« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

1 février 2008

10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels

Page 77
Malgré les problèmes qu'elle devait affronter chez elle, où Eddie ne supportait pas qu'elle défiât son autorité, et au studio avec Cohn, pendant le tournage de L'amour vient en dansant, rien dans son comportement ne laissait deviner de telles difficultés.
Les femmes qui ont été exploitées pendant toute leur jeunesse font souvent preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels, quels que soient les ennuis qu'elles doivent affronter dans leur vie privée. Les responsabilités qui ont pesé sur elles les ont préparées à une vie de labeur et de sacrifice, même si, ce qui est fréquemment le cas, le travail ne leur offre pas beaucoup de satisfactions. Ce schéma colle tout à fait à Rita, dont la discipline au travail a souvent contrasté avec le chaos de sa vie privée.
Fred Astaire, quant à lui, fut ravi de cette partenaire si dure à la tâche, qu'il qualifia de « danseuse-née » : « Je n'ai jamais vu quelqu'un apprendre les pas aussi vite qu'elle. Je lui montrais l'enchaînement avant le déjeuner, et lorsqu'elle revenait aussitôt après le repas, elle l'exécutait à la perfection. Elle l'avait apparemment répété dans sa tête pendant qu'elle mangeait »
Pour leur premier numéro, une rumba, «So Near and Yet So Far» (« Si proche et pourtant si lointaine »), Fred Astaire avait prévu les dix jours habituels de préparation avant tournage ; avec Rita il n'en fallut que quatre. « Je voyais Fred presque chaque jour, se rappelle Hermes Pan, et il me disait : "Je travaille avec Rita. Elle est vraiment remarquable. Elle peut faire n'importe quoi". »
Alors qu'Astaire se donnait totalement pendant les répétitions, Rita semblait se retenir pour le moment où ils se retrouveraient devant la caméra.
« Elle avait un côté transparent pendant les répétitions, explique Hermes Pan. Et on se demandait : est-ce qu'elle sera capable d'en faire davantage ? Et puis, lorsque la caméra tournait, elle avait une présence fantastique, bien plus que dans la réalité. »
Elle éprouvait chaque jour la même angoisse à l'idée de travailler avec un grand danseur comme Fred Astaire. Ginger Rogers et lui formaient un couple tellement bien assorti qu'ils semblaient avoir été fabriqués pour danser ensemble. 
(Incidemment, il se trouve que Ginger et Rita avaient un lointain lien de parenté : Vinton, le frère de Volga, avait épousé la sœur de la mère de Ginger.) Toujours aussi peu sûre d'elle-même, 
Rita craignait qu'Astaire ne l'apprécie pas comme partenaire. Elle redoutait par-dessus tout de le décevoir.
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Autres billets sur Rita Hayworth
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2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming
3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire
5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer

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9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre

Page 65
Désireux de satisfaire cette soif des spectateurs, Eddie Judson n'hésita pas à laisser la presse pénétrer dans son intimité et cela, sept jours sur sept. On attendait d'une vedette qu'elle livre sa vie privée au public, ou du moins qu'elle en donne l'illusion. 
Pour Rita, le prix à payer, du point de vue psychologique, fut immense. Roz Rogers la jugeait comme étant « fondamentalement très timide. Elle n'était jamais à l'aise sous le regard des autres ».
On observa alors un curieux phénomène qui devait se reproduire tout au long de sa carrière : tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, elle semblait s'éteindre, disparaître à l'intérieur d'elle-même. C'est ainsi que pendant les séances de photos, selon le témoignage de Rogers, elle « exécutait ses gestes presque comme un robot ».
« Je dois tout à Ed, disait-elle aux journalistes. Sans lui, je n'aurais jamais réussi à Hollywood. J'étais bien trop bas. C'est lui qui a conçu toute ma carrière »
Naturellement, bon nombre des reparties attribuées à Rita et publiées dans les journaux venaient de Judson. Il l'avait forgée physiquement, et maintenant c'était lui qui s'exprimait par sa bouche. Comme elle le racontera plus tard, Eddie ne cessait de lui rappeler qu'elle était incapable de penser par elle-même, qu'elle était « irresponsable ».
Elle avait passé naguère pour la femme de son père, envers qui elle se comportait sur scène d'une manière excitante, sensuelle, mais avec son véritable époux elle semblait se conduire comme une enfant. Non seulement leur différence d'âge pouvait la faire passer pour la fille de Judson, mais elle-même se complaisait dans ce rôle.
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8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
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8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère

Page 49
On avait pourtant entendu le « big boss » faire une remarque en passant sur cette fille Cansino, qui devrait bien changer de nom. Cansino, c'était trop ... , eh bien ... , ça sonnait trop espagnol.
À la Fox, Sheehan avait voulu cultiver le type latin de Rita, en faire la nouvelle Dolores Del Rio. Cohn suggérait une autre possibilité, et Judson en prit bonne note.
C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère. Eduardo n'apprécia pas beaucoup que sa fille se dépouille de son nom, mais il semblait que ce fût un mal nécessaire.

