« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

2 août 2007

II/ Le viol selon Rennie Yotova

Page 14

Le viol est un meurtre, souvent sans cadavre. Ce meurtre ne conduit pas à l'extinction du corps, mais à son anéantissement. Les lésions peuvent être invisibles mais elles sont dans la plupart des cas irréparables. Quelqu'un a franchi la frontière du corps de l'autre, l'a violé et il est entré de cette façon dans son existence définitivement. Le corps violé a incorporé de façon indélébile la souillure et ne peut plus s'en défaire. On reste vivant, mais on porte à jamais une blessure en soi. La torture inflige une terrible souffrance au corps, mais elle peut mobiliser des forces morales de résistance pour prouver sa dignité humaine devant les bourreaux. Le viol enlève toute volonté de survie, l'être violé porte en soi un poignard ensanglanté qu'aucune opération chirurgicale ou traitement psychologique ne pourra enlever. Car le meurtre du viol n'est pas physique.

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Autres billets sur le livre de Rennie Yotova

I/ Ecrire le viol

III/ Fantasmes de viol dans la littérature

IV/ Fantasmes dans Le Voyeur d'Alain Robbe-Grillet

V/ Que devient un corps violé ?

*/ Le pardon

**/ L'indicible du viol

***/ Viol et violence à travers Virginie Despentes

****/ Métaphorique du viol chez Robbe-Grillet en l'associant à l'acte de l'écriture

*****/ Le viol de Magritte par Rennie Yotova

***** L'écriture peut donner un sens au viol par Rennie Yotova


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1 août 2007

I/ Ecrire le viol de Rennie Yotova

Editions Non Lieu
164 pages, août 2007
ISBN 978-2-35270-030-2
Le viol peut-il légitimement être abordé en tant que sujet artistique ? En quoi et comment l’art est-il susceptible de penser ou d’exprimer le viol ? L’imaginaire littéraire du viol démontre au paroxysme que cet acte ne peut être une rencontre avec l’autre. Le viol ne fait jamais sens. C’est une brutalité absolue et gratuite qui entraîne la victime dans un lien avec son (ses) agresseur(s) qu’elle ne peut rompre à cause de son incapacité à comprendre ce qu’elle a vécu. La mythologie, traversée par des scènes de viols, confirme la dimension archétypale de cette violence originelle et permet de définir cinq types de viols : viol-vengeance ; viol-mutilation ; viol-domination ; viol-inceste ; viol-blasphème. Types de viols que l’on retrouve, commis par différents personnages, dans un parcours littéraire à travers des œuvres de Cendrars, Le Clézio, Schnitzler, Guyotat, Anne Hébert, Niki de Saint-Phalle, Agota Kristof, James Ellroy... La fiction nous ouvre un autre monde et, en dépit du crépuscule, de la monstruosité de ce monde, elle nous dit qu’il existe une pensée vivante, qui parle au nom des victimes, compatit, cherche à cerner l’impardonnable, malgré le corps profané et déchu, une pensée qui affronte la violence, pour la dominer enfin par le refus de la prolonger.
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Autres billets sur le livre de Rennie Yotova
II/ Le viol
III/ Fantasmes de viol dans la littérature
IV/ Fantasmes dans Le Voyeur d'Alain Robbe-Grillet
V/ Que devient un corps violé ?
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**/ L'indicible du viol
***/ Viol et violence à travers Virginie Despentes
****/ Métaphorique du viol chez Robbe-Grillet en l'associant à l'acte de l'écriture
*****/ Le viol de Magritte par Rennie Yotova
***** L'écriture peut donner un sens au viol par Rennie Yotova

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Autres billets sur Niki de Saint-Phalle
1/ Niki de Saint-Phalle : Mon secret
2/ Mon secret de Niki de Saint-Phalle réédité
3/ Niki de Saint Phalle : Ce même été, mon père – il avait 35 ans, glissa sa main dans ma culotte
4/ Autoportrait
5/ L'interdit
6/ Forme de pardon
7/ Les traces du viol dans l'œuvre de Niki de Saint-Phalle Par Rennie Yotova
8/ Niki de Saint-Phalle, témoigner pour prévenir par Questions d’inceste
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20 juillet 2007

Film - Savage Grace de Tom Kallin

film de Tom Kallin
Avec : Julianne Moore, Stephen Dillane, Eddie Redmayne, Elena Anaya - 2007, 1h37

