« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

23 septembre 1982

Film - Georgia d'Arthur Penn - 1982

Georgia
Réalisé par Arthur Penn
Titre original : Four friends
Long-métrage américain.
Genre : Comédie dramatique

Durée : 01h55min
Année de production : 1982

Synopsis : Danilo Prozor est un jeune émigre yougoslave. Il forme avec Tom et David un groupe d'amis inseparables. Ils sont tous trois amoureux fous de Georgia, jeune fille romantique.
Craig Wasson Rôle : Danilo
Jodi Thelen Rôle : Georgia
Michael Huddleston Rôle : David
Jim Metzler Rôle : Tom

Pour lire le billet, cliquez sur le logo La voix de Gilles Deleuze
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Delphine Seyrig, elle a un certain jeu Actor’s Studio très très curieux, ce perpétuel emmagasinement, emmagasinement d’énergie avec des actes explosifs par exemple "Murielle" est un beau.. . Elle joue ça. Mais enfin se n’est pas tellement évident pour elle. Mais il me semble ! il me semble ! Alors je reviens, au film de Arthur Penn, "Georgia", parce que je suppose que certains d’entre vous, l’ont vu.
Typiquement, en quoi c’est un film Actors Studio, c’est-à-dire un film descendance Kazan ? Pas difficile prenez les grandes scènes : comment ils font ?
Le jeune homme pauvre fils d’émmigré récent, arrive dans la famille du milliardaire, il veut épouser la fille. Bon qu’est ce qui se passe ? Déjeuner de famille glacé, atmosphère glacée, la tension monte. À ce moment-là vous voyez que chacun des convives à sa manière intériorise. La tension monte, ça veut dire et il y a tout un système de micro mouvements d’attente.
Le père qui regarde son prétendu, son gendre à venir, tout ça. La fille qui a le nez dans son assiette. On a l’impression qu’ils ont beau être immobiles, ça n’arrêtent pas ! Là ça donne raison à Hitchcock, impossible d’obtenir d’eux une pause neutre. Tout, ils feront tout sauf ils ne pourront jamais jouer la neutralité. Alors des espèces de ruminants. C’est vraiment la rumination, c’est la grande rumination, c’est l’emmagasinement d’énergie Et puis, ça ça répond à la situation avec l’intériorisation correspondante.
Et puis le père lâche une phrase-action :" la phrase-action c’est : « Je n’ai pas l’habitude de me laisser prendre un bien, quelque chose qui m’appartient ». La fille, elle baisse le nez un peu plus dans son potage. Bon elle n’a pas l’habitude. Et après ce n’est pas seulement l’acteur qui l’apprend, on peut concevoir qu’il l’apprenne, il est censé l’apprendre mais le spectateur il apprend quoi ?
Vous pouvez pas ceux qui n’ont pas vu Georgia - mais au point où ça vient de l’histoire, il apprend quelque chose de fondamental qui est déjà S prime. La phrase a été une action explosive du père. Une phrase peut être une action au cinéma. C’est un comportement, une phrase, c’est quoi ?. que n’est pas normal tout ça . S c’était : le père a de la répugnance à marier sa fille parce que le garçon n’est pas de son niveau social. Après la phrase, il y a "S prime", à savoir : le père en fait, a une relation d’inceste avec sa fille.
Vous avez la structure S A S prime, en plein. Alors intériorisation, alors qu’est ce que ça veut dire ça ? comment il joue, le père qui joue son rôle merveilleusement - Actor’s Studio pur, merveilleux, Bon, Il est là, absolument glacé, il emmagasine, il emmagasine la tension. C’est un grand acteur, il la fait passer, cela agit sur le spectateur, ça marche. Il emmagasine la tension. Bon et puis il lâche sa phrase comme un coup de poing sur le gendre.
Le gendre va répondre, ça va être le duel. La situation en sort modifiée, tout le monde a compris : ce n’est pas un père qui veut bien marier sa fille. C’est un père qui veut la garder parce qu’il est amoureux de sa fille.
Et qu’il y a une relation incestueuse effective. Le mariage arrive. La typique image qui pourrait signée Kazan : il y a la fête. Il y a la garden party, il y a la fête. Le père est à nouveau en situation de "intériorisation de la situation" : énorme vitre, énorme glace transparente mais sombre à l’extérieur derrière laquelle le père est tout droit et regarde d’en haut la fête. Son visage exprime tout ce que vous voulez par micros mouvements, espèce de haine, de dégoût, de réflexion en même temps sur :" qu’est ce que je vais faire", tout ça. Tout y passe. En effet il ne tient pas pas tranquille. On a beau le flanquer là comme un piquet, il se tient comme un piquet. Impossible d’obtenir qu’il se tienne tranquille. Impossible, vous n’obtiendrez jamais ça d’un acteur de l’Actor’s studio.
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5 avril 1975

