« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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20 juillet 2012

La Luna de Bertolucci

1979 partie 1
Synopsis :
Après le décès soudain de son mari Douglas, Caterina, une cantatrice à succès de New York, va s'établir avec son fils Joe en Italie, où elle a autrefois étudié le chant. À Rome, elle atteint le sommet de sa carrière, mais Joe qui a 15 ans se sent seul et abandonné. Il tombe dans la consommation d'héroïne et se met à faire des escapades dans des quartiers peu recommandables de la ville. Peu à peu Caterina prend conscience qu'elle ne sait absolument rien de son fils. Elle entre dans une crise qui remet en question la façon antérieure dont elle se croyait mère et artiste. Après un entretien avec Mustafa, ami de Joe et dealer de drogue, elle change de comportement : elle séduit son fils et, au cours d'un voyage à Parme, elle entretient avec lui des relations incestueuses. C'est à cette occasion qu'elle se rappelle le premier baiser qu'elle a donné il y a bien des années à un Italien ; et ainsi Joe apprend pour la première fois le secret sur son père biologique...

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21 mai 2011

Esprits criminels Saison 6 Épisode 13 The Thirteenth Step

Directeur : Douglas Aarniokoski
Ecrivains :
Janine Sherman (story)
Jeff Davis (creator)
Durée : 42 min
Date : 26 janvier 2011 (Season 6, Episode 13)
Le résumé : le BAU prend la route pour pister un couple de jeunes amoureux qui laissent une série de meurtres derrière son passage. A travers la violence de leurs actes, l'équipe du BAU comprend rapidement qu'ils sont en train de poursuivre le processus des thérapies de groupe, mais qu'ils sont bloqués à la septième étape : reconnaître ses fautes.
Guest Star : Kevin McCorkle (Gary Manning), Bill A. Jones (Newscaster #3), David Wells (Store Clerk), Roberta Hanlen (Mrs. Donovan), Robert F. Lyons (Mr. Donovan), Jordan Tartakow (M.E. Tech), Jonathan Tucker (Ray Donovan), Gary Hudson (Tim), Deirdre Lovejoy (Agent Bates), Adrianne Palicki (Sydney Manning), Siena Goines (Tsia Mosely), Oleg Vidov (Driver), Harley Graham (Heather Manning), Meegan Godfrey (School Teacher), Kerry Kilbride (Newscaster #1), Walt Scott (Store Owner), Angus Macfayden (Sean McAllister), Daniel Buran (Jason), Colleen McDonnell (Karen Manning), Olga Ospina (Newscaster #2)
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20 novembre 2010

15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming

Page 154
Quant au personnage d'Elsa, il rappelle par bien des côtés celle qui l'interprète.
Rita incarne en effet une « pauvre gamine » (selon les termes d'un autre protagoniste du film) mariée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, sorte de figure paternelle qui, comme Judson, la menace de révéler les noirs secrets de son passé.
Il est même question d'une mystérieuse lettre (écrite ici par le mari) qui raconte des choses qui pourraient la couler définitivement si elles étaient connues.
Comme Judson, son vieux mari la pousse dans les bras d'un autre homme et, pervers, encourage leur liaison.
Toutefois, l'écho le plus poignant de la réalité, c'est dans la relation entre les deux personnages principaux qu'il faut le chercher. « Arrête de pleurer. Je ne peux pas supporter de te voir pleurer », dit Michael à Elsa, nous rappelant le désespoir de Welles devant les larmes de Rita.
Et tout comme Welles, il lui promet de l'emmener avec lui loin de tout cela : « Je vais t'emmener dans un endroit où il n'y a pas d'espions », ces espions étant une allusion à Harry Cohn et à l'obsédante surveillance qu'il exerçait sur sa star.
Pourtant, un peu plus tard, Michael, toujours à l'image de Welles, semble avoir changé d'avis : « Veux-tu toujours m'emmener avec toi ? » demande-t-elle désespérée. Et la réponse ne tombe qu'au bout d'un long et pénible silence. 
« Pourquoi me poses-tu cette question ? dit-il, visiblement toujours aussi amoureux, mais soudain effrayé et hésitant. 
Arrête de me tourmenter. »
À un moment, elle paraît comprendre pourquoi il ne peut malgré tout son désir, la sauver : « Tu ne sais même pas prendre soin de toi-même, lui dit-elle, alors comment pourrais-tu t'occuper de moi ? »
Accablé par ses propres problèmes, Welles n'avait vu d'autre issue que de s'éloigner de Rita – comportement identique à celui qu'il avait eu à l'égard de son père alcoolique, au retour d'un voyage traumatisant en Chine, et qu'il se reprocha tout le restant de sa vie.
La même histoire se répétait avec Rita : pour se sauver il rejetait loin de lui quelqu'un qu'il aimait, le laissant seul face à ses démons. Que dans son esprit les deux trahisons aient été liées, on en trouve la preuve dans le film, où il situe le passé d'Elsa non au Mexique, mais en Chine, le lieu qu'il associait à la déchéance de son père.


Autres billets sur les larmes
Elle les laissaient approcher pour leur faire peur ensuite et noyer tout cela dans les larmes dans Interdits ordinaires

Orson Welles & Rita Hayworth
envoyé par vodeo. - Films courts et animations.
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Autres billets sur Rita Hayworth
1/ Livre - Rita Hayworth par Barbara Leaming
2/ Rita Hayworth par Barbara Leaming
3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire
5/ Rita Hayworth et sa mère face aux viols par inceste
6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
Rita Hayworth et la maladie d'Alzheimer
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19 novembre 2010

la Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth

Drame d'Orson Welles,
avec Rita Hayworth (Elsa Bannister),
Orson Welles (Michael O'Hara),
Everett Sloane (Arthur Bannister),
Glenn Anders (George Grisby),
Ted De Corsia (Sidney Broome),
Gus Schilling (Goldie).
Scénario : Orson Welles, librement adapté du roman de Sherwood King If I Should Die Before I Wake Photographie : Charles Lawton Jr.
Décor : Stephen Goosson, Sturges Carne
Musique : Heinz
Roemheld
Montage : Viola Lawrence
Production : Columbia Pictures
Pays : États-Unis
Date de sortie : 1948 Durée : 1 h 27

Une étrange beauté

Orson Welles a sans doute tourné ce film, adapté d'un roman assez faible, avec l'idée de prouver à Hollywood qu'il était capable de faire un film à succès, en employant une star comme Rita Hayworth (laquelle était alors sa femme).