Entre-temps, Rita avait décidé d'abandonner davantage que le nom de son père. En mai 1937, moins de quatre mois après avoir signé le contrat avec la Columbia, elle s'enfuit avec Eddie Judson.
Empêcher Eduardo de chercher à casser sa première liaison ne fut peut-être pas la seule raison qui la poussa à agir ainsi. Chez nombre de femmes violées dans leur enfance, la névrose de répétition les conduit non seulement à rechercher un substitut de l'image paternelle mais à entourer leurs aventures sexuelles du même secret, du même caractère « particulier » qui marquait leurs relations incestueuses.
Le jour où elle avait décidé de s'enfuir avec Eddie, Rita se présenta au studio à l'heure dite pour les dernières prises d'un film intitulé Flashing Skates (qui devrait sortir sous le titre de The Game That Kills). Elle craignait que, comme il en avait coutume, car son cours de danse était tout près, Eduardo ne fit un saut pour la voir, mais ce ne fut pas le cas. La seule personne étrangère à qui Rita et Judson semblent s'être confiés fut Helen Hunt, sur qui ils tombèrent au restaurant.
Cette confidence était une démarche calculée. Comme Judson devait le savoir, Helen avait l'oreille de Harry Cohn, et Eddie n'avait pas manqué de cultiver cette amitié utile. Lui révéler leur grand secret, c'était la rapprocher d'eux encore plus.
En se rendant à son rendez-vous routinier avec Judson ce soir-là, Rita demanda à son père de la réveiller tôt le lendemain matin, car elle avait des prises à refaire pour Flashing Skates. 
Sur quoi, Judson et elle se rendirent directement à Yuma, en Arizona, d'où le jour suivant ils expédièrent un télégramme à Eduardo et Volga pour leur annoncer leur situation de nouveaux et heureux mariés.
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6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail

Page 40.
Le studio avait décidé d'abréger son prénom en Rita, lui faisaient suivre des cours de comédie, de danse et d'équitation, et il lui avait demandé de maigrir grâce à un régime et des exercices physiques. Les communiqués de presse la présentait comme "une belle danseuse de seize ans, moitié néerlandaise, moitié espagnole, qui a fait le tour du monde une douzaine de fois" et qui descendait, point sur lequel ils insistaient beaucoup, d'une éminente famille de danseurs espagnols.
Mais ces vantardises ne la rendait ni moins angoissée, ni plus sur d'elle. Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail. "Il y a longtemps que je n'ai pas vu quelqu'un d'aussi bouleversé. Elle ne sait simplement pas ce que tout cela signifie1" -, écrivit en 1935 un journaliste du Milwaukee Journal qui était venu l'interviewer.

1. Gelal Talata, "Dancing Feet Lead to Stardom", The Milwaukee Journal, 1935.
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5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste

Page 35
Ces quelques remarques de Vernon jettent aussi un éclairage important sur le rôle énigmatique de la mère dans la famille. Les efforts de Volga pour protéger sa fille, en l'accompagnant à Agua Caliente et en dormant avec elle, suggèrent qu'elle était au courant des procédés d'Eduardo et qu'elle voulait y faire obstacle. Mais si elle comprenait vraiment ce qui arrivait à Margarita, pourquoi ne pas y avoir mis un terme définitivement ? Après tout, Volga a laissé sa fille continuer à vivre dans l'isolement et à danser à Tijuana pour subvenir aux besoins de sa famille. De plus, elle ne pouvait les tenir à l'œil vingt-quatre heures sur vingt-quatre; travaillant avec sa fille et vivant sous le même toit qu'elle, Eduardo n'avait qu'à attendre le moment où ils se retrouveraient seuls.
Là encore, les remarques de Vernon sont très révélatrices. Il parle de sa loyauté envers sa sœur lorsque brusquement il fait allusion à la dévotion de Volga à l'égard d'Eduardo : « C'est la même sorte de relation, je pense, que ma mère avait avec sa famille et spécialement avec mon père – c'est-à-dire la loyauté.

