« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

18 août 2011

Violences sexuelles et situations paradoxales de dépendance à l'agresseur liées à la mémoire traumatique, la dissociation par Muriel Salmona

Violences sexuelles et situations paradoxales de dépendance à l'agresseur liées à la mémoire traumatique, la dissociation et aux conduites dissociantes
Par La docteure Muriel Salmona
La multiplication des situations traumatiques (violences qui continuent), la multiplication des situations de rallumage de la mémoire traumatique (rappel du traumatisme par des liens qui se font avec celui-ci, par un contact avec l'agresseur) entraînent un état de dissociation quasi continuel chez la victime.
Avec dépersonnalisation, conscience altérée et anesthésie affective qui permet une emprise de l'agresseur sur la victime qui est de ce fait totalement vulnérable et dans l'incapacité de se défendre et peut même sembler "participer" aux violences par son état hypnoïde et par ses conduites dissociantes ("provocations", "propositions","attitudes", paroles, qui sont des mises en danger) alors même que c'est la terreur qu'elle éprouve vis-à-vis de son agresseur et vis-à-vis des violences, dont elle ne veut surtout pas, qui l'ont mise dans cet état du fait d'un mécanisme psycho-neuro-biologique de sauvegarde nécessaire pour éviter un risque vital physique et psychique.
Le seul moyen pour y échapper étant de ne plus être du tout en contact avec son agresseur (contact physique, téléphonique, par courrier), l'agresseur, par expérience, le sait, aussi ne lâche-t-il pas sa victime (harcèlement, contact répétés).
Ce n'est que quand la victime se sentira protégée de son agresseur, mise à l'abri, qu'elle pourra sortir de cet état de dissociation, "se réveiller" et prendre alors conscience de la gravité des faits, et qu'elle sera confrontée à sa souffrance et pourra demander de l'aide et être traitée, mais si elle est mise de nouveau en danger les processus de dissociation pourront reprendre.
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17 août 2011

Affaire Laetitia : le père d'accueil soupçonné d'agression sexuelle et de viol sur la sœur jumelle Jessica

17 août 2011
LEMONDE.FR avec AFP

Le père d'accueil de Laetitia Perrais,la jeune fille tuée en janvier près de Pornic (Loire-Atlantique), est soupçonné d'agression sexuelle et viol sur la sœur jumelle de Laetitia, Jessica. Gilles Patron a été présenté, mercredi 17 août, au parquet de Nantes, qui décidé sa mise en examen pour agression sexuelle et viol ; il a été placé en détention provisoire. Il doit être présenté à un juge d'instruction mercredi après-midi.
"M. Patron a été mis en examen pour des faits d'agressions sexuelles et de viols par personne ayant autorité sur Jessica, la sœur jumelle de Laetitia Perrais", a indiqué son avocat, Me Pascal Rouiller. "Le juge des détentions et libertés a décidé de son placement en détention", a-t-il ajouté en indiquant qu'il interjetait appel de cette décision mais que cet appel n'était pas suspensif. "M. Patron a reconnu des relations intimes avec Jessica, consenties, à partir du moment où elle a eu 18 ans", a indiqué Me Rouiller. "Jessica, pour sa part, dénonce des faits ayant eu lieu entre ses 16 ans et ses 19 ans", a-t-il ajouté. M. Patron fait également l'objet d'une mise en examen pour "agression sexuelle" sur deux jeunes filles, amies de Jessica, qui ont dénoncé, selon Me Rouiller, des "gestes déplacés, l'une en 2010 et l'autre en 2011".
La disparition de Laetitia le 18 janvier, l'arrestation d'un suspect au passé judiciaire très chargé, Tony Meilhon, la découverte du corps dépecé de la victime avaient suscité une énorme émotion en France. Gilles Patron, chez qui Laetitia et Jessica vivaient à La Bernerie-en-Retz (Loire-Atlantique) depuis 2005, avait été reçu à l'Elysée le 31 janvier par Nicolas Sarkozy dans le cadre de cette affaire.
Gilles Patron s'était exprimé à plusieurs reprises dans les médias, demandant notamment la création de "fichiers des délinquants sexuels" et la mise en place de "surveillances réelles, efficaces" pour ces délinquants.
Le principal suspect de la mort de Laetitia, Tony Meilhon, 31 ans, a été mis en examen le 22 janvier pour "enlèvement suivi de mort" et écroué. Les autopsies et analyses ont montré que la jeune femme avait subi un véritable supplice avant d'être étranglée mais ont en revanche exclu d'éventuelles violences sexuelles.

