« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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18 octobre 2011

L’inceste, la prescription et la « mémoire traumatique » par le Docteur Nicole Poulbère

Mercredi 17 mars 2010
Docteur Nicole Poulbère, médecin urgentiste.
Comment vivre, victime d’inceste, sans pouvoir faire condamner le coupable du fait de la prescription ?
Il s’agit alors le plus souvent d’un mode de « survie » et non de « vie ». Bon nombres de femmes actuellement souhaitent se libérer d’un lourd fardeau passé : elles ont subi des agressions sexuelles par un proche de leur famille. Elles sont enfin décidées pour saisir la justice. Elles en ont enfin la force morale et physique. Mais là, elles se heurtent à un obstacle : la notion de prescription.
Toutes les femmes qui ont subi des sévices avant 2004, se devaient de faire un recours judiciaire avant leurs 28 ans (voir même avant leurs 21 ans si les faits sont plus anciens). Pour aider à se relever, à se reconstruire, ces femmes ont besoin que le coupable doit désigner comme tel par un représentant de la Justice. A la différence de plusieurs pays (comme le Canada), ces femmes resteront sans pouvoir être davantage soulagées de leurs maux. Au contraire, elles se sentent trahies, également victime du système juridique qui semble ainsi à leurs yeux cautionner les méfaits subits.
Mais alors pourquoi ces femmes ne se sont pas manifestées AVANT le fatal délai de la prescription ?
Ce n’est pas un manque de volonté mais un manque de capacités. Ces femmes voudraient que leurs souffrances morales persistantes cessent enfin. Elles ne souhaitent que cela ! Mais cela implique entre autres la reconnaissance en tant que victime.
A tout cela, vient se surajouter un phénomène décrit comme la « mémoire traumatique ». Il s’agit d’un mécanisme d’auto défense où le cerveau modifie les perceptions, où des amnésies des actes passés surviennent. Cela permet à la victime d’essayer de continuer à mener une vie d’apparence normale. Ce moyen de défense cérébral est vital. S’il fait défaut, la victime trouvera souvent comme autre issue le suicide.
Aujourd’hui, trop de femmes sont dans l’incapacité de voir condamner le bourreau qui les a mutilées physiquement et anéanties moralement à vie. Pourquoi ? Car la prescription les empêche d’avoir gain de cause en France. Pourtant, si elles ne se sont pas manifestées lors des faits ou sitôt après c’est pour survivre à ce phénomène destructeur. Elles ont cherché à « vivre avec », en enfouissant cela au plus profond d’elles même mais ce cancer qui les ronge reste là, en suspend. Par la suite, leur parcours de vie respectif voit souvent raviver le passé lors d’un évènement (mariage, décès, naissance…). La résurgence alors de ce passé va les détruire de nouveau, avec des dommages collatéraux imprévus (époux, enfants). Une prise en charge médicale s’avère indispensable le plus souvent du fait des risques de passage à l’acte.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo Comité Gavroche Paris
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Autres billets sur les conséquences traumatiques
11 mars 2010 – Colloque "Viols et agressions sexuelles : comprendre pour agir" Extrait intervention de Muriel Salmona
RFI – État des lieux de la situation des droits de l'enfant dans le monde
Autres billets du Docteur Muriel Salmona
°/ La mémoire traumatique
°°/ Dissociation, mémoire traumatique et violences sexuelles : des conséquences graves sur la santé à soigner
Elles crèvent d’être enfermées dans un no man’s land, de devoir se taire à cause de la honte et de la culpabilité
Mécanismes des violences : quelles origines ?
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30 avril 2011

