« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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9 septembre 2012

La parole confisquée des victimes de viols par inceste au long-court

En 1986, j’ai rejoint le mouvement féministe. Mon père – officier supérieur – m’a violée pendant à peu près 15 ans parce que la première fois, je ne m’en souviens pas mais j’avais 8 ans pour mon premier souvenir et la dernière c’était en 1984, j’avais 24 ans.
Le groupe de parole
Le collectif féministe contre le viol organisait un groupe de parole. Nous étions neuf.
Claudine parlait tout le temps, ramenait tout à elle. Monique racontait plus doucement des histoires qu’elle se répétait en boucle. Il y avait aussi trois autres jeunes femmes qui allaient mal et il y en avait deux qui reprenaient à leur compte les histoires des autres, ce qui fait que je ne sais pas vraiment ce qui leur est arrivé.
Il y avait une psychologue en formation et Simone Iff militante, présidente du collectif et venant du planning familial. Avec Anne, une dame plus âgée que nous, lorsque nous avons eu compris, assez rapidement, cette appropriation de l’histoire de l’autre, nous avons commencé à nous taire. Nous sentions aussi une pesanteur lorsque nous prenions la parole. Nos histoires commençaient à devenir trop lourdes.
La conspiration des oreilles bouchées
Nous avons fait une vidéo commandée par le Ministère de la santé : « L’inceste, la Conspiration des oreilles bouchées ».
L’une d’entre nous, Claudine – père chef d’une petite entreprise – venait aux émissions de télévision avec moi.
La plus jeune Monique donc, violée par son grand-père lors de vacances aux Baléares est restée comme la plus représentative. Lorsque la vidéo est présentée en extrait quelque part, c’est elle qu’on entend. Le grand-père, une fois l’an, ça fait moins peur.
Anne parle de couverts en argent, après la messe et alors que son père était monté à cheval. Anne n’est plus apparue nulle part.
Émission « Médiations »
Le summum a été atteint pour moi, lorsqu’à la préparation de l’émission « Médiations » de François de Closet, il m’a été intimé l’ordre de ne pas dire que les viols avaient duré jusqu’à 24 ans. On m’a donné la parole tout en me la confisquant. Les viols auraient du s’arrêter à 18 ans. Plus de case où me coller, on déni, on occulte. Et ainsi l’ont fait tous les journalistes des émissions suivantes.
Quelques trois ans plus tard, je n’avais plus ma place au collectif. La lutte contre les viols par inceste était passée aux associations d’aide aux enfants1 qui maintenant ne s’occupent pas d’inceste donc viols intra-familiale, mais de pédophilie, viols extra-familiale. On ne remet pas en cause la famille et le patriarcat, on remet en cause l’organisation sociale.
Le Nouveau manifeste des 343
Il est étrange de constater qu’en ce mois d’aout 2012, Clémentine Autain a lancé un Nouveau manifeste des 343, qui paraître au mois de novembre 2012 dans Le Nouvel observateur. Je l’ai signé parce que j’ai invoqué les viols subis en tant qu’adulte par un employeur et un conjoint. Quand on a été dressée pour le viol, on a du mal à le considérer quand il arrive. Les organisatrices du manifeste ne prennent pas les signatures des incestées, parce que ce sont des enfants qui ont subi les viols.

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28 juin 2012

CFCV : Viol : "En acceptant les clichés sexistes, la société est complice"

28 juin 2012
Par KIM HULLOT-GUIOT
Le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) lance une nouvelle campagne d’affichage. Trois photos, pour trois situations où les viols sont courants : au travail, à la maison, et en boîte de nuit. Le docteur Emmanuelle Piet, présidente du CFCV, répond aux questions de Libération.
« Une femme ne s’habille pas sexy pour rien », « Une femme qui ne veut pas doit refuser clairement », « Une femme doit toujours satisfaire son mari ». Voilà ce que l’on peut lire sur les auréoles surplombant la tête de trois hommes violeurs, mis en scènes dans une campagne d’affichage du Collectif Féministe Contre le Viol. Des phrases souvent entendues, utilisées pour dénoncer les « clichés machistes » qui culpabilisent la victime... et dédouannent le violeur. Le CFCV a également mis en place un numéro vert (0800 05 95 95) pour recueillir la parole des victimes. D’après l’Insee, plus de 75 000 femmes ont déjà déposé plainte pour viol, mais le collectif estime qu’elles pourraient être presque le double – de nombreux obstacles au dépôt de plainte amenuisant ces chiffres. Le CFCV estime également que plus d’une femme sur six est victime d’une tentative de viol ou d’un viol, au cours de sa vie. Et pour le collectif, « rien ne devrait innocenter un violeur ». Sa présidente, la gynécologue Emmanuelle Piet, répond à nos questions. 
Pour lire la suite du billet, cliquez sur le logo de Libération
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25 août 2011

