« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

21 novembre 2009

RFI – État des lieux de la situation des droits de l'enfant dans le monde

Géopolitique, le débat

Samedi 21 novembre 2009

1/2. État des lieux de la situation des droits de l'enfant dans le monde


Par Marie-France Chatin
La con
vent ion des droits de l'enfant a vingt ans. Alors qu'aucune mesure n'oblige les États à respecter leurs engagements, la question de son efficacité se pose toujours.

Lionel Quille
Responsable de la commission enfants d’Amnesty International France
« Les enfants, dont les droits sont le plus bafoués, représentent 50 % de la population mondiale. Et songez qu’on estime aujourd’hui qu’il y a entre 250 000 et 300 000 enfants soldats à travers le monde ! »

Olivier Maurel

Observvatoire de la violence éducative ordinaire
La Fessée : questions sur la violence éducative, La Plage, 2004, préface par Alice Miller
Oui la nature humaine est bonne !
, Robert Laffont, 2009
Oe
dipe et Laïos : Dialogue sur l'origine de la violence, Editions L'Harmattan 2003

Bénédicte Jeannerod
Directrice de l'information et de la communication de l'UNICEF.
Expérience de levée de fonds en sollicitant le grand public ; capacité de maintenir son intérêt et sa participation sur le long terme (au-delà des collectes de fonds fondée sur l’émotion d’une catastrophe).

Docteur Muriel Salmona

Psychiatre-psychothérapeute.
Médecin-coordinateur de Victimologie
Présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie

Marie-France Chatin

Comment expliquer ce phénomène d’anesthésie.

Docteur Muriel Salmona

Alors en fait, ce phénomène d’anesthésie s’applique par des mécanismes neurobiologiques qui font que quand on met quelqu’un dans une situation de stress extrême – donc la violence génère une situation de stress extrême – entraîne une effraction, une sidération psychologique. Il y a un mécanisme en fait de production d’hormones de stress : l’adrénaline/cortisol qui entraîne un survoltage et qui entraine un risque vital. Du coup pour échapper à ce risque vital – le cerveau est bien fait – il disjoncte. Le fait de disjoncter entraine un anesthésie émotionnelle.

Donc quand quelqu’un subit une violence, il se retrouve anesthésie émotionnellement. Cette anesthésie s’accompagne d’une dissociation, d’un état de conscience altéré et particulièrement aussi d’une mémoire traumatique qui se développe, qui va être une mémoire émotionnelle qui reste en l’état. Elle va en fait ensuite revenir continuellement hanter la personne pendant des années en lui faisant reproduire la même détresse. Quand on a subi des violences, comme on est pas pris en charge, on est pas soigné, on est abandonné, le seul moyen s’est de s’auto-traiter, et s’auto-traiter c’est être dans des conduites d’évitement pour ne pas que cette mémoire traumatique explose ou alors être dans des conduites où l’on va essayer d’anesthésier cette mémoire traumatique.

On exerce soit des conduites à risque contre soi, les adolescents le font beaucoup avec les conduites à risque première cause de mortalité, ou des suicides automutilation soit en exerçant des violences contre autrui. Si on a plus faibles que soit, si on a des gens à sa disposition et qu’on a une éthique un peu catastrophique et qu’on a une société qui tolère ou nous permet d’attaquer certaines personnes, à ce moment-là, la violence est une drogue très efficace pour s’anesthésier en instrumentalisant les enfants et en les utilisant comme fusible. Et elle se reproduit ensuite de génération en génération, elle peut se reproduire. Toutes les personnes qui ont vécu des violences ne vont pas devenir violentes vis-à-vis d’autrui, mais il suffit que 10 à 20% de ces personnes là le deviennent parce qu’elles sont dans une position dominante et puis ça suffit parce que là elles vont l’être vis-à-vis de pas mal de personnes particulièrement de celles qui sont en situation de pas pouvoir se défendre : les enfants ou les femmes.

Bénédicte Jeannerod

Ce que dit Muriel Salmona renvoie aussi à la situation au niveau international des enfants soldats. Donc ils sont mobilisés dans différents groupes armés, et qu’on voit à quel point ils sont malléables par les personnes qui les mobilisent et qui peuvent devenir des machines à tuer extrêmement efficaces. Mais combien aussi quand les programmes de démobilisation ont les moyens de réinsérer ces enfants dans la société en recréant autour d’eux un environnement protecteur qui les reconsidère comme des enfants, à quel point l’enfant qui était hier machine à tuer peut redevenir un enfant qui peut se reconstituer.
Sur l’image de l’enfant dans nos pays riches comme dans les pays pauvres. On oscille un peu entre l’enfant quantité négligeable, c’est-à-dire qu’il y a énormément d’enfants qui meurent aujourd’hui de causes évitables et que nos États ne veulent pas voir et l’enfant graine de délinquant. Je pense qu’entre les deux – et ce que propose la convention internationale des droits de l’enfant – il y a probablement un individu à construire au-delà de ces images extrêmement négatives.