20/ Le traumatisme est un fait de mémoire par Jean-Michel Thurin

Réédition 23 septembre 2006
page 57


• Le traumatisme est un fait de mémoire. Il traduit une persistance 
de l'effet du stress, qui a été trop intense, durable, rapide... pour un 
organisme et un psychisme donnés, dans des conditions données. Il 
peut rester extérieur à la mémoire narrative (langagière), même s'il 
peut être réactualisé par un signal ou une représentation.
• Le traumatisme psychique se produit après-coup, c'est-à-dire, en 
dehors de la période d'urgence biologique. Par exemple, lorsque les 
soldats sortent du front ou comme le relate Sivadon, plusieurs semaines 
après le retour des camps, lorsque la vie pourrait redevenir normale. 
Précisément, c'est ce retour à la normale et dans le monde normal 
qui est impossible et qui signe le traumatisme. Plusieurs mécanismes 
psychiques se produisent entre le stress et le traumatisme : d'une part, 
les mécanismes de défense permettent au sujet de remettre à plus 
tard l'appréciation psychique de l'événement pour se consacrer à la 
défense de ses activités vitales ; d'autre part, le traumatisme entraîne 
une réévaluation du rapport à la réalité qui va elle-même retentir sur ses 
modalités et ses investissements. Une autre particularité est à souligner, 
la scène traumatique, mémorisée de façon intense et nette, va rester 
fonctionnelle en dépit du temps et des tentatives d'évitement.
Cette 
immobilisation va entraîner des effets de renforcement. Mais il y a 
également l'impossibilité (le refus) d'intégrer dans l'ordinaire une 
situation hors du commun des mortels.

En résumé, la mémoire ne se limite pas à l'appareil psychique proprement dit. Elle peut concerner différents organes, appareils, systèmes. 
On peut parler de traumatisme à partir du moment où des manifestations 
pathologiques consécutives, psychologiques et somatiques, perdurent.
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Autres billets sur Pyschothérapie des victimes
1/ Psychothérapie des victimes : Traitements, évaluations, accompagnement. Gérard Lopez, Aurore Sabouraud-Séguin, Louis Jehel
2/ Le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" par Gérard Lopez & Arianne Casanova
3/ L'état de stress post-traumatique – ESPT (F43.1)
4/ la dissociation péritraumatique et les troubles dissociatifs (F44) par Gérard Lopez & Arianne Casanova
5/ Les troubles graves de la personnalité : Desnos (F60.31)
6/ Evaluation auprès d'une personne souffrant d'un trouble psychotraumatique par Louis Jehel, Marc Sylvestre, Patrice Louville
7/ La combinaison entre psycho et chimiothérapie par François Ducrocq, Guillaume Valva & Olivier Cottencin
9/ Huit thèmes qui accompagnent un traumatisme sévère par M. J. Horowitz
10/ Les évitements après un ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
11/ Les indications de la thérapie EMDR – Eye Movement Desensitization Reprocessing par Patrick Zilhardt
12/ Le traitement cognitivo-comportemental de l'ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
13/ L'hypnose dans le traitement du psychotraumatisme par Victor Simon
14/ le sujet a été victime d'une prise de pouvoir par son agresseur par Victor Simon
15/ Le phénomène de vigilance parallèle par M. Yapko
16/ Une technique hypnotique spécifique pour traiter les viols par inceste par Victor Simon
17/ Les 8 C dans le traitement de l'agression sexuelle par Victor Simon
18/ De nombreuses victimes échappent à tout traitement par Gilbert Vila
19/ Les conséquences de la maltraitance ne s'arrêtent pas avec la fin des actes pervers par Gilbert Vila

• Les groupes de paroles par Catherine Morbois et Marie-France Casalis dans Psychothérapie des victimes
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19 février 2011

Dans l'inceste, il y a violation d'espace vital. L'instinct de survie du cerveau va bloquer les souvenirs comme un verrou par F. Trommenschlager

19 février 2011
@
Je cherche ce qu’est ce trou dans la tête celui qui est sur votre avatar : l’écrou rouge.
L'écrou rouge représente les mécanismes subconscients du cerveau, leurs rôles principaux est la survie de l'individu.
Ce sont des fonctions animales très bien décrites dans
Le béhaviorisme de John Watson. elles fonctionnent en adéquations avec les fonctions supérieures du cerveau (cortex préfrontal) qui forment l'intelligence et la personnalité (vous, moi, etc...).
Le système nerveux est relié aux zones subconscientes.
C'est ainsi que se constitue l'humain : d'une part les fonctions animales, qui protègent de l'environnement extérieur en développant les réflexes de défenses et l'esprit de compétition ; d'autre part, l'intelligence et la conscience (cortex) qui favorisent au contraire l'échange, la cohésion et la socialisation. le tout doit fonctionner en harmonie quand l'homme atteint sont équilibre. Dans les cas d'inceste, il y a violation d'espace vital.
Les conséquences font que l'instinct de survie du cerveau va bloquer les souvenirs très angoissants, comme un verrou de sécurité. tout est subconscient, les souvenirs remontent seulement lorsque la personne est suffisamment forte pour les affronter. sinon, il y a refoulement, pour survivre !
tout le monde réagirait de la même manière, car ces situations sont d'une grande violence (soit traumatiques et rapides, soit lentes et insidieuses). voilà pourquoi l'écrou, c'est mécanique (voir "les conditions de la volonté" et la "psychosomatique").
Une partie de l'homme est libre, l'autre n'est que réaction logique et mathématique.

