« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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6 juillet 2012

Les enfants de Myriam Badaoui devront-ils soigner leur mère ?

Christiane Taubira Garde des Sceaux entre victimes et bourreaux. Les enfants de Myriam Badaoui devront-ils soigner leur mère ?
06 juillet 2012
Par Marie-Christine Gryson 
…/…
A une époque où est remis en cause la notion du statut de victime judiciairement reconnue, comme point de départ indispensable de sa thérapie – ce qui semblait pourtant être un acquis de civilisation. Précisons que ce revirement est devenu nécessaire car  depuis la régression d'Outreau les victimes doivent de plus en plus accepter, sans broncher, que leur affaire soit classée ou que leur agresseur soit acquitté sans possibilité de faire appel. (Or le condamné peut lui, faire appel du verdict).
…/…
A cette époque très inégalitaire en terme de droits en défaveur de la victime, comme on le constate avec les arguments cités plus haut, il faudrait qu'en plus, lorsque la Justice lui donne droit, que la victime paie cette reconnaissance pourtant légitime et légale par une sorte de dédommagement de gratitude... en acceptant d'être le thérapeute de son agresseur.
C'est particulièrement choquant dans les problématiques d'agressions sexuelles. C'est ce dont il sera question dans cet article.
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La discution se prolonge sur Facebook http://www.facebook.com/aoa.auteureoa/posts/170715219720419
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
Outreau et ses conséquences tragiques : déni récompensé des coupables, réquisitoire ridicule !
Zone interdite spécial "Outreau" : l'intox du dimanche soir par Frédéric Valandre

Commentaire de Jacques Lecomte à La Justice réparatrice, ou comment pousser les victimes d’abus à pardonner à leur agresseur
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3 mai 2012

Quand Eric Dupond-Moretti reparle d'Outreau... par Jacques Cuvillier

3 mai 2012
Cette phrase tirée d'une fable de La Fontaine m'est venue à l'esprit en mettant en perspective les assertions d'Eric Dupond-Moretti dans son livre « La bête noire » qui vient de paraître. Impossible de lire ce qu'il ose écrire à propos de l'affaire d'Outreau et des expertises qu'il dénigre, sans les mettre en perspective avec certaines anecdotes relatives au comportement de quelques protagonistes : EDM, bien sûr, mais aussi Philippe Houillon, Thierry Normand, et bien d'autres...
Au départ, insolente comme les effets de manche dont EDM a le secret, cette phrase d'apparence fracassante :
« Sa consoeur Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui pratiquait la méthode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), fondée sur les clignements d'yeux censés déceler la vérité sans coup férir, exerce toujours ; elle figure en bonne place dans le cortège des révisionnistes judiciaires qui s'efforcent de prendre leur revanche après leur débâcle d'Outreau. » (p. 176)
Laissons de côté les aspects clairement diffamatoires de cette ruade pour aller au centre de cette attaque perverse : « Déceler la vérité sans coup férir ». J'ai bien apprécié la réponse cinglante que lui adresse l'intéressée – Marie-Christine Gryson-Dejehansart – dans son article
Outreau : Eric Dupond-Moretti tue les Experts comme jadis on tuait les messagers.
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D'autres billets de Jacques Cuvillier
Qui a peur des enfants d’Outreau ?
Outreau – Plus que de poursuites, Chérif Delay a besoin de soutien
Affaire d'Outreau : le contradictoire enfin !
Quelques réflexions sur l’acquittement
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6 avril 2012

Présidentielles, Justice et pièges à conviction, à l'ombre d'Outreau

06 Avril 2012
Par Marie-Christine Gryson
En période d'élections présidentielles on assiste à l'expression d'une volonté de renouveau voire de sursaut démocratique, c'est le moment des bilans et des programmes qui incluent toujours des propositions de réformes.
Qu'en est-il en matière de réforme de la Justice après Outreau qui est devenu la référence incontournable en la matière ? Le constat est affligeant pour Jean-Louis Nadal, ancien Procureur Général près la cour de Cassation, puisqu'il s'est exclamé dans le Nouvel observateur du 8 Mars 2012 « On a défiguré la Justice ! »
Le vocabulaire est direct et saisissant, il ne peut qu'interpeler car les prises de position de cet ancien Haut Magistrat allaient toujours dans le sens du renforcement de nos institutions démocratiques. Et je peux le révéler aujourd'hui – car il n'est plus en fonction – Jean-Louis Nadal a eu le courage de me dire personnellement qu'il avait beaucoup apprécié mon travail dans « Outreau, la vérité abusée » et qu'il avait aussi pris bonne note de mes préconisations. Or ces préconisations, dénommées modestement « suggestions » à la fin de mon ouvrage, étaient essentiellement d'essence psychologique à la lumière de ma longue expérience des assises, là où la Justice se donne à voir aux citoyens.
L'affaire d'Outreau est un cas d'école, une référence certes mais pas du tout pour ce que l'on imagine des prétendus dysfonctionnements de l'instruction. L'affaire a cumulé tout ce qui peut être imaginable en terme de déni des données psychologiques des comportements individuels et collectifs. C'est donc de dysfonctionnements du procès qu'il convient de parler.
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes
3/ Outreau : Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité »
6/ Des troubles du comportement
7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir »
12/ Militantisme association
13/ Les points de défaillance au procès de Saint-Omer
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations
16/ Outreau : presse & justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux 
souvenirs, et non pas l'hypnose seule

