« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

12 février 2010

Définition du tabou de l'inceste

Mission parlementaire Estrosi 2005
Apparu, semble-t-il, dans des écrits religieux vers 1350, ce mot vient du latin " incestus ", qui se traduit par non chaste, impur, souillé. Son antonyme, " castus ", peut également prendre le sens d’instruit, d’éduqué, de bien dressé, de conforme aux règles et aux rites.

Tabou de l 'inceste : Interdiction à caractère sexuel qui exclut les relations sexuelles au sein de la famille élargie. Selon Freud, le tabou de l’inceste serait à l’origine de la formation de groupes en société en imposant l’exogamie c'est-à-dire la pratique des activités sexuelles à l’extérieur du groupe d'appartenance.

Un tabou qui devient un interdit légal n’est plus un tabou.

La notion d’inceste est une notion qui appartient au vocabulaire des sciences humaines (l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, l’ethnologie), et qui ne peut passer sans dommages dans le vocabulaire juridique. L’inceste est un « tabou » d’ordre moral. Le ramener à un simple interdit légal revient à en diminuer considérablement la portée.

109. Le Jeudi 11 février 2010 à 19:31 par elektra

1/ “Le poids du tabou “
2/ “La mission souhaiterait rappeler que la loi a le pouvoir de casser le tabou en le nommant”
sont les mots de l’instigatrice de la loi.
Le mot tabou est pris à contresens deux fois ou bien Madame Fort est très elliptique.
1/ c’est le poids de la transgression du tabou
2/ casser le silence autour du tabou en le nommant

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11 février 2010

L'inceste devient une infraction spécifique du Code pénal par Net-Iris

Actualité publiée le mardi 9 février 2010.
Rédigée par Net-iris et classée dans le thème Pénal.
Le journal officiel du 9 février débute par la publication de la loi (n°2010-121) du 8 février 2010, qui inscrit l'inceste commis sur les mineurs dans le Code pénal. Ce texte tend surtout à améliorer la détection, l'identification et la prise en charge des victimes d'actes incestueux, lesquelles sont encore aujourd'hui trop nombreuses. Le titre premier de la loi est consacré à l'identification et l'adaptation du Code pénal à la spécificité de l'inceste, le titre II à sa prévention et le titre III à l'accompagnement des victimes.
Grâce à cette réforme, l'inceste se trouve distinguée des autres formes de viol et d'agression sexuelle – caractérisées par la violence, la contrainte, la menace et la surprise – puisque s'ajoute "la contrainte morale", laquelle résulte de la différence d'âge et de l'autorité de l'auteur du fait. L'inceste, qui repose sur l'abus de la confiance spontanée des mineurs dans les adultes qu'ils côtoient au sein de la famille, a des conséquences psychologiques souvent plus destructrice que les autres formes d'agression, et reste passible de 20 ans de réclusion criminelle.
L'article 222-31-1 du Code pénal dispose que "les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d'incestueux lorsqu'ils sont commis au sein de la famille sur la personne d'un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s'il s'agit d'un concubin d'un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait".
Lorsque l'atteinte sexuelle incestueuse aura été commise par une personne titulaire de l'autorité parentale sur le mineur, la juridiction de jugement se prononcera obligatoirement sur le retrait total ou partiel de cette autorité, vis-à-vis de cet enfant, mais aussi sur le retrait de cette autorité en ce qu'elle concerne les frères et sœurs mineurs de la victime.
La prévention de l'inceste passera notamment par le renforcement du rôle de l'école dans l'information des enfants. L'article 3 modifie le Code de l'éducation afin que les écoles, les collèges et les lycées assurent la mission d'information sur les violences et une éducation à la sexualité. Quant à l'article 4, il vise à conforter le rôle de l'audiovisuel public dans l'information en matière de santé et de sexualité.
Pour la suite de l'article voir le site en cliquant sur le logo…
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Les commentaires sur l'article de Maître Eolas : Un nouvel exemple de malfaçon législative

4. Le Lundi 8 février 2010 à 12:57 par Suzanne

Édifiant !