Marie-France Chatin
Dr Salmona, après ça je me tourne vers vous Oliver Maurel

Docteur Muriel Salmona
Je voulais rebondir sur la nécessité de soins. Les enfants qui subissent des violences extrêmes comme les enfants soldats et qui deviennent comme vous le dîtes des machines à tuer dans un état de dissociation total et d’anesthésie émotionnelle affective qui les rendent possiblement très dangereux, et puis c’est pareil pour tout ce qui est pédo-criminalité, pédo-pornographie. Des enfants qui sont vraiment transformés comme des automates en fait qui subissent et qui sont en anesthésie physique totale et qui sont donc vraiment en danger physique somatique. Tous ces enfants là, il faut absolument les repérer, les identifier et les soigner parce que le soin ça marche. C’est pour ça que je me bats. On peut faire quelque chose, on peut désamorcer et déminer cette mémoire traumatique et permettre aux enfants de ne pas avoir besoin de continuer de s’auto-traiter soit en se mettant en danger soit en mettant en danger autrui. Cette nécessité du soin ; les médecins actuellement en France ne sont absolument pas formés aux conséquences de la violence complètement inconcevable et donc les enfants sont abandonnés, tous les enfants qui subissent de la violence sont abandonnés et suivant un peu comment ils vont réagir. S’ils réagissent en se mettant en danger, on va leur tomber dessus en disant qu’ils font n’importe quoi – c’est les adolescents. Ceux qui réagissent en conduite d’évitement on leur dit : mais c’est pas possible de rester dans son coin, faut bouger et ceux qui réagissent avec des conduites dissociantes violentes, on leur tombe aussi dessus.

Marie-France Chatin
Olivier Maurel, les chiffres sont astronomiques concernant les enfants qui sont victimes de violences ordinaires. J’aimerais comprendre pourquoi finalement la société ou les sociétés tolèrent-elles le châtiment notamment corporel sur l’enfant.

Olivier Maurel
Les chiffres sont catastrophiques puisque toutes les enquêtes pratiquement montrent que ce sont 80 à 90 % des enfants qui subissent des violences éducatives pas toujours très intenses. Il peut y avoir simplement gifles et fessées, mais dans beaucoup de pays c’est aussi les coups de bâton, les coups de ceinture ou d’autres punitions très cruelles.

Comme l’ont dit mesdames Salmona et Jeannerod, il y a une grande insensibilité aux souffrances des enfants. Il faut se rappeler une chose : dans le hôpitaux on considérait que les enfants ne souffraient pas, que leur système nerveux n’était pas développé et donc qu’on pouvait leur faire des interventions à vif sans anesthésie et que ça n’avait pas de conséquences. D’autre part, insensibilité mais aussi ignorance. La violence éducative par exemple ne rentre absolument pas dans les statistiques de la violence. S’il vous arrive dans la rue d’être giflé par des jeunes gens qui s’amusent au happy slapping, gifler un passant comme ça, vous allez porter plainte, ça entre dans les statistiques de la violence, mais les gifles qui sont données quotidiennement à des millions d’enfants ne rentrent pas dans les statistiques de la violence. On en tient pas compte et ça c’est grave.

D’autre part, je voudrais rejoindre le Dr Salmona qui disait que tous les enfants qui ont subi des violences ne deviennent pas violents, mais il y a une autre conséquence de la violence infligée aux enfants c’est que beaucoup d’enfants apprennent à se soumettre à la violence et le Dr Salmona a parlé de la malléabilité, mais c’est que ça on l’apprend très jeune aussi. Certains enfants vont réagir par la provocation à la violence : « Même pas mal ! », mais d’autres, beaucoup d’autres vont obéir. Ça va devenir des enfants très obéissants, mais obéissant à quoi ? Quelquefois on dit : « Mais les enfants, il faut leur apprendre la loi, il faut leur apprendre à se comporter comme on doit se comporter en société, mais quand on frappe un enfant, on ne lui apprend pas à obéir à la loi, pas à son intelligence, pas non plus à sa conscience, on lui apprend à obéir à la violence. Et ça c’est quelque chose qu’il risque de garder jusqu’à l’âge où il sera adulte et où il obéira à des dictateurs comme on l’a vu hélas en Europe, des dictateurs qui tiennent des discours aberrants.
________________
Autres billets de Muriel Salmona
11 mars 2010 – Colloque "Viols et aggressions sexuelles : comprendre pour agir" Extrait intervention de Muriel Salmona
Elles crèvent d’être enfermées dans un no man’s land, de devoir se taire à cause de la honte et de la culpabilité
°/ La mémoire traumatique
°°/ Dissociation, mémoire traumatique et violences sexuelles : des conséquences graves sur la santé à soigner

Mécanismes des violences : quelles origines ?


Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo

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20 novembre 2009

Les Amours incestueux interprétés par Barbara

Catherine Lara écrit pour Barbara les deux musiques des chansons :
"Claire de nuit" et "Accident" pour l'album "Amours incestueux".


Mon amour, mon beau, mon roi,
Mon enfant que j'aime,
Mon amour, mon beau, ma loi,
Mon autre moi-même,
Tu es le soleil couchant
Tombé sur la terre,
Tu es mon dernier printemps.
Mon dieu, comme je t'aime.