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16 août 2011

CRIFIP : Mobilisation concernant le rôle de la pornographie dans le viol, l'inceste et les violences

Centre de Recherches Internationales et de Formation sur l'Inceste et la Pédocriminalité
16 août 2011
Bonjour,
Hier, paraissait dans le journal "France-Soir" un article intitulé "Du porno pour diminuer le nombre de viol ?".
Nous souhaitons fermement démontrer que la pornographie ne peut ni diminuer ni empêcher un viol, bien au contraire ! Nous comptons ouvrir prochainement une rubrique concernant la pornographie et son rôle dans le viol, les agressions et les violences.
Que vous soyez une ancienne victime de viol ou de violence, un professionnel, un journaliste, un dessinateur, nous vous invitons à nous faire parvenir vos témoignages, réactions, études, dessins ou articles relatifs à la pornographie.
Bien solidairement.
L'équipe du CRIFIP.
Pour rejoindre le site du CRIFIP, cliquez sur le logo
courrier.crifip@gmail.com,
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12 août 2011

12 août 2011 – France Culture les agresseurs sexuels sont des malades mentaux par Stéphane Jacquot UMP

Un été en prison
12.08.2011
Nos grands Invité de 7h30 à 8h30 :
Matthieu Bonduelle,
secrétaire général du Syndicat de la magistrature,
Stéphane Jacquot
, Secrétaire national en charge des Politiques pénitentiaires et des Prisons à l'UMP et
François Bès
, membre de l'Observatoire International des Prisons (OIP).
Propos recueillis par Camille Pitron
L'équipe
Production Martin Quenehen
Collaboratrice(s) Spécialisée(s) Pauline Muyl
Attachée(s) d'émission Camille Pitron
Attaché(s) d'émission Mathieu Le Goff
Réalisation Delphine Lemer, Laurent Paulré

Pour accéder aux informations, cliquez sur les logos
——————————————
Ce s
oir sur France culture rediffusion
"Dans l’unité de prise en charge des auteurs d’infractions sexuelles.
II- Prévention de la récidive"