Le résultat fut loin de convaincre les studios. La Columbia, plutôt réservée, attendit de sortir Gilda de Charles Vidor, qui élèvera Hayworth au rang de star, avant de se risquer à exploiter le film de Welles…

Il n'en reste pas moins que la Dame de Shanghai est un beau film qui dégage une impression étrange, troublante, du fait de la relation tumultueuse entre les deux personnages principaux : un mélange d'amour et de manipulation.

Le récit doublé du commentaire en voix off ajoute beaucoup à l'étrangeté du film. Truffaut écrivait à ce sujet : « Si l'on regarde le film en écoutant les informations données par la voix off (le commentaire prononcé par Orson Welles), on s'aperçoit que le scénario est beaucoup plus simple qu'il n'en donne l'impression : toute l'histoire s'inscrit dans un itinéraire marin qui va de New York à San Francisco en passant par les Caraïbes et une escale à Acapulco ! L'écriture du script est très professionnelle, chaque scène se termine par un gag visuel ou sonore, l'action ne reste jamais en repos ».

On se souvient également de la composition des deux personnages secondaires : Everett Sloane qui joue le mari de Rita Hayworth, figure mêlant puissance et infirmité (il marche en s'aidant de deux cannes) et Glenn Anders qui, dans le rôle de George Grisby, est chargé de tendre un piège au naïf Michael O'Hara.

Pour lire le résumé, cliquez sur la photo
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Autres billets sur Rita Hayworth
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3/ Rita Hayworth élevée sous l'emprise et les viols de son père
4/ Rita Hayworth demeurait une élève docile, anxieuse de plaire
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6/ Rita Hayworth - Parfois elle ne pouvait s'empêcher de pleurer ouvertement devant les metteurs en scène et ses camarades de travail
7/ L'emprise : déjà à seize ans Rita Hayworth pensait sérieusement à se mettre entre les mains d'un protecteur d'un certain âge
8/ C'est ainsi que Rita Cansino devint Rita Hayworth, du nom de jeune fille de sa 
mère
9/ Tout en obéissant docilement aux ordres qu'on lui donnait, faisant exactement ce qu'on lui disait de faire, Rita Hayworth semblait s'éteindre
10/ Rita Hayworth fait preuve d'une assiduité et d'un amour du travail inhabituels
11/ Les tendances autodestructrices inconscientes qui trop souvent guidaient la conduite de Rita Hayworth
12/ Orson Welles & Rita Hayworth et l'alcoolisme
13/ L'image dévaluée qu'avait Rita Hayworth d'elle-même et son sentiment d'infériorité
14/ Ali Khan & Rita Hayworth et l'argent
15/ La dame de Shanghaï selon Barbara Leaming
16/ Rita Hayworth : être une personne mauvaise et méprisable

La Dame de Shanghai The Lady from Shanghai de Orson Welles avec Rita Hayworth
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30 mars 2010

Film – Daniel & Ana de Michel Franco

Réalisateur : Michel Franco
Scénariste : Michel Franco
Genre : Drame | Thriller
Durée : 90 min
Pays : Mexique | Espagne
Langue : Espagnol
Couleur : couleur
Format : 1,85 : 1
Classification : Argentine:13
Lieux de tournage :
Mexico City, Distrito Federal, Mexique
Société : Alameda Films
Dario Yazbek Bernal : Daniel
Marimar Vega : Ana
Chema Torre : Rafa

Date de sortie :
France : 18 mai 2009 (Cannes Film Festival)
Bosnie Herzégovine : 12 août 2009 (Sarajevo Film Festival)
Espagne : septembre 2009 (Donostia-San Sebastian International Film Festival)
USA : 14 octobre 2009 (Chicago International Film Festival)
USA : 6 novembre 2009 (American Film Market)
Argentine : 8 novembre 2009 (Mar del Plata Film Festival)
USA : janvier 2010 (Palm Springs International Film Festival)

Pour plus d'informations, cliquez sur l'affiche du film

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Autres billets sur le film Daniel & Ana de Michel Franco

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29 mars 2010

2/ Film – "Life during wartime" de Todd Solondz, primé à Valenciennes

Posté par AlloCiné - lundi 29 mars 2010
Le Grand Prix du 21e Festival International du Film de Valenciennes a été remis au long métrage "Life during wartime", du réalisateur américain Todd Solondz.