J'avais déjà fait ma route.
Je marchais vers le silence
Avec une belle insolence.
Je ne voulais plus personne.
J'avançais dans un automne,
Mon dernier automne, peut-être.
Je ne désirais plus rien
Mais, comme un miracle,
Tu surgis dans la lumière

Et toi, mon amour, mon roi,
Brisant mes frontières,
Et toi, mon soleil couchant,
Mon ciel et ma terre,
Tu m'as donné tes vingt ans
Du cœur de toi-même.
Tu es mon dernier printemps.
Mon dieu, comme je t'aime.

J'ai toujours pensé
Que les amours les plus belles
Etaient les amours incestueuses.
Il y avait, dans ton regard,
Il y avait, dans ton regard
Une lumineuse tendresse.
Tu voulais vivre avec moi
Les plus belles amours,
Les amours les plus belles.

J'ai réouvert ma maison,
Grandes, mes fenêtres
Et j'ai couronné ton front,
J'ai baisé ta bouche
Et toi, mon adolescent,
Toi, ma déchirure,
Tu as couché tes vingt ans
A ma quarantaine.

Mais, à peine sont-elles nées
Qu'elles sont déjà condamnées,
Les amours de la désespérance.
Pour que ne ternisse jamais
Ce diamant qui nous fut donné,
J'ai brûlé notre cathédrale.
Les amours les plus belles,
Les plus belles amours
Sont les amours incestueuses.

Adieu mon amour, mon roi,
Mon enfant que j'aime.
Plus tard, tu le comprendras.
Il faut, quand on aime,
Partir au plus beau, je crois
Et cacher sa peine.
Mon amour, mon enfant roi,
Je pars et je t'aime.

Ceci est ma vérité,
Du cœur de moi-même...
__________________
Autres billets sur Barbara
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L'aigle noir par Philippe Grimbert
"l'Aigle noir" ou l'impair d'un père par Philippe Grimbert
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Une nouvelle loi sur la récidive est "inutile" et "démagogique"

LEMONDE.FR | 18.11.09 | 17h06 • Mis à jour le 18.11.09 | 18h07

Marie : Une nouvelle loi est-elle réellement nécessaire ? Ne faudrait-il tout simplement pas appliquer les lois déjà existantes ?
Serge Portelli : Cette loi est totalement inutile. Il n'y a pas un seul article à sauver. C'est une loi démagogique qui n'apporte rien à la prévention, au traitement ou à la répression de la délinquance sexuelle, si ce n'est des solutions purement répressives et nuisibles.
La loi de 1998, à l'élaboration de laquelle j'avais modestement participé, contient toutes les solutions nécessaires. Elle est surtout un modèle dans l'articulation qu'elle instaure entre le soin et la peine, entre le personnel médical ou soignant et les juges. D'autres lois se sont succédé, celle de 2005 qui a créé la surveillance judiciaire, celle de 2007 essentiellement sur les peines planchers, celle de 2008 sur la surveillance et la rétention de sûreté. Ces lois sont inutiles, elles n'apportaient rien par rapport au mécanisme instauré par la loi de 1998. C'est à partir de cette loi-là qu'il aurait fallu éventuellement travailler pour en compléter et en adapter le dispositif.
HR : Au regard du nombre de propositions de loi depuis quelques années, comme autant de réponses à des faits-divers, ne s'agit-il pas plutôt d'un constat d'échec sur les ambitions et le rôle des institutions et des organes socio-judiciaires ?
Il est bien évident que la multiplication des lois qui tendent toutes au même but signe un échec des nouvelles solutions qui sont préconisées. L'objectif était de toute façon illusoire. Il s'agit à chaque fois de faire croire qu'on va faire disparaître la délinquance sexuelle et la récidive. Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs promis en 2007 de "régler le problème de la récidive" avant l'automne. Nous en sommes loin. Nous en serons toujours très loin.
Il n'y a pas à proprement parler d'échec de la justice, ni du personnel soignant, ni des services sociaux. Simplement, la délinquance sexuelle est un risque permanent, il y aura toujours, hélas, des viols. Il y aura toujours des criminels en série. Le devoir de la justice est d'abord d'appréhender ces criminels, ce qui n'est pas une mince affaire, puis de les punir et de les traiter. Il ne faut pas oublier que les peines prononcées, notamment en matière de délinquance sexuelle, sont particulièrement élevées.
La France est d'ailleurs, et de loin, un des pays les plus répressifs en Europe en matière de délinquance sexuelle. N'oublions pas que chaque année, plus de vingt réclusions criminelles à perpétuité sont prononcées par les cours d'assises en France, et que les très longues peines se multiplient actuellement, posant d'ailleurs de graves problèmes dans la gestion du monde pénitentiaire.
Guest : Pourriez-vous préciser les différentes modifications qu'apportent cette loi aux dispositions en vigueur ?
Le projet de loi actuellement en discussion essaie, dans un premier temps, de contourner la décision du Conseil constitutionnel, qui avait déclaré la loi de 2008 sur la rétention de sûreté partiellement non rétroactive. Plusieurs dispositions sont proposées pour élargir le champ d'application de la surveillance de sûreté.
En effet, la révocation de cette mesure de surveillance de sûreté entraîne quasi automatiquement le prononcé d'une mesure de rétention de sûreté. Il s'agit donc d'un procédé destiné à accroître le champ de cette surveillance de sûreté qui, elle, peut s'appliquer rétroactivement pour des faits antérieurs à février 2008. On ne peut que déplorer cet acharnement à vouloir contourner une décision qui a été prise par le Conseil constitutionnel en application de principes de droit fondamentaux.
L'autre partie de ce projet de loi concerne ce que l'on a appelé improprement la castration chimique et que je préfère nommer traitement hormonal. Là encore, ces dispositions sont totalement inutiles. En effet, la loi n'a pas à entrer dans le détail des soins qui peuvent être prodigués soit en prison, soit à la sortie de prison. Il appartient au thérapeute qui a en charge le condamné de choisir librement l'un des types de soins possibles. Ce peut être une psychothérapie, un travail en groupe de parole, l'application d'une méthode cognitivo-comportementaliste, et, pourquoi pas, dans certains cas relativement rares, un traitement hormonal.
Les initiateurs de ce projet de loi essaient de faire croire à l'opinion publique que le traitement hormonal est une panacée. C'est évidemment faux. Absolument tous les spécialistes de la question le savent.
Antonin : Vous avez dit récemment que le taux de récidive criminelle pour viol était autour de 1 %. Pourtant, en tant que président de juridiction, vous êtes bien placé pour savoir que ce chiffre est déconnecté de la réalité, puisqu'il ne prend pas en compte la grande majorité des viols, requalifiés en "agression sexuelle". Le véritable taux de récidive pour viol n'est-il donc pas beaucoup plus élevé ?
Non, puisque même en prenant en considération les crimes de viol requalifiés en agressions sexuelles, on trouve un taux de récidive à peine plus élevé, de l'ordre de 4 %. Il existe un "chiffre noir" du viol et des agressions sexuelles. En effet, très peu de victimes en définitive déposent plainte. Mais ce chiffre noir existe pour l'ensemble de la délinquance, même s'il est vrai que, pour les atteintes aux personnes, les violences physiques comme les violences sexuelles, ce chiffre noir est plus important que pour les atteintes aux biens.
Eric : La rétention de sûreté n'existe-elle qu'en France ? Sommes-nous le seul pays à envisager de placer indéfiniment des psychopathes dangereux dans des centres médico-psychiatriques?
Il serait utile de discuter des termes employés dans votre question, notamment de la notion de psychopathie, qui est très largement discutée et contestée dans le monde médical. En tout cas, d'autres pays en Europe notamment connaissent des systèmes qui s'approchent de la rétention de sûreté.
Chat modéré par Alain Salles
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19 novembre 2009