Autres billets sur les fausses allégations ou faux souvenirs
Contre les fausses allégations : Ma vie en pièces détachées par Maritée préface de Muriel Salmona
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4 février 2012

Outreau : les enfants Lavier ne sont pas venus témoigner à la barre lors du procès de leurs parents

1er février 2012
Par Marie-Christine Gryson
Les enfants du couple Lavier, âgés de 13 et 12 ans n'ont pas été convoqués à l'audience du 26 janvier 2012 au Tribunal correctionnel de 2012 pour parler des sévices infligés par leurs parents, contrairement à leurs deux sœurs aînées
qui étaient âgés de 8 et 11 ans lors des sordides procès d'Outreau.
L'opinion aurait vraisemblablement trouvé cela cruel et déplacé que l'on demande aux deux enfants de venir témoigner à la barre des maltraitances physiques et psychologiques ou des faits de corruption de mineurs pour lesquels leur parents devaient être jugés. Il aurait été jugé choquant d'exiger d'eux qu'ils racontent – dans un lieu solennel et effrayant – le détail des sévices dont ils se sentent paradoxalement coupables comme tous les enfants victimes.

Auraient-ils pu parler des conditions dans lesquelles ils vivaient ? C'est le Procureur Joubert qui l'a fait pour eux lors d'un interview télévisé, il apporte un témoignage incontestable sur les chambres qu'il compare à des mouroirs, sans chauffage, ni électricité, ni jouets, ni poignées du côté intérieur des portes, mais remplies de caméras...
En quels termes auraient-ils pu rapporter la bizarrerie des soirées arrosées au cours desquelles leur parents mimaient en famille, à demi-dénudés, des actes de fellation et de sodomie ?
Les magistrats et leurs avocats en ont parlé pour eux et cela a semblé tellement normal !
L'opinion publique a d'emblée réagi avec compassion à l'égard des enfants si l'on en croit les articles des journalistes présents au procès et les commentaires des internautes.

Et aujourd'hui, quand on regarde en arrière, cela semble vraiment insensé que cette même opinion publique n'ait eu aucune réaction en 2004 lorsque les sœurs aînés qui avaient sensiblement le même âge ont dû venir parler de fellations et de sodomies-parmi les 15 enfants d' Outreau – non pas en tant que témoins mais comme victimes. Précisons qu'elles font partie des victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme reconnues par les verdicts des assises des procès d'Outreau mais que ce verdict n'a jamais été rapporté dans son intégralité par les médias.

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Autres billets sur les époux Lavier
2 mars 2011 – Deux acquittés d'Outreau en garde à vue
4 mars 2011 – Outreau : non-lieu confirmé dans l'enquête sur la mort de François Mourmand
Outreau : 9 mai 2011, les Lavier convoqués devant le tribunal correctionnel
7 juillet 2011- en direct : le procès des époux Lavier
12/ Outreau : d'autres photos et vidéo remettent en cause la ligne de défense du couple Lavier
Outreau – Procès du clan Lavier le 26 janvier 2012
Les Lavier, indemnisés d'Outreau, un couple sans le sou
Franck & Sandrine Lavier : « Pas assez dit, ou trop ! » par Caprouille
26 janvier 2012 – Les fantômes d'Outreau bougent encore
Les avocats du couple Lavier espèrent faire annuler le procès de jeudi 26 janvier 2012
26 janvier 2012 – Outreau : Les époux Lavier de nouveau devant la justice
Outreau : dix mois de prison avec sursis requis contre les époux Lavier
17/ Outreau : 18 et 8 mois de prison avec sursis pour 2 des acquittés + Franck Lavier et Hélène BernardOutreau : Rapport de l'IGAS concernant Anthony le fils de David Brunet, compagnon pendant un temps de Karine DuchochoisZone interdite spécial "Outreau" : l'intox du dimanche soir par Frédéric Valandre
Pas d'impunité, même pour les acquittés d'Outreau
Corruption de mineurs : jugement jeudi 23 février pour les Lavier, acquittés d'Outreau
18/ 10 et 8 mois de prison avec sursis pour Franck et Sandrine Lavier, deux des acquittés d’Outreau, accusés de maltraitance sur 2 de leurs enfants
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15 décembre 2011

Outreau : Chérif Delay cette victime de l'horreur, ce satané garnement qui continue à dire ce qu'il sait

15 décembre 2011
par Marie-Christine Cryson – experte au Procès Outreau
Jacques Thomet a donc été menacé d'un procès en contrefaçon et mis en demeure de retirer un article qui reprenait une déclaration de l'avocat Frank Berton parue dans « la Semaine dans le Boulonnais » – propriété de La Voix du Nord. Il avait en l'occurrence, écrit un billet à propos de ces « enfants d'Outreau » dont le sort semble avoir été scellé à l'issue du procès en appel, à l'occasion du passage devant la justice de Chérif Delay, l'aîné des enfants d'Outreau, pour avoir proféré des menaces de mort à l'encontre d'anciens acquittés.
Il va sans dire que la citation en question n'était pas utilisée aux mêmes fins que lors de son insertion dans les articles de La Voix du Nord ou des organes qui en dépendent, en particulier dans « La semaine dans le Boulonnais » sous la signature de Sylvain Delage qui ne faisait pas dans la dentelle pour accabler une fois encore Chérif Delay cette victime de l'horreur, ce satané garnement qui continue à dire ce qu'il sait, et qui a été jusqu'à publier un livre « Je suis debout ».
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Autres billets de Jacques Thomet
12/ Outreau : d'autres photos et vidéo remettent en cause la ligne de défense du couple Lavier
13/ Outreau : Virginie Galland de la Voix du Nord parle du délit de contrefaçon
16/ Jacques Thomet lance un appel aux 27 enfants d'Outreau
19/ 4 des acquittés d'Outreau sont mis en cause par l'IGAS
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6 décembre 2011