Le long métrage Life during wartime, du réalisateur américain Todd Solondz, s'est vu décerner ce dimanche le Grand Prix du 21e Festival International du Film de Valenciennes. Le film, présenté comme la suite de Happiness (1998), met en scène une famille à la dérive, confrontée notamment à l'inceste. Todd Solondz a fait coup double dans le Nord, puisqu'il a également obtenu le Prix de la mise en scène, alors que son actrice Allison Janney a reçu le Prix d'interprétation féminine. A noter enfin que le Prix du jury (jury présidé par le réalisateur Christian Carion) a été attribué au film Lignes de front, alors que le Prix d'interprétation masculine est revenu à Fernando Tielve pour sa prestation dans London Nights. Enfin, le prix Robert Enrico du premier long métrage a été décerné à Joann Sfar pour son Gainsbourg - (vie héroïque).
Clément Cuyer avec AFP
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Autres billets sur le film
Life During Wartime de Todd Solondz
1/ Film – Life During Wartime de Todd Solondz
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7/ Film Precious Jones en route pour l'oscar par Le Point

Publié le 02/03/2010
Par François-Guillaume Lorrain
Gabourey Sidibe est la preuve qu'on peut être grosse, noire, inconnue, et bouleverser tous les publics. Mi-comète mi-actrice non identifiée, la voilà candidate à l'oscar grâce à Precious, la jeune fille analphabète de Harlem, engrossée par son père, maltraitée par sa mère, qui tente d'apprendre l'estime de soi et avance cahin-caha vers la lumière. On aura reconnu le livre-choc Push de la poétesse noire Sapphire (Points Seuil) : Precious est à mi-chemin entre le Holden Caulfield de Salinger et l'idiot Benjy de Faulkner. Les joues boudeuses, le corps rebondi, quasi somnambulique, Gabourey propose une apparition estomaquante.
"I have a dream", martelait jadis un Noir célèbre. "Comme Precious, j'ai toujours eu des rêves, espéré, cru en mon destin", déclare cette ex-étudiante en psychologie de 26 ans, née à Brooklyn, grandie à Harlem, qui s'est présentée au casting du film poussée par une amie. Fille d'un prof et d'un chauffeur de taxi, elle a souvent croisé ces ados paumées. Aujourd'hui, elle a fait une croix sur ses études. Finis les schizophrènes qu'elle aimait écouter. Elle se sent enfin actrice. Quand on l'interroge sur son obésité, elle grimace : ce qui est vu en Europe comme un handicap est monnaie courante aux États-Unis : "Je ne joue pas une grosse Noire, mais une fille qui a du mal à sortir d'elle-même et de l'âge ingrat. Voilà pourquoi le film a dépassé le public noir pour toucher aussi les Blancs." Soutenu par Oprah Winfrey, la reine du talk-show, et Tyler Perry, le Coluche noir américain, devenus producteurs du film, Precious est l'ovni indépendant qui risque de tout rafler aux prochains oscars. Le 7 mars, elle sera l'attraction.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo du Point
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Critiques du film Précious
1/ Film – Precious de Lee Daniels
3/ Critique cinéma : Precious, le film en route vers les Oscars 2010 par Marie Claire

4/ Film – Precious par Matthieu Loire
5/ Critique – La véritable Precious Jones : entre désespoir et résilience

6/ Film - "Precious" Interview de Françoise Delbecq pour Elle
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27 février 2010

2/ Film – Precious (violée par son père) de Lee Daniels

Drame
Date de sortie France : 03 mars 2010
Date de sortie Canada : novembre 2009
Date de sortie USA : 2008
Réalisé par : Lee Daniels
Avec : Gabourey Sidibe, Paula Patton, Lenny Kravitz
Durée : 1h49min
Distributeur : ARP Sélection
Synopsis : Lorsqu'à seize ans, Precious apprend à lire et à écrire dans une école alternative, un monde nouveau s'ouvre à elle. Un monde où elle peut enfin parler, raconter ce qui l'étouffe. Un monde où toutes les filles peuvent devenir belles, fortes, indépendantes. Comme Precious… D'après le roman Sapphire
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Critiques du film Précious
1/ Film – Precious de Lee Daniels
3/ Critique cinéma : Precious, le film en route vers les Oscars 2010 par Marie Claire

4/ Film – Precious par Matthieu Loire
5/ Critique – La véritable Precious Jones : entre désespoir et résilience
6/ Film - "Precious" Interview de Françoise Delbecq pour Elle
7/ Film Precious Jones en route pour l'oscar par Le Point
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24 février 2010