Affaire DSK. Quelles conséquences sur la parole des victimes ? par Céline Rastello

25 août 2011
Les associations féministes, entre autres, s'inquiètent de l'incidence de l'affaire sur les victimes. Par Céline Rastello
"Une victime peut se dire 'si elle n'a pas réussi, je n'y arriverai jamais'"
Pour autant, Me Naze-Teulié pense qu'en fonction des victimes, une telle identification peut être positive ou négative. "Certaines victimes peuvent être portées par le courage d'une femme qui dénonce, d'autres peuvent se dire 'si elle est victime et que malgré la compétence de ses avocats, elle n'a pas réussi, je n'y arriverai jamais', et ce quelle que soit la réalité factuelle de ce dossier tant médiatisé que finalement tout le monde ignore".
La présidente de l'association CFCV (collectif féministe contre le viol), Emmanuelle Piet, la rejoint : "toute forme de réaction est possible, dans un sens comme dans l'autre." Mais la difficulté des victimes à parler de viol ou d'agression sexuelle et à porter plainte n'a pas changé. "Seules 10 % des victimes portent plainte, et 10 % d'entre elles sont reconnues par la justice" martèle Emmanuelle Piet, rappelant que "depuis 40 ans", son collectif demande "l'absence d'enquête de moralité pour la victime."
Une étape de la procédure contre laquelle la porte-parole de l'association féministe Mix-Cité Béatrice Gamba s'élève également. Dans une tribune publiée mercredi 24 août sur l'espace participatif "Le Plus" du "Nouvel Observateur", elle la qualifie de "pratique scandaleuse" : "on fouille la vie privée (de la victime ndlr) afin de déterminer si elle est suffisamment parfaite pour porter plainte. Les accusations peuvent même se retourner contre elle : elle n'aurait pas dû se trouver là, ou n'était pas habillée comme il faut." La faute au système judiciaire, accuse encore la présidente du CFCV : "on se retrouve avec un présumé innocent face à une présumée menteuse, il va falloir travailler là-dessus."
Pour lire l'article, cliquez sur le logo du Nouvel observateur
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Autres billets des interventions d'Emmanuelle Piet
23 août 2011 – C'est dans l'air – DSK : le retour ? – Emmanuelle Piet

Elle : pour Emmanuelle Piet, "DSK ne sort pas blanchi de cette affaire"
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Pour Emmanuelle Piet, "DSK ne sort pas blanchi de cette affaire"

Propos recueillis par Claire Hache
Le 24/08/2011
« L’abandon des charges pesant contre DSK en raison de soi-disant problèmes de crédibilité de la plaignante, ce n’est pas seulement un affront à Mme Diallo, c’est un affront à toutes les futures victimes de viol. »
De passage hier à Paris, Douglas Wigdor, l’un des avocats de la femme de chambre, a fait de l’affaire DSK un enjeu plus global. Qu’en pensent les féministes ?
Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol fait le point pour nous sur les conséquences de cette affaire pour les victimes de viol.

Pensez-vous que l’abandon des charges pesant contre DSK va avoir des conséquences sur les victimes de viol ?
Je ne le pense pas car il n’est pas blanchi de mon point de vue. Il a encore des étapes à passer avec le cas de Tristane Banon et la procédure civile aux Etats-Unis, engagée par les avocats de Nafissatou Diallo. Ce n’est donc pas la fin de l’histoire. La décision a par ailleurs été motivée de manière assez intelligente. En aucun cas, il n’est dit dans le document de 25 pages qu’il n’y a pas eu viol. On dit que la victime est trop difficile à défendre au regard de ses problèmes de « crédibilité ». On dit qu’il y a eu relation sexuelle mais qu’il y a trois hypothèses : viol, relation tarifée ou relation consentie « précipitée ».
Du consenti en 7 minutes, il faut le faire quand même !