Droits de l'enfant : les abus textuels aussi sont préjudiciables aux victimes par Jacques Cuvillier

6 décembre 2011
La Table Ronde « violence et droits de l'enfant en Europe, état des lieux » qui s'est tenu au Conseil de l'Europe de Strasbourg ce lundi 5 décembre 2011 a réuni un public typiquement concerné par les droits de l'enfant.
Au cours de cette Table Ronde, Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui était expert judiciaire au procès d'Outreau a exposé les conséquences dommageables pour les Droits de l'enfant de la logique de l'après-Outreau, marquée dramatiquement par une régression de la prise en compte de la parole de l'enfant victime.
Cette régression est d'autant plus insidieuse qu'elle est en partie masquée par le fait qu'une judiciarisation plus fréquente de délits entre mineurs rehausse les chiffres en matière de condamnations. En conséquence, il semble facile de prétendre à une relative constance des décisions de justice. Mais des évolutions assez profondes ont eu lieu, car « les professionnels tétanisés, ont perdu confiance en leurs connaissances, se ruent vers les théories anti-victimaires ».
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D'autres billets de Jacques Cuvillier
Qui a peur des enfants d’Outreau ?
Outreau – Plus que de poursuites, Chérif Delay a besoin de soutien
Affaire d'Outreau : le contradictoire enfin !
Quelques réflexions sur l’acquittement
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1 décembre 2011

Affaire d'Outreau : le contradictoire enfin ! par Jacques Cuvillier

01 Décembre 2011
L'ouvrage « Outreau la vérité abusée » de Marie-Christine Gryson-Dejehansart, expert judiciaire au procès d'Outreau, est le premier à présenter cette autre vérité et il a reçu un très bon accueil des professionnels, une brèche a été ouverte à l'égard de cette version officielle. Il a pourtant subi l'omerta des grands médias.
La publication en Mai 2011 de « Je suis debout » de Chérif Delay et Serge Garde a marqué une deuxième étape fondamentale de la diffusion de l'autre vérité d'Outreau. Il a été un peu mieux relayé par les médias mais n'a pas bénéficié de l'audience des grand journaux télévisés comme la présentation du film « Présumé coupable » concernant l'un des acquittés. Seule la souffrance des acquittés semble avoir droit de cité depuis 6 années.
Le contradictoire d'Outreau est un tabou médiatique, social et politique qu'il fallait briser. C'est la raison pour laquelle il fallait élargir aux ressources disponibles sur Internet les éléments essentiels qui se trouvent dans le livre de Marie-Christine Gryson-Dejehansart « Outreau, la vérité abusée, 12 enfants reconnus victimes ».
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12 juillet 2011

Procès Lavier : Que devient Aurore, victime d' Outreau rétractée, mise en garde à vue mais pas en examen… par M.-C. Gryson

12 juillet 2011
L'affaire Lavier n'a pas été jugée ce jeudi 7 juillet au Tribunal de Boulogne sur mer pour des raisons procédurales : une question de constitution prioritaire (QCP) déposée par la défense au sujet de la garde à vue du couple. L'examen préalable de cette question avant l'examen du fond entraîne un délai supplémentaire et l'audience est reportée au 26 Janvier 2011.

Une cassette vidéo a justifié, selon le Parquet de Boulogne sur mer, les poursuites pénales pour « Corruptions de mineurs » en plus de celle de « Maltraitances habituelles sur mineurs » déclenchées par la fugue et les plaintes de deux enfants Lavier. Cette cassette vraisemblablement très compromettante, n'a donc pas été visionnée comme prévu par les journalistes venus en grand nombre. Qu'elle puisse un jour être visionnée par la presse... c'est peu probable. Il s'agit de la cassette vidéo dans laquelle figure Aurore 18 ans, ex-enfant reconnue victime à Outreau, qui a été mise en garde à vue avec ses proches, mais non mise en examen, car mineure au moment des faits. Elle fait partie des 5 personnes proches du couple Lavier qui tous ensemble simulent des actes sexuels en présence de deux enfants.

Aurore est retournée vivre chez Franck Lavier son Beau-Père et Sandrine sa mère, acquittés en appel à Paris après avoir été condamnés pour viol et corruption de mineurs en première instance aux assises de Saint Omer en 2004. Sa cadette en revanche, a toujours maintenu ses accusations à l'égard de sa famille – entre autres – et elle est restée en famille d'accueil.