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8 août 2011

Inceste dans les familles africaines : hommage à la détermination de Mona

8 août 2011
Il y a un an, j’abordais le sujet tabou d’inceste dans les familles africaines. Une honte qu’on tait jusqu’à la tombe, quid les souffrances de la victime qui se sent emmurée dans sa tête et surtout dans sa honte.
Je veux rendre ici hommage à une de ces victimes africaines vivant au Canada qui a décidé l’an dernier de se libérer des chaînes imposées par « le clan » au nom de l’honneur familial.
Arborant fièrement la beauté de sa vingtaine, Mona (nom fictif) est plongée jusqu’au cou dans les préparatifs de son mariage. Son fiancé et elle étant tous les deux nés des parents africains hyper conservateurs, ils tiennent à traverser toutes les étapes des noces à l’africaine. À savoir en premier lieu le mariage coutumier (rencontre des deux familles en vue de la remise de la dot), vient ensuite le mariage civil (à la mairie) et enfin le mariage religieux.
Plus le jour J approche, plus notre Mona est talonnée par l’impérieux besoin de confier à son fiancé le lourd secret qu’elle traîne depuis très longtemps. Idée de commencer sa nouvelle vie débarrassée de squelettes de son sombre placard. Ça lui pend de plus en plus sur le bout de la langue. Je lui raconte, ou je me la ferme ? Craignant la réaction de son amoureux, elle ravale. Mona opte pour la souffrance en silence. Une fois de plus...
Jusqu’à ce jour où, n’en pouvant tout simplement plus, elle lâche gauchement le lourd morceau à son futur époux comme un assassin balance dans un cours d'eau le lourdaud corps inerte de sa victime.
- Tu sais, chéri, j’ai été violée par mon frère.
- Hein, s’écrie le fiancé les yeux écarquillés.
- Oui, je voulais que tu le saches avant notre mariage. Mon frère m’a plusieurs fois violée.
Un instant…
Celui que Mona appelle son frère est plutôt son demi-frère. Elle a grandi au sein d’une grande famille fourmillant de demi-frères et demi-sœurs. C’est au début de l’adolescence que son demi-frère a entrepris l’exploration du fond de son string. Ça ne s’est pas passé dans un motel ni dans un champ de maïs des environs mais dans la maison familiale.
Et ce jeu maintes fois répété s'est soldé par le développement d’un fœtus. Mona s’est retrouvée enceinte de son demi-frère. Ouin, bébé se pointe. On fait quoi, là ? Il n’y a pas mille solutions…
Alertés, les parents ont vite fait d’amener Mona se faire aspirer la vie en début de gestation dans son jeune corps. Le tout a été scellé par un mot d’ordre familial : il ne s’est jamais rien passé, okay? Tous les membres du clan l’ont bien intégré. Et la vie a ainsi continué...jusqu’au jour où Mona est visitée par la tenace idée de convoler l’esprit délesté du maudit secret familial.
Embarrassé par la confidence de son amoureuse, le futur marié partage son tourment avec ses parents. Ces derniers ne passent pas par quatre chemins. Puisque rien n’est encore consommé, ils décident alors de mettre carrément fin au projet de mariage. Pas question de sceller une alliance avec une famille aux individus adeptes d’abjectes pratiques.
Et tout s’est arrêté là.
Mona, qui n’a jamais enfilée sa belle robe de mariée, s’est très bien fait varloper par le clan entier l’accusant d’avoir humilié la famille. La voilà sérieusement rabrouée par les parents et les sages, qui ne le sont pas du tout, pour avoir éventé un secret familial si bien gardé.
Mais tout ceci n’est rien à côté de la délivrance que s’est payée la victime. À un fort prix, certes. Pour toutes les victimes africaines encore emmurées, Mona, je te rends hommage. Je suis sûre que le bonheur et le futur t’accueillent à bras ouverts parce que tu as décidé de voyager légère dans la vie !
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1 août 2011

Décret du 29 juillet 2011 – Comment saisir le Défenseur des droits ?

Dans un décret du 29 juillet 2011*, le Premier ministre François Fillon décrit comment saisir le Défenseur des droits, actuellement Dominique Baudis depuis le 22 juin 2011.
Le Défenseur des droits a été institué par la loi organique n°2011-333 et la loi ordinaire n°2011-334 du 29 mars 2011. C'est depuis le 1er mai 2011 qu'il est en charge des missions auparavant dévolues au Médiateur de la République, à la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) mais également au Défenseur des enfants et à la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
Cette autorité constitutionnelle peut être saisie par toute personne physique ou morale, lorsque celle-ci a constaté que ses droits et libertés ont été mis en cause. La saisine se fait par écrit. Dans le document, toutes les "précisions utiles" doivent être mentionnées, ainsi que les faits invoqués par la personne. L'auteur de la réclamation doit par ailleurs joindre tout les éléments "de nature à justifier des démarches qu'il a préalablement accomplies auprès des personnes publiques ou des organismes mis en cause".
C'est à partir de cette réclamation que le Défenseur des droits, selon la loi du 29 mars 2011, va apprécier si les faits appellent une intervention de sa part. Le Défenseur des droits peut alors émettre des recommandations pour
"régler en équité la situation de la personne". Il peut également "procéder à la résolution amiable des différends [...] par voie de médiation". Le cas échéant, "il indique les motifs pour lesquels il décide de ne pas donner suite à une saisine".
Lorsqu'il n’est pas saisi par la personne dont les droits et libertés ont été mis en cause, ou qu’il se saisit d’office, il doit selon le décret du 29 juillet 2011, informer la personne lésée ou ses ayants droit par tout moyen. Si la personne informée ne donne pas son accord explicite, le Défenseur des droits ne peut alors faire usage des moyens d’information ni des pouvoirs dont il dispose avant l’expiration d’un délai de quinze jours. La personne informée peut à tout moment, s'opposer à l'intervention du défenseur des droits. Celui-ci est alors tenu d'y mettre fin.
_____
* Décret n° 2011-904 du 29 juillet 2011 relatif à la procédure applicable devant le Défenseur des droits, J.O., n° 175, 30 juill. 2011, p.1302, n°26.
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22 juillet 2011

