziou. Un paresse qui empêche trop souvent, déplore-t-elle, de considérer la multiplicité de ce que le terme recouvre. Sur le plan matériel, de la durée, des relations entre auteur et victime... « le mot viol désigne des réalités qui n'ont rien à voir les unes avec les autres ».
Autre exemple des distorsions entre réalité et perception : « On a encore l'image du viol commis dans une rue sombre. Même sur les sites internet consacrés aux victimes, on trouve beaucoup de conseils sur les viols commis par des inconnus. Or, le tout-venant du viol, c'est à l'intérieur des familles ou dans l’entourage proche », interpelle la sociologue.
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12 octobre 2010

Inceste maternel : l'amour en plus par Caroline Eliacheff

26/07/2004
Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste.
Statistiquement, 90 % des actes pédophiles sont commis par des hommes et 10 % seulement par des femmes. Pourtant, faits divers, publicité, livres à succès débordent d'incestes maternels, au pluriel et sans explication.
L'inceste mère-fils est rarement sanctionné et l'inceste mère-fille avec passage à l'acte reste exceptionnel. Or, deux femmes viennent d'être condamnées pour actes pédophiles sur leurs propres enfants et ceux de leurs voisins sans que le caractère exceptionnel de ces faits ait été remarqué.
Plus extraordinaire encore : les deux mères, Myriam Delay et Aurélie Grenon agissaient en groupe avec leurs compagnons et tous leurs enfants réunis. A la lecture des comptes rendus d'audition, il est quasi impossible de savoir si c'est un enfant ou une adulte qui parle.
Myriam Delay ­ la principale accusée Ñ ne parle pas comme une enfant trop bavarde, elle est une enfant. Elle n'a ni grandi et ni enfanté : elle a crû et s'est reproduite. Il n'y a aucune différence générationnelle perceptible entre parents et enfants dans ces familles. Rien ne les sépare, mais rien ne paraît non plus les unir.
En violant l'interdit de l'inceste après avoir elle-même été violée, Myriam Delay accède à la forme de toute-puissance particulière aux enfants de moins de trois ans, qui ­ justement ­ n'ont pas encore intégré l'interdit de l'inceste. Elle accuse, elle absout, elle dicte capricieusement sa loi sans que rien ne l'arrête. Et dire que la France entière s'interroge sur la crédibilité de la parole des enfants...

On ne recense en France que 10 % de femmes pédophiles parce qu'on se focalise sur l'acte sexuel, dont la trace peut valoir preuve en justice. Or l'inceste se définit par une autre caractéristique tout aussi importante : la formation d'un couple par exclusion du tiers.
Une relation mère/­fille (ou mère-fils) dont le père est exclu peut être qualifiée « d'inceste platonique », selon l'expression de Nathalie Heinich. En littérature, Hervé Bazin appelle « maternite » ce basculement d'une jeune épouse en mère absorbée par sa maternité, délaissant son mari et sa propre identité d'épouse, et troquant la sexualité conjugale contre la sensualité maternelle. En psychanalyse, Winnicott l'appelle « préoccupation maternelle primaire ».

A mesure que l'enfant grandit, l'inceste platonique prend la forme d'une emprise grandissante allant jusqu'à ce que la psychanalyste Alice Miller appelle « l'abus narcissique » : les dons de l'enfant sont exploités pour combler les aspirations insatisfaites ou refoulées d'une mère idéalement dévouée. Comme les filles deviennent rapidement parties prenantes de cette relation d'emprise, ce versant négatif de l'amour maternel est difficile à débusquer : comment et à qui se plaindre d'un excès d'amour ?
Quant au deuxième type d'inceste mère-fille, il s'appelle justement l'inceste du deuxième type. L'anthropologue Françoise Héritier l'a défini la première comme la relation sexuelle de deux consanguins avec le même partenaire, par exemple quand une mère et sa fille ont une relation sexuelle avec le même homme. Cette relation introduit « une intimité charnelle entre consanguins inconcevable, indicible autrement que par le sous-entendu des mots ». Ce type d'inceste ne fait pas l'objet d'une prohibition universelle, mais il n'est pas non plus clairement autorisé, puisque sa transgression provoque pour le moins un malaise.
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29 septembre 2010

Incest a new perspective par Mary Hamer about Sappho Durrell

Relié : 200 pages
Editeur : Polity Press
(18 juillet 2002)
Langue : Anglais
ISBN-10: 0745624154
ISBN-13: 978-0745624150

In this major new book, Mary Hamer offers a new perspective on incest, making a link with the scandal of sexual abuse on the part of priests. She places sexual abuse in the context of the whole social order. Hamer's novel and innovative approach challenges the taboo on clear thinking around the subject of incest. She demonstrates the inherent contradictions in official accounts of the subject, from genetics and anthropology to law.