Est-ce que les femmes ne vont pas quand même réfléchir à deux fois avant de porter plainte ?
Les victimes de viol savent et savaient déjà que c’est difficile de porter plainte. En France, c’est très dur, à peine toléré. On estime à 75 000 environ le nombre de viols par an, même si je pense qu’on est plutôt autour de 100 000 – 120 000, mais seules 10 à 15% portent plainte. Et seuls 2% des hommes sont condamnés. On est donc dans des chiffres minables.
En France, le viol est le seul crime où la victime doit prouver que l’agression a bien eu lieu. Quand il n’y a pas de preuves matérielles, ni de témoins, c’est souvent parole contre parole. L’affaire DSK a quand même permis de parler du viol. Or, plus on en parle, mieux c’est, car on sort du domaine de l’indicible. L’affaire DSK a révélé le niveau de machisme ambiant dans notre société qui est énorme. A nous de faire du bruit autour de ça et de faire que la honte change de camp.

La crédibilité de Nafissatou Diallo est avancée comme la raison de cet abandon des poursuites. Comment réagissez-vous ?
On reproche à la plaignante d’avoir menti dans le passé, notamment au sujet du viol dont elle dit avoir été victime dans son pays d’origine, la Guinée. Mais des gens qui ne mentent pas, je n’en connais pas beaucoup.
Le procureur Cyrus Vance affirme également qu’elle n’a pas été fiable quand elle a raconté les minutes qui ont suivi son agression présumée : mais c’est justement un symptôme majeur des victimes de viol, qui ont subi un choc traumatique, de perdre la mémoire.
Parfois, on a d’ailleurs à faire à des policiers qui nous disent « ça, c’est pas, des bonnes victimes, elles changent de version tout le temps ». Alors qu’au contraire, ces variations sont un effet bien connu de l’état de choc.

Une victime de viol qui a toujours la même version, à titre personnel, ça me donnerait plutôt l’impression de quelqu’un qui a appris son texte par cœur…
Avez-vous le sentiment que les deux parties ont été traitées de façon égale ?
Les mensonges n’ont pas été traités de la même façon des deux côtés. On n’a pas remis en cause la crédibilité de DSK, avec l’affaire Banon par exemple ou encore son histoire au FMI avec Piroska Nagy (Ndlr : une employée du FMI avec qui DSK a entretenu une liaison)
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Autres billets des interventions d'Emmanuelle Piet
23 août 2011 – C'est dans l'air – DSK : le retour ? – Emmanuelle Piet
Affaire DSK. Quelles conséquences sur la parole des victimes ? par Céline Rastello
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23 août 2011