« Une histoire vraie », comme disent les publicités. Une histoire dérangeante et hors normes... A priori, comment qualifier autrement la relation incestueuse que Barbara Daly, actrice ratée, peintre de talent et scandaleuse de la jet set, noua avec son fils à la fin des années 1960 ?
Comment ne pas réagir sans effroi devant le matricide qui s'en suivit ?
L'élégance du film tient justement dans sa capacité à nous éloigner de ce point de vue moral ; de nous faire saisir les faits non de l'extérieur mais par le truchement des émotions, bien moins sommaires que les simples faits.
Avec un classicisme assumé, Tom Kalin nous fait épouser le point de vue du fils, Tony, de sa naissance à l'acte criminel. Mais dès le début, ce style est perverti par le décalage. Décalage entre le corps du bébé et la voix off, déjà adulte, qui vient commenter ce que nous voyons ; décalage encore entre les politesses échangées, la magnificence des cadres bourgeois et la dureté des propos et des actes ; contraste également entre la nudité, assumée, et les propos policés.
Le film est à l'image de Barbara, clivé, instable, imprévisible malgré son côté « tiré de faits réels ».
Il oscille entre la pose et la crise, comme cette femme, d'origine modeste, cherchant à s'insérer dans une société dont l'hypocrisie la terrifie. Ce personnage asocial mais intense, au comportement erratique, est servi par une actrice à son sommet : Julianne Moore.
La belle a son fan club dont je ne suis pas près de faire partie. Mais là, force est de constater que sous la direction de Tom Kalin, elle devient littéralement incandescente. Elle explore ici des chemins que seule, peut-être, notre Huppert nationale avait traversés. Elle y est guidée par une mise en scène rappelant dans ses meilleurs instants l'ambiguïté d'un Joseph Losey ou la tension morbide d'un Luchino Visconti. Classique certes, mais extrêmement efficace et déstabilisant. Du grand cinéma.

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30 mai 2007

Film – Black Snake Moan – 2006 – USA

Réalisateur : Craig Brewer
Scénariste : Craig Brewer
Date de sortie : 30 mai 2007 (France)
Genre : Drame | Musique
Durée : 116 min Pays : USA
Langue : Anglais
Lieux de tournage : Memphis, Tennessee, USA
Société : Paramount Classics
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Le Sud bien profond
Critique
Les liaisons dangereuses d'un Oncle Tom et d'une jeune obsédée sexuelle aux confins du Tennessee. Ou quand le puritanisme et le blues se mettent en ménage. Un film gênant à en deveni
r esthétique.
Black Snake Moan de Craig Brewer.
avec Christina Ricci, Samuel L. Jackson...
1 h 56.

Supposons un mariage contre nature (et honteux) de Mississippi Burning et de la Symphonie pastorale, un hybride de Baby Doll et Noce blanche (avec Samuel Cremer et Vanessa Ricci), on serait encore loin du compte... Pour cadrer l'innommable projet cinéphilique de saison Black Snake Moan («le Grognement du serpent noir» ­ ou «le Serpent noir gluant»), il faudrait de surcroît ajouter à ce goulbi-gombo grand écran de trou du cul du rêve américain un peu de Dame aux camélias (la Marguerite phtisique courtisane du jour oublie, il est vrai, de partir de la caisse en cours de route ­ et de routiers), un rien d'Obsédé ­ et plus si affinités Histoire d'O revue Tennessee Williams et corrigée SuperVixens soft.

Black Snake Moan est un blues. Un moaning blues donc, comme le titre l'indique. Le blues est un mode musical noir de noir, spécifiquement attaché à la déportation massive des Africains ancêtres de l'écrivain Nobel Toni Morrison ou du pasteur pacifiste assassiné Martin Luther King vers l'Amérique, c'est le chant de la damnation, de la fatalité plombée, des fers et du mal du pays, de la ségrégation et de la joie grise coûte que coûte. Musique de la perte, de la chair jamais domptée, de la patience plaintive et de la crudité déchaînée.

Le blues à la clef du film torve Black Snake Moan est non seulement affiché, mais prouvé et montré, c'est-à-dire parlé, grommelé (moanin'), chanté. Au prégénérique puis en interlude de fin, un vieux griot coquet fossilisé du genre raconte à une caméra de la préhistoire du parlant ce qu'est le blues, le vrai blues, avec une voix de cire. Et chemin faisant le héros Samuel Jackson, par extraordinaire sans moumoute ni antirides, se révélera bluesman ­ chantant vraiment, dans un joint.