Franck Trommenschlager
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30 janvier 2011

2/ Traumatic Stress and Memory in Gentling by William E. Krill

Page 28
When a person is experiencing a traumatic event, the whole of their energy is focused on self-preservation. The event itself mav be so intense that the individual may need to "step out of themselves" in order to psychologically cope with the level of danger and stress. As such, memory is often affected. In children under the age of four, developmental issues become predominant in the area of memory. At four and under, memory is not likely to be encoded verbally, but is encoded with wordless images and sensate material.
Memory damages in children regarding their traumatic events and the time surrounding these events often includes gaps, or "missing time" as weIl as difficulties in being able to sequence events accurately. Any child, let alone a traumatically stressed child, will sometimes confabulate parts of a memory sequence in order to avoid embarrassment, fill in the blank for their own comfort, or in efforts to satisfy a pressing adult. This difficulty in memory sequencing seems to bleed over into everyday life for sorne stressed children, and this leads to further complications when adults in their life begin to accuse them of lies and confabulations.
If a child was under the age of four when their abuse occurred, they willlikely not be able to relate much significant material in treatment. They will also not be able to articulate very weIl what they are experiencing in the stress episode, or the source of their stress. They of course have the memories, but these memories are largely sensory expenences.
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Autres billets sur le livre Gentling: A Practical Guide to Treating PTSD in Abused Children
1/ Gentling: A Practical Guide to Treating PTSD in Abused Children

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23 janvier 2011

Les rêves et la mémoire traumatique

26 janvier 2008
Formation pour praticiens
Quand des survivants de grands crimes historiques évoquent leurs rêves, nous n’avons pas de peine à comprendre que la mémoire traumatique y est à l’œuvre. Il s’agit de violences à la fois collectives et reconnues, même si cette reconnaissance est tardive, et même si elle se déploie après un premier temps d’indifférence ou – ce qui revient au même – de non-intervention.
Mais si des violences, de tous ordres, ont été commises en privé, et si elles ont été longtemps couvertes par une injonction de silence et si pour certaines elles le sont encore, la psyché profonde en fera mémoire dans des rêves, mais elle risque alors de ne pas être entendue et de ne pas être comprise.
Pourtant, c’est le même processus qui est au travail.
Sans doute un traumatisme est-il un retentissement dans la psyché et, par là-même, une lecture personnelle, une traduction qui renvoie aussitôt à de l’histoire antérieure.
Quand un rêve est la trace de ce retentissement, il contient bien cette lecture et cette traduction et cette histoire d’avant ; mais il contient aussi, et il contient d’abord la mémoire d’une violence objective.
Le rêve n’est pas alors seulement le gardien du sommeil : il est devenu le gardien du réel. Non seulement il parle de certaines attaques contre la personne – contre son corps et/ou contre sa pensée –, mais il analyse ces attaques, il les démonte.
L’inconscient comporte une part de lutte, qui se déroule au cœur du langage symbolique. Cette production symbolique comporte à la fois la mémoire des violences et un processus interne de soin.
Elle dit le réel en même temps qu’elle le transforme. Et c’est parce qu’elle le transforme qu’elle le dit.

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25 décembre 2010

15/ L'altération de la mémoire autobiographique par François Louboff

page 138
Une réaction de stress sévère ou prolongée provoque une production importante de corticoïdes par les glandes surrénales. Leur effet toxique sur l'hippocampe entraîne l'atrophie de nombreux neurones, altérant la mémoire autobiographique (ou explicite), celle qui enregistre le contexte. Les souvenirs traumatiques ne pouvant être intégrés sont alors constitués d'images, de sensations et d'émotions intenses et fragmentaires, rarement associées à un contenu verbal, narratif qui est alors généralement assez pauvre.
Ceci semble traduire l'échec de la mémoire explicite à faire son travail d'intégration de l'événement traumatique.