23 août 2011 – C'est dans l'air – DSK : le retour ? – Emmanuelle Piet

23 août 2011
Suivant les recommandations du procureur de Manhattan, le juge Michael Obus a abandonné, ce mardi 23 août 2011, les poursuites pénales contre l’ex-patron du FMI. Sortie libre du tribunal, Dominique Strauss-Kahn a dit avoir "hâte de rentrer en France".
C’est presque la fin d’une partie d’un feuilleton judiciaire qui, depuis 100 jours, a connu de multiples rebondissements. Cet après-midi, le juge de la Cour suprême, Michael Obus a annoncé, à l’issue d’une ultime audience pour l’ancien directeur général du FMI au pénal, la fin des poursuites à son encontre. Un épilogue qui fait suite à la recommandation du parquet de Manhattan d’abandonner toutes les charges, dont agression sexuelle et séquestration, qui pesaient sur Dominique Strauss-Kahn.
Dans un document de 25 pages adressé au juge, et rendu public ce lundi, le parquet justifie sa position principalement en raison des doutes qui pèsent sur le témoignage de la plaignante, Nafissatou Diallo. "Notre investigation a sévèrement mis à mal la crédibilité de la témoin", qui "n’a pas été sincère sur des points importants" et dont les mensonges sont "accablants", écrit-il dans ce rapport. De ce fait, le bureau du procureur dit n’être "plus convaincu de la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn au-delà du doute raisonnable" et renonce à la tenue d’un procès pénal devant un jury populaire.
Cependant, la fin de cette procédure ne met pas un point final à l’affaire aux Etats-Unis, où la plainte déposée au civil, visant à obtenir des dommages et intérêts pour une agression qualifiée de "violente et sadique", elle, se poursuit.
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Invitée : Emmanuelle Piet
Médecin gynécologue et présidente du Collectif féministe contre le viol.
Ce organisme informe et soutient les personnes victimes de violences sexuelles, notamment à travers le numéro Vert Viols Femmes Informations : 0 800 05 95 95.
E.P. :
Pourquoi une expertise médicale ne prouve pas le viol ?
parce qu'il faudrait prouver la contrainte. Ce qui
est quand même assez rare.
Ce qui est quand même très intéressant c'est qu'au départ, Dominique Stauss-Khan nie le rapport et après il ne le nie plus. Donc là le mensonge n'intéresse plus personne donc c'est un mensonge à 2 bouts.
Prouver la contrainte, il y a quand même l'expertise médicale des choses, c'est l'état de choc dans lequel elle est. État de choc qui peut expliquer…
Modérateur :
Axel de Tarlé
elle a donné 3 versions de ce qu'elle a fait après le viol.
E.P. :
Quand on est choqué, après une agression sexuelle, on est en état de choc et en général on a des troubles de la mémoire importants et c'est ce qui énerve les policiers, c'est qu'elles ne sont pas fiables, ils nous disent c'est des mauvaises victimes, elles ne racontent pas la même chose.
Mais ça, ça fait partie du syndrome post-traumatique après une agression massive.
Elle ne sait pas si elle a fait le ménage, si elle y est restée 1 heure etc.
Et ça, moi ça me semble absolument habituel dans les histoires de traumatisme.
Pour moi, ça ne fait pas mensonge, ça fait… et bien elle ne se rappelle plus.
J'ai vu des femmes victimes de viol qui ne se rappelaient de rien du tout pendant 8 jours au point qu'on a cru qu'elles avaient pris des substances et que non, c'est simplement un mécanisme de défense. C'est ça le syndrome post-traumatique.
Le modérateur : Axel de Tarlé
Pour aller dans votre sens, la première personne qui a reçu Nafissatou Diallo dans une association a déclaré qu'elle était en état de choc.
…/…
Pierre Rancé :
Le procureur dans le rapport dit qu'en 7 minutes, il est probable que ce ne soit pas un rapport consenti.
…/…
Les 3 versions sont incohérentes.
E.P.
Si c'était un scénario parfaitement minuté, on pourrait se dire que ça a été préparé, mais là justement, elle ne sait pas. Parce que quand on a été choqué profondément après une agression, on ne sait pas. Moi, il me semble que ça ressemble vraiment habituellement à cet état de choc que vraiment, je suis assez sidérée.
…/…
Le modérateur : Axel de Tarlé
Cette affaire va encore dissuader les femmes d'aller porter plainte.
E.P.
De tout façon, on sait que c'est difficile, on sait que c'est compliqué, et c'est pas toutes qui pourront porter plainte parce que des preuves de viol médico-légales, il y en a assez peu, il y a des preuves de rapport sexuel, après ça il faut des témoins, il faut de l'intime conviction, il faut un bon avocat, ça coûte cher. Et quand on sait que pour les victimes l'aide juridictionnelle rapporte encore moins à un avocat que pour les coupables, il n'y a pas une inégalité pour les victimes.


"Le doute devrait parfois profiter à la victime" ???