She revisits the two real-life cases of Father Porter from Massachusetts and Sappho Durrell, daughter of the British writer Lawrence Durrell. She also draws on the work of artists and filmmakers to explain the way film and literature have helped to preserve our understanding of abuse and of its place in the world

Sappho Durrell page 62

———————————————
Autres billets sur Sappho Durrell
The question of incest in the Laurence Durrell Affair with the Suicide Daughter Sappho
"Sappho Durrell on her father, the novelist – Journals and Letters 1991"

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10 septembre 2010

30 septembre - 14 et 28 octobre 2010 sur l'abus sexuel par l'équipe de Kaléidos en Belgique

Journées de sensibilisation destinées aux professionnels
association Parole d'Enfants
Liège, le 30 septembre 2010
Inceste : pourquoi le drame arrive ?
Lorsqu'un inceste est dévoilé, l'incrédulité et l'incompréhension sont souvent de mise. Pour dépasser l'horreur et l'effroi qu'inspire cette situation et être en mesure de venir en aide à la famille, il s'agit pour le professionnel d'être porteur d'une connaissance et d'une compréhension des dynamiques incestueuses. Comment un être humain en arrive-t-il à s'en prendre sexuellement à son enfant ? Comment se fait-il que l'entourage n'ait rien remarqué ? Pourquoi l'enfant ne s'est-il pas opposé ?
Liège, le 14 octobre 2010
Mieux comprendre ce que vivent les victimes d'abus sexuel
Que vit un enfant victime d'abus sexuel, enfermé dans le secret, manipulé par un adulte qui disait l'aimer ? Quelles sont les conséquences sur son estime de lui, son image de lui, sa façon d'être en relation avec les autres, sa sexualité, son rapport au corps ? Quels sont les symptômes qui doivent attirer l'attention du professionnel ? Comment peut-on alléger les séquelles à court, moyen et long terme des abus subis ? Enfin, quels sont les facteurs de résilience qui vont aider la victime à s'en sortir ?
Liège, le 28 octobre 2010
La reconstruction du lien après l'inceste est-elle possible ?
En tant qu'intervenants il nous est régulièrement demandé d'organiser, à la demande de l'auteur, du parent non protecteur et/ou de l'enfant lui-même, une reprise de contact entre l'enfant abusé et son parent abuseur ou son parent non protecteur. Si cette demande peut choquer le professionnel qui se souvient des faits abusifs, il ne peut pourtant se contenter d'une prise de position idéologique sur ce sujet.
Comment réfléchir collectivement à cette décision ? En prenant en compte quels facteurs ? Quels sont les risques d'une reprise de contact ? Quelles difficultés peuvent émerger si l'on refuse des contacts à une victime qui les souhaite ?
Quel sens peut-on donner à ces rencontres (ou à l'absence de rencontre)? Quel est le travail à réaliser en amont avec l'auteur pour que cela profite à l'enfant ?
Pour plus d'informations, cliquez sur le logo de Kaléidos
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25 juillet 2010

2/ Les rôles de l'argent dans les viols par inceste par Sophie Perrin

Page 38
• Les multiples cadeaux et dons faits par l'incesteur
• La rétention monétaire par l’incesteur peut être quasiment sans failles et ainsi accroître l’isolement des enfants … et leur sentiment de ne « rien valoir ».
• Le premier accès à l’argent, ce sera via le premier travail
• L’argent peut servir à discriminer

« Si l’abuseur cherche à monnayer le plaisir qu’il prend avec sa victime, ce n’est pas seulement pour tenter l’enfant et le faire céder, mais aussi pour sceller un pacte de silence. Recevoir de l’argent ou un cadeau transforme l’enfant en complice et coupable, dans la mesure où il a accepté qu’on le dédommage de façon dérisoire pour le sacrifice dont il est l’objet. (…)