Etouffe-chrétien. Assez vieux, barbe et calvitie blanches seyantes, bien conservé, à la John Lee Hooker (auteur d'un Moanin'blues) mâtiné de Muddy Waters, le blueseux bouseux Lazarus (celui qui sort du tombeau), au moment où on le découvre cabossé, est retiré, râleusement rangé des tracteurs, des culs de bouteille, de l'amour et des femmes ­ à commencer par la sienne, qui ne peut plus voir ce vieux con venimeux en peinture.

Le reste de cette tranche de vie communautaire, digne d'Erskine Caldwell sur un Petit Arpent du bon DieuTabac et de David Goodis, est un composite ethno-génitalo-esthético-moralo-musicologique inouï, non dénué de saveur étouffe-chrétien, sur l'âme pionnière. Un des charmes de ces «Glissements progressifs du serpent noir» est en effet qu'ils déroulent leurs noeuds visqueux dans une Amérique dont on n'ose plus rêver. Là où jadis on lynchait ou chaudronnait vif du Nègre de champs de coton pour garder la frite, au pays des bons migrants hérétiques Quakers rosissants, on vit désormais en bonne intelligence avec le descendant de bois d'ébène réenraciné, sur les terres fertiles du Nouveau Monde (volé à ses occupants immémoriaux indiens, spoliés et massacrés par centaines de milliers au passage avec leurs millions de bisons, certes ­ passons). avec un peu de

Pour l'intrigue, scabreuse à souhait, une réplique, outre l'affiche haute en couleurs, la résume : «Toi, un Noir, tu séquestres une fille blonde nue enchaînée dans ta maison ? !» C'est un pasteur Afroaméricain qui parle à sa brebis égarée. Dieu aveugle ceux qu'Il veut perdre ­ ou sauver parfois aussi. Là, Il a choisi Uncle Tom Lazarus (le héros qui a le blues) pour «guérir» la fille perdue de «sa maladie» ­ du tractus féminin en chaleur.

Dans ce contexte pittoresque, assez sale et théâtral (le réalisateur vient de là, du théâtre), Justin Timberlake le garçon chanteur dansoteur variétechno FM, si embarrassant ces derniers temps à l'écran en faux Ryan Philippe, faux comédien et assez faux tout court, se voit paradoxalement sauvé ­ à une singerie castagneuse de faux dur près ­ par son emploi de frappe à matelas en tricot de porc roulant des mécaniques qui se révèle sujet à spasmophilie (vapeurs l'empêchant de s'enrôler comme un homme, un vrai). Tout juste bon à pleurnicher sur son volant de 4 x 4 comme une poule mouillée... C'est, pour le coup, en garçon sensible pleurard, que l'énervant Justin, dont on désespérait en Pulitzer toc (Edison), ou en caïd spic bullyen bidon à tatouages (Alpha Dog), se découvre enfin fréquentable.

Péché originel. La vraie poule de l'affaire, au fait, c'est Christina Ricci, Juliette bombasse de ce Roméo mou, qui se fait bourrer par le plus bestial des macs queutards noirs à dorures du bled (Tehronne) dès que son tendre blondin hyperventilé la laisse livrée à elle-même une minute. Dans ce rôle-titre de roulure locale, Ricci tient la gageure de justifier à elle seule à bout de bras, de fesses tortillées et de nichons à l'air, à force d'insanités outrageantes tout à fait naturelles (danse de la fente ploucarde, langouzes de bar beurrée et défoncée, short moule-moule à sabot de chameau et autres dandinements de pétard prostiputesques d'arrière-pays Tennessee), le puritanisme américain démentiel qui travaille à l'os ce film anormal, étrangement inspiré en son hypocrisie demeurée édifiante. La sorcière c'est Rae.

On songe à Reese Witherspoon, qui aurait fait crépiter cette composition inflammatoire de cul-terreuse dépravée rappelant Freeway 1996 ­ où Reese campait explicitement un faux poids de radasse à black, fille white thrash de pute alcoolo, vaguement violée par son oncle, s'improvisant Petit Chaperon rouge déviante tueuse de pédéraste et tout court. Yeux globuleux, front démesuré comme celui de Reese, à poil et à pulpe, Rae Ricci, qui retrouvera Witherspoon sa maîtresse ancienne en loubardise bullshit dans Penelope (ça a l'air bien...), donne littéralement corps au vice, convulsivement lové au coeur de ce Sud profond abruti d'obscurantisme évangélique saucé de vaudou tectonique, et, partant, au «déchaînement» d'exorcisme censé, selon la morale macho rigoriste tarée du film, digne de l'Inquisition catholique, islamique, ou d'un quelconque MPF, l'en délivrer.