Aurore, que je dénomme Aurélie dans mon ouvrage « Outreau la vérité abusée »
http://www.hugoetcie.fr/Tous-les-livres/Documents/Outreau-La-verite-abusee
a été - rappelons-le - au centre d'une véritable mystification de l'opinion lors du procès de Saint Omer. Je décris cet épisode dans le chapitre intitulé « l'imposture de la virginité d'Aurélie » Le fait qu'elle soit vierge alors qu'elle dénonçait des viols a permis à la Défense d'emporter la conviction médiatique sur les soit-disant mensonges des enfants d'Outreau. Les sodomies et les fellations ont disparu de la nomenclature de ce qui est reconnu comme étant des viols. Les magistrats et les jurés ne l'avaient pas oubliée toutefois et Aurore âgée alors de 11 et 12 ans – et qui avait maintenu ses accusations durant les deux procès – a été déclarée victime de viols, agressions sexuelles et corruption de mineurs tout comme onze enfants d'Outreau. Malheureusement, le Président du Conseil Général du Pas de Calais, représentant légal des enfants, n'ayant pas voulu communiquer sur le verdict, l'emballement médiatique que l'on connaît a laminé la vérité judiciaire des enfants pour ne retenir que celle des adultes.

Dès lors, il a été ancré dans l'opinion ce que j'appelle dans mon ouvrage la storytelling « les enfants carencés peuvent inventer des agressions sexuelles », storytelling au service d'une synergie d'intérêts médiatico-politiques pour les plus avouables.
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La question qui se pose est la suivante : qu'a t-il pu se passer pour qu'Aurore se rétracte, allant jusqu'à nier son statut de victime ?

Précisons d'emblée que les allégations et les rétractations des adultes dans le domaine des agressions sexuelles ne peuvent en rien être comparées à celle des enfants et des adolescents. Le psychisme de ces derniers est en cours de développement, l'appréhension de l'impact du traumatisme sexuel ne peut relever uniquement du simple bon sens qui est pourtant si souvent bienvenu en psychologie.

C'est à la lumière de dizaines d'années de recul et des centaines d'études au long cours de victimes avérées, que la victimologie a pu mettre au point des protocoles d'investigation élaborés scientifiquement complétés et enrichis par les études cliniques et l'expérience personnelle.

Le cas d'Aurore, est celui d'une enfant d'Outreau reconnue victime judiciairement et qui, devenue adolescente, se rétracte dans un contexte très particulier. Elle avait maintenu ses accusations de viols durant les deux procès d'Outreau – elle avait 11 et 12 ans, il faut encore le rappeler. Les trois experts qui l'avaient examinée – dont moi-même – avions accrédité ses dires et objectivé la réalité d'indices liés aux agressions sexuelles tout comme le rapport de l'IGAS.

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2 mars 2011 – Deux acquittés d'Outreau en garde à vue
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1er mars 2011 – Les époux Lavier, deux des acquittés d'Outreau, placés en garde à vue par Pascale Robert-Diard
10 mai 2011 – C'est dans l'air : Outreau c'est reparti
Outreau : Franck Lavier attaqué par l'intermédiaire de Facebook qui accuse Chérif Badaoui

Outreau – Procès du clan Lavier le 26 janvier 2012
26 janvier 2012 – Procès Lavier – Outreau
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Autres billets de Jacques Thomet sur l'affaire Lavier
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Autres billet sur l'affaire d'Outreau
7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri

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15 juin 2011

Outreau : "Présumé coupable": Nouvelle manipulation pour les Présidentielles par Marie-Christine Gryson

15 Juin 2011
Le film "Présumé coupable" version unilatérale de l'un des acquittés, l'huissier, utilise de nouveau les images traumatiques qui ont été des pièges à conviction lors des deux procès téléréalité-médiatiquement inéquitables pour les enfants interdits d'écran pour cause de minorité. L'émotion de sidération par l'effraction des images y est ici de nouveau réactualisée et elle crée de nouveau l'anesthésie du rationnel qui a dévoyé la justice dans cette terrible affaire d'Outreau.
L'argument de l'absence de contradictoire prend pour prétexte qu'il ne s'agit pas de l'affaire dans son aspect judiciaire, mais de l'histoire d'un homme broyé par une justice prétendument injuste. C'est pour cette raison que le producteur Christophe Rossignon m'a réexpédié mon ouvrage « Outreau la vérité abusée » en précisant qu'il ne le lirait pas.... on peut juger du manque de curiosité et de sens de l'objectivité que cela peut dénoter !
Comme il n'est donc question dans le film que de l'histoire d'un homme… le film peut alors en toute tranquillité, renouveler et réactiver l'opprobre à l'égard des magistrats, des policiers, des travailleurs sociaux, et des experts d'Outreau, sans que toutes ces personnes n'aient pu se positionner et faire entendre leur version, qui est, bien entendu, diamétralement opposée.
De plus le film utilise encore et encore la pression-intimidation, comme lors des deux procès, qui imposaient une injonction d'identification aux images des larmes des accusés et la prise en compte de leurs arguments d'innocence, par l'emprise de la culpabilisation sordide de toute la population.
Aujourd'hui on ose aller plus loin, on se permet de culpabiliser les politiques qui ont osé choisir un autre spectacle que « Présumé coupable » le soir de l'avant première, comme ce fut le cas de Martine Aubry, qui est allé voir le spectacle de Djamel Debouzze, comme si la participation à cette séance devait être le passeport incontournable d'un démarrage d'une campagne respectable.
Faudra-t-il que chaque candidat à la candidature à la présidentielle, soit adoubé par l'un des acquittés pour recevoir le passeport de l'humain alors que l'on continue d'humilier et de bafouer la vérité judiciaire des enfants d'Outreau ?