La mémoire implicite reste fonctionnelle. C'est elle qui enregistre les émotions, les sensations et les réactions du corps lors de l'événement traumatique l. Si bien que plus tard, dans certaines situations, la victime pourra ressentir des émotions, des sensations et avoir certains comportements, mais être incapable d'en comprendre les raisons.
Les études faites chez des individus ayant vécu un traumatisme montrent qu'aucun d'entre eux ne se rappelle avoir pu en faire un récit cohérent, tout de suite après. Mais tous, quel que soit leur âge au moment du traumatisme, s'en souviennent au début sous la forme de flash-back émotionnels et sensoriels (images, sons, odeurs, sensations corporelles). C'est lorsque ces intrusions sont à leur maximum et que toutes les sensations apparaissent que le souvenir sous forme d'un récit peut enfin commencer à émerger.
Malheureusement, malgré le développement d'un récit de l'expérience traumatique, la plupart des victimes continuent d'en souffrir même après de nombreuses années 2
En d'autres termes, les victimes ne peuvent pas relier tous les éléments du souvenir pour les intégrer dans un ensemble cohérent, unifié, évolutif, comme c'est le cas lors d'un souvenir non traumatique.
D'où trois conséquences, confirmées par les observations cliniques :
Tenter d'accéder au souvenir traumatique, en faisant appel à la mémoire autobiographique pour créer un récit cohérent de ce qui a été vécu, ne sera pas très efficace.
Certaines sensations, identiques à celles qui ont été mémorisées lors du traumatisme, pourront permettre l'accès au souvenir : par exemple, l'odeur d'un parfum peut réactiver le souvenir d'un viol des années plus tard.
Enfin, ces souvenirs traumatiques pourront être plus facilement accessibles dans un état hypnotique, puisque l'induction hypnotique provoque un état de dissociation.

1. Van der Kolk B.A., «The body keeps the score: memory and the evolving psychobiology of posttraumatic stress», Harvard Review of Psychiatry, 1994, 1 : 253-265.
2. Van der Kolk B. A., Fisler R., «Dissociation and the fragmentary nature of traumatic memories : overview and exploratory study», Journal of Traumatic Stress, 1995, 8 (4) : 505-525.
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Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
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22 mai 2010

Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo 

Voici un article écrit pour notre site par Mr Vincent Corbo du laboratoire de recherche sur le trauma de l’université Mc Gill de Montréal.
C’est peut-être un peu compliqué à comprendre mais accrochez-vous... C’est vraiment important de savoir ce qui se passe au niveau neurologique quand on est confronté à une situation effroyable. et la recherche n’en est qu’à ses débuts.
Neuro-imagerie et Etat de Stress Post-Traumatique Par Vincent Corbo M.Sc. Centre de Recherche de l’Hôpital Douglas, Division de Recherche Psychosociale, Groupe d’Imagerie Cérébrale Université McGill, (Québec) Canada Depuis quelques années, la recherche s’est penchée sur les éléments neurobiologiques relatifs aux États de Stress Post-Traumatique (ESPT).
Plusieurs de ces éléments ont été examinés avec attention par le biais des techniques de neuro-imagerie structurelle (qui montre la structure du cerveau : CT-scan et Imagerie par Résonance Magnétique, ou IRM) et fonctionnelle (qui montre le cerveau en activité : PET-scan et Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle, ou IRMf). Le but de ces études est d’identifier si les modifications enregistrées dans la structure ou le fonctionnement du cerveau des personnes victimes de traumatisme psychique et souffrant de troubles de stress post-traumatiques sont la conséquence des psychotraumatismes ou un facteur prédisposant la personne à ces troubles. Afin de bien comprendre ces recherches, il nous faut au préalable décrire le modèle théorique de la peur et du stress.

1. Un Modèle Neurobiologique de l’ESPT : Le conditionnement et l’extinction.
Un des modèles neurobiologiques de l’ESPT conçoit les psychotraumatismes comme une forme de conditionnement de peur.
Le conditionnement est une forme d’apprentissage par association de deux (ou plusieurs) stimuli.
Par exemple, on présente une lumière verte à un rat, suivie immédiatement d’un choc électrique. Le rat apprend parfois après un seul test, à avoir peur de la lumière verte. Si le conditionnement est assez fort, la réaction de peur (ou dans le cas d’individus traumatisés, la détresse émotionnelle) peut apparaître lors de la présentation d’un stimulus différent mais apparenté au stimulus traumatisant original. Il pourrait s’agir, pour suivre dans le même exemple du rat, de la présentation d’une lumière bleue.