L'un dans l'autre, la vertu de ce navet qui s'ignore (au piment rouge, au petit jésus doré et au radis noir) est son irréalisme, brut comme une scène primitive ou un refrain de blues poisseux plein de «coeurs enchaînés», de «démons» et autres «reptiles noirs grouillant autour de moi» à la Blind Lemon Jefferson ­ bluesman aveugle dont vient étrangement le nom du film.

Une saisissante innocence de crétinerie amerloque chrétienne permettant aux images de l'histoire ici tournée de représenter quasiment à nu (mais sans les poils) les pulsions barbares qui fondent l'inconscient collectif du melting-pot.

Il faut songer à Bush l'alcoolique anonyme attaquant l'Irak avec son suppôt Blair le faussaire d'Etat comme à un couplet de blues rouillé sans espoir, en observant la bêtise puérile et l'immoralité effarante de la bondieuserie Black Snake Moan ; tout se tient. Un Bush d'Abou Ghraib abject n'en agirait pas autrement avec l'Eve convulsionnaire du jour, qui, en bonne red neck (et le cul aussi), ne l'en remercierait que mieux une fois «sauvée» de force de ses manies sexuelles malsaines ­ comme là. Ça colle le cafard, mais on s'en fout : c'est l'Amérique, autrement dit le vrai péché originel, qui veut cela, ou le blues.

Pour l'anecdote, et ne pas finir sur une note trop sérieuse (que ni le film du jour ni le cinéma en général ne méritent), on notera que Laz Jackson s'est initié à la guitare blues, pour les besoins du «Serpent noir chuintant» qui s'achève, sur le tournage de l'autrement inénarrable Des serpents dans l'avion. Le senior des anneaux.


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3 mai 2007

Les étés meurtriers par Carol Geoffroy

J'ai demandé aux étoiles de venir me chercher
Carol Geoffroy
Broché
Paru le : 03/05/2007
Editeur : Philippe Rey
ISBN : 978-2-84876-088-9
EAN : 9782848760889
Nb. de pages : 141 pages
Poids : 180 g
Dimensions : 14,5cm x 19cm x 1,1cm
"Pourquoi je ne veux pas accepter mon enfance ? Pourquoi je suis submergée en permanence par des angoisses qui gangrènent ma vie ? Bien des fois j'ai demandé aux étoiles de venir me chercher..."
"Guerrina tente de guérir de ses blessures de petite fille, de ces étés cauchemardesques passés dans le Sud-Ouest où elle accompagnait sa grand-mère, cuisinière chez les Morot. Étés meurtris par le "rockeur", beau-frère de Madame Morot, aux cheveux pleins de Brillantine, aux jambes de gallinelle sous un gros ventre mou, le rockeur qui emmenait Guerrina en bateau sur la rivière. Au retour de chaque promenade, alors que son corps brûlait de douleur, elle marquait son tableau noir d'une nouvelle croix...
Carol Geoffroy revisite la lumière menaçante de ces vacances suspendues, raconte les acteurs pittoresques de son enfance, cette enfance gâchée par la perversité d'un homme et par le silence des adultes qui ne voulaient rien voir. Un silence qui l'a laissée seule face à ses souffrances, à une insupportable culpabilité, et que l'écriture réussit aujourd'hui à conjurer, enfin.
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19 avril 2007

Igas : Le rapport qui embarrasse sur les enfants d'Outreau

19/04/2007
C'est une note ultraconfidentielle, couverte par le secret médical, qui embarrasse au plus haut point le ministre de la Santé, Philippe Bas.
Ce document rédigé par l'Inspection générale des affaires sanitaires et sociales (Igas), remis en février 2007 au ministre, retrace l'historique médical de quatorze des dix-sept enfants cités comme victimes dans le procès d'Outreau. Pour cinq d'entre eux, dont les parents ont été reconnus innocents, l'Igas relève des indices évocateurs d'abus sexuels. Il ne s'agit pas de preuves, mais seulement de signaux d'alerte qui justifient selon l'Inspection d'être pris en compte au nom de la protection de l'enfance. C'est d'ailleurs à ce titre que le ministre de la Santé a adressé copie de ce document hautement confidentiel au médecin responsable de la Protection maternelle et infantile (PMI) du Nord-Pas-de-Calais. Avec pour consigne de veiller de façon attentive à la santé des cinq enfants.