Pourquoi je suis féministe par Simone de Beauvoir


Pourquoi je suis féministe - Simone de Beauvoir 3/3
envoyé par lilimango. - L'actualité du moment en vidéo.
interview par Jean-Louis Servan-Schreiber

"Demain soir à la télévision un écrivain engagé plaide la cause des femmes. Simone de Beauvoir : Le 'deuxième sexe' toujours second. Un entretien avec Jean-Louis Servan-Schreiber." Extracts from televised interview. Le Figaro (5-6 April 1975): 24.
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18 décembre 1974

Film – Chinatown de Polanski – 1974

Date de sortie cinéma : 18 décembre 1974
Film déjà disponible en DVD depuis le : 2 novembre 2000
Réalisé par Roman Polanski
Avec Jack Nicholson, Faye Dunaway, John Huston, plus

Interdit aux moins de 12 ans
Long-métrage américain . Genre : Policier

Durée : 02h02min Année de production : 1974


Hommage au film noir
Chinatown s'inscrit dans la grande tradition du film noir, héritée entre autres de Dashiell Hammett. En 1931, il écrit l'histoire de Carrefours de la ville, réalisé par Rouben Mamoulian. Ce dernier est l'auteur du Le Faucon maltais, dont John Huston tire un film culte. Il a également écrit La Clé de verre, qui est adapté par Stuart Heisler, et qui inspire Miller's Crossing à Ethan Coen et Joel ...

Robert Towne, scénariste à succès
Robert Towne a co-écrit le scénario de Chinatown. Il a également participé à l'écriture de Frantic (1988, Roman Polanski). C'est un scénariste prolifique à succès : mis à part son travail avec Polanski, on lui doit Bonnie and Clyde et les trois volets de Mission: impossible. Il a également réalisé quelques films, dont Tequila sunrise (1988)
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Autres billets sur Chinatown de Roman Polanski
Film – Chinatown de Polanski – 1974 – Dialogue révélant l'emprise et les viols par inceste du père sur sa fille

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Film – Chinatown de Polanski – 1974 – Dialogues révélant l'emprise et les viols par inceste du père sur sa fille

La vraie Madame Evelyn Mulwray vient pour demander à Jack Gittes de travailler pour elle.

– Noah Cross est bien votre père non !
– Oui bien sur ! C’était pas mal de temps après. Je venais de sortir du lycée quand ils ont vendu.
– Et vous avez épousé l’associé de votre père.
Elle allume deux cigarettes.
– Vous allez en fumer deux à la fois Madame Mulwray
– Ah !
– Est-ce que ça vous ennuie quand on parle de votre père ?
En écrasant une cigarette dans le cendrier :
– Non ! Si un peu, voyez-vous, Hollis et mon… mon père se sont brouillés finalement.
– A cause de vous ou à cause du service des eaux ?
– Pas pour moi, pourquoi serait-ce à cause de moi ?
– C’était à cause du Service des eaux alors ?
– Oui !
– Hollis voulait que cela devienne un service public, je ne pense pas que mon père était d’accord.