Une autre notion théorique importante est celle d’extinction.
C’est le processus par lequel l’animal (ou l’individu) apprendrait à ne plus avoir peur.
Cet apprentissage se fait en présentant un grand nombre de fois le stimulus redouté (par exemple la lumière verte) sans qu’aucune conséquence négative ne survienne (le choc électrique).
Il est essentiel de comprendre que ceci n’est pas un oubli de l’ancienne association, mais bien un nouvel apprentissage qui prime dorénavant sur l’apprentissage antérieur.
Si le processus d’extinction réussit et est consolidé dans la mémoire, la réaction de détresse/peur disparaît. Naturellement, il est plus facile de traiter la peur qu’inspire une lumière verte chez un rat que de traiter la détresse et l’angoisse qu’inspire la série d’éléments qui nous rappelle un événement traumatique.

Il y a donc deux phases cruciales dans le conditionnement de peur, soit l’acquisition et l’extinction. Ceci compose le modèle neurobiologique de l’ESPT, qui prédit que le trauma est en fait un conditionnement de peur qui résiste au processus d’extinction.
L’évitement est un aspect crucial du processus de consolidation de l’apprentissage de peur car il ralentit l’extinction. En évitant les stimuli qui provoquent les réactions de détresse et de peur, l’individu évite les sensations, les émotions négatives reliées au souvenir du trauma (par exemple aller à l’endroit où on a eu « son » accident ) et ne peut apprendre que la présence du stimulus n’est pas toujours signe de menace.
Ainsi, les personnes qui évitent des éléments rappelant le traumatisme ne peuvent intégrer de nouveaux apprentissages par rapport au traumatisme. Les statistiques épidémiologiques supportent indirectement ce modèle neurologique, en indiquant que, la plupart des victimes qui sont exposées à un événement traumatique, qui ont un ESPT un mois après l’événement traumatique, et qui acquièrent ce conditionnement, se remettent naturellement de cet événement.
Cela voudrait donc dire que la plupart des victimes ont un processus d’extinction efficace.
Par contre, il demeure un pourcentage d’individus qui n’ont pas ce processus d’extinction, qui pratiquent l’évitement et chez qui l’apprentissage de peur se consolide et se généralise.
Les études neurologiques, tentent donc d’examiner quelles structures neurologiques (quelles parties du cerveau) sont impliquées dans le conditionnement de peur et dans l’extinction afin de pouvoir intervenir au bon moment avec une thérapie appropriée qui sache aider le processus naturel d’extinction et empêcher le réflexe d’évitement.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo d'Annecom
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Autres billets sur les conséquences traumatiques
11 mars 2010 – Colloque "Viols et agressions sexuelles : comprendre pour agir" Extrait intervention de Muriel Salmona
RFI – État des lieux de la situation des droits de l'enfant dans le monde
Autres billets du Docteur Muriel Salmona
°/ La mémoire traumatique
°°/ Dissociation, mémoire traumatique et violences sexuelles : des conséquences graves sur la santé à soigner
Elles crèvent d’être enfermées dans un no man’s land, de devoir se taire à cause de la honte et de la culpabilité
Mécanismes des violences : quelles origines ?
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22 octobre 2009

15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations par Marie-Christine Gryson-Dejehansart