Je ne pense pas qu'elle pouvait l'expliquer, ni moi non plus, mais je sais ceci : Rita pourrait me couper une jambe et faire appel à moi le lendemain, je répondrais présent, cela, elle le sait fort bien. »
Margarita n'ignorait sans doute pas le degré de loyauté de son frère, mais si l'on tint compte de la violence de l'image utilisée par celui-ci, elle savait sûrement quelque chose d'autre : quels que fussent les tourments infligés par Eduardo à sa famille Volga demeurerait (« spécialement ») loyale envers son mari.
Confrontées à l'inceste dans leur famille, toutes les mères n'en font pas autant que Volga pour essayer d'y mettre un terme, mais bon nombre, dont Volga, demeurent partagées entre ce qu'elles doivent à leur mari et ce qu'elles doivent à leur fille (le mari venant presque toujours en premier). Aussi soucieuse qu'elles soient du sort de leur fille, maintenir l'intégrité de leur mariage et de leur famille est pour ces femmes la priorité absolue. Sans le mari, comment leurs enfants et elles-mêmes survivraient-ils ? Alcoolique, dénuée de tout pouvoir, économiquement dépendante, Volga est le type même de ces mères pour lesquelles il n'est pas question de sauver leur fille en plaquant leur mari. Ni, dans son cas, d'anéantir la source de revenus de la famille en séparant les Dancing Cansinos.
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4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire

Page 31
« Parfois, l'après-midi, ils répétaient leurs exercices, explique Loretta. On les regardait par la fenêtre. Il n'arrêtait pas de lui crier après, de la houspiller. "Ne fais pas ça, ne sois pas si stupide, ne fais pas ça !" Il était plutôt petit, une sorte de petit coq vaniteux. » Pendant toutes ces séances, Margarita demeurait une élève docile, anxieuse de plaire. « Lorsqu'elle faisait une faute, il lui criait après, mais je ne l'ai jamais entendue lui répondre, jamais. Elle se contentait de recommencer, jusqu'à ce qu'il soit satisfait. Elle était toujours caIme, douce, obéissante. »
Les gens aimaient bien Eduardo, et il en était ainsi depuis l'époque du music-hall. Mais le souvenir qu'a gardé de lui Loretta Parkin, « un petit tyran domestique », suggère qu'en l'espionnant par la fenêtre les enfants ont perçu un autre aspect sa personnalité que, comme son alcoolisme, il laissait rarement paraître à l'extérieur. Les gens sont tellement stupéfaits d'apprendre qu'un homme qu'ils considéraient comme un « chic type » s'est livré à des actes incestueux qu'ils fusent souvent d'y ajouter foi. D'autant que ces pères abusifs savent à la perfection dissimuler leur brutalité derrière le masque d'un être aimable et sociable. Ce besoin narcissique d'admiration qui les amène à avoir des relations sexuelles avec leurs enfants les pousse également à ne rien négliger pour se faire aimer des autres.
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3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père

Page 26
C'est triste à dire, mais la personne dont Margarita avait désespérément besoin d'être protégée à Tijuana était son propre père. Car les relations qu'Eduardo Cansino entretenait avec sa fille prenaient une tournure terrible. Plus tard, Margarita révélera à son second mari, Orson Welles, que pendant toute cette période son père eut avec elle des relations sexuelles • New York Star, 15 novembre 1914.

L'accusation choque, consterne, mais il est indéniable que dans la famille Cansino étaient réunies beaucoup de circonstances qui souvent, les études le montrent, conduisent à des actes incestueux.
Les pères qui abusent de leur fille ont des tendances « narcissiques » – ce sont des hommes qui recherchent de façon maladive l'adulation des autres. 
Lorsqu'une crise quelconque les prive de l'admiration dont ils ont tellement besoin pour leur estime personnelle, ils vont chercher le réconfort auprès de leur fille. Humiliés, blessés par les adultes, ils demeurent pour leur enfant le personnage puissant qui sait commander. Les échecs professionnels sont indéniablement l'un de ces événements majeurs qui déclenchent des épisodes incestueux: le père traumatisé demande à sa fille de le consoler des déceptions que lui cause le monde du travail.