Je suppose que la qualité juridique d’un texte voté au Parlement (Assemblée et Sénat) est inversement proportionnelle à la quantité de texte à examiner ?
Serait-il possible d’améliorer cette qualité sans diminuer l’effet politique d’une loi pour chaque fait divers ou combat personnel? Parce que si on commence à ne plus respecter la règle un fait divers = 1 loi, où allons-nous, je vous le demande? (“Vers un traitement des citoyens comme personnes intelligentes” me dit-on à l’oreille. ;))

5. Le Lundi 8 février 2010 à 13:00 par L'optimiste

Voici un excellent exemple de la qualité de la législature “sarkoziste”.(365 députés UMP , un par jour)
A force de légiférer en fonction du fait divers et sur un coin de table de bistrot…on fait n’importe quoi.
Si en plus “ce monument législatif” découle d’un raport de l’ex député Estrosi,o n pouvait effectivement craindre le pire.
Nous y sommes !

8. Le Lundi 8 février 2010 à 13:22 par Paul
Mais comment distingue-t-on la circonstance aggravante de l’infraction qualifiée ? Rien dans la rédaction des articles ne permet de faire la différence.

9. Le Lundi 8 février 2010 à 13:34 par Araignée

Je trouve idiot de vouloir absolument inscrire le mot “inceste” dans la loi.

L’interdit de l’inceste constitue la loi fondamentale qui fait de nous des êtres humains. Il est partagé par absolument toutes les cultures humaines, sous différentes modalités.
En ce sens, il est inscrit profondément dans nos sociétés, puisqu’il les fonde (pour aller vite, c’est lui qui nous oblige à “aller voir ailleurs”, donc à sortir de la cellule familiale/tribale, donc à échanger avec l’autre). L’inscrire dans la loi veut dire qu’il n’est plus un absolu, qu’il y a besoin de l’écrire pour qu’il soit respecté.

10. Le Lundi 8 février 2010 à 13:39 par Rataxès
Et pour chipoter davantage, on pourrait se demander ce que l’on entend par des faits commis “au sein de la famille”. Est-ce au domicile de la famille, ce qui exclurait des faits commis par un ascendant chez des amis… ? Je pousse peut-être le raisonnement à l’absurde, mais il me semble que cette notion, dont je pense du reste qu’elle n’est pas définie dans le code civil, peut être très ambiguë.

11. Le Lundi 8 février 2010 à 13:41 par Diab
On a quand même échappé au pire !

Dans le rapport de Mme FORT, il était prévu d’évacuer la notion de consentement (et donc la nécessité de caractériser violence, menace, contrainte ou surprise) et de considérer que là où il y a inceste, il y aurait viol.

Appliqué tel quel, ça aurait eu un effet secondaire assez cocasse pour une loi prétendant protéger les victimes : dans le cas (malheureusement pas rare) d’un jeune garçon mineur qui violerait sa petite sœur, l’acte étant alors répréhensible en lui-même et en dehors de toute question de consentement, la petite sœur aurait été aussi coupable que son agresseur aux yeux de la loi.

Sauf à prouver n’avoir commis ces faits que sous l’emprise d’une contrainte à laquelle elle ne pouvait résister.

Ironie : en voulant dispenser la victime de prouver la contrainte pour être reconnue victime, on l’aurait obligé à prouver une contrainte irrésistible pour établir qu’elle n’est pas aussi coupable que son agresseur.

L’enfer est pavé de bonnes intention (et nappé de démagogie et de médiocrité juridique, aussi)

12. Le Lundi 8 février 2010 à 13:43 par bleu horizon

Les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille …
Je penche pour l’analyse de maitre eolas du fait ces infractions sont qualifiées, et ne constituent pas une nouvelle infraction
En effet, cela aurait été plus difficile si "Les viols et les agressions sexuelles constituent un inceste ou une agression incestueuse lorsqu’ils sont commis au sein de la famille…" une sorte de sur-spécialisation ou d’un etiquettage spécifique de l’infraction et non pas une infraction autonome mais bon…

14. Le Lundi 8 février 2010 à 13:46 par wackselwease

“A force de réfléchir avant de légiférer on reste immobile” - Frédéric Lefebvre et bien voilà, on a légiférer sans réfléchir, ça va faire plaisir au taulier…

J’avoue mon ignorance sur les démarches législatives, mais, nos très chers (dans tous les sens du terme) députés n’ont ils point de conseillers, voire d’avocat, peut être même de stagiaire en 4e année de droit, aptent à leur indiquer que : ”définitivement non, ce n’est pas une bonne idée Mme la députée ?”
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10 février 2010

