« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

30 mai 2010

7/ 3 juin 2010 – Gaillac : film et débat sur l’inceste après le film : La conspiration des oreilles bouchées

L’association Paroles de femmes présente le film “L’inceste, la conspiration des oreilles bouchées ce jeudi 3 juin à 20h30. Ce film sera suivi d’un débat.

Ce film réalisé par Carole Roussopoulos, Claudine Le Bastard et Simone Iff présentent quatre femmes qui vont témoigner des viols commis par leur père ou grand-père. Ces femmes luttent pour franchir le pas, se dire que l’on n’est pas coupable, que l’on doit pas garder ce crime caché pour soi. L’injonction “il faut oublier” est rejetée par toutes. Le montage tisse un argumentaire progressif atour de la question de l’inceste sans didactisme, mais avec force.

Un débat suivra animé par Marie-France Casalis, porte-parole du “collectif féministe contre le viol”.

Le jeudi 3 juin à 20h30

  • Salle Dom Vaysette, 3 rue Cavaillé Coll
  • Entrée gratuite

Plus d’information sur l’association Parole de femmes :

40, place d’Hautpoul – 81600 Gaillac
tél. : 05.63.81.22.65.
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Autres billets sur La conspiration des oreilles bouchées
1/ La conspiration des oreilles bouchées – inceste 1988
2/ L'Inceste la conspiration des oreilles bouchées – CASB
4/ Carole Roussopoulos, documentariste – le Monde – 28 octobre 2009
5/ Hommage à la documentariste Carole Roussopoulos aux 12e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)
6/ Soirée d'hommage à Carole Roussopoulos – 22 janvier 2010
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28 mai 2010

5/ Le compagnon de Camille Laurens dans Romance nerveuse

Page 74
Ruel me soufflait son plan pour la suite, un plan sans fioritures qui consistait en un silence définitif – je dis bien : dé-fi-ni-tif, tandis que je composais le message que j'allais t'adresser aussitôt rentrée, « Luc, ce n'est pas de sexe que je suis demandeuse, c'est de désir. Mais tu ignores ce que c'est: tu n'as pas de désir, ni de moi ni de rien. Tu as des rêves, ou des besoins, ce n'est pas pareil. Tu t'ennuies, c'est tout. Rien ne tient longtemps, et tu démolis tout ce qui pourrait tenir.
Il y a eu quelques moments, malgré tout, entre toi et moi : je cherche à les retrouver, admettons, mais je ne suis pas de taille à lutter contre l'incommensurable ennui que t'inspire le monde assez vite. C'est ce qui m'angoisse – l'impuissance où je suis envers toi. Un jour, j'ai eu un enfant mort entre les bras, alors je sais ce qu'est l'impuissance, je ne ressuscite pas les morts.
Restons-en là, donc.
J'ignore pourquoi tu agis ainsi, pourquoi tu te fais haïr, pourquoi tu repousses ce que tu attires. Mais quoi que ce soit, on devrait avoir honte de se rendre si malheureux. Camille », Ruel trouvait ça long, inadapté, grotesque, je l'écrivais en écoutant sa chanson, tu sais j'suis pas un mec sympa et j'merde tout ça tout ça, tu sais j'ai pas confiance j'ai pas confiance en moi, tu sais j'ai pas d'espérances, je surlignais « restons-en là », suppr, je le remettais, je l'enlevais, j'appuyais sur Envoyer, tu me répondais presque aussitôt : « Je t'en prie, ne me lâche pas, car c'est en tombant que je mourrai », j'avais peur que ton ivresse te pousse au drame, que tu te supprimes comme on presse une touche, « Je ne peux pas te lâcher, c'est bien le problème », tapais je, tu ne veux pas, corrigeait Ruel, tu es une sombre gourde avec un QI de shampouineuse à Villard-de-Lans, j'envoyais d'un clic, il est malheureux, répliquais je, j'éprouvais son malheur dans mon corps, il m'étreignait comme s'il était mien, j'étais solidaire d'une souffrance intime qu'aucune avanie n'effaçait, la bête à mes yeux ne masquait pas l'ange, j'argumentais ainsi dans le vide, Ruel se taisait, il était très tard, elle en avait assez d'être mon esprit, quelle humiliation, assez de traîner le boulet de ma sentimentalité bouchée à l'émeri, je faisais honte à toutes les femmes, tu allumais une cigarette, « merci, mon amour, à demain, dors bien », concluais-tu,
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Autres billes sur le livre Romance nerveuse de Camille Laurens
1/ Romance nerveuse

