« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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4 septembre 2010

13/ L'hypnose dans le traitement du psychotraumatisme par Victor Simon

L'HYPNOSE médicale ericksonienne réalise une de ses meilleures indications dans le traitement du psychotraumatisme.
En effet, un certain nombre de sujets psychotraumatisés développent un état de stress aigu puis un état de stress post-traumatique (ESPT).
Nous retrouvons dans ces tableaux cliniques une analogie clinique avec l'état hypnotique « salvateur et spontané » qu'il déclenche inconsciemment pour survivre au moment de l'impact traumatique (
« Ce n'était pas moi, j'étais comme mort » – dissociation péritraumatique), mais aussi dans les semaines ou mois qui suivent : le sujet se sent perdu dans un brouillard, distant de lui-même, de ses sensations, de la réalité qui l'environne, se retire brutalement de la relation interpersonnelle. Autant d'épisodes de dissociation à minima qui le protègent de cette réalité traumatique qu'il a vécue.
Quand, en plus, persistent des images et des émotions intrusives, qui apparaissent et disparaissent inopinément, déclenchent des crises de malaise, d'angoisse, de panique, nous constatons alors comment le patient vit les suites du psychotraumatisme avec une suggestibilité extrême aux stimuli internes ou externes.

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Autres billets sur Psychothérapie des victimes
1/ Psychothérapie des victimes : Traitements, évaluations, accompagnement. Gérard Lopez, Aurore Sabouraud-Séguin, Louis Jehel
2/ Le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" par Gérard Lopez & Arianne Casanova
3/ L'état de stress post-traumatique – ESPT (F43.1)
4/ la dissociation péritraumatique et les troubles dissociatifs (F44) par Gérard Lopez & Arianne Casanova
5/ Les troubles graves de la personnalité : Desnos (F60.31)
6/ Evaluation auprès d'une personne souffrant d'un trouble psychotraumatique par Louis Jehel, Marc Sylvestre, Patrice Louville
7/ La combinaison entre psycho et chimiothérapie par François Ducrocq, Guillaume Valva & Olivier Cottencin
8/ La prochaine version de DSM devait introduire la catégorie de l'état de stress post-traumatique par Jean-Michel Thurin
9/ huit thèmes qui accompagnent un traumatisme sévère par M. J. Horowitz
10/ Les évitements après un ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
11/ Les indications de la thérapie EMDR – Eye Movement Desensitization Reprocessing par Patrick Zilhardt
12/ Le traitement cognitivo-comportemental de l'ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
14/ le sujet a été victime d'une prise de pouvoir par son agresseur par Victor Simon
15/ Le phénomène de vigilance parallèle par M. Yapko
16/ Une technique hypnotique spécifique pour traiter les viols par inceste par Victor Simon
17/ Les 8 C dans le traitement de l'agression sexuelle par Victor Simon
18/ De nombreuses victimes échappent à tout traitement par Gilbert Vila
19/ Les conséquences de la maltraitance ne s'arrêtent pas avec la fin des actes pervers par Gilbert Vila

• Les groupes de paroles par Catherine Morbois et Marie-France Casalis dans Psychothérapie des victimes
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2 janvier 2009

Intérêt de l'EMDR dans la prise en charge des traumatismes psychiques

COTTENCIN, Olivier,
(MD, PhD) Docteur en Neurosciences
DOUTRELUGNE, Yves
Médecin et psychothérapeute
JIDV 20 (Tome 7, numéro 2 - 2009)

Quel substratum théorique ?

Comme l’ensemble des psychothérapies focalisées sur le traumatisme, l’EMDR part d’un constat partagé par tous : l’évocation simple du trauma qui se répète à chaque consultation est insuffisante voire dangereuse en ce qu’elle peut entraîner une survictimisation par un renforcement mnésique de la scène et ainsi aggraver la symptomatologie du patient.

L’EMDR est donc proposée comme un protocole sécurisant pour accompagner le patient lorsqu’il se rappelle le noyau traumatique. Car en effet, ce rappel sollicite non seulement l’intellect et le verbal mais encore tous les canaux sensoriels, les émotions, les cognitions. Nous passerons rapidement sur la théorisation de l’intérêt de l’EMDR comme analogie aux mouvements rapides oculaires du sommeil (REM) pour ne retenir que les hypothèses cognitivistes les plus récentes qui considèrent finalement l’état de stress post traumatique comme une maladie de la mémoire (McNally 2003).

En effet, au cours de l’état de stress post traumatique, la mémoire autobiographique semble bloquée et le sujet ne peut dépasser l’évènement traumatique (McNally 1997). Ainsi l’EMDR permettrait d’adjoindre une stimulation sensorielle autorisant au souvenir traumatique d’être réinséré dans le processus de mémoire avec un statut de souvenir révolu.