3/ Critique cinéma : Precious, le film en route vers les Oscars 2010

Catherine Castro 10/02/2010
« Precious » laisse le spectateur en état de choc
L'histoire de Precious, l'ado noire, obèse et violée par son père, a ému Cannes aux larmes. Le film de Lee Daniels, qui sort début mars*, nous a bouleversées. Une tragédie à couper le souffle en route vers les Oscars. Sur le papier, le pitch pèse des tonnes. Claireece Jones, alias Precious, a 16 ans. Elle est noire, obèse, pauvre, illettrée. Violée par un père en visite qui lui donne deux enfants, elle est détruite par sa mère qui la bat, l'insulte et la viole encore. Présenté comme ça, le kit du désastre est complet, le tableau insoutenable. Sauf que, devant la caméra de Lee Daniels, l'atrocité se mue en grâce, la fatalité en résilience. Audacieux, le réalisateur ne se prive pas de quelques scènes comiques qui agissent comme fantaisies digestives. En posant ses yeux sur une jeune fille obèse et invisible, il lui donne une chance, celle d'être vue et de se voir avec des yeux bienveillants. C'est là que le désespoir, filmé par Lee Daniels, devient universel.
Dans l'Amérique d'Obama, ce film tourné, joué et produit par des Noirs fait déjà figure de phénomène. 'Precious' n'est ni un film communautaire, ni un film sur les obèses. Au festival de Sundance, le public était à 85 % blanc, remarque Michèle Halberstadt, sa distributrice française. Et dans les cinémas où il est projeté aux Etats-Unis, les spectateurs, toutes couleurs confondues, restent collés à leur siège après le générique de fin. Les vigiles sont obligés de les déloger. » « Precious » laisse le spectateur en état de choc. Pour lire la suite de l'article cliquez sur le logo de Marie Claire

(*) En salles le 3 mars.« Un jour j'ai décidé que j'avais droit au bonheur. Peu importe à quoi je ressemble, peu importe le regard des autres. »
________________
Critiques du film Précious

1/ Film – Precious de Lee Daniels
2/ Film - Precious
(violée par son père) de Lee Daniels
4/ Film – Precious par Matthieu Loire

5/ Critique – La véritable Precious Jones : entre désespoir et résilience

6/ Film - "Precious" Interview de Françoise Delbecq pour Elle

7/ Film Precious Jones en route pour l'oscar par Le Point

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9 février 2010

Aider une victime de traumatismes anciens et répétés : inceste par l'Institut de Victimologie

Les conseils utiles

Un problème de confiance

Si un de vos proches vous confie avoir été victime d'agressions répétées comme des actes de maltraitance infantile et/ou d'inceste, comprenez qu'il s'agit d'une marque de confiance qui engage définitivement la qualité de votre relation.

Quel que soit son âge, il a déjà tenté au moins une fois de révéler les faits et de chercher de l'aide sans succès. D'autre part, s'il s'agit la de révélation de faits anciens, ces derniers ont souvent été commis par un adulte qui aurait dû l'aimer et le protéger. De ce fait, la victime d'agressions anciennes n'a en général aucune confiance en elle-même, pas plus qu'en toute forme d'aide possible, elle l'a cruellement appris à ses dépens.

Cette révélation peut vous éclairer si vous estimez que votre proche est fragile, anxieux, dépressif, instable, peu sûr de lui ; il a parfois tendance à se mettre en danger ou à adopter des conduites à risque (impulsivité, incapacité à reconnaitre les situations dangereuses, conduites suicidaires, consommation de produits toxiques, troubles des consuites alimentaires...)

La révélation peut enclencher un long et complexe processus de réparation qui passe par :

  • la reconnaissance,
  • les soins,
  • l'accompagnement social et judiciaire,

c'est donc un travail en réseau.

La reconnaissance

Elle est la première étape indispensable à toute possibilité de reconstruction. Il faudrait par conséquent parvenir à dominer l'émotion que cette révélation peut susciter en vous... et accepter d'écouter et de croire " l'impensable "…

Sachez qu'en France, il n'y a pas "d'épidemie de personnalité multipliple" ou de "faux souvenirs" comme aux Etats-Unis. Les victimes se taisent mais n'ont jamais oublié ce qu'elles ont subi.

Comprenez que les manipulateurs sont plutôt les agresseurs... que les victimes !

Si vous avez douté de ses propos, faites amende honorable et tentez de renouer le dialogue.