Edwige Antier et Gérard Lopez : faire cesser la fessée ? LCP Assemblée nationale

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image
19 novembre 2009
J'accueille Edwige Antier député l'UMP et de Paris Pédiatre et auteur d'une proposition de loi et Gérard Lopez donc qui est psychiatre.
Comment ne plus être une victime ? Aux éditions l'esprit du temps.
Faut-il mettre la fessée sur la sellette ?
Qu'est-ce que vous pensez Edwige Antier vous avez déposé une proposition de loi sur ce thème vous appuyant sur le fait que de nombreux pays et européens 18 au total sont déjà passés à autre chose, l'ont proscrit. Et puis parce que vous pensez également, vous êtes bien placé pour le savoir que ce n'est pas vraiment un bon guide éducatif que cette fessée. Ça inculque en particulier aux enfants, que les conflits peuvent se régler par la force donc évidemment c'est pas terrible.
Faut-il pour autant parce que c'est le reproche qu'on vous a fait, faut-il pour autant écrire une loi pour cela ? est-ce qu'on peut pas laisser finalement les parents décider d'eux-mêmes et puis il y a un autre argument qu'on vous a aussi réservé, c'est un argument politique, vous l'avez aussi entendu : est-ce que c'est le moment ?
Alors que les députés se plaignent de trop travailler de suivre un train d'enfer sur les réformes de rajouter une réforme sur la fessé ?
Est-ce qu'il y avait une telle urgence ? Je vous pose toutes ces questions en vaux deux, je vais vous laisser 12 minutes face à face et seuls pour en parler. Je vous donne la parole.
Gérard Lopez : Je peux dire une chose ?
Présentateur : Oui, allez-y !
Vous avez dit : mettre la fessée sur la sellette : la sellette est un engin de torture, vous voyez déjà qu'on démarre mal.
[rire]
Présentateur :
Est-ce que la fessée est une torture à ce point là ?
Edwige Antier :
je pense qu'il est important que l'on déjà publiquement à tous les parents, tous ceux qui ont reçu une fessée, qui nous écoutent et qui ont la nostalgie de la bonne fessée, vous êtes un confrère, que la fessée n'éduque pas et qu'au contraire plus on lève la main, parce que par fessée, on dit en fait, c'est une proposition de loi pour abolir les châtiments corporels,
Gérard Lopez :
Ah ! c'est pas la même chose...
Edwige Antier :
La fessée, mais aussi la tape, la tape, le martinet dont se servent encore selon un sondage récent 17 pour cent des pères, on se croirait au Moyen Âge, eh bien non abolition. Parce que ça n'éduque pas. Les gens disent un oui mais pour l'autorité. Alors, cher confrère dites aux personnes ce quelles coups font. Est-ce que ça donne de l'autorité ? moi je dis non.
Gérard Lopez :
Au contraire je crois que la fessée est une chose à réprouver totalement surtout comme méthode d'éducation. Mais je crois qu'on ne doit pas donner une fessée. J'excuse légèrement la personne énervée qui donnerait une gifle. je trouve que c'est pas bien du tout et que ça mérite des excuses et des explications et que ça doit être parfaitement exceptionnel, mais les parents ne sont pas des saints.
Edwige Antier :
Si je m'énerve et que je vous donne une gifle, franchement c'est pas une façon de débattre, il faut absolument apprendre dès l'enfance que l'on parle avec des mots parce que nous sommes humanisés et non pas avec des gestes qui font mal.
Gérard Lopez :
je suis entièrement d'accord avec vous, la fessée c'est une méthode d'éducation à abolir à proscrire définitivement. Il y a eu une grande campagne dans le 93, notre consœur, enfin ce n'est pas une consœur, Alice Miller en a parler depuis bien longtemps et elle a raison.
Edwige Antier :
En appelant son livre : C'est pour ton bien, genre la bonne excuse.
Gérard Lopez :
Ah non, c'est pire que ça c'est pour ton bien, ça veut dire, c'est un message qui embrouille, c'est un message pervers. Moi je n'ai jamais vu qu'une gifle ça faisait du bien, je n'ai jamais vu ça.
Edwige Antier :
les enfants qu'est-ce qu'ils font ? Ils disent même pas mal !
ils s'endurcissent. Les parents me disent souvent : non mais Docteur, parce que dans la vie civile je suis pédiatre depuis deux générations, non mais docteur, pas souvent. Bien sûr pas souvent, mais ça veut dire que vous dites souvent tu vas t'en prendre une. Donc on vit sur la menace et l'enfant ne s'est jamais pourquoi aujourd'hui sa tombe est hier ça n'est pas tombée.
Gérard Lopez :
L'éducation c'est la parole, nous sommes d'accord, mais de là à en faire une loi ! alors que moi qui travaille dans la maltraitance, je vois qu'il y a tellement de carences, je vois qu'il n'y a que 2 pour cent des médecins qui font des signalements pour enfant maltraité. Je vois que le conseil de l'ordre réprime systématiquement beaucoup de certificats parce qu'ils seraient mal faits bien que, en théorie, si les médecins savaient faire un signalement, il n'y aurait pas de poursuite.
Edwige Antier :
Mais pour un médecin, c'est jamais un geste agréable de signaler.
Gérard Lopez :