Pour lire l'article, cliquez sur le logo du journal international de victimologie

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23 septembre 2006

11/ Les indications de la thérapie EMDR – Eye Movement Desensitization Reprocessing par Patrick Zilhardt

Page 133
Les indications

• Pathologies psychotraumatiques simples et complexes :
– troubles anxio dépressifs réactionnels et névrotiques,
– troubles paniques, tocs, phobies simples ou complexes,
– troubles de la personnalité, troubles psychosomatiques,
– les addictions ;
• Le traitement psychologique des maladies graves (cancer, HIV) et préparations aux interventions ;
• Parfois les états psychotiques mais seulement stabilisés et avec prudence et extrême compétence. De même, pour les troubles dissociatifs, particulièrement ceux d'identité multiple.
L'EMDR peut être pratiquée chez les enfants à partir de l'âge de cinq ans. Le protocole est le même que chez les adultes à l'âge de douze à quinze ans.
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Autres billets sur Psychothérapie des victimes
1/ Psychothérapie des victimes : Traitements, évaluations, accompagnement. Gérard Lopez, Aurore Sabouraud-Séguin, Louis Jehel
2/ Le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" par Gérard Lopez & Arianne Casanova
3/ L'état de stress post-traumatique – ESPT (F43.1)
4/ la dissociation péritraumatique et les troubles dissociatifs (F44) par Gérard Lopez & Arianne Casanova
5/ Les troubles graves de la personnalité : Desnos (F60.31)
6/ Evaluation auprès d'une personne souffrant d'un trouble psychotraumatique par Louis Jehel, Marc Sylvestre, Patrice Louville
7/ La combinaison entre psycho et chimiothérapie par François Ducrocq, Guillaume Valva & Olivier Cottencin
8/ La prochaine version de DSM devait introduire la catégorie de l'état de stress post-traumatique par Jean-Michel Thurin
9/ huit thèmes qui accompagnent un traumatisme sévère par M. J. Horowitz
10/ Les évitements après un ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
12/ Le traitement cognitivo-comportemental de l'ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
13/ L'hypnose dans le traitement du psychotraumatisme par Victor Simon
14/ le sujet a été victime d'une prise de pouvoir par son agresseur par Victor Simon
15/ Le phénomène de vigilance parallèle par M. Yapko
16/ Une technique hypnotique spécifique pour traiter les viols par inceste par Victor Simon
17/ Les 8 C dans le traitement de l'agression sexuelle par Victor Simon
18/ De nombreuses victimes échappent à tout traitement par Gilbert Vila
19/ Les conséquences de la maltraitance ne s'arrêtent pas avec la fin des actes pervers par Gilbert Vila

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1 décembre 1999

Accompagnement et approches psychothératpeutiques du stress par Gérard Lopez

Dernière mise à jour : mercredi 1 décembre 1999

Stress, le mot connaît un succès croissant.

Mais dans les nomenclatures internationales, comme le CIM-10 par exemple, il figure comme Etat de stress post-traumatique (F43-1) et Réaction aiguë (F43-0). Ces troubles ont été abordés, ici, parmi d’autres, par M. Reynaud, comme troubles liés à des facteurs de stress pour le CIM-10 ou comme Trouble anxieux pour le DSM IV.

La pathologie psychotraumatique ne peut se limiter à un Etat de stress post-traumatique (ESPT), avec ou sans Trouble dissociatif (F44). Les Troubles de l’adaptation (F43-2) correspondent à la pathologie à laquelle les professionnels sont confrontés après "un changement existentiel important ou un événement stressant". En revanche, le CIM-10 distingue une Modification de la Personnalité après une expérience de catastrophe (F62.0) qui ne succède pas obligatoirement à un ESPT, mais qui peut aussi être considéré comme une séquelle chronique et irréversible de ce trouble.

L’impact d’un événements traumatique s’accompagnent évidemment d’une réaction physiologique de stress, mais c’est surtout une pathologie événementielle faisant effraction dans le psychisme et ne pouvant être élaboré. La répétition des événements traumatiques modifie la symptomatologie, entraînant des "hémorragies narcissiques" de plus en plus irréversibles, sans rapport avec le modèle du stress dépassé.

Le traitement des troubles psychotraumatiques — la psychotraumatologie - est une sorte de spécialité en soi, bien différente de la " Gestion du Stress ". L’International Society For Traumatic Stress Studies (ISTSS) la développe de façon rigoureuse.

Du point de vue thérapeutique, il faut se prémunir contre l'idée que les soins sont plus importants que le soutien social ou l'accompagnement judiciaire (Lopez et Sabouraud Seguin, 1998). Il faudrait, au contraire intégrer sa pratique dans un réseau de correspondants spécialisés dans l'accompagnement social et judiciaire. Tous les partenaires devraient apprendre à se connaître, à s'apprécier et à comprendre leur spécificité dans leur diversité et complémentarité : c’est l’objet de la victimologie, trop souvent confondue avec la psychotraumatologie. Le traitement d'une personne traumatisée psychique serait très difficile si la thérapie était "polluée", et elle le serait inévitablement, par toutes les embûches qui émaillent son difficile parcours.