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Le président de l'Assemblée dénonce l'usage trop fréquent de la procédure d'urgence ou du vote bloqué par le Nouvel Obs

Le coup de gueule de Bernard Accoyer contre le gouvernement
Le président de l'Assemblée dénonce l'usage trop fréquent de la procédure d'urgence ou du vote bloqué. Et menace à son tour...
NOUVELOBS.COM | 09.02.2010 | 19:25
Par Estelle Gross
Le gouvernement a-t-il trop souvent recours à la procédure d'urgence pour faire voter les lois ? C'est en tout cas ce que pense le président de l'Assemblée Nationale. Bernard Accoyer (UMP) est sorti de sa réserve, mardi 9 février pour rappeler à l'ordre le gouvernement, menaçant de s'opposer à lui. Trop de procédures d'urgence, des députés absents lors des examens, le recours au vote bloqué... la colère gronde.
"J'ai solennellement fait savoir au gouvernement que nous ne pouvions pas continuer à travailler ainsi, pour la qualité de la loi et la qualité du débat démocratique contradictoire", a déclaré Bernard Accoyer lors de son point presse hebdomadaire, prévenant qu'il "n'hésiterait pas à recourir" à son droit d'opposition.
Parmi les lois adoptées selon la procédure d'urgence ces derniers mois : la loi pénitentiaire, la loi relative à la gendarmerie nationale, ou encore la loi sur l'audiovisuel public, sans oublier la loi création et internet et la réforme de l'hôpital… En somme, souvent les projets les plus contestés.

"Le parlement fait de la figuration"

Bernard Accoyer a répété qu'il "suspendrait les séances" lorsque la majorité serait absente pour l'examen des projets de loi et a de nouveau critiqué le recours au vote bloqué, procédure du règlement qui permet à la majorité de s'absenter des débats sur les projets de loi, en reportant le vote sur l'ensemble du texte à une seule séance.
La présidence de l'Assemblée souligne que 38% des textes sont votés selon la procédure d'urgence, contre 22% sous la précédente législature. Un avertissement qui ravit le groupe socialiste.
"Enfin ! Enfin le président de l'Assemblée dit tout haut ce que les parlementaires disent tout bas depuis maintenant des mois", commente Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale. Selon lui, "le parlement fait de la figuration". "Le gouvernement a recours systématiquement à la procédure d'urgence ou au vote bloqué ce qui lui permet d'étudier uniquement les amendements qui lui plaisent", dénonce-t-il.
Jean-Marc Ayrault dénoncé également l'inflation législative : "Le gouvernement fait de la communication, nous ne traitons rien et les lois s'empilent les unes sur les autres". Et de citer en exemple la loi Loppsi 2, défendue ce matin-même par Brice Hortefeux : "Il s'agit de la sixième loi sur la sécurité depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, et les problèmes sont toujours là !", s'agace le président du groupe PS.
D'après lui, le recours à la procédure accélérée émane directement de la volonté de Nicolas Sarkozy : "Le président n'aime pas le Parlement, il le connaît mal et surtout il n'aime pas les autres pouvoirs". Nouvelobs.com a également tenté de joindre Henri de Raincourt, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le parlement, ainsi que le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé, mais nos demandes sont restées sans réponse.
Le député socialiste Jean-Jacques Urvoas soulignait déjà, dans une note publiée sur son blog le 20 janvier dernier, la hausse des procédures d'urgence. "On a fini par perdre l’habitude des secondes lectures", ironisait-il. "Si depuis le mois de juin 2007, 117 lois ont été adoptées par l’Assemblée nationale, seulement 40% ont bénéficié de cette possibilité car dans 60% des cas, le gouvernement a décrété l’urgence qui réduit le débat à une seule lecture par chambre", avance-t-il. "Voilà qui ne facilite pas l’étude approfondie des textes qui sont en plus de plus en plus longs et toujours aussi complexes", conclut-il.

"Droit au but"

"Les lois en pâtissent forcement puisqu'elles subissent beaucoup moins de modifications", note pour sa part Jean Gicquel, spécialiste du droit constitutionnel. Il souligne que cette prise de position du président de l'Assemblée est "dans l'esprit de la révision de 2009 qui confère plus de pouvoir au parlement".
Selon les nouvelles dispositions entrées en vigueur le 1er mars 2009 avec la loi sur le Parlement, si le gouvernement a décidé d'engager une procédure accélérée, après une seule lecture par chacune des deux chambres, le Premier ministre ou, pour une proposition de loi, les présidents des deux assemblées, agissant conjointement, ont la faculté de provoquer la réunion d'une commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion. Le texte élaboré par la commission mixte peut être soumis par le gouvernement pour approbation aux deux assemblées. Aucun amendement n'est alors recevable sauf accord du gouvernement. Si la commission mixte ne parvient pas à l'adoption d'un texte commun, le gouvernement peut, après une nouvelle lecture par l'Assemblée nationale et par le Sénat, demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. Il faut noter que le temps de discussion entre la proposition de loi et son examen a été allongé à 6 semaines pour faciliter les consensus.
Pour lire la suite de l'article cliquez sur le logo du Nouvel Obs…
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L'inceste dans la loi, et moins puni par Slate.fr