2/ "A True Child of Trauma" - Sarah Haley: 1939-1989 by Chaim F. Shatan

Journal of Traumatic Stress, Vol. 3, No. 3, 1990
"A True Child of Trauma" - Sarah Haley: 1939-1989

Chaim F. Shatan

At the Tufts University memorial for Sarah Haley (October 7, 1989), 
ail types of people whose lives she had touched were present: her brothers, 
sisters-in-Iaw, niece, and nephew; friends; V.A. clinicians; her psychiatrist; 
comrades from the Vietnam veterans movement; colleagues from the Society for Traumatic Stress Studies. Most poignant was the presence of veterans 
from three wars which spanned her lifetime.
A black Vietnam veteran spoke about the difference she had made in 
his life by never giving up on him - even though, for her, there was no financial gain. A veteran of the Korean and Vietnam wars told us how she had 
saved his life when the memory of his atrocities made him suicidal. He said 
that she gave up on no one, and that her dedication was much deeper than 
just doing a job. He added that he would go anywhere and promote any 
cause that furthered the work set in motion by Sarah Haley. A veteran, badly scarred by burns suffered in World War II, moved us by his quiet yet in- 
tense account of her profound grasp of his suffering. "We are her living 
memorial," he concluded. Her brother Tom spoke about those aspects of 
her life that were most personal, rendering meaningful her passage from the 
beginning of her life to the Sarah Haley we knew, respected, and loved. After hearing Tom talk, Erwin Parson said: "Sarah was a true child of trauma."
Fifteen years earlier, Nick Egleson reporter for the Village Voice of 
New York) called me and asked if l'd ever heard of Sarah Haley'. 1 said that 
1 hadn't. He said: "You ought to read her paper 'When the Patient Reports 
Atrocities.' She's been working with Vietnam veterans since 1969 and 1 just 
spent an hour and a half on the phone with her."
I got her paper from the New York Academy of Medicine. It let loose 
in me an instinctive flood of startled recognition. 1 contacted her at once 
because 1 felt grateful and nourished by its rich draught of life. Her work 
seemed absolutely natural and inevitable. Here was someone else, sort of 
like you, saying things about pain and sorrow; about death, fear, and darkness; about helpfulness and hope, that meant something. I invited her to take part in a round table on "War Babies" at the 1975 meeting of the American 
'Orthopsychiatric Association in Washington. She had already noticed the 
impact of homecoming Vietnam veterans on their wives and children. At the 
round table, she presented a paper entitled "Guerrilla Warfare and the Magic Years." Little did I know, then, from what deep wellsprings of personal 
experience as a war baby she spoke. It was no wonder that her projected 
book of Vietnam veteran cases was dedicated to her father, Joseph Dennis Haley. As a World War II veteran, he had not only caused her pain, but 
taught her a great deal about the relationship between the Veterans Administration and war veterans.
Pour lire la suite de l'article, consulter le Journal of Traumatic Stress, Vol. 3, No. 3, 1990
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Autres billets dédiés à Sarah Haley
1/ Hommage à Sarah Haley an incest victim involved in the acceptance of PTSD
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