…/…

Plus loin alors qu’ils ont fait l’amour :

Evelyn Mulwray :
– Il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit avant : Le club de pêche dont parlait la vieille dame …
– Je connais le club
– Ça a à voir avec mon père.
– Je sais.
– Le club est à lui, tu sais ?
– J’ai vu ton père.
– Tu as vu mon… mon père ?
– hum
– Où ? quand ?
– Ce matin
– Tu ne me l’as pas dit.
– Nous avons eu très peu de temps.
– OK ! qu’est-ce qu’il t’a dit ? qu’est-ce qu’il t’a dit ?
– Que tu es jalouse. Qu’il est effrayé parce que tu peux faire.
– Faire ? A qui ?
– A la petite amie de ton mari d’abord. Il m’a demandé de la retrouver.
– Tu dois croire ce que je vais te dire. Ecoute. Mon père est quelqu’un de vraiment dangereux, tu ne sais pas à quel point dangereux, il ne recule devant rien.
– Est-ce que je dois comprendre qu’il est derrière toute cette histoire ?
– C’est possible.
– Même la mort de ton mari ?
‑ C’est possible. A présent ne me pose plus d’autres questions, attends, attends moi ici, j’ai besoin de toi.
…/…

Dans la voiture alors que Gittes a espionné Evelyn Mulwray et l’a vue avec la supposer maîtresse de son mari.

– Ce n’est pas du tout ce qu’on dirait Madame Mulwray.
– Qu’est-ce qu’on dirait alors ?
– Qu’elle en sait trop long pour parler sans danger.
– C’est insensé.
– Dîtes-moi la vérité, je ne suis pas la police, je me fous de ce que vous avez fait, je veux seulement vous aider.
– Est-ce que vous irez à la police si je vous parle ?
– J’irais si vous ne me dîtes rien.
Evelyn Mulwray laisse aller sa tête à l’avant et heurte le klaxon. Un chien aboyé.
– Elle… elle… elle est ma sœur.
– Et alors ? Si elle est votre sœur, elle est votre sœur, mais pourquoi tous ces secrets ?
– Je ne peux pas…
– C’est à cause de Hollis, parce qu’elle sortait avec votre mari, c’est pour ça…
– Je n’ai jamais fait de mal à Hollis, il était l’homme le plus gentil qu’on puisse imaginer et il a supporté de moi plus que je ne pourrais jamais le dire. Je voulais le rendre heureux.
Larmes.
Il descend de voiture.
– Je prends la voiture de votre mari, je la rapporterai demain matin.
– Vous ne venez pas avec moi ?
– Ne craignez rien, je ne parlerai à personne de tout ça.
– Mais ce n’est pas ce que je voulais dire.
– Oui, c’est bien, je suis fatigué, Madame Mulwray, bonne nuit.

…/…

Jack Gittes débarque dans la maison où se cache la sœur d’Evelyn Mulwray

962 Canyon Drive.
Il appelle la police et demande à Madame Mulwray si elle connaît un bon avocat.
Il a trouvé les lunettes de son mari dans le bassin du jardin de leur maison.
Il ne veut pas perdre sa licence.

Evelyn Mulwray
– Je ne comprends rien de tout ce que vous racontez, tout cela est une folie, un vrai délire.
Il l’a secoue.
– Assez ! Je vais vous aider, vous étiez jalouse, vous vous êtes battue, il est tombé, s’est cogné le crâne, c’était un accident, mais la fille était témoin, il fallait l’empêché de parler. Vous n’osiez pas la tuer, mais vous aviez les moyens de la tenir séquestrée. Oui ou non ?
– Non !
– Qui est-elle ? et arrêtez de raconter des conneries à propos de votre sœur parce que vous n’avez eu de sœur.
Il se fâche avec la cigarette à la bouche.
– Je vais vous dire, je vais vous dire la vérité.
– Bon, comment elles s’appelle ?
– Catherine
– Catherine qui ?
– Elle est ma fille.
Il l’a gifle.
– J’ai dit que je voulais la vérité.
– Elle est ma sœur.
Il l’a gifle de nouveau
– Elle est ma fille.
Il l’a gifle d’un côté et de l’autre
– ma sœur, ma fille
– J’ai dit que je voulais la vérité.
Il l’a jette sur le canapé.
– Elle est ma sœur et ma fille.


Arrive le majord’homme de la maison qui visiblement s’occupe de la jeune fille.