Pour rejoindre le site de l'émission, cliquez sur le logo de C' dans l'air
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Autres articles avec Emmanuelle Piet
Elle : pour Emmanuelle Piet, "DSK ne sort pas blanchi de cette affaire"

Affaire DSK. Quelles conséquences sur la parole des victimes ? par Céline Rastello


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14 juin 2011

Vidéo sur le Viol par Marie-France Casalis – Collectif féministe contre le viol – CFCV


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Spot de la campagne contre le viol conjugal du Collectif féministe contre le viol – CFCV

Le collectif féministe contre le viol lance, en partenariat avec lʼagence New BBDO, une campagne contre le viol conjugal, composée notamment d'un spot télévisé pour alerter de ce "véritable problème social et sociétal".

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Autres billets sur la campagne Viol conjugal du 15 juin 2011
14 juin 2011 – France culture, 8h15 Le CFCV lance une campagne télévisée contre le viol
14 juin 2011 – KAN C NON… C NON ! par le collectif féministe contre le viol
14 juin 2011 – Viol conjugal, le "dernier tabou" par le Nouvel Observateur
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14 juin 2011 – Viol conjugal, le "dernier tabou" par le Nouvel Observateur

Par Anne Collin
"Lever le tabou", voici l'objectif affiché du collectif contre le viol qui lance mercredi 15 juin une nouvelle campagne, cette fois-ci contre le viol conjugal au moment où la question des agressions sexuelles est en pleine actualité.
Mais en France, si selon une étude du collectif 75.000 femmes sont violées chaque année et dans 8 cas sur 10 par un homme "qu'elles connaissent", le viol conjugal n'a été reconnu qu'en 1990 dans le droit national. Jusqu'alors prévalait officiellement l'obligation du devoir conjugal entre époux, en vigueur depuis 1810.
Pas de "devoir conjugal"
Le viol conjugal "ne doit plus être conforté, ni par le principe du devoir conjugal, alors que celui-ci est révolu depuis plus de vingt ans, ni par l'inégalité persistante entre les hommes et les femmes, qui doit encore être combattue", écrit le collectif.
"De toutes les violences, les violences sexuelles sont les plus taboues, les plus acceptées, les moins judiciarisées", explique le Dr Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne qui travaille avec le collectif depuis près de 20 ans. "Il faut lancer le débat", ajoute-t-il.
"Peu de viols font l'objet de plaintes et dans 35% des cas, les plaintes sont déqualifiées (Elles peuvent être requalifiées en agressions sexuelles, délits jugés non plus en cour d'Assises mais devant un tribunal correctionnel, NDLR), 20% sont classées sans suite", affirme Gilles Lazimi.
"La honte doit changer de camp"
Pourtant, selon le médecin, les conséquences de ces violences sexuelles sont multiples, psychologiques et physiques, menant dans 25% des cas jusqu'à une tentative de suicide. Elles le sont d'autant plus que de très nombreuses femmes attendent longtemps avant d'appeler. "10% d'entre elles attendent 30 ans et plus et 10% plus de 20 ans", souligne Gilles Lazimi.
Pour Emmanuelle Piet, présidente du CFCV, parler de cette réalité des violences faites aux femmes permet de libérer la parole. Selon elle, l’association a constaté une hausse de 30% des appels à son numéro vert "Viols femmes informations" depuis le début de l'affaire Dominique Strauss-Kahn, accusé d'agression par une femme de chambre à New York.
"La honte doit changer de camp", ajoute cette gynécologue, qui rappelle que "tous les milieux sont concernés".
Depuis la création de la permanence téléphonique, le collectif a entendu plus de 40.000 victimes dont 6% d'hommes au 0 800 05 95 95 ou au 3919 (violences conjugales info).
Pour lire l'article, cliquez sur le logo du Nouvel Observateur
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Autres billets sur la campagne Viol conjugal du 15 juin 2011
14 juin 2011 – France culture, 8h15 Le CFCV lance une campagne télévisée contre le viol
14 juin 2011 – KAN C NON… C NON ! par le collectif féministe contre le viol
Spot de la campagne contre le viol conjugal du Collectif féministe contre le viol – CFCV
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14 juin 2011 – France culture, 8h15 Le CFCV lance une campagne télévisée contre le viol