2/ Dissociation

3/ Camille Laurens avait neuf ou dix ans
4/ La jumelle insensible

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26 mai 2010

Affaire Polanski, suite par Sandrine Goldschmidt pour A dire d'elles

In féminisme, politique on mai 19, 2010 at 4:23

Par Sandrine Goldschmidt

Etant donné l’avalanche de commentaires de presse depuis samedi, il me semble important d’en reparler.

Surtout après la confession de Charlotte Lewis, parue dans le Daily Mail.

Et des articles, ici et là, tentant de la discréditer a priori.

Ce n’est pas, de ma part de l’acharnement contre un réalisateur de 77 ans, Roman Polanski. C’est un ras-le-bol du système, qui fait qu’il y a un vrai acharnement à vouloir défendre Polanski coûte que coûte (BHL, Finkielkraut, Cannes…).

D’abord, je le redis, Polanski n’a pas été jugé pour l’affaire Charlotte Lewis. Forcément, puisqu’elle vient seulement de sortir, cette affaire. Est-ce qu’elle ment ? Je n’en sais rien. Je ne me prononce pas, mais je n’ai surtout pas de raison a priori de penser qu’elle affabule. Donc, la justice doit statuer s’il y a une affaire et faire son boulot.
Ce que l’on peut commenter en revanche, ce sont les commentaires. Je vais les citer, et après je les reprendrai un par un.

1/ L’ex-actrice se contredit. Elle dit autre chose aujourd’hui que ce qu’elle a dit à une époque où elle travaillait encore avec Polanski.

2/ Elle a essayé de rentrer dans le milieu du cinéma à 14 ans, puis à 16 elle a rencontré Polanski. Elle a posé pour Play Boy. Elle a couché avec beaucoup d’hommes (peut-être parfois pour obtenir des postes, et parfois pour de l’argent). C’est dont elle qui l’a cherché. Elle n’est pas innocente, de quoi se plaint-elle ?

3/Pourquoi est-elle retournée dans l’appartement si ça ne lui plaisait pas ?

4/ Il lui a demandé son âge, elle était à l’âge du consentement, il n’a rien fait de mal.

1/ Elle se contredit. Faut-il revenir sur le fait que souvent, la victime, est sous influence, sous emprise, voire terrorisée, mineure ou pas, et qu’elle a honte, qu’elle se croit coupable ? (un petit tour du côté du blog de Muriel Salmona, la présidente de l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie, pour en savoir plus). C’est exactement ce que dit Charlotte Lewis : “je sais que j’aurais dû me tourner vers les autorités compétentes à l’époque, mais j’avais peur et honte. Je pensais d’une certaine façon que c’était de ma faute“, ce qui d’ailleurs, vient à peu près confirmer tout ce que je disais dans mon papier précédent, et que toutes les victimes de violences sexuelles, ou conjugales, adultes et enfants, expliquent ! En plus, il semble clair qu’elle était à Hollywood et droguée, ces déclarations de l’époque peuvent aussi être soumises à caution pour cette raison pure et simple. Du coup, je réponds de suite à la troisième affirmation. Pourquoi est-elle retournée dans l’appartement si ça ne lui plaisait pas…là encore, si ce qu’elle dit est vrai, ce n’est pas si étonnant. Oui, elle voulait réussir, oui, elle a été terrorisée, oui, elle n’a pas su/pu dire non…