"Dix francs la passe, ce n’était pas cher payé", dit un homme abusé pendant de longues années par son oncle, à partir de l’âge de huit ans. Cet homme n’est pas devenu prostitué, mais son rapport à l’argent a été si perturbé qu’il est toujours dans l’incapacité, trente ans après les faits, de gagner sa vie. » (Gruyer-Nisse-Sabourin, 2004, p. 26)
Frédérique Gruyer, Martine Nisse, Pierre Sabourin, La violence impensable, inceste et maltraitance, Ed. Nathan, 2004
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Autres billets sur la thèse de Sophie Perrin
1/ L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne
3/ Terminologie - incestueur, incesté - par Sophie Perrin
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Autres billets de Sophie Perrin
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24 juillet 2010

1/ L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne par Sophie Perrin


L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne
Mémoire de master 1 anthropologie
Université de Lyon 2, 2008
Sous la direction de François Laplantine et Axel Guioux

Sophie Perrin
numéro d'étudiante : 2066287

Introduction : étudier l’inceste : quelques raisons d’un choix
I – Panorama et perspectives
1) L’inceste : un phénomène important mais peu connu
2) Les travaux existant en anthropologie sur ce sujet
3) Mon questionnement et ma problématique de départ
II-Méthodologie et questionnements que cela suscite pour l’anthropologie
1) De l’observation participante au récit
2) De l’objectivité aux points de vue
III-Obstacles et rencontres
1) Mes relations avec le terrain, et ses difficultés (parfois) surprenantes pour moi
a. Ma première difficulté : moi
b. Ma seconde difficulté : autour de moi
c. Ma troisième difficulté : des associations paradoxales, ou « l’anthropologue-victime d’inceste » comme étrangeté ?
d. Une dernière difficulté : la mise au secret des incesté/e/s par leurs proches
2) Présentation des personnes avec qui j’ai eu des entretiens
3) Le cadre et ses garant/e/s légitimes
4) Mais au fait … une étude non psychologique de l’inceste est-elle pertinente ?
IV-Décrire la démolition … et ses suites
1) La vie de famille : ouvrons la porte et allumons la lumière
a. « Hitler, je l'avais à la maison »
b. Les rôles de l’argent
c. Les rôles des mères : absence de recours et efficacité de la honte
2) Les incestées et les hommes … mais aussi les femmes, et les ami/e/s
3) Le rôle du travail
4) Incestées et psychothérapies
5) L’inceste : une frontière floue, une hiérarchie des abus ?
6) Victimes d’inceste et Justice
7) La parole et ses effets : généalogies de l’inceste 77
Conclusion
Annexes
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Autres billets sur la thèse de Sophie Perrin
2/ Les rôles de l'argent dans les viols par inceste par Sophie Perrin
3/ Terminologie - incestueur, incesté - par Sophie Perrin
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21 juillet 2010

Publication de la Ve édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) en mai 2013

Publication of the fifth edition of Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) in May 2013 will mark one the most anticipated events in the mental health field. As part of the development process, the preliminary draft revisions to the current diagnostic criteria for psychiatric diagnoses are now available for public review. We thank you for your interest in DSM-5 and hope that you use this opportunity not only to learn more about the proposed
Pour en lire plus et participer, cliquez sur le logo de DSM-5
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22 mai 2010

Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo 

Voici un article écrit pour notre site par Mr Vincent Corbo du laboratoire de recherche sur le trauma de l’université Mc Gill de Montréal.
C’est peut-être un peu compliqué à comprendre mais accrochez-vous... C’est vraiment important de savoir ce qui se passe au niveau neurologique quand on est confronté à une situation effroyable. et la recherche n’en est qu’à ses débuts.
Neuro-imagerie et Etat de Stress Post-Traumatique Par Vincent Corbo M.Sc. Centre de Recherche de l’Hôpital Douglas, Division de Recherche Psychosociale, Groupe d’Imagerie Cérébrale Université McGill, (Québec) Canada Depuis quelques années, la recherche s’est penchée sur les éléments neurobiologiques relatifs aux États de Stress Post-Traumatique (ESPT).
Plusieurs de ces éléments ont été examinés avec attention par le biais des techniques de neuro-imagerie structurelle (qui montre la structure du cerveau : CT-scan et Imagerie par Résonance Magnétique, ou IRM) et fonctionnelle (qui montre le cerveau en activité : PET-scan et Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle, ou IRMf). Le but de ces études est d’identifier si les modifications enregistrées dans la structure ou le fonctionnement du cerveau des personnes victimes de traumatisme psychique et souffrant de troubles de stress post-traumatiques sont la conséquence des psychotraumatismes ou un facteur prédisposant la personne à ces troubles. Afin de bien comprendre ces recherches, il nous faut au préalable décrire le modèle théorique de la peur et du stress.