Pour arriver à ces conclusions gênantes, l'Igas a épluché les dossiers médicaux récupérés au- près des médecins de famille, de l'hôpital et surtout des PMI que le juge Burgaud qui instruisait l'affaire n'avait pas recueillis dans leur totalité. D'où le malaise. Comment, alors que des innocents ont été jetés en prison, que l'on a arraché des enfants à des familles qui n'avaient rien à se reprocher, annoncer maintenant à l'opinion publique que la justice a tranché sans avoir tous les éléments et que des doutes subsistent ?
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Autres billets sur les enfants d'Outreau
Outreau : Abus sexuel « argument fallacieux » comme un abus d’alcool, entre misogynie et enfants sataniques, dans le déni et l’ignorance
Outreau : Définition des négationnistes qui nient les viols par inceste transgénérationnels
5 mai 2011 : Ignorance des conséquences des viols par inceste transgénérationnels dans le Nouvel Observateur
Outreau : les enfants ont menti ! les nouveaux criminels
Justice : combien d'Outreau ? par Gilles Sainati
Outreau : la parole des enfants toujours en question par Maitre Rosenczveig
Qui a peur des enfants d’Outreau ? par Jacques Cuvillier dans le Monde
Outreau : que disent leurs souffrances ? par Jacques Cuvillier
24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau à l'Institut de criminologie de Paris
Outreau : la partie n'est pas finie... par Frédéric Valandré
Quelques réflexions sur l’acquittement
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10 janvier 2007

Accusations de viols par les patientes en soin pour viols par inceste du docteur Gilbert Tordjman par Pierre Beylau

Publié le 19/01/2007
La chute du pape de la sexologie
Par Pierre Beylau
En aggravant, le 4 juin, la mise en examen pour viol du docteur Gilbert Tordjman par une interdiction d'exercer « afin d'éviter tout risque de renouvellement de l'infraction » , la juge Corinne Goetzmann a donné une idée des soupçons qui pèsent aujourd'hui sur le pape de la sexologie. Bien sûr, Gilbert Tordjman, 75 ans, est présumé innocent, et ce même si les plaintes d'anciennes patientes se sont multipliées ces derniers mois : 7 au total, 33 autres femmes ayant défilé dans le bureau de la juge d'instruction pour livrer leur témoignage.
C'est en tout cas un cataclysme qu'a déclenché cette star de la discipline, ancien président de l'Association mondiale pour la sexologie, réputé pour ses publications.
D'abord dans le petit monde de la sexologie, mais aussi dans la communauté médicale, jusque-là épargnée par les affaires de mœurs.
A en croire ses victimes, Gilbert Tordjman n'aurait pas vu le temps passer : il y a vingt ans, personne ou presque ne portait plainte. Les femmes moins que les hommes, et surtout pas pour des affaires d'abus sexuels.
Or le premier témoignage d'une victime des dérapages du docteur Tordjman date de cette époque. Il fut publié sous forme d'un long texte intitulé « L'horreur derrière la porte » dans le magazine Psychologies en 1983. Anne* raconta comment sa thérapie avec le docteur Tordjman se termina à l'hôtel et comment il profita de son statut de médecin pour nouer une relation sexuelle avec elle, la détruisant psychologiquement. Dans ce texte, le nom du docteur Tordjman n'était pas mentionné. « C'était impensable à l'époque, dit Anne. Cela s'était passé en 1978. J'ai mis cinq ans à m'en remettre et quatre ans avant d'accepter d'en parler. »

…/…
« Le docteur Tordjman n'est pas libre de parler en raison de l'instruction en cours, explique Me Jacques-Georges Bitoun, son défenseur. Mais il est déterminé à se défendre, car aucun de ces témoignages ne tient la route. Ces femmes sont clairement des affabulatrices ou des folles. Le docteur Tordjman a examiné plus de 7 000 femmes dans sa carrière et même si sept d'entre elles portent plainte, ce n'est pas grave dans la mesure où elles avaient un lourd passé psychologique. Et puis on ne va quand même pas chez un sexologue pour lui montrer ses amygdales ! »

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7 décembre 2006

Le Duel de Peter Weiss par Christophe Millet

Gregor, un intellectuel hanté par la faute et l'abandon, est partagé entre deux femmes : Léa, enceinte d’un enfant qu’elle déteste, et Janna, qui entretient une relation incestueuse avec son père – ainsi qu’une relation amoureuse avec une autre jeune femme, Inez. Le Duel, un des premiers romans de Peter Weiss, déploie un univers allégorique où se brouillent sans cesse les frontières du rêve et de la réalité. On y retrouve les grands thèmes de l'auteur de Marat/Sade et d’Esthétique de la résistance. Exploration radicale de l'inconscient où érotisme et violence côtoient des scènes franchement burlesques, cette œuvre est une remise en cause revigorante et salutaire de nos habitudes de lecture !
Christophe Millet
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