surtout le défenseur des enfants, ce qui est absolument incroyable, la nouvelle loi de 2007 a fait disparaître les enfants maltraités. Quand j'ai commencé ma carrière, on a à peu près le même âge, il y avait l'enfant martyrisé, ensuite, il y a l'enfant maltraité, maintenant, il n'y a plus que l'enfant en danger ou qui risque de l'être.
C'est une régression énorme.
Edwige Antier :
alors que dans notre pays il y a 150 000 enfants qui sont placés hors de la famille des problèmes de mauvais traitement. Donc faire une loi. Donc là je reviens, cher confrère à la loi. Parce que, à partir du moment ou comme en Suède depuis 30 ans : ce que je propose c'est un article dans le Code civil non pas dans le pénal. On ne va pas envoyer les papas et les mamans en prison mais non. Dans le code civil, au moment des mariages nous lisons non seulement pour les marier mais aussi pour toute la tribu qui est présente, des grands-parents aux petits-enfants nous lisons l'article qui dit que l'enfant sera entendu et associé aux décisions qui le concernent non son image et son degré de maturité.
Gérard Lopez : très bien !
Edwige Antier :
Je veux qu'on ajoute et les châtiments corporels sont abolis.
Il est important que ce soit si, que ce soit promulgué. En Suède, on l'a mis sur les paquets de lait, sur la table du petit déjeuner.
Gérard Lopez :
je suis d'accord avec vous, mais il y a plus urgent !
Edwige Antier :
La loi permet en l'inscrivant dans le Code civil d'avertir tout le monde.
Gérard Lopez :
Mais il y a plus urgent ! il y a beaucoup plus urgent !
Edwige Antier :
Mais jamais nos enfants ont été si violents. Vous êtes d'accord que la violence appelle la violence ?
Gérard Lopez :
Bien entendu ! mais la violence, c'est la société, c'est notre société qui est d'une violence extrême.
Edwige Antier :
En commençant par les parents, qui croient bien faire les pauvres ne sont énervés, ils sont fatigués, mais voilà, ça n'éduque pas.
Gérard Lopez :
Mais notre société est extrêmement violente est de plus en plus répressive, et c'est vrai que la violence on doit la combattre à la source, donc les méthodes éducatives. Et c'est vrai que les parents sont importants, les professeurs, qui devraient prendre conscience qu'on ne doit pas humilier les enfants. On doit pas leur dire des choses épouvantables.
Edwige Antier : Tu es nul !
Gérard Lopez : Exactement !
Edwige Antier :
Et eux-mêmes se disent vite nuls, donc quand vous prenez des claques, par exemple, ça vous fait pas apprendre votre règle de trois, mais vous en concevez que vous êtes un enfant à problèmes comme ils me disent.
Gérard Lopez :
et on voit que c'est la violence qui permet de résoudre les problèmes et les conflits, donc on la répand de génération en génération. Donc, je' suis pour le débat, je crois qu'il a beaucoup plus urgent que la fessée, je crois que actuellement, il y a une régression des signalements, que l'on place beaucoup moins les enfants dans les foyers, que le familialisme est là, au premier plan.
Edwige Antier :
Mais oui, cher confrère, justement
Gérard Lopez :
Que Outreau a complètement...
Edwige Antier :
Ah oui, là on se rejoint : Outreau a fait qu'on écoute plus les enfants. Il faut une formation à l'écoute de l'enfant.
Gérard Lopez : Absolument !
Edwige Antier :
Maintenant, que j'arrive pédiatre et députée, c'est vrai que j'ai un gros chantier devant moi.
Gérard Lopez :
Attaquez-vous à ça. Pour la fessée, même si fessée du point de vu symbolique est très très importante.
Edwige Antier :
Dire à tout le monde on ne tape pas.
Gérard Lopez : Proposez une campagne !
Edwige Antier :
Mais déjà, je suis sûre que rien que ma proposition de loi par l'écoute qu'elle a eue à empêcher de fessées, j'en suis persuadée.Seulement il faut continuer, il faut l'inscrire dans la loi, parce que si vous faites une petite campagne et ça s'arrête, tout le monde oublie, c'est tellement facile de s'énerver sur les plus faibles. C'est-à-dire les enfants.
Gérard Lopez :
Bien sur, c'est un processus de domination. Notre société à tous les niveaux est une société de domination par la force. C'est quand même la loi du plus fort qui prédomine.
Edwige Antier : Les enfants du coup s'endurcissent.
Gérard Lopez : Et bien, ils adhèrent à ce système.
Edwige Antier :
Et voilà, d'ailleurs chacun dans son souvenir à une bonne fessée qui devient un peu la madeleine de Proust. Et alors, moi j'en ai reçu une, ça m'a pas fait tant de mal.
Gérard Lopez :
Qu'est-ce qui leur manque aux enfants une bonne guerre vous savez bien ?
Edwige Antier : Ah !
Gérard Lopez : On l'entend dire. C'est gravissime.
Edwige Antier :
Vous voyez comment un psychiatre, un pédiatre se rencontrent.
Sauf sur la loi hein !
Edwige Antier :
sauf sur la loi puisque vous vous dîtes qu'il y a des lois plus importantes à faire, mais moi je dis : le symbole de dire stop à la fessée, aux claques, à tous les châtiments corporels, déjà ça ramènerait beaucoup de calme.
Gérard Lopez :
Savez-vous qu'il y a 130 000 viols en France et il n'y en a que 7000 qui arrivent à la justice. Voyez, ça c'est un chantier énorme et ça...
Edwige Antier :