Page 169
Il existe au moins cinq cas de rétractations :
– le premier cas est une rétractation induite par la pression, l'intimidation et donc la peur. Elle intervient 
à différents moments après une révélation. Elle concerne essentiellement l'enfant et le pré-adolescent.
– le deuxième cas concerne la rétractation par amnésie de protection. Il concerne le jeune enfant.
Le temps métabolise la mémoire parce que le psychisme continue de se construire, le cerveau de l'enfant n'est pas terminé comme celui de l'adulte. Et l'on constate que l'amnésie de protection est nécessaire pour que l'enfant puisse s'épanouir le mieux possible.
J'ai récemment interrompu une thérapie d'enfant, victime à l'âge de quatre ans qui, deux ans plus tard, m'a dit qu'il ne s'était rien passé. Le cas était avéré : 
l'agresseur avait reconnu les faits et les traces physiques et psychologiques étaient incontournables.
Lorsque la révélation et la thérapie interviennent, on observe parfois une période de latence traumatique qui dure jusqu'à la puberté où le souvenir se réveillera sous d'autres formes. 
La victime peut alors prendre conscience du détournement de la relation sexuelle de partage amoureux.
Si la victime a bénéficié d'une prise en charge précoce, elle aura d'autant plus de chances de s'en sortir. Dans le cas contraire, certains adolescents non traités peuvent devenir ce que les éducateurs appellent des « bombes ambulantes » pour eux-mêmes ou pour les autres. A fortiori si leur statut de victime n'a pas été reconnu par la justice ;
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
3/ Outreau : Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité »
6/ Des troubles du comportement par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir » par M.-Ch. Gryson-Dejehansart
11/ le test du Rorschach expliqué par Marie-Christine Gryson-Dezjehansart
12/ Militantisme association par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes
16/ Outreau : presse & justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux 
souvenirs, et non pas l'hypnose seule
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11/ Le test du Rorschach expliqué par Marie-Christine Gryson-Dezjehansart

P 119
Restait à expliquer le test du Rorschach – la personne interprète le monde extérieur à partir de son vécu profond.
Dans le test d'Aurélie, le thème de l'araignée était envahissant. 
Son psychisme était totalement parasité par cette image analogique de panique intrusive vécue corporellement par la victime.
La mémoire n'a pas pu intégrer l'effraction de type sexuelle car elle est incongrue et le psychisme de l'enfant ne possède pas les ancrages susceptibles d'y accrocher le souvenir d'un tel fait.
Faire croire et écrire que l'expertise se fonde sur un seul de ces éléments, comme on l'a entendu – « l'enfant est soi-disant victime parce qu'elle voit des araignées dans les taches du Rorschach » –, est d'une très grande malhonnêteté.
Cette illustration est précisément fournie parce qu'elle est parlante et démonstrative pour les non-spécialistes. Et cet élément s'ajoute à l'ensemble des autres critères – au moins quarante – pour former un faisceau de données significatives.
Cette phrase sur l'araignée a évidemment été reprise dans la presse comme étant le résumé tourné en ridicule de l'examen de crédibilité 2.
La stratégie a été efficace et l'on ne peut s'étonner de la question désolée du Canard enchaîné, le mercredi suivant : « Sont-ce des méthodes d'expert ? » en évoquant les caricatures décrites plus haut.

2. Le procédé a été identique pour discréditer le travail de mon camarade expert en extrayant 
du test un « lézard à grosse queue
». Nous avons participé au même groupe de recherches sur 
le Rorschach, dirigé par Zéna Helman, pendant de nombreuses années.
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes
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7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir »
12/ Militantisme association
13/ Les points de défaillance au procès de Saint-Omer
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes
15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations
16/ Outreau : presse & justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux 
souvenirs, et non pas l'hypnose seule
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14 février 2008

14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation par François Louboff

Page 137
Mais quels sont les facteurs qui influencent la mémorisation d'un événement traumatique ?
Lorsqu'une personne est confrontée à un événement traumatique, associant terreur et impuissance, sa capacité d'attention est brutalement réduite et sa capacité à percevoir ce qui se passe autour d'elle est très altérée.
Non seulement les détails perçus dans la périphérie de son champ de Vision disparaissent, mais aussi le contexte de ce qui est en train de se produire ainsi que sa perception du temps.
Par contre, son attention est concentrée sur le centre de son champ de vision à l'instant présent. Cette focalisation extrême de l'attention s'accompagne de distorsions très importantes de ce qui est perçu et ressenti, provoquant une insensibilité à la douleur, un vécu de dépersonnalisation, un ralentissement du temps et une amnésie. C'est un état dissociatif.

Les événements traumatiques ont ce pouvoir de provoquer des réactions dissociatives. Certaines personnes peuvent se dissocier spontanément face à la terreur et d'autres vont « apprendre », involontairement, à provoquer cet état, en particulier si elles sont exposées de manière répétée à des événements traumatiques.
Ces altérations profondes de la conscience au moment du traumatisme expliquent certaines caractéristiques anormales des souvenirs traumatiques. En raison de cette attention très focalisée, les sensations vécues par le corps et toutes les autres sensations (odeurs, bruits, images) vont être profondément gravées en mémoire, alors que le contexte, le vécu du temps et le récit verbal vont être faiblement enregistrés.
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12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
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13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation par François Louboff

Page 136
La mémorisation des événements traumatiques contraste avec celle des expériences non traumatiques.
Elle possède des caractéristiques inhabituelles qui ont été observées et décrites par les psychologues et les psychiatres depuis plus d'un siècle.