Le discrédit de la parole de l'enfant est forcément renouvelé par ce film et leur vérité judiciaire (12 enfants reconnus victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme) qui pourrait l'infléchir, subit l'habituelle OMERTA mise en place lors des deux verdicts. Les conséquences sont catastrophiques pour ce qui concerne la protection des enfants (qu'on ne croit plus à cause d'Outreau) en matière de pédo-criminalité.
L'aîné des enfants d'Outreau qui vient de publier « Je suis debout » pour faire connaître cette vérité judiciaire, a subi les foudres médiatiques des puissants avocats de la défense qui ont de nouveau piétiné cette parole en évoquant des contre-vérités que le grand public ne peut déceler.
Le citoyen doit absolument être informé de l'existence de travaux qui apportent contradictoire et objectivité dans cette affaire. Il faut s'indigner des méthodes de propagande utilisée à propos de la diffusion de ce film et refuser une nouvelle manipulation de l'opinion qui met en scène le chantage aux présidentielles, comme nouveau support pervers d'une vérité abusée.

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1-Le rapport de la Commission d'enquête de l'Inspection Générale des Services judiciaires sur l'affaire d'Outreau
2-L'ouvrage de l'expert MCGD "Outreau la vérité abusée" chez Hugo et cie
3-L'ouvrage de l'aîné des enfants d'Outreau Chérif Delay « Je suis debout » écrit avec serge Garde aux éditions du Cherche midi
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5 juin 2011

21 juin 2004 – Outreau – Enfants – Des paroles si fragiles

21/06/2004
Leur témoignage occupe une place clef dans les affaires d'agressions sexuelles et de maltraitance. Mais le procès d'Outreau est venu relancer la vieille suspicion : faut-il les croire ? En vérité, c'est un travail très difficile pour les enquêteurs, les juges, les experts d'apprendre à les écouter.
Exemples
Tête blonde au-dessus du micro, Malvina s'accroche à son silence. Elle n'entend pas la question du magistrat :
« Est-ce que vous vous souvenez de certaines choses ? »
Ce « vous » s'adresse à elle, malgré ses 9 ans. La petite fille est tétanisée. « Votre père, c'est qui ? »
insiste Jean-Claude Monier, président de la cour d'assises du Pas-de-Calais, en ce jour étouffant de mai.
« Vous souvenez-vous du nom de votre papa ? »
Elle veut sortir, file aux toilettes, puis revient. Sur un écran se met à défiler la vidéo de son audition, enregistrée il y a trois ans au commissariat de Boulogne-sur-Mer.
Malvina est l'une des enfants victimes dans le procès d'Outreau : elle accuse de violences sexuelles un couple de voisins et son propre père. A l'écran, l'enquêteur lui demande :
« Tu as dit qu'on t'avait fait des manières ? »
Oui de la tête.
A chaque question, elle mime oui ou non. Fin de la cassette.
Le président, à Malvina :
« Vous ne vous souvenez plus ? Ou vous ne voulez pas en parler parce que ce serait pénible ? »
Elle dit : « Un peu. »
Oui, ce fut « un peu », voire très pénible, pour les enfants d'Outreau de raconter, puis de répéter leur calvaire. Oui, leur récit fut jugé « un peu », puis très crédible par les enquêteurs, les experts psys et le juge d'instruction, qui n'a d'ailleurs pas organisé la moindre confrontation. Pour toutes ces raisons, ce qui devait être le procès de l'un des plus gros réseaux de pédophilie en France a viré au fiasco judiciaire. Il a fallu le coup de théâtre de Myriam Delay, personnage central du dossier, pour que la thèse du réseau s'effondre, le 19 mai, sous le poids des incohérences :
« J'ai menti », a-t-elle dit. Le chauffeur de taxi ne les aurait pas violés.
Ni l'huissier. Ni la boulangère. Ni le prêtre. Ni aucun autre des 13 accusés qui crient leur innocence depuis trois ans. Ils n'étaient que quatre, les couples Delay et Delplanque, dit-elle. Avant de se rétracter.
A l'issue d'un invraisemblable chaos, le président a disqualifié la psychologue Marie-Christine Gryson et ordonné de nouvelles expertises, pour les 21 et 22 juin.
Poursuivis pour viols avec torture et actes de barbarie, certains prévenus risquent de vingt à trente ans de prison.
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Autres billets sur la parole
2 février 2010 – France-Culture – L'enfance, le secret et la justice
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Menaces de mort à Outreau ? : tenez bon Chérif Delay-Badaoui, vous êtes debout ! par Marie-Christine Gryson-Dejehansart