On nous dit la vie privée : et alors. Faut pas proscrire l'inceste si faut pas rentrer dans les foyers. Moi je dis, si c'est dans le code civil l'abolition des châtiments corporels, en Suède, on a pas traîné et pas en justice, simplement, lorsqu'on est violent, on est rappelé à la loi et ensuite on a un stage de parentalité positive. Et ça c'est important, l'adosser à un stage de parentalité positive. Apprendre à mettre des règles sans claques.
Gérard Lopez :
La loi proscrit la violence sur les enfants, ça s'appelle maltraitance.
Edwige Antier : Ah ! ah !
Gérard Lopez : Ça s'appelle coups et blessures etc.
>Edwige Antier :
Oui quand il y a dégâts physiques, cher ami !
Gérard Lopez : Pas du tout !
Edwige Antier :
Vous relisez bien le code, s'il y a une fracture, des dégâts corporels,
Gérard Lopez : Non ! non !
Edwige Antier :
Mais si c'est uniquement que vous donnez une claque ça n'est absolument pas interdit.
Gérard Lopez :
J'ai une bonne nouvelle pour vous Edwige ; le parquet de Bobigny a mis en place une cellule de psychiatres qui vont intervenir pendant la garde à vue, et il arrive assez souvent qu'on me pose la question de savoir s'il y a eu de la violence psychologique, car la violence psychologique peut s'accompagner d'un ITT. Donc ce ne sont pas que des violences physiques, ce sont aussi des violences psychologiques. Alors faîtes quelque chose pour qu'on reconnaisse mieux la violence psychologique.
Edwige Antier :
Ça sera très important, dans un deuxième stade parce que c'est un peu plus difficile. Il faut être psychiatre, c'est subtil, mais bien sur, il faut commencé par interdire ça, ensuite arriver à faire prendre conscience de ce qui est aussi les violences.
Gérard Lopez : Mais la loi interdit la violence.
Edwige Antier :
Avec dégâts, j'ai regardé, s'il y a des marques. Vous savez très bien que les médecins n'osent pas dire qu'un enfant est trop marqué, comme ils disent, parce qu'il risque d'être cassé complètement.
Gérard Lopez :
Il faut dire au conseil de l'ordre d'arrêter de faire des procédures disciplinaires aux médecins qui ne savent pas rédiger au conditionnel etc. Les médecins ne sont pas formés en médecine légale et c'est bien dommage.
Edwige Antier :
Et les médecins ont très peur d'attester de ce qu'ils constatent.
Gérard Lopez : Absolument !
Edwige Antier : Et une fois que la loi dit...
Gérard Lopez :
Ils sont terrorisés les médecins par le conseil de l'ordre.
Edwige Antier :
Terrorisés. Alors par le conseil de l'ordre ? Le conseil de l'ordre justement se repose sur l'idée qu'il ne faut pas entrer dans l'intimité des familles et c'est ce qu'on m'objecte. A non, mais alors si on ne peut pas donner ces bonnes fessées tranquillement.
Gérard Lopez : Ecoutez !
Edwige Antier :
Un enfant ça s'éduque et l'Etat a le droit d'édicter et d'abolir les châtiments corporels.
Gérard Lopez :
Le code de déontologie raconte des choses épouvantables : donc on a pas le droit de s'immiscer dans les affaires de famille, mais, le médecin en même temps est le défenseur des enfants, et il doit avec circonspection etc.
Edwige Antier :
Donc, il faut l'aider par la loi, vous voyez bien.
Gérard Lopez :
Non ! Il faudrait réformer. Vous savez qu'en Suède, puisque vous parlez de la Suède, le signalement d'un enfant violenté est obligatoire.
Edwige Antier : ici aussi, si vous ne dîtes pas qu'un enfant...
Gérard Lopez :
Pas du tout, il faut faire cesser la situation de danger parce qu'on s'expose à être remis en cause pour non assistance à personne en péril, mais pas pour un signalement car en France, le secret professionnel est absolu donc le médecin doit faire cesser...
Edwige Antier : C'est la nécessité
Gérard Lopez :
Et bien oui. Si vous êtes avocate, pardon excusez-moi, l'avocate des enfants, vous êtes députée, et bien écoutez faites en sorte qu'on réforme le code de déontologie. Car si les médecins comprennent que la fessée, que les violences aux enfants vont créer des tas de problèmes à l'âge adulte, des problèmes psychologiques, des problèmes de maladie, des problèmes de délinquances, des problèmes de prostitution, tous ces problèmes qui se fondent sur la maltraitance et si les médecins n'ont plus peur qu'on les forme et que le code de déontologie devient clair, je vous assure que vous aurez fait beaucoup plus qu'une loi sur la fessée.
Edwige Antier :
Ça va ensemble, ca se complète, et c'est vrai que je vais retrousser mes manches puisque j'ai la chance d'être députée, de pouvoir faire influencer les lois. Mais vous dîtes des choses vraiment très importantes et je suis contente, qu'un psychiatre, un expert rejoigne la pédiatre qui est à l'origine de la vie et vous, vous constatez les dégâts.
Gérard Lopez : Exactement.
Edwige Antier :
Je suis très heureuse d'entendre votre parole et moi je vais aller plus loin dans la loi, mais ça c'est parce que je suis députée.
Gérard Lopez :
Et bien, je vais vous contacter parce qu'on a beaucoup de choses à échanger je vous promets.
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Autres billets concernant les travaux du Dr Gérard Lopez