Pour lire la suite de l'article , cliquez sur le logo de A dire d'elles


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24 mai 2010

14/ Un corps que je ne connais pas – dans Reconstruction par Jeanne Cordelier

Page 182
Quand ma tête me laisse un répit, je la partage avec Val, sur la terrasse, le soir au clair de lune. Souvent le corps suit, un corps que je ne connais pas, que je découvre. Outre m'avoir désenvoûtée, Val m'aurait-il en plus fait expulser ma petite fille, m'aurait-il délivrée de la petite vicieuse, qui a onze ans a eu son premier orgasme avec son père? L'enfant gâtée, comme se plaisait à m'appeler mon amie Albine, en appuyant bien sur gâtée. Comme le fruit et pourquoi pas la pomme, l'éternelle Ève, la dévoyée, la débauchée avide de sexe, la quintessence du vice? Oui, si à son insu en me trompant Val avait mis une femme au monde? S'il m'avait aidée à mettre bas mon petit monstre, ma part gâtée ... celle qui laisse un mauvais goût dans la bouche et qu'on recrache avec une grimace. Si Val m'avait tout simplement ouvert les yeux sur le fait qu'il n'y a pas d'amour heureux, mais qu'il en est de perdurables.
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Autres billets sur Reconstruction de Jeanne Cordelier
1/ Reconstruction de Jeanne Cordelier

2/ Jeanne Cordelier : Le second souffle

3/Préface de Benoîte Groult pour Reconstruction

4/ Reconstruction de Jeanne Cordelier par le Figaro.f
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5/ Aimer après l'inceste

6/ Comment devient-on après les viols par inceste ?

7/ Famille d’incestueurs

8/ La peur de l'abandon après une enfance violée

9/ Rêve d'inceste
10/ Le vide, l'abandon
11/ Dissociation
12 / Avec les viols par inceste, les échecs scolaires
13/ La chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun : Jeanne Cordelier. L’autobiographie nécessaire
15/ "Reconstruction", de Jeanne Cordelier : la deuxième vie de Jeanne Cordelier par Fabienne Dumontet
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23 mai 2010

3/ Camille Laurens avait neuf ou dix ans dans Romance nerveuse

Page 36
Le soleil brillait sans chaleur. Du haut de mon rocher, je voyais en contrebas le muret du potager où mon, c'était le frère de mon grand-père, j'avais neuf ou dix ans, je ne sais plus, en tout cas mon grand-père était déjà mort parce que, de son vivant, personne n'aurait osé, ce qui est sûr aussi, c'est que j'étais petite – « Tu n'as pas encore de poils », avait-il remarqué –, chaque jour il me demandait de l'attendre devant le potager où il jardinait, je restais là sans oser désobéir, souriant de peur de le fâcher, jusqu'à ce qu'il vienne. J'avais fini par tout raconter à ma grand-mère, elle m'avait fait baisser la voix – « surtout, ne le répète jamais ! Tu m'entends ? Jamais » –, j'avais mis trente ans à l'écrire, et encore, quelques lignes au détour d'un chapitre, un cavalier maudit dans mon carnet de bal, c'était en souvenir de cette scène que Georges m'avait demandé de faire la voix off de son film, j'en étais certaine, et non, comme il me l'avait dit, parce qu'il aimait ma voix, simplement, mais je me trompais peut-être.

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Autres billes sur le livre Romance nerveuse de Camille Laurens
1/ Romance nerveuse