Mardi 9 Février 2010

Une nouvelle loi vient de réformer silencieusement le droit pénal qui l'a révélé. Il explique que jusque-là, l'inceste existait en tant qu'agression sexuelle « aggravée » (« commise par un ascendant légitime, naturel ou adoptif, ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime », et encore aggravée si la victime est un(e) mineur(e) de quinze ans). Le mot inceste en tant que tel n'existait pas. Introduisant l’inceste dans le code pénal — qui y existait déjà en creux, mais pas nommé comme tel. C'est Maître Mô, blogueur avocat du barreau de Lille,

Marie-Louise Fort, député UMP de la 3e circonscription de l’Yonne s’est alors rendue compte de l'absence du mot et décidé de remettre un rapport déposé en janvier 2009 (pdf), « reprenant largement les conclusions d’un précédent rapport du député Christian Estrosi », rapporte Maître Eolas. (Lire l'édifiant décryptage du discours du ministre sur Slate).

Maître Eolas commente le rapport :

« La catastrophe est annoncée dès la page 11 : "La présente mission, considérant que l'inceste n'est pas seulement la circonstance aggravante d'un viol ou d'une autre agression sexuelle mais aussi un élément constitutif de ceux-ci, suggère pour sa part d'intégrer la notion de l'inceste aussi dans la définition de ces infractions." Ceci étant justifié par l'argument hautement juridique suivant: "La mission souhaiterait rappeler que la loi a le pouvoir de casser le tabou en le nommant.(rapport, p.12) La loi-Brice de Nice, en somme. »

Conséquences

1) Cela révolutionne un peu le droit pénal. « Un point fondamental du droit pénal est qu’un élément constitutif d’une infraction ne peut être en même temps une circonstance aggravante de cette infraction. » Probablement par erreur, et puisque « l'inceste n'est pas seulement la circonstance aggravante d'un viol ou d'une autre agression sexuelle mais aussi un élément constitutif de ceux-ci », l'inceste devient un viol ou une agression sexuelle qualifiée. Moins grave donc qu'auparavant.

Exemple précisé par Maître Mô :

« un père viole sa fille chez eux. Jusqu’au 27 janvier 2010, c’était un viol (quinze ans) aggravé par la double circonstance de son ascendance et de la minorité de sa fille : vingt ans encourus.

Aujourd’hui, c’est un viol incestueux : quinze ans.

S’il ne l’a "que" agressée sexuellement, il encourait dix ans, une seule circonstance aggravante faisant passer la peine de cinq à sept ans, deux [circonstances] la portant à dix ans.

Aujourd’hui, il a commis une "agression sexuelle incestueuse" : cinq ans. »

[Lire l'article complet sur le blog de Maître Eolas]

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de Slate.fr

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Qu'est-ce que l'inceste par ceci… cela… mais vu par moi