Fait significatif : le père incestueux est le centre de l'attention de toute sa famille. Il est le « patriarche par excellence » dont les besoins et les exigences passent en premier. Répondant à sa quête narcissique d'admiration, les membres de la famille le décrivent en termes enthousiastes : il est plus grand, plus intelligent, plus doué ou plus « artiste » que les autres hommes. 
Mais souvent, trop souvent, le monde extérieur ne sait pas reconnaître cette supériorité, et il incombe alors à ceux qui lui sont le plus proches, c'est-à-dire sa famille, de se sacrifier pour lui, pour le « sauver ».
Généralement, dans les cas d'inceste, la mère est présentée par les autres membres de la famille comme souffrant d'une mystérieuse maladie qui souvent, comme dans le cas de Volga, se révèle être l'alcoolisme. Puisqu'il faut satisfaire les désirs du père à tout prix, l'indisponibilité de la mère oblige la fille aînée à prendre sa place. Le père lui accorde le statut privilégié d'« enfant préférée ». Elle est celle de la famille qui lui ressemble le plus, lui dit-il, la seule qui partage sa spécificité, ses talents. Mais elle a également des responsabilités que les autres n'ont pas. Ce qui implique qu'elle fasse des sacrifies pour lui, alors que ses frères, et les garçons en général, « sont libres d'être des enfants ».

Tout cela, dans les moindres détails, s'applique à la situation de Margarita. Non seulement ce portrait de « la famille à inceste» ressemble en tout point à la sienne, mais de nombreux épisodes apparemment hétéroclites, choquants de sa vie d'adulte deviennent soudain compréhensibles si l'on ajoute foi à ce qu'elle raconte sur son enfance. De toutes les formes d'inceste, celui que pratique un parent avec son enfant est reconnu comme le plus traumatisant ; en abusant de son pouvoir sur l'enfant qui lui fait confiance et dépend de lui, le père ou la mère incestueux commettent « la plus haute des trahisons », marquant psychologiquement leur victime pour la vie.

Chez Rita comme chez bien d'autres, les conséquences se feront sentir dans l'image qu'elle aura d'elle-même ainsi que dans les relations, très souvent difficiles, qu'elle entretiendra avec ses maris, ses amants. les autres femmes, et même ses enfants.

Amour, sexualité, maternité : dans ces trois domaines essentiels le souvenir des sévices subis dans l'enfance aura un impact évident et désastreux. Et même si certains mettent encore en doute la véracité des confidences de Rita à son mari, le fait qu'Eduardo ait véritablement exploité sa fille ne se discute pas.

Condamnée à ne pas avoir une enfance normale parmi d'autres gamins de son âge, Margarita passa pour la femme d'Eduardo (il lui interdisait de l'appeler « père » en public) dans tous les endroits, bateaux ancrés au large ou casinos mexicains, où elle se produisit à partir de douze ans. Son père la dressait à jouer les allumeuses sur scène, mais dès qu'elle en sortait elle redevenait la petite fille timide et réservée qu'elle n'avait jamais cessé d'être. Même si des rapports incestueux ne lui avaient pas appris à utiliser le sexe comme moyen d'attirer et de retenir l'attention, le rôle de provocatrice que son père l'encourageait à jouer sur scène aurait eu le même effet.
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2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming

Françoise Adelstain(Traducteur)
Poche - Broché
Paru le : 01/02/2008
Editeur : Ramsay
Collection : Ramsay poche cinéma
ISBN : 978-2-84114-926-1
EAN : 9782841149261
Nb. de pages : 415 pages
Poids : 285 g
Dimensions : 11,5cm x 17cm x 2,7cm

Rita Hayworth flamboie pour toujours au firmament des stars.
Sur les écrans du monde entier, elle est et restera Gilda, la Dame de Shanghai, celle par qui le scandale arrive, la femme fatale, instrument du destin des hommes qui ont le malheur de la croiser. Cinq maris, une pléthore d'amants célèbres, Rita offre de quoi alimenter la chronique. Pourtant, elle est d'une timidité maladive, elle ne rêve que d'être une femme au foyer. Mais c'était son image qu'Orson Welles, le prince Ali Khan et d'autres convoitaient, l'image d'une femme qui semblait traverser la vie sur les ailes de la gloire et de la puissance.
Que cachaient la crinière rousse, le regard sensuel, le fourreau de soie noire ? Quel destin contrarié, quelle tragique méprise allaient acculer la vedette adulée à l'alcoolisme, à la démence précoce, à la déchéance ? C'est ce que Barbara Leaming nous révèle, en traçant le portrait d'une femme qui n'a jamais pu ressembler à celle qu'on la força à devenir.
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« J'ai toujours été utilisée et manipulée par les hommes, dira un jour Rita Hayworth. Le premier qui m'ait exploitée était mon père ! Il savait que de m'exhiber à ses côtés ne pouvait que plaire au public. Il savait que cela lui rapporterait un peu plus d'argent. Et nous en avions besoin ! »
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