5 juin 2011
Tenez bon Chérif, vous avez eu le courage d'exposer votre souffrance pour enfin être entendu, vous n'aviez pas d'autre choix, car dans cette société de l'image, lors des deux procès télé-réalité d'Outreau, vous étiez forcément perdant, ne pouvant vous montrer à l'écran pour des raisons de minorité.
Vous avez eu droit, vous et les autres enfants, à deux procès médiatiquement inéquitables. Vous étiez avec les autres enfants, dans le box des accusés au propre et au figuré, et de victimes vous êtes devenus les coupables, comme vous l'expliquez admirablement bien dans votre ouvrage
« Je suis debout ».Vous faites partie de tous les coupables de substitution de l'affaire d'Outreau, de ceux qu'il a fallu abattre pour obtenir le résultat que l'on connait.
Pour la première fois, grâce à vous, le public se souvient ou apprend que dans cette affaire d'Outreau il y a eu d'authentiques victimes et votre parole illustre bien le fait que la storytelling dénoncée dans mon ouvrage « Outreau la vérité abusée » (les enfants carencés peuvent soit-disant inventer des agressions sexuelles) est bien une fable au service d'intérêts plus ou moins avouables et/ou opportunistes.
Après avoir écrit ce livre avec Serge Garde, qui préfigure le film que tourne ce spécialiste et de la pédocriminalité avec tous les protagonistes qui n'ont jamais pris la parole,vous avez eu encore le courage de vous prêter à la difficile épreuve des interviews et vous avez mis en évidence la richesse de votre personnalité résiliente, – c'est ce que j'avais écrit dans mon expertise psychologique de 2001.
Vous avez assumé avec loyauté, cette culpabilité paradoxale de la victime qui n'a pas pu parler plus tôt et de n'avoir pu ainsi sauver les autres enfants. Vous avez pu évoquer les humiliations, les injures endurées durant les procès et depuis plusieurs années alors que vous étiez reconnu victime de viols, agressions sexuelles, corruption de mineur et proxénétisme.
Aujourd'hui encore, la presse relaye un discours de contre-offensive relatif à votre prétendue mythomanie, en vous prêtant certaines déclarations auprès du Juge ou des experts qui sont totalement fausses, nous pouvons en témoigner. C'est vraiment trop injuste et trop insupportable !
Et puis, suprême provocation, Laurent Lavier, mis en examen pour corruption de mineurs, est venu, le jour symbolique de la signature de votre livre rédempteur, vous traiter de menteur devant les caméras de France 3. Il vous a appelé Kévin – le nom que vous avait donné votre beau-père incestueux – alors que votre nom de baptême est Chérif. C'est ce passé de victime que vous voulez de toutes vos forces dépasser en renonçant à ce prénom, cette intervention était on le comprend, encore plus insupportable !
En ce dimanche 5 Juin 2011 où se bousculent les articles qui évoquent vos éventuelles menaces de mort écrites sur Facebook à l'encontre de Franck Lavier, l'un des acquittés qui doit être jugé en juillet pour maltraitance et corruption de mineurs, soyez encore plus fort Chérif. Vous n'êtes plus seul, vous avez parlé avec conviction et la brèche est ouverte dans l'opinion, les témoins de vos souffrances et de votre courage mais aussi et surtout de votre grandeur d'âme, sont désormais très nombreux et aux plus hauts niveaux de notre République et leur soutien sera indéfectible.
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26 janvier 2012 – Procès Lavier – Outreau
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26 janvier 2012 – Outreau : Les époux Lavier de nouveau devant la justice
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Outreau – Plus que de poursuites, Chérif Delay a besoin de soutien par Jacques Cuvillier

5 juin 2011
par Jacques Cuvillier, Retraité de l’enseignement supérieur
Quelques mots rageurs sur la page Facebook de Frank Lavier, et les médias du pays crient haro !
Menaces de mort, effectivement. C'est grave ? assurément. Doit-on pour autant tout prendre au premier degré sans réfléchir au contexte ?
Tout un chacun peut faire appel à son intelligence et à son cœur. A condition toutefois d'être conscient des souffrances qui ont pu conduire Chérif Delay à exprimer son trop plein de souffrance, de manière inadaptée, certes, mais sans rapport avec ce que raconte son histoire qui rend hautement improbable une réelle intention de tuer.
Revoyons très succinctement son parcours.
Le déroulement des procès de l'affaire dite d'Outreau, celui de St Omer, en mai-juin 2004 et celui en appel à Paris en novembre 2005 ont eu bien des aspects inhabituels qui posent toujours question : les enfants victimes placés dans le box des accusés, la presse mise à contribution au service de la défense 1, et au final lors du procès en appel, les conclusions tirées avant la délibération des jurés. Bien d'autres choses encore, très bien décrites dans le livre de Marie-Christine Gryson-Dejehansart 2 « Outreau, la vérité abusée, 12 enfants reconnus victimes », qui montre la manière effarante dont les enfants ont été traités, les privant pratiquement de l'écoute qu'ils étaient en droit d'attendre.
Les injustices se sont accumulées, non seulement pour tous les professionnels, magistrats, experts, travailleurs sociaux... dont la probité et la compétence ont été injustement mis en cause par une défense qui ne reculait devant rien, mais aussi pour les victimes : les enfants violés à qui le procès devant la Cour d'Assises devait précisément rendre justice.
Car il n'a pas suffi que les enfants dont personne ne conteste qu'ils ont été victimes 3 n'aient pas vu sanctionner tous leurs agresseurs. Ils ont été – et continuent – à être traités de menteurs et de mythomanes. Il faudrait qu'on m'explique pourquoi, au nom de la justice rendue, un acquitté doit être réputé innocent – ce que je trouve régulier – mais qu'une victime reconnue comme telle soit réputée menteuse. Y aurait-il deux manières de considérer une décision de justice ?
Après des années de souffrance et de galère, l'aîné de ces enfants, Chérif Delay, a eu la force de caractère de prendre la parole, celle-là même qui était au-delà de ses forces d'enfant lors du procès, pour dire « je suis debout » dans son livre avec Serge Garde 4.
Un livre poignant dans lequel il règle des comptes d'abord avec lui-même, s'accusant de ne pas en avoir fait assez pour protéger les autres. Dommage que dans les différents interviews de Chérif, la quasi totalité des questions aient seulement porté sur deux pages de son livre, traitant de l'attitude raciste et des viols du père. Ne voulait-on rien laisser paraître des 182 autres ?
Ce livre a été très largement commenté, commentaires dithyrambiques, mais aussi commentaires assassins, d'un parti-pris outrancier, occasion de nouvelles souffrances. Toute personne qui a déjà éprouvé l'effet déstabilisant d'un lynchage public sait ce qu'il en coûte. Qui a décidé de faire craquer Chérif et dans quel dessein ? Et pour comble de cruauté, un frère de Frank Lavier est venu faire un scandale lors de la signature officielle de son livre, devant les caméras de France 3 en le traitant de menteur.
De nouvelles poursuites, avec encore un procès, est-ce la solution pour un être qui cherche au travers de son action à défendre toutes les victimes que la pratique judiciaire – confortée désormais par le « mythe d'Outreau » – laisse au bord du chemin ?
C'est de soutien que Chérif a besoin, bien plus que de poursuites, bien plus que de propos injurieux. Un soutien en rapport avec les défis qu'il lui faut relever. Les innombrables articles de presse et les posts en ligne qui pleuvent depuis hier – 4 juin – répercutent le scandale d'une « menace de mort » Mais il s'agit en réalité d'un cri de douleur qui ne justifie sans doute pas pour Chérif une ultime épreuve.
1 Voir mon blog : Les médias peuvent-ils altérer le fonctionnement de la justice ?
2 Éditions Hugo et Cie
3 Ils ont d'ailleurs été indemnisés à ce titre même s'il s'agit d'un montant bien moindre que pour les acquittés
4 Éditions Cherche Midi