Tout au long des trois derniers articles, nous sommes restés la tête dans le guidon à causer de la proposition de loi (devenue officiellement loi depuis sa publication au JO) qui, entre autre chose fait entrer l'inceste sur mineur dans le code pénal avec ce merveilleux articles qui fait s'arracher les cheveux à de nombreux commentateurs :
Art. 222-31-1.
Les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait.
Donc, le législateur pose certaines bornes à sa définition :
l'inceste ne peut être qu'un viol ou une agression sexuelle
l'acte doit avoir lieu "au sein de la famille" ; ce qui suscite bien des interrogations quant à l'interprétation à donner. La victime est forcément mineur ; donc si votre père vous viole mais que vous êtes majeur, vous n'êtes pas concerné par ce texte.
L'auteur des faits ne peut être qu' "un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ".
En l'absence d'autres éléments, l'auteur peut aussi bien être majeur que mineur la notion de personne ayant une autorité de droit ou de fait sur la victime permet d'élargir énormément le champ du texte ; reste toutefois à savoir comment cette condition jouera avec celle qui veut que les faits doivent être commis "au sein de la famille".
Tout n'est qu'une question d'interprétation...
Mais laissons un petit peu de côté le droit pénal, la boulette des parlementaires et les commentaires qui vont avec...
Le code pénal a donc désormais, avec les lacunes apparentes ou un peu difficiles à déceler, sa définition de l'inceste...
Toutefois, il existe d'autres outils qui définissent différemment la notion...
Un peu de criminologie pour commencer,
Si j'en crois le cours que j'ai pris en note l'année dernière, il faut partir sur le chemin des crimes et délits sexuels (à ne pas entendre au sens que donne le code pénal français) qui contiennent différentes hypothèses :
• il peut d'abord s'agir d'actes sexuels dont le déroulement peut être considéré comme déviant, citons notamment des fixations sur des partenaires "inadéquats" (ex: les situations incestueuses, la pédophilie, la gérontophilie, ...) ou des déformations de l'acte sexuel lorsque l'orgasme n'est obtenu que par des moyens de substitution ou de dérivation ou des substituts aux partenaires humains (parmi les plus connus la zoophilie)
• il peut aussi être question d'actes de la vie sexuelle se déroulant "normalement" mais susceptible de heurter la morale commune d'une société commune comme par exemple le proxénétisme ou la polygamie...
• les activités auto érotiques peuvent également être sanctionnées lorsqu'elles sont publiques
Le viol, toujours selon ce cours, semble occuper une place à part,
en effet, le caractère adéquat du partenaire est bien présent ; il y a, le plus souvent, une "normalité" de l'acte sexuel mais l'infraction réside dans le mode de conduite utilisé pour accomplir l'acte.
Les incestes et les relations incestueuses correspondent à une même classification criminologique qui renvoie plus ou moins à un viol intra-familial...
Il s'agit de relations sexuelles entre un père et sa fille ou son fils, entre une mère et son fils ou sa fille ou entre frères et soeurs..., on parle aussi d'inceste en présence d'un beau-père ou d'une belle-mère..., et parfois, on élargit un peu le cercle familial...
Mais, on voit tout de suite des différences entre la définition qui figure désormais dans le code pénal et celle-ci.
Les criminologues semblent distinguer trois types de "contextes criminogènes" :
1- l'inceste viol pédophile
2- l'inceste liaison, souvent le cas du père qui, petit à petit, remplace la mère par la fille ; il peut même y avoir parfois une soumission sexuelle passive de la part de la victime
3- les situations mixtes
Même si tout cela reste largement critiquable, cette approche a au moins le mérite de montrer la complexité du problème : il n'existe pas un seul type d'inceste, tout n'est pas tout blanc ou tout noir... Il n'y a pas d'un côté la pauvre victime et de l'autre le méchant coupable...
Et, qu'en dit le dico ?
Nombreuses sont les personnes qui m'ont répété : "quand tu ne sais pas quelque chose, commence par regarder dans le dico" comme si la vérité ne pouvait être ailleurs et que la lecture de quelques lignes allait m'aider...
Petit Larousse grand format 2005 (je n'en ai pas d'autre sous la main ; au passage, assez marrant (ou pas) de noter que le petit larousse est un grand format)
Inceste : n.m. (lat. incestus, de castus, chaste)
Relations sexuelles entre un homme et une femme lié par un degré de parenté entraînant la prohibition du mariage.
Il s'agit donc ici de relations sexuelles ; reste à savoir ce qu'il faut entendre par là.
le même ouvrage défini la relation comme le lien existant entre des choses ou des personnes.
Ce qui impliquerait donc un champ d'application beaucoup plus large que le viol ou l'agression sexuelle.
Avec cette définition, l'inceste ne semble pouvoir avoir lieu qu'entre un homme et une femme...
Sauf à considérer que les rédacteurs du dico n'ont pas connaissance de l'homosexualité (ce dont on peut raisonnablement douter étant donné que la notion figure quelques pages auparavant), il faut bien constater que, là en revanche, le champ d'application diminue.
Enfin, toujours en analysant cette définition, l'inceste aurait un lien avec la prohibition du mariage entre certaines personnes liés par un lien de parenté.
L'inceste, en tant que tel, ne peu avoir lieu qu'entre eux.
Mais qu'en est il ???
Code Civil 2010, articles 161 et suivants...
En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et les alliés dans la même ligne directe.
En ligne collatérale, le mariage est prohibé entre le frère et la soeur mais également entre l'oncle et la nièce, la tante et le neveu.
Voilà, si on s'arrête à la définition donnée par le dico, les seuls cas d'inceste possible...
[..]
Bref, la question demeure : qu'est ce que l'inceste ?
Et, à en lire des commentaires ici et là, chacun semble avoir sa propre définition.
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