4/ Film – Précious critique par Matthieu Loire

Lee Daniels - "Precious" (avant-première)
Posté par Matthieu Loire le 24 février 2010
Décrire le dysfonctionnement du système éducatif américain, pays le plus riche du monde, la déroute de son système social, le désespoir et la violence des laissés pour compte, des exclus, des recalés du "rêve américain" mais aussi prétendre que tout n’est pas perdu, que le courage peut sortir de l’impasse ainsi est Precious, précieux dans ce qu’il décrit, manquant de finesse et impersonnel dans sa forme, dans la construction du récit tout en embarquant quelques belles scènes de cinéma.
Il vaut en tout cas un peu plus que le buzz qui risque de précéder le film, Mariah Carey y joue une assistance sociale tout simplement méconnaissable (elle me faisait penser à Lisa Germano, je vous raconte pas le choc au moment du générique de fin) mais, hormis ça, rien de révolutionnaire dans sa prestation, toute en sobriété (oui, oui, sobriété), ni dans celle de Lenny Kravitz en jeune infirmer charmant et, à vrai dire, un peu lisse.
On rajoutera, en guise d’introduction, que le film a été produit par Oprah Winfrey, figure centrale de la télévision américaine, a été repéré à Sundance puis sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs où il est par contre passé assez inaperçu.
Claireece "Precious" Jones, adolescente afro-américaine obèse de 16 ans, vit dans le quartier de Harlem au milieu des années 80 avec sa maman. A la maison, elle subit les violences de sa mère, littéralement tyrannique, les viols de son père, dont elle attend le deuxième enfant, les rares fois où il franchit la porte. Une vie en enfer, faite d’humiliations, de servitude, de désenchantement et de mutisme.
Expulsée de l’école pour cause de grossesse, on lui propose de rejoindre un établissement alternatif "comprendre/apprendre" où Precious découvrira l’humour, le dialogue, l’amitié et ouvrira son cœur.
Au début du film, on est tenté de sortir de la salle, on craint un peu le tape à l’œil, le pompier dans la mise en scène du sordide et de la violence. Le réalisateur, en tout cas, ne charge pas le constat, la mise en scène aurait pu être beaucoup plus sombre et désespérée mais, justement, on a le sentiment que la bonne distance n’a pas été trouvée. On reste donc, car le regard de Precious semble nous cacher quelque chose, un regard qu’on a d’abord cru vide, sans lueur, mais dans lequel semble poindre une petite flamme, qui semble dire "ne me juge pas, regarde qui je suis".
La partie réussie du film est justement le cheminement de Precious, sa lente éclosion, la découverte pour nous, spectateurs, de son analphabétisme, de ses rêves intérieurs, de sa lutte pour s’imposer, de la capacité qu’elle a, malgré tout, avec ses mots, ses gestes, d’essayer d’avancer. De ne jamais baisser les bras. La jeune actrice Gabourey Sidibe, sans doute est-elle bien dirigée, est assez stupéfiante, d’un non jeu total, sans geste, sans presque un mouvement de tête, elle distillera minute après minute un peu plus de vie dans son personnage. Tout ceci, petit Français à la vie facile, nous semble inimaginable, mais par moments criant de vérité et les face à face avec sa mère (l’actrice Mo’nique, très "Actor's Studio" est simplement effrayante et livre une prestation assez impressionnante mais taillée pour les Oscars –qui se dérouleront au moment de la sortie du film, à suivre) étouffants mais pas irrespirables. Les scènes les plus réussies sont justement ces huis-clos effrayants.
Le film nous laissera respirer dans les scènes à l’école alternative, portée par une enseignante passionnée, pleine d’énergie (et de charme) et le petit groupe de marginaux, de laissés pour compte qui lui font office de classe mais tout ça manque cruellement d’originalité.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de culturopoing.com
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Critiques du film Précious
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2/ Film - Precious (violée par son père) de Lee Daniels
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10 février 2010

3/ Critique cinéma : Precious, le film en route vers les Oscars 2010

Catherine Castro 10/02/2010
« Precious » laisse le spectateur en état de choc
L'histoire de Precious, l'ado noire, obèse et violée par son père, a ému Cannes aux larmes. Le film de Lee Daniels, qui sort début mars*, nous a bouleversées. Une tragédie à couper le souffle en route vers les Oscars. Sur le papier, le pitch pèse des tonnes. Claireece Jones, alias Precious, a 16 ans. Elle est noire, obèse, pauvre, illettrée. Violée par un père en visite qui lui donne deux enfants, elle est détruite par sa mère qui la bat, l'insulte et la viole encore. Présenté comme ça, le kit du désastre est complet, le tableau insoutenable. Sauf que, devant la caméra de Lee Daniels, l'atrocité se mue en grâce, la fatalité en résilience. Audacieux, le réalisateur ne se prive pas de quelques scènes comiques qui agissent comme fantaisies digestives. En posant ses yeux sur une jeune fille obèse et invisible, il lui donne une chance, celle d'être vue et de se voir avec des yeux bienveillants. C'est là que le désespoir, filmé par Lee Daniels, devient universel.
Dans l'Amérique d'Obama, ce film tourné, joué et produit par des Noirs fait déjà figure de phénomène. 'Precious' n'est ni un film communautaire, ni un film sur les obèses. Au festival de Sundance, le public était à 85 % blanc, remarque Michèle Halberstadt, sa distributrice française. Et dans les cinémas où il est projeté aux Etats-Unis, les spectateurs, toutes couleurs confondues, restent collés à leur siège après le générique de fin. Les vigiles sont obligés de les déloger. » « Precious » laisse le spectateur en état de choc. Pour lire la suite de l'article cliquez sur le logo de Marie Claire

(*) En salles le 3 mars.« Un jour j'ai décidé que j'avais droit au bonheur. Peu importe à quoi je ressemble, peu importe le regard des autres. »
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Critiques du film Précious

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16 janvier 2010

Film – Graines de grenade dorées par Ghada Terawi – Palestine

Calvaires intimes
Le plus réussi d’entre eux, intitulé Graines de grenade dorées, traite du fléau de l’inceste et de la loi du silence qui bâillonne les femmes qui en sont victimes. La réalisatrice, Ghada Terawi, a recueilli des témoignages poignants, le récit de calvaires intimes aux mains d’un père ou d’un oncle concupiscent et d’une mère qui sait forcément, mais détourne le regard. Ces interviews coups de poing sont entremêlées avec un conte folklorique, davantage allusif, présenté sous forme de dessin animé. C’est l’histoire de Graines de grenade dorées, une jeune fille condamnée à une vie d’errances parce qu’elle a surpris le cheikh de son village en train de dévorer un enfant et qu’elle ne parvient pas à le dénoncer. Le film se conclut sur la supplique d’une des femmes qui témoigne, le visage dans l’ombre pour ne pas être reconnue « Ne restez pas silencieuse... Parlez, même au vent s’il le faut. Mais parlez, parlez... »

Le message a été reçu au-delà de toute espérance. Une heure après la projection dans une université de Cisjordanie, deux élèves sont entrées en pleurs dans le bureau du directeur des études et lui ont raconté les attouchements auxquels leur père se livre depuis des mois. À Tulkarem, dans les quarante-huit heures qui ont suivi la diffusion du film par la télévision locale, un officier de police, qui avait participé au débat télévisé, a reçu quatorze appels de jeunes femmes, victimes de harcèlement sexuel.