1/ La fascination est une des armes qu'utilisent préférentiellement les pères incestueux par Gérard Lopez
2/
Définition de la victime
3/ Les pères incestueurs
4/ Quelques conséquences sur les survivantes
5/ Psychologie des vampires
6/ La responsabilité
7/ La cure des incestueurs
8/ Le recours à la loi pour les victimes

• L’indemnisation = argent « sale » rarement utilisée à des fins constructives en cas d'inceste
• Accompagnement et approches psychothératpeutiques du stress

• Psychothérapie des victimes : Traitements, évaluations, accompagnement. Gérard Lopez, Aurore Sabouraud-Séguin, Louis Jehel

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17 novembre 2009

Mettre fin à la conspiration du silence par Lewis Engel & Tom Ferguson

Page 200

La plupart des personnes issues de familles dysfonctionnelles ont été victimes d'une conspiration du silence de la part de leurs parents, des membres de leur parenté, de leurs écoles et de la société en général. Jamais on n'a parlé, ni à l'intérieur ni à l'extérieur de la famille, du fait que le père ou la mère, ou les deux, souffraient d'une toxicomanie ou d'un problème psychologique, ou qu'un ou plusieurs enfants ont été agressés à plusieurs reprises.

La conspiration du silence a plusieurs effets :

• Elle permet au père ou à la mère dysfonctionnels de maintenir leur pattern négatif sans jamais faire face à leur problème.

• Elle contribue à renforcer l'impression qu'a l'enfant que ses sentiments de tristesse, de colère et de crainte sont sans fondements.

• Elle donne aux enfants de familles dysfonctionnelles l'impression qu'ils sont responsables de tous les malheurs qui se sont produits.