1. Un Modèle Neurobiologique de l’ESPT : Le conditionnement et l’extinction.
Un des modèles neurobiologiques de l’ESPT conçoit les psychotraumatismes comme une forme de conditionnement de peur.
Le conditionnement est une forme d’apprentissage par association de deux (ou plusieurs) stimuli.
Par exemple, on présente une lumière verte à un rat, suivie immédiatement d’un choc électrique. Le rat apprend parfois après un seul test, à avoir peur de la lumière verte. Si le conditionnement est assez fort, la réaction de peur (ou dans le cas d’individus traumatisés, la détresse émotionnelle) peut apparaître lors de la présentation d’un stimulus différent mais apparenté au stimulus traumatisant original. Il pourrait s’agir, pour suivre dans le même exemple du rat, de la présentation d’une lumière bleue.

Une autre notion théorique importante est celle d’extinction.
C’est le processus par lequel l’animal (ou l’individu) apprendrait à ne plus avoir peur.
Cet apprentissage se fait en présentant un grand nombre de fois le stimulus redouté (par exemple la lumière verte) sans qu’aucune conséquence négative ne survienne (le choc électrique).
Il est essentiel de comprendre que ceci n’est pas un oubli de l’ancienne association, mais bien un nouvel apprentissage qui prime dorénavant sur l’apprentissage antérieur.
Si le processus d’extinction réussit et est consolidé dans la mémoire, la réaction de détresse/peur disparaît. Naturellement, il est plus facile de traiter la peur qu’inspire une lumière verte chez un rat que de traiter la détresse et l’angoisse qu’inspire la série d’éléments qui nous rappelle un événement traumatique.

Il y a donc deux phases cruciales dans le conditionnement de peur, soit l’acquisition et l’extinction. Ceci compose le modèle neurobiologique de l’ESPT, qui prédit que le trauma est en fait un conditionnement de peur qui résiste au processus d’extinction.
L’évitement est un aspect crucial du processus de consolidation de l’apprentissage de peur car il ralentit l’extinction. En évitant les stimuli qui provoquent les réactions de détresse et de peur, l’individu évite les sensations, les émotions négatives reliées au souvenir du trauma (par exemple aller à l’endroit où on a eu « son » accident ) et ne peut apprendre que la présence du stimulus n’est pas toujours signe de menace.
Ainsi, les personnes qui évitent des éléments rappelant le traumatisme ne peuvent intégrer de nouveaux apprentissages par rapport au traumatisme. Les statistiques épidémiologiques supportent indirectement ce modèle neurologique, en indiquant que, la plupart des victimes qui sont exposées à un événement traumatique, qui ont un ESPT un mois après l’événement traumatique, et qui acquièrent ce conditionnement, se remettent naturellement de cet événement.
Cela voudrait donc dire que la plupart des victimes ont un processus d’extinction efficace.
Par contre, il demeure un pourcentage d’individus qui n’ont pas ce processus d’extinction, qui pratiquent l’évitement et chez qui l’apprentissage de peur se consolide et se généralise.
Les études neurologiques, tentent donc d’examiner quelles structures neurologiques (quelles parties du cerveau) sont impliquées dans le conditionnement de peur et dans l’extinction afin de pouvoir intervenir au bon moment avec une thérapie appropriée qui sache aider le processus naturel d’extinction et empêcher le réflexe d’évitement.
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15 mai 2010

L'inceste en milieu urbain. Étude de la dissociation des structures familiales dans le département de la Seine (1937-1954) Par Denis Szabo

Une édition électronique réalisée à partir du texte de M. Denis SZABO, “L'inceste en milieu urbain. Étude de la dissociation des structures familiales dans le département de la Seine
(1937-1954)
”.

Un article publié dans la revue L'Année sociologique, Troisième série (1957-1958), 1958, pp. 29-93. Paris : Les Presses universitaires de France.