« Parmi les appels, il y avait celui d’une jeune fille violentée par son frère et son oncle en même temps, dit le lieutenant Emad Salameh. Celui aussi d’une mère de famille soumise aux assauts de son père, parce que son mari est emprisonné en Israël et qu’elle a dû revenir vivre chez ses parents », raconte-t-il. Pour l’instant, sur ces quatorze confessions spontanées, deux ont déjà donné lieu à un dépôt de plainte. « C’est bien de parler de la résistance à l’occupation israélienne, dit Abir Kilan, la directrice de la télévision de Naplouse qui a diffusé elle aussi le film. Mais il est important aussi d’apprendre à combattre les dysfonctionnements de notre propre société. »
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15 octobre 2009

Film – Le Ruban blanc de Michael Haneke – Allemagne

Le Ruban blanc Un film de Michael Haneke
(Allemagne / Autriche / France / Italie, 2009, 144 mn)
Avec Rainer Bock, Christian Friedel, Susanne Lothar, Burghart Klaussner… Avec sa noirceur habituelle, Haneke fait réfléchir sur les mécanismes de la violence ordinaire en disséquant la psyché d’une petite communauté paysanne au début du XXème siècle. Le diable a parfois le visage d’une petite fille…
Interview arte.tv : Michale Haneke
Le réalisateur Michale Haneke à propos de son film "Das weisse Band" ("(Le Ruban blanc)").

Synopsis : Un village de l’Allemagne du Nord protestante. 1913/1914. À la veille de la première guerre mondiale. L’histoire des enfants et adolescents d’une chorale dirigée par l’instituteur du village, leurs familles : le baron, le régisseur, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans. D’étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d’un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?
Critique : Beau à tomber par terre, filmé dans un noir et blanc de gravure, ce « Ruban blanc » déroule des paysages de campagne nordique à perte de vue. La voix off d’un instituteur vieillissant se souvient alors par chapitres de quelques incidents qui ont bouleversé une petite communauté paysanne dans sa jeunesse en Allemagne du nord au début du siècle. Si le contexte et l'esthétique du film évoquent un peu les films de Carl Theodor Dreyer, l’univers lui est bien celui d’Haneke : une dissection clinique et légèrement perverse de la violence, de la culpabilité et du côté obscur de la psyché humaine. Le film égrène dans une lente litanie des actes de malveillance assez brutaux et anonymes qui frappent ce petit village en crescendo : un accident de cheval provoqué, un incendie de grange puis les tortures de deux enfants… Ici les innocents se comptent sur doigts d’une main et sont souvent les victimes : le jeune instituteur (narrateur) et sa future femme Eva, deux tout petits garçons, un jeune handicapé mental et une fillette aux rêves prémonitoires. Les adultes en général montrent une autorité rude (le régisseur et le baron), une froideur toute protestante à l’image du pasteur qui fait peser la chape de plomb de la morale et d’un protestantisme strict sur sa famille comme sur ses paroissiens. Le pire de tous, le docteur fait régner une sournoise terreur chez lui. Il se rend coupable d’inceste sur sa fille et torture mentalement sa maîtresse et gouvernante dans des scènes éprouvantes qui rappellent la cruauté des « Scènes de la vie conjugale » de Bergman. Mais les personnages les plus inquiétants sont une bande d’enfants menés par la sinistre Klara, la fille du pasteur. Une fois de plus chez Haneke, les enfants deviennent symboles de toute une civilisation. Cette histoire et le noir et blanc noir et blanc, somptueux mais glacé, rapproche le film d’un autre aussi troublant : « Les Désarrois de l’élève Törless » (1966) de Volker Schlöndorff qui raconte les comportements sadiques d’une classe d’adolescents dans une académie militaire au tout début du XXe siècle. Dans « le Ruban blanc » aussi, tout au long de l’histoire, le fantôme de la montée du régime nazi quinze ans pus tard devient un fond obsédant à l’action. Ce ruban du titre, qui symbolise l’innocence et la pureté des enfants pour le pasteur, pose un contrepoint ironique à leur machiavélisme dans le film. Dans ce « village des Damnés », la violence avance masquée, les soupçons ne mènent à rien, on enterre les incidents avec facilité et le déni, l’aveuglement des adultes face à leurs fautes et à celle de leur progéniture sont de mise. Avec sa noirceur habituelle, Haneke s’attache à faire réfléchir sur les mécanismes du sadisme, il s’interroge sur la naissance de la violence et la réaction à cette violence latente ou non. Il montre un monde où tous (ou presque) sont coupables. Même si la violence est une réaction, et répond plus ou moins à la maltraitance des enfants, il parle aussi d’autre chose de plus mystérieux dans le ressort du crime même le plus anodin : le manque voire l’absence totale d’affect plus horrifiante que tout. Et comme dans « Benny’s Video » « Funny games » ou « Caché », la perversion la plus troublante se cache sous la pureté, sous les traits de cette « prochaine génération » qui obsède le cinéaste et qui, sous des dehors très polis, se révèle maléfique. Quand le mal parfois prend le visage d’un enfant…

Delphine Valloire
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20 juillet 2007

Film - Savage Grace de Tom Kallin

film de Tom Kallin
Avec : Julianne Moore, Stephen Dillane, Eddie Redmayne, Elena Anaya - 2007, 1h37