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Autres billets sur le livre La culpabilité de Lewis Engel & Tom Ferguson

La culpabilité, ne plus la subir, ne plus en souffrir

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15 novembre 2009

Contre les fausses allégations : Ma vie en pièces détachées par Maritée préface de Muriel Salmona

Maritée (pseudonyme)
Ma vie en pièces détachées
Date de publication : novembre 2009
Prix (TVA incl.) : € 20,68

Prix (TVA excl.) : € 19,51
Section : Publications Littérature
Catégorie : Autre Langue : français
Nombre de pages : 342
Impression : Noir & Blanc

Introduction de la Docteure Muriel Salmona
.../... Puis comment, face à des souvenirs d’inceste effroyables qui sont revenus petit à petit, elle a mené une véritable enquête pour comprendre son histoire, pour retrouver sa mémoire.
Dans cette recherche de vérité, ceux qui l’ont aidée ont été très rares, et c’est grâce uniquement à son obstination qu’elle a fini par rencontrer des thérapeutes compétents.
Par contre, nombreux sont ceux, à commencer par sa famille, qui ont tout fait pour entraver sa route et entretenir un déni massif. La théorie délétère des « faux souvenirs » a été leur arme principale. Nombreux sont ceux aussi, qui par méconnaissance, insuffisance de formation, n’ont pas pu l’accompagner dans son désir de justice et de réparation.
Et si à certains moments le désespoir et l’envie d’en finir l’ont submergée, elle n’a jamais renoncé à la vérité et ce n’est qu’en coupant toute relation avec sa famille incestueuse qu’elle a pu enfin se libérer, reconstituer son histoire et entamer un processus de guérison.
Avec son incroyable force de vie et son talent, Maritée offre à toutes les victimes d’inceste, à leurs proches et à tous les professionnels, la possibilité d’entendre une voix authentique qui leur parle enfin de ce que peut vivre au jour le jour une survivante de l’inceste dans une solitude effroyable et dans une culpabilité destructrice.
Pour faire l'acquisition du livre, cliquez sur la couverture

Autres billets par Maritée
1/ Ma vie en pièces détachées
2/ Thèse du syndrome des faux souvenirs d'inceste par Maritée
3/ Victime d'inceste et de la théorie du syndrome du faux souvenirs
4/ Souvenirs d'inceste retrouvés à l'âge adulte

Autres billets sur les fausses allégations ou faux souvenirs
18/ Il s'avère que c'est l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux 
souvenirs, et non pas l'hypnose seule
19/ Le point sur les fausses allégations ou faux souvenirs par Marie-Christine Gryson Dejehansart
Au Sujet des Faux Souvenirs ou fausses allégations
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12 novembre 2009

5/ Hommage à la documentariste Carole Roussopoulos aux 12e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)

Hommage à la documentariste Carole Roussopoulos aux 12e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)
Correspondante : Rencontres internationales du documentaire de Montréal
Publié le : 11/11/2009 à 21h21
Catégorie : Actualités - International
À l'annonce du décès de la cinéaste militante Carole Roussopoulos, cofondatrice, avec Delphine Seyrig et Ioana Wieder, du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris, les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) organisent un hommage spécial à celle qui disait : « Ma caméra est là pour ceux qui ont juste le droit de se la boucler ».
Cette cinéaste, née à Lauzanne (Suisse) en 1945, mettait depuis 1969 sa caméra au service de la condition des femmes. Dans le Paris en ébullition de 1968, elle s'engage d'abord résolument dans les luttes sociales de l'époque, et en plus du débat féministe, elle donne la parole aux homosexuels ou aux ouvrières d'usine. Dans les années 1970, elle crée le collectif Vidéo Out. Elle filme alors des personnes touchées par les violences les plus taboues, de l'inceste au viol conjugal, et jusqu'aux victimes de l'excision en Suisse. Avant son retour en Suisse en 1995, elle passera les dernières années de son séjour parisien à diriger le cinéma d'art et d'essai L'entrepôt, créé sous l'impulsion de Frédéric Mitterrand.
Elle est décédée des suites d'un cancer, jeudi le 22 octobre, à Molignon dans son Valais natal qu'elle avait rejoint avec son mari depuis une douzaine d'années. Le 9 octobre dernier, le Valais lui remettait un Prix culturel pour l'ensemble de son oeuvre, riche de quelque 120 films. L'an dernier, le festival Visions du réel à Nyon, lui rendait un hommage avec une rétrospective de ses principales oeuvres.
La séance hommage aura lieu le mercredi 18 novembre, 14h30, à la salle Fernand-Seguin de la Cinémathèque québécoise, au 335 boulevard de Maisonneuve Est, dans le cadre des 12es RIDM. En présence de Catherine Goupil, cinéaste et critique, et avec la collaboration de Réalisatrices équitables et de FCTNM. Billets en vente à la Billetterie Articulée, 514-712-2335 ou 1 866 844-2172.
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Autres billets sur Carole Roussopoulos et sur La conspirations des oreilles bouchées
1/ La conspiration des oreilles bouchées – inceste 1988
2/ L'Inceste la conspiration des oreilles bouchées – CASB

3/ Hommage à Carole Roussopoulos
4/ Documentariste – le Monde – 28 octobre 2009
6/ Soirée d'hommage à Carole Roussopoulos – 22 janvier 2010
7/ Le beau vice : Carole Roussopoulos, la vidéo "out" par Elisabeth Lebovici

3 juin 2010 – Gaillac : film et débat sur l’inceste après le film : La conspiration des oreilles bouchées

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