On appelle survictimation ou victimation secondaire les conséquences des aléas qui aggravent l'état, en particulier psychologique, des traumatisés, lorsqu'ils sont confrontés à l'incompréhension de leurs proches, des autorités répressives, des instances professionnelles, sociales et autres. On ne peut entamer une psychothérapie qu’à l’issue, et uniquement à l’issue, de l'évaluation :

1) de l'impact traumatique sur le plan physique et psychologique ;

2) des conséquences sociales et familiales ;

3) des conséquences judiciaires.

Cette évaluation permet de mettre en place l’accompagnement social et judiciaire qui protège le cadre thérapeutique sécurisant.

Il convient d’utiliser des techniques validées par la communauté scientifique : l’ISTSS, pour l’essentiel. La reconnaissance de l'ESPT, dans les années 1980, aux Etats-Unis, a amené la réalisation de nombreuses études.

L’évolution spontanée de l'ESPT est de très mauvais pronostic, mais la recherche a permis le constat suivant :

1) l'évolution de l'ESPT est améliorée par une prise en charge psychologique ;

2) certaines approches sont plus efficaces que d'autres. Mais d'une façon générale, ces études sont encore assez difficilement exploitables en raison de :

  • absence d’entretien structuré standardisé validé
  • critères de sélection changeants selon les études
  • absence de groupe témoin ou de liste d’attente
  • techniques utilisées peu standardisées
  • confusion fréquente entre évaluateur et thérapeute
  • absence d’instruments consensuels pour mesurer les symptômes de l'ESPT
  • nombre insuffisant de participants
  • victimes trop ciblées (vétérans, viols)
  • suivi insuffisamment prolongé
  • non prise en compte des rechutes
  • association médicaments thérapies.

La plupart des recherches, d'origine américaine, concernent les techniques comportementales cognitives (TCC), la technique des mouvements oculaires rapides (EMDR) ou la pharmacologie. Quelques études ont cependant examiné les résultats obtenus avec les thérapies psychodynamiques. La plupart montrent une faible diminution des symptômes de l'ESPT (Lindy, 1987). Deux études particulières concernant une victime d’accident (Brom et Carlier, 1989) et un policier (Gersons et Carlier, 1994) montrent une meilleure efficacité.

Aucune étude n’a été réalisée avec des victimes présentant un lourd passé traumatique (traumatisme prolongé et/ou répétitif : maltraitance, tortures, violence d’Etat, emprise sectaire, etc.). Elles nécessitent des thérapies longues et difficiles : le pronostic est réservé.

Les traitements médicamenteux sont utiles, les antidépresseurs essentiellement.

Les psychothérapies d'inspiration psychanalytique sont l’approche habituellement proposée en France. Elle devrait permettre l’intégration de l’événement traumatique dans l’histoire du sujet. Il faut veiller à tenir compte de la demande du sujet de travailler sur l’événement traumatique même si, cadeau dans l’horreur, certains sujets entament un travail approfondi, dans un second temps.

Les thérapies comportementales et cognitives d’exposition, ont une efficacité évidente lorsque les conduites d'évitement, caractéristiques du ESPT, sont prédominantes.

L'hypnose, surtout lorsque la dissociation est le mécanisme de défense préférentiel, serait particulièrement efficace, malgré les résistances dont elle est toujours l'objet en France. Elle est contre-indiquée lorsqu'une procédure judiciaire est en cours en raison des risques de " faux souvenirs ".

L'E.M.D.R serait très efficace dans les suites immédiates d'un traumatisme psychique, notamment lorsque dominent un syndrome intrusif.

Les thérapies familiales ont un intérêt évident lors des traumatismes familiaux pour tenter de restaurer ce qui pourrait l’être.

D’autres méthodes, validées par la communauté scientifique, ont leur intérêt pour peu que l'utilisateur sache les maîtriser et qu'il ait l'expérience du traitement des traumatismes psychiques.

En fait, il semble, quelle que soit la méthode utilisée, il est nécessaire de respecter certains grands principes auxquels seule la psychanalyse conventionnelle ne saurait s'astreindre (mais elle est une méthode d'exception, rarement utilisée en première intention dans cette indication). Avec toutes les nuances possibles, il convient de donner la parole au sujet, dans un climat d'empathie actif, afin de lui permettre d'ordonner ses souvenirs pour donner un sens au traumatisme et lever, sans se hâter, le dispositif de défense dans lequel la " dissociation post-traumatique " paraît déterminante.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo psydocFrance
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Autres billets se rapportant au Dr Gérard Lopez :

1/ La fascination est une des armes qu'utilisent préférentiellement les pères incestueux par Gérard Lopez
2/
Définition de la victime
3/ Les pères incestueurs
4/ Quelques conséquences sur les survivantes
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• L’indemnisation = argent « sale » rarement utilisée à des fins constructives en cas d'inceste
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