« Une histoire vraie », comme disent les publicités. Une histoire dérangeante et hors normes... A priori, comment qualifier autrement la relation incestueuse que Barbara Daly, actrice ratée, peintre de talent et scandaleuse de la jet set, noua avec son fils à la fin des années 1960 ?
Comment ne pas réagir sans effroi devant le matricide qui s'en suivit ?
L'élégance du film tient justement dans sa capacité à nous éloigner de ce point de vue moral ; de nous faire saisir les faits non de l'extérieur mais par le truchement des émotions, bien moins sommaires que les simples faits.
Avec un classicisme assumé, Tom Kalin nous fait épouser le point de vue du fils, Tony, de sa naissance à l'acte criminel. Mais dès le début, ce style est perverti par le décalage. Décalage entre le corps du bébé et la voix off, déjà adulte, qui vient commenter ce que nous voyons ; décalage encore entre les politesses échangées, la magnificence des cadres bourgeois et la dureté des propos et des actes ; contraste également entre la nudité, assumée, et les propos policés.
Le film est à l'image de Barbara, clivé, instable, imprévisible malgré son côté « tiré de faits réels ».
Il oscille entre la pose et la crise, comme cette femme, d'origine modeste, cherchant à s'insérer dans une société dont l'hypocrisie la terrifie. Ce personnage asocial mais intense, au comportement erratique, est servi par une actrice à son sommet : Julianne Moore.
La belle a son fan club dont je ne suis pas près de faire partie. Mais là, force est de constater que sous la direction de Tom Kalin, elle devient littéralement incandescente. Elle explore ici des chemins que seule, peut-être, notre Huppert nationale avait traversés. Elle y est guidée par une mise en scène rappelant dans ses meilleurs instants l'ambiguïté d'un Joseph Losey ou la tension morbide d'un Luchino Visconti. Classique certes, mais extrêmement efficace et déstabilisant. Du grand cinéma.

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30 mai 2007

Film – Black Snake Moan – 2006 – USA

Réalisateur : Craig Brewer
Scénariste : Craig Brewer
Date de sortie : 30 mai 2007 (France)
Genre : Drame | Musique
Durée : 116 min Pays : USA
Langue : Anglais
Lieux de tournage : Memphis, Tennessee, USA
Société : Paramount Classics
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Le Sud bien profond
Critique
Les liaisons dangereuses d'un Oncle Tom et d'une jeune obsédée sexuelle aux confins du Tennessee. Ou quand le puritanisme et le blues se mettent en ménage. Un film gênant à en deveni
r esthétique.
Black Snake Moan de Craig Brewer.
avec Christina Ricci, Samuel L. Jackson...
1 h 56.

Supposons un mariage contre nature (et honteux) de Mississippi Burning et de la Symphonie pastorale, un hybride de Baby Doll et Noce blanche (avec Samuel Cremer et Vanessa Ricci), on serait encore loin du compte... Pour cadrer l'innommable projet cinéphilique de saison Black Snake Moan («le Grognement du serpent noir» ­ ou «le Serpent noir gluant»), il faudrait de surcroît ajouter à ce goulbi-gombo grand écran de trou du cul du rêve américain un peu de Dame aux camélias (la Marguerite phtisique courtisane du jour oublie, il est vrai, de partir de la caisse en cours de route ­ et de routiers), un rien d'Obsédé ­ et plus si affinités Histoire d'O revue Tennessee Williams et corrigée SuperVixens soft.

Black Snake Moan est un blues. Un moaning blues donc, comme le titre l'indique. Le blues est un mode musical noir de noir, spécifiquement attaché à la déportation massive des Africains ancêtres de l'écrivain Nobel Toni Morrison ou du pasteur pacifiste assassiné Martin Luther King vers l'Amérique, c'est le chant de la damnation, de la fatalité plombée, des fers et du mal du pays, de la ségrégation et de la joie grise coûte que coûte. Musique de la perte, de la chair jamais domptée, de la patience plaintive et de la crudité déchaînée.

Le blues à la clef du film torve Black Snake Moan est non seulement affiché, mais prouvé et montré, c'est-à-dire parlé, grommelé (moanin'), chanté. Au prégénérique puis en interlude de fin, un vieux griot coquet fossilisé du genre raconte à une caméra de la préhistoire du parlant ce qu'est le blues, le vrai blues, avec une voix de cire. Et chemin faisant le héros Samuel Jackson, par extraordinaire sans moumoute ni antirides, se révélera bluesman ­ chantant vraiment, dans un joint.

Etouffe-chrétien. Assez vieux, barbe et calvitie blanches seyantes, bien conservé, à la John Lee Hooker (auteur d'un Moanin'blues) mâtiné de Muddy Waters, le blueseux bouseux Lazarus (celui qui sort du tombeau), au moment où on le découvre cabossé, est retiré, râleusement rangé des tracteurs, des culs de bouteille, de l'amour et des femmes ­ à commencer par la sienne, qui ne peut plus voir ce vieux con venimeux en peinture.

Le reste de cette tranche de vie communautaire, digne d'Erskine Caldwell sur un Petit Arpent du bon DieuTabac et de David Goodis, est un composite ethno-génitalo-esthético-moralo-musicologique inouï, non dénué de saveur étouffe-chrétien, sur l'âme pionnière. Un des charmes de ces «Glissements progressifs du serpent noir» est en effet qu'ils déroulent leurs noeuds visqueux dans une Amérique dont on n'ose plus rêver. Là où jadis on lynchait ou chaudronnait vif du Nègre de champs de coton pour garder la frite, au pays des bons migrants hérétiques Quakers rosissants, on vit désormais en bonne intelligence avec le descendant de bois d'ébène réenraciné, sur les terres fertiles du Nouveau Monde (volé à ses occupants immémoriaux indiens, spoliés et massacrés par centaines de milliers au passage avec leurs millions de bisons, certes ­ passons). avec un peu de

Pour l'intrigue, scabreuse à souhait, une réplique, outre l'affiche haute en couleurs, la résume : «Toi, un Noir, tu séquestres une fille blonde nue enchaînée dans ta maison ? !» C'est un pasteur Afroaméricain qui parle à sa brebis égarée. Dieu aveugle ceux qu'Il veut perdre ­ ou sauver parfois aussi. Là, Il a choisi Uncle Tom Lazarus (le héros qui a le blues) pour «guérir» la fille perdue de «sa maladie» ­ du tractus féminin en chaleur.