Journal de 8h, vers 8h13
Le Collectif féministe contre le viol, lance une campagne télévisée contre le viol pour dénoncer le viol conjugal, le phénomène serait en constante augmentation même s'il reste difficile à évaluer.
Christine Montclar
La part des viols conjugaux est difficile à mesurer tant ce crime est tabou, les femmes ont du mal à témoigner, car il faut accepté d'être passé d'une relation sexuelle entre adultes consentants au départ, à une relation forcée.
Souvent, le viol conjugal va de paire avec la violence, pour éviter quelques coups, la femme se soumet au désir de son mari.
Or, la loi est claire : Toute pénétration sexuelle sous contrainte est un viol et le fait d'être mariés ou pacsés est même une circonstance aggravante.
On est loin du fameux devoir conjugal aboli en France depuis 20 ans, et qui continue pourtant de brouiller les esprits et empêche des femmes de dénoncer leur mari.
Or, KAN C NON, C NON martèle depuis des années, le Collectif féministe contre le viol, qui veut inciter les victimes à parler sans peur.
Victimes femmes et hommes d'ailleurs, car peu à peu, les maris battus ou agressés sexuellement libèrent eux aussi leur parole.
Mais, reste que 91% des victimes de viol sont toujours des femmes et 100% dans le cas des viols conjugaux.
Une loi votée l'an dernier impose désormais une formation spécifique dans la police, la justice et l'éducation nationale pour mieux recevoir ces témoignages.
l'enjeu étant que les viols se traduisent en plainte, ce qui n'est aujourd'hui le cas qu'une fois sur dix seulement.
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Autres billets sur la campagne Viol conjugal du 15 juin 2011
14 juin 2011 – KAN C NON… C NON ! par le collectif féministe contre le viol
14 juin 2011 – Viol conjugal, le "dernier tabou" par le Nouvel Observateur
Spot de la campagne contre le viol conjugal du Collectif féministe contre le viol – CFCV
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13 juin 2011

14 juin 2011 – KAN C NON… C NON ! par le collectif féministe contre le viol

[KAN C NON… C NON !]
SANS CONSENTEMENT C'EST UN VIOL
LE VIOL EST UN CRIME
LA VICTIME N'EST EN RIEN RESPONSABLE
C’est dans un souci de lancer le débat autour du viol et de diminuer la tolérance de la société envers ce crime que le CFCV lance une campagne de communication inédite, avec le soutien de l’actrice et artiste Clara Morgane, devenue aujourd’hui sans conteste l’égérie de l’érotisme en France.
« Plus qu’une campagne de sensibilisation, KAN C NON… C NON ! est un réel cri d’alarme, dont l’objectif est d’interpeller, faire réfléchir et lever des tabous » déclare le Dr Gilles Lazimi, coordinateur de cette campagne.
« Il est désormais urgent d’informer le grand public sur la gravité des violences sexuelles et leur retentissement sur la santé physique et psychique des victimes : le viol est un crime, le plus fréquemment à l’origine de psycho traumatismes et qui modifie profondément le quotidien de façon brutale et plus ou moins durable (peurs, sensation de perte de soi, cauchemars, dévalorisation, tentatives de suicide, dépression, troubles alimentaires, automutilation …) » rappelle le Dr Emmanuelle Piet, Présidente du Collectif Féministe Contre le Viol.
Il est aussi nécessaire de prévenir et de sensibiliser les parents dans la prévention des violences sexuelles et conjugales ou encore de mettre un terme aux aprioris sur les femmes : la victime n’est en rien responsable, alors qu’actuellement, on observe que les sujets ayant été confrontés aux violences sexuelles se sentent coupables, sales et honteuses. « Il faut faire changer la honte de camp » déclare le Dr Emmanuel Piet.
Aujourd’hui en France, 1 personne sur 5 déclare avoir été victime au cours de sa vie de violences sexuelles. Près d’1 femme sur 6* et moins d’1 homme sur 20* declarent avoir été victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. Il y a 10 fois plus de femmes et jeunes filles victimes que d’hommes. Chiffres effrayant : dans 83% des cas*, l’agresseur est un proche ou quelqu’un connu de la victime. Les 2/3 des femmes* ayant subi un viol ou une tentative de viol l’ont été avant 18 ans, et 25% des agressions sexuelles* sont commises sur le lieu de travail.
Malheureusement, « seuls 4% des viols ou tentatives de viols* sont signalés aux forces de l’ordre » rappelle le Dr Gilles Lazimi.
Pourtant la loi est formelle : le viol est un crime.
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol » (Article 222.23 Code pénal – loi du 22 juillet 1992).
Sans consentement, c’est un viol. Le viol est un crime. La victime n’est en rien responsable.
(*) On peut vous aider. Viol Femmes Informations 0 800 05 95 95.
Créé en 1985, le Collectif Féministe Contre le Viol, composé en majeure partie de professionnels de santé, assure un soutien permanent de tous les publics concernés par le viol. Il anime notamment des groupes de paroles de victimes et organise des actions de prévention dans les établissements scolaires.
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Autres billets sur la campagne Viol conjugal du 15 juin 2011
14 juin 2011 – France culture, 8h15 Le CFCV lance une campagne télévisée contre le viol
14 juin 2011 – Viol conjugal, le "dernier tabou" par le Nouvel Observateur
Spot de la campagne contre le viol conjugal du Collectif féministe contre le viol – CFCV
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29 novembre 2010