2/ Dissociation

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22 mai 2010

Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo 

Voici un article écrit pour notre site par Mr Vincent Corbo du laboratoire de recherche sur le trauma de l’université Mc Gill de Montréal.
C’est peut-être un peu compliqué à comprendre mais accrochez-vous... C’est vraiment important de savoir ce qui se passe au niveau neurologique quand on est confronté à une situation effroyable. et la recherche n’en est qu’à ses débuts.
Neuro-imagerie et Etat de Stress Post-Traumatique Par Vincent Corbo M.Sc. Centre de Recherche de l’Hôpital Douglas, Division de Recherche Psychosociale, Groupe d’Imagerie Cérébrale Université McGill, (Québec) Canada Depuis quelques années, la recherche s’est penchée sur les éléments neurobiologiques relatifs aux États de Stress Post-Traumatique (ESPT).
Plusieurs de ces éléments ont été examinés avec attention par le biais des techniques de neuro-imagerie structurelle (qui montre la structure du cerveau : CT-scan et Imagerie par Résonance Magnétique, ou IRM) et fonctionnelle (qui montre le cerveau en activité : PET-scan et Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle, ou IRMf). Le but de ces études est d’identifier si les modifications enregistrées dans la structure ou le fonctionnement du cerveau des personnes victimes de traumatisme psychique et souffrant de troubles de stress post-traumatiques sont la conséquence des psychotraumatismes ou un facteur prédisposant la personne à ces troubles. Afin de bien comprendre ces recherches, il nous faut au préalable décrire le modèle théorique de la peur et du stress.

1. Un Modèle Neurobiologique de l’ESPT : Le conditionnement et l’extinction.
Un des modèles neurobiologiques de l’ESPT conçoit les psychotraumatismes comme une forme de conditionnement de peur.
Le conditionnement est une forme d’apprentissage par association de deux (ou plusieurs) stimuli.
Par exemple, on présente une lumière verte à un rat, suivie immédiatement d’un choc électrique. Le rat apprend parfois après un seul test, à avoir peur de la lumière verte. Si le conditionnement est assez fort, la réaction de peur (ou dans le cas d’individus traumatisés, la détresse émotionnelle) peut apparaître lors de la présentation d’un stimulus différent mais apparenté au stimulus traumatisant original. Il pourrait s’agir, pour suivre dans le même exemple du rat, de la présentation d’une lumière bleue.

Une autre notion théorique importante est celle d’extinction.
C’est le processus par lequel l’animal (ou l’individu) apprendrait à ne plus avoir peur.
Cet apprentissage se fait en présentant un grand nombre de fois le stimulus redouté (par exemple la lumière verte) sans qu’aucune conséquence négative ne survienne (le choc électrique).
Il est essentiel de comprendre que ceci n’est pas un oubli de l’ancienne association, mais bien un nouvel apprentissage qui prime dorénavant sur l’apprentissage antérieur.
Si le processus d’extinction réussit et est consolidé dans la mémoire, la réaction de détresse/peur disparaît. Naturellement, il est plus facile de traiter la peur qu’inspire une lumière verte chez un rat que de traiter la détresse et l’angoisse qu’inspire la série d’éléments qui nous rappelle un événement traumatique.

Il y a donc deux phases cruciales dans le conditionnement de peur, soit l’acquisition et l’extinction. Ceci compose le modèle neurobiologique de l’ESPT, qui prédit que le trauma est en fait un conditionnement de peur qui résiste au processus d’extinction.
L’évitement est un aspect crucial du processus de consolidation de l’apprentissage de peur car il ralentit l’extinction. En évitant les stimuli qui provoquent les réactions de détresse et de peur, l’individu évite les sensations, les émotions négatives reliées au souvenir du trauma (par exemple aller à l’endroit où on a eu « son » accident ) et ne peut apprendre que la présence du stimulus n’est pas toujours signe de menace.
Ainsi, les personnes qui évitent des éléments rappelant le traumatisme ne peuvent intégrer de nouveaux apprentissages par rapport au traumatisme. Les statistiques épidémiologiques supportent indirectement ce modèle neurologique, en indiquant que, la plupart des victimes qui sont exposées à un événement traumatique, qui ont un ESPT un mois après l’événement traumatique, et qui acquièrent ce conditionnement, se remettent naturellement de cet événement.
Cela voudrait donc dire que la plupart des victimes ont un processus d’extinction efficace.
Par contre, il demeure un pourcentage d’individus qui n’ont pas ce processus d’extinction, qui pratiquent l’évitement et chez qui l’apprentissage de peur se consolide et se généralise.
Les études neurologiques, tentent donc d’examiner quelles structures neurologiques (quelles parties du cerveau) sont impliquées dans le conditionnement de peur et dans l’extinction afin de pouvoir intervenir au bon moment avec une thérapie appropriée qui sache aider le processus naturel d’extinction et empêcher le réflexe d’évitement.
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Autres billets sur les conséquences traumatiques
11 mars 2010 – Colloque "Viols et agressions sexuelles : comprendre pour agir" Extrait intervention de Muriel Salmona
RFI – État des lieux de la situation des droits de l'enfant dans le monde
Autres billets du Docteur Muriel Salmona
°/ La mémoire traumatique
°°/ Dissociation, mémoire traumatique et violences sexuelles : des conséquences graves sur la santé à soigner
Elles crèvent d’être enfermées dans un no man’s land, de devoir se taire à cause de la honte et de la culpabilité
Mécanismes des violences : quelles origines ?
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19 mai 2010