Dans ce contexte pittoresque, assez sale et théâtral (le réalisateur vient de là, du théâtre), Justin Timberlake le garçon chanteur dansoteur variétechno FM, si embarrassant ces derniers temps à l'écran en faux Ryan Philippe, faux comédien et assez faux tout court, se voit paradoxalement sauvé ­ à une singerie castagneuse de faux dur près ­ par son emploi de frappe à matelas en tricot de porc roulant des mécaniques qui se révèle sujet à spasmophilie (vapeurs l'empêchant de s'enrôler comme un homme, un vrai). Tout juste bon à pleurnicher sur son volant de 4 x 4 comme une poule mouillée... C'est, pour le coup, en garçon sensible pleurard, que l'énervant Justin, dont on désespérait en Pulitzer toc (Edison), ou en caïd spic bullyen bidon à tatouages (Alpha Dog), se découvre enfin fréquentable.

Péché originel. La vraie poule de l'affaire, au fait, c'est Christina Ricci, Juliette bombasse de ce Roméo mou, qui se fait bourrer par le plus bestial des macs queutards noirs à dorures du bled (Tehronne) dès que son tendre blondin hyperventilé la laisse livrée à elle-même une minute. Dans ce rôle-titre de roulure locale, Ricci tient la gageure de justifier à elle seule à bout de bras, de fesses tortillées et de nichons à l'air, à force d'insanités outrageantes tout à fait naturelles (danse de la fente ploucarde, langouzes de bar beurrée et défoncée, short moule-moule à sabot de chameau et autres dandinements de pétard prostiputesques d'arrière-pays Tennessee), le puritanisme américain démentiel qui travaille à l'os ce film anormal, étrangement inspiré en son hypocrisie demeurée édifiante. La sorcière c'est Rae.

On songe à Reese Witherspoon, qui aurait fait crépiter cette composition inflammatoire de cul-terreuse dépravée rappelant Freeway 1996 ­ où Reese campait explicitement un faux poids de radasse à black, fille white thrash de pute alcoolo, vaguement violée par son oncle, s'improvisant Petit Chaperon rouge déviante tueuse de pédéraste et tout court. Yeux globuleux, front démesuré comme celui de Reese, à poil et à pulpe, Rae Ricci, qui retrouvera Witherspoon sa maîtresse ancienne en loubardise bullshit dans Penelope (ça a l'air bien...), donne littéralement corps au vice, convulsivement lové au coeur de ce Sud profond abruti d'obscurantisme évangélique saucé de vaudou tectonique, et, partant, au «déchaînement» d'exorcisme censé, selon la morale macho rigoriste tarée du film, digne de l'Inquisition catholique, islamique, ou d'un quelconque MPF, l'en délivrer.

L'un dans l'autre, la vertu de ce navet qui s'ignore (au piment rouge, au petit jésus doré et au radis noir) est son irréalisme, brut comme une scène primitive ou un refrain de blues poisseux plein de «coeurs enchaînés», de «démons» et autres «reptiles noirs grouillant autour de moi» à la Blind Lemon Jefferson ­ bluesman aveugle dont vient étrangement le nom du film.

Une saisissante innocence de crétinerie amerloque chrétienne permettant aux images de l'histoire ici tournée de représenter quasiment à nu (mais sans les poils) les pulsions barbares qui fondent l'inconscient collectif du melting-pot.

Il faut songer à Bush l'alcoolique anonyme attaquant l'Irak avec son suppôt Blair le faussaire d'Etat comme à un couplet de blues rouillé sans espoir, en observant la bêtise puérile et l'immoralité effarante de la bondieuserie Black Snake Moan ; tout se tient. Un Bush d'Abou Ghraib abject n'en agirait pas autrement avec l'Eve convulsionnaire du jour, qui, en bonne red neck (et le cul aussi), ne l'en remercierait que mieux une fois «sauvée» de force de ses manies sexuelles malsaines ­ comme là. Ça colle le cafard, mais on s'en fout : c'est l'Amérique, autrement dit le vrai péché originel, qui veut cela, ou le blues.

Pour l'anecdote, et ne pas finir sur une note trop sérieuse (que ni le film du jour ni le cinéma en général ne méritent), on notera que Laz Jackson s'est initié à la guitare blues, pour les besoins du «Serpent noir chuintant» qui s'achève, sur le tournage de l'autrement inénarrable Des serpents dans l'avion. Le senior des anneaux.


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29 novembre 2006

Film – Madeinusa de Claudia Llosa – 2006 – Pérou

Réalisateur : Claudia Llosa
Scénariste : Claudia Llosa
Date de so
rtie : 29 novembre 2006 (France)
Durée : 100 min | Argentine:100 min (Mar del Plata Film Festival)
Pays : Pérou | Espagne
Langue : Espagnol
Couleur
Argentine:13 | Allemagne:16
Lieu de tournage : Pérou
Manaycaycuna, Pérou. 300 habitants. Un montage alterné glisse des célébrations collectives de la semaine sainte au drame privé qui se scelle dans la maison du maire. Madeinusa, sa fille, consacrée vierge du village... mais au fond plus Madeleine que Marie, rêve d’une autre vie, se jette sur un jeune baroudeur bloqué dans le village. Bientôt, son désir fou de liberté outrepasse les limites de l’humain, corrompt tout. À la fois tendre et brutal, extatique et inattendu, étale et elliptique, néo-réaliste et bunuélien, tel est le premier film de Claudia Llosa.