Spot 1/3 "Campagne contre le viol"

Chaque année en France des dizaines de milliers de femmes sont violées.
Aucun de ces crimes ne constitue un cas isolé : le viol est un fait social, une marque que les relations femmes-hommes restent profondément inégalitaires dans notre société.

Pour lutter contre cette situation, rappeler ces faits importants et permettre que la honte dont souffrent les victimes de viol change de camp, trois associations, le Collectif féministe contre le viol, Mix-Cité et Osez le féminisme, lancent une pétition nationale.

Spot 1/3 "Campagne contre le viol"
envoyé par campagne_contre_le_viol. - L'info internationale vidéo.
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24 novembre 2010

Spot 1+2+3 "Campagne contre le viol"

Chaque année en France des dizaines de milliers de femmes sont violées.
Aucun de ces crimes ne constitue un cas isolé : le viol est un fait social, une marque que les relations femmes-hommes restent profondément inégalitaires dans notre société.

Pour lutter contre cette situation, rappeler ces faits importants et permettre que la honte dont souffrent les victimes de viol change de camp, trois associations, le Collectif féministe contre le viol, Mix-Cité et Osez le féminisme, lancent une pétition nationale.


Spot 1+2+3 "Campagne contre le viol" à faire tourner
envoyé par campagne_contre_le_viol. - L'info video en direct.
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30 mai 2010

7/ 3 juin 2010 – Gaillac : film et débat sur l’inceste après le film : La conspiration des oreilles bouchées

L’association Paroles de femmes présente le film “L’inceste, la conspiration des oreilles bouchées ce jeudi 3 juin à 20h30. Ce film sera suivi d’un débat.

Ce film réalisé par Carole Roussopoulos, Claudine Le Bastard et Simone Iff présentent quatre femmes qui vont témoigner des viols commis par leur père ou grand-père. Ces femmes luttent pour franchir le pas, se dire que l’on n’est pas coupable, que l’on doit pas garder ce crime caché pour soi. L’injonction “il faut oublier” est rejetée par toutes. Le montage tisse un argumentaire progressif atour de la question de l’inceste sans didactisme, mais avec force.

Un débat suivra animé par Marie-France Casalis, porte-parole du “collectif féministe contre le viol”.

Le jeudi 3 juin à 20h30

  • Salle Dom Vaysette, 3 rue Cavaillé Coll
  • Entrée gratuite

Plus d’information sur l’association Parole de femmes :

40, place d’Hautpoul – 81600 Gaillac
tél. : 05.63.81.22.65.
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Autres billets sur La conspiration des oreilles bouchées
1/ La conspiration des oreilles bouchées – inceste 1988
2/ L'Inceste la conspiration des oreilles bouchées – CASB
4/ Carole Roussopoulos, documentariste – le Monde – 28 octobre 2009
5/ Hommage à la documentariste Carole Roussopoulos aux 12e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)
6/ Soirée d'hommage à Carole Roussopoulos – 22 janvier 2010
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