Notre asymétrie cérébrale (nous avons deux hémisphères cérébraux dont les fonctions sont différentes et qui contiennent des systèmes de mémoire séparés) expliquerait que des expériences traumatisantes, menaçantes, survenant dans les premières années de la vie et stockées dans l'hémisphère droit ne soient pas connues de l'hémisphère gauche.
Le contexte de l'événement traumatique n'est pas mémorisé puisque l'hippocampe, responsable de la mémoire « autobiographique » (ou explicite), n'est pas encore assez fonctionnel (amnésie infantile). L'hippocampe étant incapable de mémoriser tous les détails d'un traumatisme précoce, il est normal que les souvenirs de ce traumatisme, lorsqu'ils réapparaissent à l'âge adulte, contiennent des erreurs.
Quant au cerveau gauche, il n'a presque rien à mettre en mémoire puisque l'enfant n'a pas développé de langage suffisant pour traduire en mots ce qu'il est en train de vivre. Le traumatisme n'étant pas verbalisé, il ne peut être situé sur la ligne du temps (nous verrons que c'est l'hémisphère gauche qui gère le temps). Les souvenirs traumatiques de l'enfance, mémorisés dans le cerveau droit sous une forme non verbale, sont constitués principalement d'émotions et de sensations corporelles. Ils sont inconscients et intemporels.
Après la petite enfance, l'hippocampe est enfin capable de jouer son rôle et de construire des souvenirs autobiographiques. Parmi les personnes qui ont souffert d'agressions sexuelles dans leur enfance, certaines vont garder en mémoire toute leur vie ce qu'elles ont vécu, alors que d'autres vont parfois l'oublier, partiellement ou totalement. Cet oubli peut durer plusieurs années, jusqu'à ce qu'un événement particulier (par exemple un film, un autre traumatisme, une discussion, une thérapie) vienne ranimer la mémoire de ces événements et les rendre de nouveau conscients.
La proportion de personnes qui ont affirmé avoir « retrouvé » leurs souvenirs traumatiques d'agressions sexuelles d'une manière « retardée » varie selon les études de 19 à 82 %.
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2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique

Au Sujet des Faux Souvenirs ou fausses allégations
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10/ Quand être victime devient une addiction par François Louboff

Page 105
Des vétérans de la guerre du Vietnam, souffrant d'un SSPT et soumis à une douleur physique expérimentale, ont mesuré cette douleur avant et pendant la projection d'un film décrivant les combats au Vietnam. On s'est aperçu que regarder le film leur rappelait leur propre traumatisme et réduisait la douleur de 30 %, ce qui équivalait à 8 mg de morphine2.
Cette expérience confirme ce que de nombreux auteurs ont observé depuis longtemps : des émotions fortes peuvent bloquer la douleur physique grâce à la libération d' opioïdes endogènes3. C'est ce qui explique que des soldats gravement blessés ressentent moins la douleur et ont besoin de moins d'analgésiques.
De la même façon, lorsque des victimes de traumatismes dans l'enfance sont réexposées à des situations stressantes ou qui leur rappellent leur traumatisme, leur taux de noradrénaline augmente, stimulant la mémoire et favorisant le retour dans la conscience des souvenirs traumatiques. Ces personnes fabriquent alors de grandes quantités d'opioïdes, qui ont le même effet qu'une prise de morphine.
2. Van der Kolk Bessel A., op. cit.
3. Les opioïdes ou opiacés endogènes sont des molécules assez voisines des dérivés de l'opium, comme la morphine, mais qui sont fabriquées par notre cerveau.
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8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
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8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation par François Louboff ?

Page 69
On appelle « PAN » (partie apparemment normale) la partie de la personnalité qui gère le quotidien, c'est-à-dire la personnalité ressentie par la victime comme sienne et perçue par l'entourage (bien que différente de celle qu'elle avait avant le traumatisme).
Elle cherche à éviter à tout prix les souvenirs traumatiques tout en continuant d'assumer les fonctions de la vie quotidienne.
Éviter les souvenirs traumatiques venant de la PE (partie émotionnelle) peut être considéré comme un moyen d'adaptation pour que le comportement de la victime dans la vie quotidienne ne soit pas trop compromis. C'est en ce sens que la dissociation possède une fonction défensive.