Elles ont l’air si vraies, si crédibles, ces coutumes folklorico-religieuses. Du vendredi saint au dimanche de Pâques, dans le petit village péruvien, la statue du Christ a les yeux bandés. C’est « période sainte » : tous les péchés sont permis puisque Dieu ne voit rien. Pendant trois jours, la vie des habitants est donc scandée par l’élection de la jeune Vierge − Madeinusa of course, la cérémonie des cravates − les cravates des hommes sont coupées au ciseau, puis les femmes peuvent choisir avec qui elles veulent coucher, le comptage du temps grâce à une horloge en papier actionnée par un vieillard, la constitution d’une gigantesque fresque colorée à partir de pétales de fleurs. Oui, elles ont l’air si vraies, si crédibles, ces coutumes − même au moment où la procession du Christ a lieu, on croirait presque voir un soupçon d’Ingrid Bergman se glisser dans la foule, échappée de Voyage en Italie − et pourtant elles sont un pur produit de l’imagination de la réalisatrice. Rien de véridique, rien d’exotique : aussi bien, il faut sans doute parler de néo-réalisme poétique.

Madeinusa signale une formidable dilatation du temps : les larmes de la vierge s’arrêtent sur les joues de Madeinusa, la fresque florale progresse imperceptiblement. L’horloge en papier semble la figuration délicate d’un temps devenu arbitraire. Selma Mutal, la compositrice du film, confie avoir travaillé sa musique à partir du silence. Perché à 3600 mètres d’altitude, le village paraît avoir absorbé à sa manière son et temporalité : sur le mode de l’asphyxie.

Dans l’histoire et la mise en scène de Madeinusa, il y a quelque chose de très semblable à Terre jaune de Chen Kaige, le film phare de la cinquième génération des cinéastes chinois. Les deux se déroulent dans un village isolé, les deux sont rythmés par les fêtes du village, mais également par des chansons traditionnelles, les deux installent leurs personnages dans de vastes panoramas où l’homme, seul, se perd dans un cadre où le désert a pris toute la place. Cependant, voilà l’essentiel : un étranger vient bouleverser l’ordre des choses. Communiste dans Terre jaune, c’est un gringo de la ville dans Madeinusa. Son irruption, celle aussi d’une lointaine modernité, déclenche le drame. Le gringo est photographe, elle baisse sa culotte pour la première fois pour lui, parce que c’est « période sainte » et que Dieu ne peut les voir. « Mon nom est sur ton T-shirt » lui dit-elle, c’est que Madeinusa (à ne pas prononcer comme le film de Godard) porte en son prénom même le désir de cette modernité. Parmi ses jouets, que son père va détruire, beaucoup viennent de là-bas, Lima, les States, où elle voudrait s’enfuir. Il lui propose l’échappée, avec lui. De cet intrus déclencheur, les deux héroïnes chinoise et péruvienne s’entichent, mais celle de Terre jaune est déjà promise, celle de Madeinusa aussi − à son propre père...

Car c’est une autre caractéristique du film de Claudia Llosa que de ciseler dans les pénombres des intérieurs un huis-clos familial des plus violents. La mère est morte, n’en subsiste qu’une paire de boucles d’oreille fétichisée par les deux filles. Le père, incestueux, bestial et cruel, fait du chantage au viol sur ses propres filles, ils dorment dans le même lit. Et ces deux sœurs, rivales et alliées à la fois − l’une coupe de force les cheveux de l’autre avant de s’écrouler en pleurs, rêvent d’un départ ou d’un ailleurs : « je vais aller à Lima, pas toi ». C’est un rat, comme motif expirant au tout premier plan de la maison en plan large, qui symbolise ce nœud de vipères ; et la mort-aux-rats sert par conséquent à faire place nette dans le foyer... Claudia Llosa revendique sans surprise un héritage bunuélien. Notons enfin que de bout en bout Madeinusa est éclairé par l’ovale irradiant du visage de Magaly Solier, son actrice principale, évidemment non professionnelle.

Romain Lecler

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4 août 2006

Film : Une voix dans la nuit/The Night Listener – 2006 – USA

The Night Listener
Date de sortie en salle 04 août 2006
Date de sortie en DVD/Vidéo 09 janvier 2007
Distributeur Miramax Films
Genre Suspense, Mystère, Drame, Thriller
Réalisateur: Patrick Stettner
Producteur: Jeff Sharp, Jill Footlick, John N. Hart, Robert Kessel
Scénario: Armistead Maupin, Terry Anderson, Patrick Stettner
Résumé :

Animateur à la radio d’une émission littéraire réputée, l’écrivain Gabriel Noone reçoit un soir l’appel de Pete, un garçon de 14 ans dont il est en train de lire le manuscrit, à la demande de son éditeur. Les conversations téléphoniques nocturnes se multiplient entre le quinquagénaire new-yorkais, déprimé depuis sa récente rupture avec son conjoint, et l’adolescent du Wisconsin, qui fut abusé sexuellement par ses parents et qui, sidéen au seuil de la mort, a choisi de coucher sur papier son histoire. Donna, sa mère adoptive, s’interpose souvent entre ce dernier et Gabriel, et fait avorter tout projet de rencontre entre les deux. Plus étrange encore : sur le répondeur, la voix de Pete et celle de Donna se ressemblent de façon troublante.
Source : mediafilm.ca
Acteurs : Robin Williams, Toni Collette, Sandra O
h, Rory Culkin, Bobby Cannavale
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Résumé:
Writer Gabriel Noone (Robin Williams), who tells his stories on the radio, experiences a personal slump when his boyfriend Jess (Bobby Cannavale) decides to leave him. But when his editor sends him a manuscript to get his opinion, Gabriel becomes hooked by the story. It’s written by Pete (Rory Culkin), a teenager who was taken away from his parents. They, along with their friends, sexually abused him from a young age. Now living with Donna, a social worker, Pete’s been diagnosed with AIDS. Pete and Gabriel connect via phone, but Gabriel begins to believe the boy may not really exist.
Based on the best-selling novel by Armistead Maupin.
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Armistead Maupin - Une voix dans la nuit billet publié par Kassineo

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