Inceste: la loi du silence par Frédéric Berg

Mercredi 19 mai 2010
f.berg@charentelibre.fr
La loi et le silence. L'inceste est le crime le plus secret, le plus tabou. Pourtant, deux millions de Français sont ou ont été victimes d'inceste selon une récente enquête Ipsos mandatée par l'Association internationale des victimes de l'inceste (Aivi). L'enquête révèle également que seuls 30 % des victimes portent plainte. Et ces chiffres cachent une vérité plus dramatique encore puisqu'ils ne tiennent pas compte de celles et ceux qui se taisent pour éviter de dynamiter leur famille, parce qu'ils ont peur, honte ou qu'ils veulent oublier.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de Charente libre blog
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18 mai 2010

Démagogie dangereuse : Agressions sexuelles par Martine Warnier

"Savoir pour mieux combattre l'inceste" Victime d'agressions sexuelles par son propre père, la Lilloise Martine Warnier vient de sortir "Ma victoire sur l'inceste", une réédition de son premier livre. Rencontre avec une femme sensible et engagée qui souhaite briser l'un des tabous de la société actuelle.
Contrôleuse des douanes et militante syndicale, Martine Warnier s'est toujours battue pour prétendre à la stabilité. Mais la Lilloise a beaucoup souffert de l'inceste commis par son père à l'âge de 7 ans. Cette blessure enfouie l'a rendue malade pendant 45 ans. Urticaire et dépression faisaient partie du quotidien. Lorsque sa fille lui a avoué en mars 2001 avoir été victime d'agressions sexuelles par la même personne durant son enfance, les plaies se sont réveillées. Mme Warnier a alors décidé de briser le tabou et de porter plainte.
10 000 euros d'indemnités Justice a été rendue. En 2005, un tribunal civil lui accorde 10 000 euros d'indemnités. La même année, le père de Martine Warnier (aujourd'hui décédé) est condamné à 3 ans de prison avec sursis pour le viol d'une autre personne, en l'occurrence sa propre nièce. « La société a enfin reconnu ses actes », déclare la quinquagénaire. « Mais aucun suivi n'a été fait pour qu'il ne recommence pas », regrette-elle, pointant du doigt le manque de moyens des institutions.
Cette sortie au grand jour du déni a par ailleurs valu à Mme Warnier plus de trois ans de psychothérapie : « je me suis bagarrée pour me construire ». Avec le soutien de son entourage, la femme s'est investie d'un devoir de parole retranscrit dans son livre, "Le Vieux", retravaillé et réédité il y a peu sous le nom de "Ma victoire sur l'inceste". « Je souhaite raconter la souffrance pour mieux l'expliquer. J'ai envie d'aider d'autres personnes », explique-t-elle.
Ce témoignage citoyen vise essentiellement à délivrer du « savoir pour mieux combattre l'inceste ».
A cet égard, Martine Warnier œuvre aussi en tant qu'animatrice pour l'association AIVI.

Références : Martine Warnier et son livre "Ma victoire sur l'inceste", éditions AàZ Patrimoine
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