Comment la PAN peut-elle réagir pour éviter et fuir toute allusion au traumatisme ?

Elle peut l'oublier (amnésie), se protéger des émotions douloureuses (anesthésie affective), essayer de penser à autre chose (troubles de concentration), fonctionner sur un mode « économique » (diminution des besoins quotidiens et des désirs). Cet évitement peut aussi se manifester par des symptômes somatiques tels qu'une anesthésie, une paralysie ou une cécité.
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7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme par François Louboff

Page 68
On appelle « PE » (partie émotionnelle) celle qui continue à vivre le traumatisme comme s'il était toujours actuel, et qui tente de se protéger de signaux extérieurs perçus comme dangereux.
…/…
Cette partie de la personnalité contient les souvenirs traumatiques et ne cesse de vivre le traumatisme comme si c'était la première fois. Elle reste figée dans ce qu'on appelle la « reviviscence » du traumatisme et dans les processus mis en place pour se défendre contre de nouvelles menaces extérieures.
Ces souvenirs traumatiques sont très différents des souvenirs habituels chargés d'émotion, car ils impliquent une conscience de soi différente de celle vécue lors d'un banal souvenir autobiographique. Rappelons que les constituants des souvenirs traumatiques, c'est-à-dire les images, les sensations, les émotions, les comportements, sont stockés séparément. Cette fragmentation ne permet pas à l'événement traumatique d'être intégré en un souvenir autobiographique.
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5/ Dissociation ? mais de quoi ? par François Louboff

page 58
Lorsque tout fonctionne bien, chacun a conscience de soi, c'est-à-dire de son corps, de certains aspects de sa personnalité, de son histoire, de ses actes, ainsi que du monde extérieur, c'est-à-dire des autres êtres vivants, de son environnement et de la société dans laquelle il vit.
Cette conscience s'accompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et de connaissances qui sont contrôlés par ce que nous appelons le « moi ».
Il permet à notre psychisme de fonctionner d'une manière harmonieuse, c'est-à-dire comme un ensemble unifié et cohérent (j'ai conscience de mon existence dans ce monde, de mon identité, de mon histoire).
Pour être pleinement conscient de notre identité, nous avons besoin de notre mémoire (quelqu'un d'amnésique ne sait plus qui il est) et de notre aptitude à percevoir le temps qui passe, c'est-à-dire les notions de passé, présent et futur.
Grâce à notre sens de l'identité, nous sommes conscients de rester le même malgré nos différents changements physiques, psychologiques et sociaux dans le temps.

Dissocier signifie « séparer des éléments qui sont associés ».
Le mot « dissociation » est souvent utilisé seul ; mais nous devons le comprendre comme « dissociation des fonctions habituelles de la conscience », condensé en « dissociation de la conscience ».
Lorsqu'une fonction est dissociée, elle n'est plus sous le contrôle du moi et devient plus autonome. Soit elle ne répond plus aux sollicitations du moi, soit elle s'exprime sans que ce dernier n'en fasse la demande.

Les fonctions qui peuvent être dissociées sont :
• la mémoire (perte de la mémoire, c'est-à-dire amnésie totale de certains événements ou d'une période précise de la vie, ou au contraire surgissement de souvenirs indésirables),
• le contrôle des mouvements volontaires (paralysie d'une partie du corps ou apparition de mouvements incontrôlés),
• le sens de l'identité (perte du sens de l'identité ou expression de plusieurs identités différentes),
• et les sensations (anesthésie d'une partie du corps ou perceptions inhabituelles).
Soulignons que ces symptômes sont d'origine psychologique, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas liés à des maladies organiques.
La dissociation de la conscience implique une rupture de son fonctionnement harmonieux et adapté aux situations vécues.
.../...
Le moi, à un moment donné, devient incapable d'assurer la collaboration des différentes parties du psychisme vers un but commun (dans ce cas, avoir une relation sexuelle épanouie). Certaines parties (la mémoire et les sensations) font sécession, reprennent leur autonomie et s'expriment de manière indépendante, comme si elles se retrouvaient libérées du contrôle supérieur de la conscience.
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