Pour lire la chronique de Jacques Cuvillier, cliquez sur le logo du Monde
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Autres billets sur l'intervention sur Facebook du mercredi 1er juin 2011, pour comprendre ce qui s'est passé
• Menaces de mort à Outreau ? : tenez bon Chérif Delay-Badaoui, vous êtes debout ! par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
• 6/ J'adressais des messages confus que j'imaginais 
suffisamment clairs par Chérif Delay dans Je suis debout
• Outreau : Franck Lavier attaqué par l'intermédiaire de Facebook qui accuse Chérif Badaoui
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Qui a peur des enfants d’Outreau ?
Affaire d'Outreau : le contradictoire enfin !
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27 mai 2011

19/ Le point sur les fausses allégations ou faux souvenirs par Marie-Christine Gryson Dejehansart

Page 76
Les fausses allégations
Puisque personne n'a pu le faire de manière explicite lors 
du procès d'Outreau, en dehors du chantre1 de la remise en 
cause de la parole de l'enfant, je ferai un point sur les acquis 
de la psychologie à ce sujet. C'est d'autant plus important 
que le grand public a remis en question avec Outreau les 
données du bon sens et les acquis de sa propre expérience.

L'enfant qui feint d'avoir été victime est rapidement 
« repéré » par l'examen psychologique. Même s'il est sous 
l'emprise d'un parent (aliénation parentale), il ne peut 
reproduire dans son récit, ni projeter dans les tests les 
spécificités attendues chez l'enfant agressé sexuellement. 
L'analyse de crédibilité et les tests sont vierges de tout impact 
traumatique. Un enfant qui n'a pas vécu dans son corps 
un acte sexuel ne peut en porter les stigmates uniquement 
parce que sa mère lui aurait dit qu'il l'a vécu. Le suivi des 
enfants pour lesquels la mère a été soupçonnée d'induire de 
fausses allégations a permis de clarifier et corriger ce genre 
d'assertion.
Le thème des fausses allégations dans les procédures 
de divorce vient des Etats-Unis et du Canada et relève 
des conflits parentaux en lien avec les droits de garde. 
Il semblerait d'ailleurs que les statistiques auraient été 
falsifiées 2. Contrairement à ce qu'il se passe en France, ce 
thème stratégique a pris de l'importance dans ces pays-là 
uniquement parce que les parties pouvaient requérir leurs 
propres experts. En France, ces derniers étant nommés par 
le tribunal, ils travaillent en toute indépendance. Le résultat 
d'une recherche rigoureuse de l'université de Rouen et du 
ministère de la Justice en 2001 3 – sur 10 000 dossiers des 
juges aux affaires familiales – aboutit au résultat de 2 fausses 
allégations qui peuvent être considérées comme telles sur 
1 000 cas, soit un pourcentage de 0,2, ce qui correspond 
aux observations pratiques de l'ensemble des experts. En 
revanche, la pression qu'un parent exerce sur un enfant pour 
qu'il ne révèle pas l'existence d'authentiques agressions sexuelles 
reste fréquente.
On sait que le temps « travaille » toujours pour l'agresseur 
et que l'enfant acquiert rapidement un sentiment d'irréalité 
et de doute, qui est un signe de refermeture psychique. Il est 
donc facile à ce stade d'imprimer chez l'enfant la suggestion 
de l'irréalité des événements qu'il a subis.
Dans l'affaire d'Outreau, les révélations des enfants 
Delay ont eu lieu alors que les enfants n'étaient plus au domicile parental, mais une année après leur placement en 
famille d'accueil, comme on le voit classiquement. L'enfant 
ayant retrouvé ses repères, il peut identifier les aberrations 
que sont les abus sexuels.
Les fausses allégations ne peuvent s'inscrire ni dans le 
corps ni dans le psychisme de l'enfant. Une confirmation 
de ces constats nous est donnée par la découverte des 
neurones miroirs. Cette découverte confirme, comme 
souvent, les acquis du bon sens. Il a été montré, grâce aux 
images données par l'IRM, que les zones concernées par 
une activation du mouvement corporel peuvent s'activer 
par mimétisme, si l'on regarde par exemple un spectacle 
sportif. Il faut pour cela que la personne ait « engrammé », 
par sa propre expérience, ces différents mouvements. 
En revanche, lorsque l'exercice est complexe et qu'il ne 
correspond à aucune expérience psycho-corporelle, l'on ne 
retrouve pas de zone d'activation. Les auteurs4 d'un ouvrage 
sur les neurones miroirs citent une boutade d'enfant à titre 
d'exemple : « Papa, tu sais pourquoi je ne veux pas être un 
chien ? Parce ce que je ne saurais pas comment remuer la 
queue » !
D'où la différence constatée par le psychologue entre 
les réactions décelées chez l'enfant qui a subi des viols et 
celui qui a regardé des vidéos pornographiques. Il m'arrive 
de plus en plus souvent de recevoir en cabinet libéral des 
enfants que les parents ont surpris alors qu'ils visionnaient 
une cassette pornographique ou des images de cet acabit sur 
Internet. Par ailleurs, il va de soi que l'innocente sexualité 
entre enfants, qui relève des jeux de découverte5, ne 
ressemble en rien aux relations entre adultes et enfants.