L'inceste est envisagé sous des angles différents suivant les disciplines et les auteurs.
Pour certains, il est essentiellement la manifestation d'une perversion bio-psychique dont l'analyse relève de la psychopathologie médicale : médecins et psychiatres doivent, selon eux, conjuguer leurs efforts pour en éclairer les mécanismes.
Pour d'autres, la prohibition de l'inceste est à la base de l'organisation exogamique des sociétés tribales et constitue, de ce chef, la règle fondamentale sur laquelle repose la culture.
D'autres encore envisagent l'inceste comme un processus social qui affecte les rôles respectifs du père, de la mère et des enfants.
N'écartons pas non plus ceux pour qui l'inceste est la cause d'un drame humain : les littérateurs ont mis au jour des éléments importants pour la compréhension de ce phénomène.
Enfin, on peut dire aussi de l'inceste qu'il est une variante de l'attentat à la pudeur et qu'il est réprimé dans toutes les sociétés civilisées.
Ainsi, chaque discipline particulière – la médecine, la psychiatrie, l'ethnologie, la sociologie, la littérature, le droit – en abordant l'étude de l'inceste, se penche plus spécialement sur l'un ou l'autre de ces aspects.
Les études parues sur l'inceste sont très nombreuses.
Les médecins spécialisés dans la pathologie sexuelle ont consacré, depuis fort longtemps, des chapitres substantiels à la pédophilie, à l'alcoolisme, à l'hypergénitalisme, etc., facteurs étiologiques majeurs de l'inceste.
À partir des théories de Freud sur le complexe oedipien, l'école des psychanalystes a enrichi la connaissance de ce phénomène de nombreuses observations cliniques.
En ethnologie, c'est en étudiant l'organisation exogamique que les chercheurs se sont intéressés aux causes de la prohibition de l'inceste.
Les pénalistes, les magistrats, les services sociaux attachés à l'administration de la justice n'ont pas ignoré, eux non plus, cette catégorie importante des attentats à la pudeur.
Nous connaissons, par ailleurs, de nombreux romans et pièces de théâtre dont l'argument central est une relation incestueuse.
Enfin, tout récemment, les sociologues se sont également penchés sur ce problème. K. Weinberg, auteur du premier travail sociologique d'envergure, dénombre plus de 4 500 titres d'ouvrages et d'articles se rapportant à l'inceste [1].
Il faut toutefois faire remarquer que la production sociologique est de loin la plus maigre en comparaison avec celle des autres disciplines. Ceci tient, en partie, à la jeunesse de cette science qui manque encore de chercheurs qualifiés et de concepts théoriques suffisamment au point. Les recherches sociologiques sont rares pour une autre raison encore. L'inceste n'est pas un phénomène issu de l'apprentissage de normes de conduite comme c'est le cas pour la plupart des délits, pour les délits contre la propriété, par exemple. L'inceste peut être considéré comme une réaction individuelle à des conditions d'existence imposées, en quelque sorte, par la société.
En raison de l'intensité du tabou sexuel, ce comportement déviant des normes socialement admises est un des crimes les plus dissimulés et, peut-être, le plus marginal des comportements délictueux portés à la connaissance des autorités et des sociologues.
La rareté des cas a donc éliminé l'aspect morphologique de l'analyse sociologique de l'inceste : toute une branche riche et traditionnelle de la recherche sociologique ne put ainsi lui être appliquée.
Les troubles que l'inceste introduit dans le jeu normal des rôles des divers membres de la famille, le phénomène de groupe qu'est l'inceste, conséquence d'une faible intégration dans la culture de la société globale sont autant de points de vue qui ont, jusqu'à présent, été à peine effleurés par les chercheurs.
La rareté des matériaux, mais aussi la difficulté d'accéder aux sources pour ceux qui ne sont ni juristes ni médecins-psychiatres ont de quoi décourager les rares vocations qui, éventuellement, se présentent. De plus, le chercheur doit établir lui-même les documents de base à partir des dossiers de police et de ceux des Assises, ce qui représente une dépense de temps et de patience considérable.
En abordant la présente étude, nous nous sommes placé dans une perspective sociologique.
Ce qui nous intéresse, ce sont les phénomènes de groupes, les différents aspects de la conscience collective. Nous n'avons pas eu de contacts directs avec les inculpés : l'observation clinique ne fut donc pas à notre portée. Celle-ci doit cependant compléter notre étude car elle seule pourrait apporter des réponses à maintes interrogations que nous ne pouvons que formuler.
Il nous a paru utile, d'autre part, de rappeler brièvement les divers essais d'explication ethnologique de l'origine et la signification de la prohibition de l'inceste car ces recherches projettent des lumières sur la signification qu'on peut attribuer à ce crime dans nos propres sociétés. À la lumière des théories ethnologiques, maintes explications de l'inceste apparaîtront fantaisistes, ou du moins très partielles.
Enfin, avant d'aborder l'analyse des résultats de notre propre enquête, nous rappellerons les connaissances que nous avons de l'inceste dans nos sociétés occidentales.
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8 mai 2010