– Khan je vous en prie, remontez, gardez la en haut, remontez.
Elle s’adresse à Jack Gittes :
– Mon père et moi… vous comprenez ? ou c’est trop vous demander ?
La scène est lente.
– Il vous a violée ?
Elle secoue la tête, mais l’interprétation est équivoque.
– Et alors après ?
– Je suis partie.
– Au Mexique ?
Elle secoue de nouveau la tête de façon ininterprétable.
– Hollis est venu et s’est occupé de moi. Je refusais de l’avoir. J’avais quinze ans, j’aurais voulu l’avoir mais c’était… Maintenant, je veux vivre avec elle. Je veux m’occuper d’elle.
– Qu’allez-vous en faire maintenant ?
– La ramener au Mexique.
– Vous ne pouvez pas prendre le train, Escobar va tout faire pour vous retrouver.
Un peu plus tard, dans la scène Evelyne Mulwray dit à Jack Gittes que les lunettes qu’il a trouvées dans le bassin de leur jardin et qui lui permettent d’accuser Evelyn de l’assassinat de son mari, n’appartiennent pas à Hollis. Il n’avait pas de double foyer.

Voyez le film pour la fin révélatrice. La presse n'a rien retenu de cette histoire qui me semble être la véritable trame du film.



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Autres billets sur Chinatown de Roman Polanski
Film – Chinatown de Polanski – 1974
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9 janvier 1974

Projection "Les Enfants du gouvernement" de Claude Lefevre-Jourde jeudi 14 janvier à 20h au Nouveau latina

Le centre audiovisuel Simone de Beauvoir présente
Les enfants du gouvernement
de Claude Lefevre-Jourde
France, 1974, 42 min
suivie d’une rencontre avec la réalisatrice
PROJECTION AU CINEMA LE NOUVEAU LATINA
20 RUE DU TEMPLE
75004 PARIS
MÉTRO HOTEL DE VILLE
« Les Enfants du gouvernement. » En France, au début des années 70, la contraception et l’avortement sont interdits. Le viol n’est pas reconnu comme condamnable ou si peu, avec des peines en justice dérisoires allant jusqu’à l’acquittement. Pendant ce temps, le généticien Jérôme Lejeune et son association « Laissez les vivre » triomphent impitoyablement dans les médias. En 1972, éclate la grève désespérée de toutes jeunes filles enceintes au Collège du Plessis-Robinson. Très vite, des femmes du MLF vont les soutenir. Le film « Les enfants du gouvernement » donne la parole à ces victimes d’une société qui veut contraindre au silence et mettre en marge celles qui, jusqu’ici, ne pouvaient se défendre et vont se rebiffer contre l’ordre établi.

Diplômée en cinéma et linguistique, Claude Lefevre-Jourde travaille de 1970 à 1976 en tant que conseillère d’éducation au Collège des mères célibataires du Plessis-Robinson puis au Lycée de Vitry. En 1974, elle réalise « Les enfants du gouvernement » produit par P. Braunberger et le Groupe d’Essai et de Recherche Cinématographique (G.R.E.C.), film qui obtient le Prix du Festival de Grenoble en 1974. Puis elle enseigne à l’École d’Architecture de Normandie (Rouen).

Claude Lefevre-Jourde produit en 1983 « Mémoires d’un non-conformiste : Charles- André Julien » et réalise en 1989 « Question de temps », film produit par le Secrétariat d’Etat au Travail Social et le Centre Simone de Beauvoir qui sera sélectionné au Festival d’Oslo. Enfin en 2005, Claude réalise « Notre refus » film financé par l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie, l’Agence Suisse pour la Coopération et le Développement et l’Association Futur Immédiat. Tourné en Ethiopie et en Guinée, ce film exprime, par la voix de femmes et d’hommes africains, le combat contre les mutilations génitales féminines et les mariages précoces et forcés.