1. Le Dr Paul Bensoussan à l'invitation de la défense, voir p. 98.
Une nouvelle stratégie émerge aussitôt : la référence à 
un expert, le Dr Paul Bensoussan, qui est venu à la demande 
de la défense pour parler bien sûr des fausses allégations. 
Pourtant ce psychiatre n'est pas, à ma connaissance, 
pédopsychiatre, et encore moins praticien de thérapies 
d'enfants victimes d'agressions sexuelles, qui permettent de 
connaître réellement l'évolution dans le temps de ce type 
de traumatisme.
Je précise aussi qu'il n'a pas expertisé les enfants 
d'Outreau, et qu'il n'est pas psychologue. Il ne dispose 
donc pas des outils d'analyse intra-psychique qui complètent 
et parfois interrogent sur la clinique quand un enfant 
« a l'air d'aller bien ». En effet, la souffrance, voire la 
déstructuration, ne peut être objectivée que dans les tests 
projectifs, les repères comparatifs étant toujours donnés par 
les victimes avérées. Ce psychiatre zélé ne s'est pas contenté de témoigner au procès, mais a continué de dévaloriser le 
travail des psychologues sur les ondes de France Inter lors 
du premier procès. Ce fut sur celles de France Info que 
l'on put l'entendre lors du second procès et précisément 
le 3 novembre 2005. Il a expliqué en substance qu'il avait 
souvent mis en garde les psychologues qui oublient « qu'un 
enfant est influençable et qu'il confond réel et imaginaire », 
signant ainsi le discrédit d'une profession.
2. Une étude canadienne récente très rigoureuse évoque le chiffre de 4%, contre 50% il y a 
une dizaine d'années, des chiffres présentés alors par des associations pour le droit des pères. 

3. Ministère de la Justice /Laboratoire PRIS, université de Rouen, directeur de recherche : 
professeur Jean-Luc Viaux.
4. Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, Les Neurones miroirs, traduit de l'italien par 
Marilène Raiola, Paris, Odile Jacob, 2008.
5. Lire à ce sujet : Pr Jean-Yves Hayez, La Sexualité des enfants, Paris, Odile Jacob, 2004.
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes
3/ Outreau : Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité »
6/ Des troubles du comportement
7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir »
12/ Militantisme association
13/ Les points de défaillance au procès de Saint-Omer
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations
16/ Outreau : presse & justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux 
souvenirs, et non pas l'hypnose seule

Autres billets sur les fausses allégations ou faux souvenirs
Contre les fausses allégations : Ma vie en pièces détachées par Maritée préface de Muriel Salmona
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22 octobre 2009

17/ À propos des aveux de l'un des accusés acquittés d'Outreau par Marie-Christine Gryson-Dejehansart

Page 204
Audition devant la commission d'enquête de l'inspection générale des services judiciaires, ou la réhabilitation des professionnels
Les aveux ont eu lieu lors d'un huis clos, lors d'une confrontation très émouvante avec une victime. M. X. s'est effondré en larmes en disant : « Je suis coupable mais à cette époque je ne savais plus où j'en étais. »
M. Monier ne l'a pas fait acter car à ses yeux la formule exprimait une mauvaise conscience plutôt qu'une reconnaissance de culpabilité au sens juridique.

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1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
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4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité »
6/ Des troubles du comportement par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir » par M.-Ch. Gryson-Dejehansart
11/ le test du Rorschach expliqué par Marie-Christine Gryson-Dezjehansart
12/ Militantisme association par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes
15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
16/ Outreau : presse & justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux 
souvenirs, et non pas l'hypnose seule

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Le prochain livre d'une victime d'Outreau fait déjà polémique Par Gabriel Thierry
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7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri
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