L'inceste, cette horreur qui empoisonne les familles sur Le soleil quotidien du Sénégal




Interdit dans la plupart des cultures et les religions, l’inceste sape même le fondement de la société humaine qui veut qu’un homme prenne femme ailleurs. Des chercheurs sénégalais expliquent dans ce dossier les aspects psychopathologiques de ce mal qui a rendu célèbre un homme comme Josef Fritzl, cet Autrichien qui couchait avec sa fille pendant 24 ans.
UNE ÉTUDE SUR DES FAMILLES SÉNÉGALAISES DÉCÈLE DES SIMILITUDES :
Un « crime » aux aspects psychopathologiques terribles Les chercheurs sénégalais ont déterminé les circonstances de la survenue de l’inceste dans huit familles au Sénégal. L’isolement de la famille, l’absence de la mère, le déséquilibre psychologique ou l’alcoolisme du père, la grande promiscuité spatiale sont les caractéristiques communes à ces familles.
Il est bon de clarifier le débat épistémologique pour éviter tous les amalgames. Le mot « inceste » vient du latin « incestus » (impur). L’inceste désigne une relation sexuelle entre les membres de la même famille, une pratique interdite.
La complexité réside dans la classification des parents proches ou lointains, surtout qu’en Afrique la famille ne se limite pas au père, à la mère et aux fils. Les relations à caractères sexuels entre les frères et les sœurs utérins, entre le père et sa fille, entre la mère et son fils sont qualifiées d’incestueuses. Les rapports sexuels entre une personne qui a une autorité parentale et un enfant adoptif sont rangés aussi dans le registre des actes incestueux. Selon le degré de proximité parentale et le genre de parenté biologique, l’attribution d’acte sexuel incestueux diffère d’une société à une autre, d’une période à une autre.
Quoi qu’il en soit, l’inceste est interdit en deçà et au-delà des Pyrénées pour parler comme les philosophes moralistes. Dans l’histoire de l’humanité, aucune communauté n’approuve cet acte, même si certains anthropologues réfutent l’universalité de l’amoralité de l’inceste.

C’est ce sujet complexe qui a intéressé les chercheurs sénégalais comme le maître-assistant à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Aïda Sylla, et une équipe de médecins. Leurs travaux ont jeté la lumière sur quelques aspects psychopathologiques de l’inceste au Sénégal.
Il ressort de l’étude, qui porte sur huit cas, que les familles où est survenu l’inceste présentent des similitudes. Les facteurs à hauts risques D’une manière générale, il a été constaté l’absence de la mère (décès, divorce, voyage...), l’alcoolisme ou le déséquilibre psychologique du père, l’isolement de la famille, entre autres. « Il faut souligner qu’il s’agit d’une étude qui analyse les circonstances de survenue d’inceste dans ces huit familles. Nous avons reçu des victimes envoyées par des structures de prise en charge (associations, Ong...). Certaines étaient traitées pour maladie mentale et nous avons découvert qu’elles ont été victimes d’inceste. Les similitudes présentées par ces familles concordent avec les éléments que nous avons relevés dans la littérature concernant l’inceste », confie le docteur Aïda Sylla.

Un dossier de Malick Ciss et idrissa Sane
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8 avril 2010

Jeudi 8 avril 2010 – Inceste : états des lieux

Bibliothèque de l'Ordre des Avocats au Palais de Justice de Paris
Ordre des Avocats à la Cour de Paris
(merci de préciser le service concerné)
11, place Dauphine
75053 Paris CEDEX 01
Tél. : 01 80 27 19 20
email : delegationgenerale@avocatparis.org

Droit de la famille
Responsable : Mme Hélène Poivey-Leclercq
Sous-commission des mineurs
Responsables : Mme Dominique Attias, Mme Cécile Marchal
Jeudi 8 avril de 17h30 à 19h30, bibliothèque de l’Ordre
Thème : « L'inceste : état des lieux »
Intervenants :
• M. Barbier Sainte-Marie, substitut du procureur de la République auprès du parquet des mineurs de Paris,
• Mme Muriel Salmona, psychiatre,
• Mme Chantal Dorval, administrateur ad’hoc,

• Mme Catherine Perelmutter, avocat à la Cour
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Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo
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