Tarifs habituels du Nouveau Latina http://www.allocine.fr/salle/cinema-C0013/tarifs/
avec le soutien de la MAIRIE DE PARIS
Centre audiovisuel Simone de Beauvoir 28 place Saint Georges 75009 Paris
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1 septembre 1971

Film – Le souffle au cœur de Louis Mallle – Un viol par la mère 1971

Ciné études : le ciné club virtuel
France. 110 min. Format 1:66. Couleur
Scénario : Louis Malle
Avec : Lea Massari (Clara Chevalier), Benoît Ferreux (Laurent Chevalier), Daniel Gélin (Charles Chevalier), Michel Lonsdale (Père Henri)…

Le Souffle au Cœur est structuré en deux parties distinctes : l’une existe sous forme de chronique, la seconde comme une sorte de bulle hors du temps, mais toutes deux obéissent à des schémas différents du récit d’apprentissage, initiatique. Le personnage principal incarné par Benoît Ferreux apprend à exister face aux idées, au sentiment, à la sexualité qu’implique le passage à l’âge adulte. La fameuse scène d’inceste n’intervient qu’au milieu d’un processus bien balisé à ce niveau là, celui d’un dépucelage évolutif et presque symbolique : Laurent passe des bras d’une prostituée à ceux de sa mère pour finir dans le lit d’une camarade de son âge.
Pour lire la suite de l'article de Ciné études, cliquez sur l'affiche du film
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1954.
La guerre d'Indochine s'achève : on ne parle que de l'héroïque résistance des survivants de Dien-Bien-Phu.
Laurent, 15 ans, vit à Dijon avec son père, un gynécologue, ses deux frères, plutôt niais, en pleine crise de mutation virile et sa mère, Clara, une belle et sémillante Italienne, qui ne parvient pas à se plier au milieu rigide dans lequel vit son mari.
Laurent, lui non plus, n'accepte pas les préjugés bourgeois et religieux qu'on lui inculque. Sa vie se déroule en une suite de faits plus ou moins notables ; la découverte que sa mère a un amant, une confession qui devient, par la faute du prêtre visiblement tourmenté, un interrogatoire sur la masturbation, une initiation sexuelle écourtée organisée par ses frères chez l'accueillante Madeleine – jusqu'au jour où il est atteint d'un souffle au cœur.
Son existence change soudain ; il quitte le collège, reste au lit, puis, en compagnie de sa mère, part faire une cure dans le Morvan. Entre Clara et son fils se nouent des liens d'amitié presque fraternelle. Laurent devient le confident et le consolateur de sa mère, tout en flirtant avec de jolies jeunes filles en fleur, curistes elles aussi.
Comme il rentre, un peu ivre, du bal du 14 juillet, Laurent connaît l'amour dans les bras de sa mère. Après cet instant de folie, qui ne se reproduira jamais plus, sans remords ni regrets, il s'élance vers la vie.
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26 janvier 1971

Unica Zürn – Sombre printemps – inceste frère/sœur

La dédicace de la page de garde.
"Son père est le premier homme dont elle fait la connaissance…"
page 36
Elle décrit ce qui s'est passé avec son frère.
"En ce mois de juillet tranquille et brûlant, par un après-midi où l'orage menace, son frère se faufile dans sa chambre et la jette sur le lit. Le visage comme pétrifié et gardant un silence inquiétant, il déboutonne son pantalon et lui montre entre ses jambes l'objet qui s'est allongé. Elle est tourmentée par la curiosité et l'angoisse. Elle sait ce qu'il veut faire. Mais elle le méprise. A ses yeux il n'est qu'un jeune sot de seize ans. Elle se défend de toute son énergie, mais il est plus fort qu'elle et elle ne peut plus se dégager. Elle le méprise parce qu'il est trop jeune. Il se jette sur elle et il lui plante son "couteau" (comme elle l'appelle) dans sa "blessure". Haletant il pèse de tout son poids sur son petit corps. Il s'agite sur elle en un rythme accéléré. Elle sent une douleur cuisante et rien d'autre. Elle est honteuse et déçue. De s'abandonner la nuit au cercle sombre des hommes autour de son lit est suffisamment excitant et voluptueux pour renoncer à cette misérable réalité que lui offre son frère. Après un moment qui lui paraît un siècle, son frère roule du lit et sort sans un mot. Il revient quelque temps après, rouge de colère. « Si tu en parles à mère, je te tuerai. » Elle le regarde, muette et méprisante. Elle est indignée et furieuse. Cet événement fait du frère et de la sœur des ennemis mortels. Elle a envie d'assassiner son frère. C'est seulement parce qu'il est plus fort qu'elle qu'il a réussi ce qu'il voulait. Elle lui souhaite tout le mal possible. Elle va songer à la manière de le faire mourir à petit feu."

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