« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

19 août 2005

Faut-il inscrire l'inceste dans le Code pénal ? – 2005

Faut-il inscrire l'inceste dans le Code pénal ?
propos recueillis par Julien Jeanneney,
publié le 22/08/2005
mis à jour le 19/08/2005
Circonstance aggravante dans les affaires d'agression sexuelle contre des mineurs, l'inceste n'est pas incriminé en tant que tel. La chancellerie y réfléchit.
_________________________
Pour
Christian Estrosi Ministre,
auteur d'un rapport sur l'inceste

« Ce n'est pas une infraction sexuelle comme les autres »
Les associations de victimes d'abus sexuels critiquent à juste titre le fait que le terme « inceste » n'apparaisse jamais dans les actes d'accusation. En effet, notre droit actuel ne reconnaît pas l'inceste comme une infraction pénale régie par un dispositif législatif propre, mais seulement – sans que le mot soit prononcé – comme une circonstance aggravante de crimes ou de délits sexuels commis contre un mineur. En outre, le Code pénal n'a pas suivi les modifications du Code civil : par exemple, le Pacs n'étant mentionné nulle part dans le Code pénal, il ne peut pas être cité en cour d'assises, dans des affaires d'inceste notamment. Une mise à jour semble donc nécessaire.
Pourquoi inscrire le terme « inceste » dans le Code pénal ? Parce que ce n'est pas une infraction sexuelle comme les autres. La relation incestueuse se situe dans le milieu de référence de notre société : la famille. Je considère à ce titre que la société se doit de défendre l'enfant, être vulnérable, dépendant et sans défense, et de réprimer l'inceste pour ce qu'il est stricto sensu: non pas un viol avec des circonstances aggravantes, mais une horreur qui se place d'emblée sur le plan de la perversion des relations familiales.
Aujourd'hui, il est rare que les auteurs d'actes incestueux soient acquittés en cour d'assises. Mais cela arrive et c'est insupportable. Afin de ne plus voir des adultes incestueux condamnés pour de simples atteintes sexuelles, il est nécessaire de considérer que l'inceste est présumé forcé sur tout mineur jusqu'à preuve du contraire.
Certains parleront de moralisation, de décision sécuritaire. Mais, quand un enfant est victime d'un acte aussi immonde qu'un inceste, il faut que le dispositif judiciaire puisse réagir de façon adéquate. Ce qui est moralement atroce doit être réprimé en tant que tel. Il faut caractériser nommément l'inceste comme un délit ou un crime sexuel singulier révoltant, pour permettre aux victimes d'avoir le sentiment que ce qu'elles ont subi n'est pas juste un viol. Entre un viol et un viol incestueux, il y a une différence de nature, pas seulement de degré. Pouvons-nous dès lors supporter que l'inceste ne soit qu'une circonstance aggravante du crime ou du délit sexuel, alors qu'il devrait être le crime lui-même ? L'inceste est particulièrement choquant lorsqu'il frappe un mineur. Les relations incestueuses entre adultes, bien que moralement choquantes, ne tomberaient donc pas sous le coup de cette loi.

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Contre
Laurent Bedouet Juge d'instance,
membre du bureau national de l'Union syndicale des magistrats
« Il y aurait confusion entre le droit et la morale »
L'insertion du terme « inceste » dans le Code pénal ne va rien changer pour la victime. Pis, elle va déstabiliser un système efficace. Pourquoi diable bouleverser les textes quand ils permettent aux magistrats de bien travailler ? J'ai été longtemps juge des enfants et j'ai pu constater que les auteurs d'actes incestueux sont punis comme il convient. La législation française actuelle est d'ailleurs l'une des plus sévères en Europe, dans un pays où, en moyenne, 20% des arrêts des cours d'assises concernent des affaires d'inceste. Quelle mouche a donc piqué Christian Estrosi pour envisager un tel texte où il ne propose, d'ailleurs, aucune définition juridique claire de l'inceste ? Un travers bien français veut que tous les problèmes se règlent à coups de lois nouvelles. Hélas, c'est plus compliqué. La victime n'attend pas que l'on puisse lui dire si ce qu'elle a subi s'appelle ou non « inceste », au risque de créer des confusions entre le domaine du droit et celui de la morale. Notre pratique quotidienne nous montre bien ce qu'attendent en réalité les victimes : une accélération des procédures. Il faut parfois compter deux ans entre l'arrestation du criminel et son procès. Voilà ce qui traumatise les victimes ! Si certains parlementaires veulent véritablement améliorer leur sort, qu'ils commencent par réclamer au garde des Sceaux les moyens nécessaires pour raccourcir ces délais.
Par ailleurs, ce projet est démagogique : faire croire que la modification des textes permettrait d'éviter les acquittements abusifs est un mensonge. Certes, on a pu connaître des dérapages. Pourtant, la faille ne vient pas des textes mais de leur application. Céder à la tentation populiste est grave quand le bon fonctionnement de la justice est en jeu.
Insérer le terme « inceste » dans le Code pénal n'est donc pas efficace ; bien au contraire, c'est néfaste. En l'absence de jurisprudence, il risque d'introduire des confusions juridiques, des incertitudes. De surcroît, au mépris des principes généraux de la présomption d'innocence, on propose que l'auteur présumé de l'inceste démontre son innocence dans certains cas précis. Ne va-t-on pas trop loin ? Que les députés, à l'instar de leurs collègues du Sénat, viennent donc en stage dans nos tribunaux ! La justice est une chose trop sérieuse pour supporter les coups d'esbroufe…

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28 juillet 2005

Faut-il ériger l'inceste en infraction spécifique ? – 2005

Mission parlementaire :
Faut-il ériger l'inceste en infraction spécifique ?
ESTROSI Christian
Ministère de la justice
La répression de l'inceste est assurée par différents articles du code pénal, relatifs aux viols, aux autres agressions sexuelles et aux atteintes de cette nature commis notamment sur les mineurs par un ascendant ou une personne ayant autorité. Cependant, sur le plan pénal, l'inceste ne figure pas en tant que tel dans la loi. La mission confiée à Christian Estrosi, en s'interrogeant sur l'opportunité d'incriminer spécifiquement l'inceste, se donne trois objectifs : déterminer au sein du périmètre familial quelles sont les personnes disposant d'une autorité particulière sur le mineur telle que ce dernier ne saurait refuser ou manifester son opposition à une sollicitation sexuelle ; appréhender juridiquement le particularisme des actes incestueux (prendre en compte l'emprise exercée par un agresseur incestueux et la nature des actes commis) ; ajuster la répression des actes incestueux (répression plus sévère et/ou édiction de mesures complémentaires particulières, compte tenu de la spécificité de ces actes).
28 juillet 2005 – 101 pages pdf

INTRODUCTION

1. LA DÉFINITION JURIDIQUE DES AUTEURS ET VICTIMES DES ACTES INCESTUEUX

1.1 LA QUALITÉ DES AUTEURS À PRÉCISER
1.1.1 Les notions à maintenir d’" ascendant " et de " personne ayant autorité "
1.1.2 La stigmatisation des auteurs d’actes incestueux : une nécessaire coordination avec les prohibitions du droit civil

1.2 UNE PROTECTION ADAPTÉE DE LA VICTIME EN FONCTION DE SON ÂGE
1.2.1 Le maintien du droit commun pour les majeurs se livrant à des actes incestueux
1.2.2 Le maintien de la protection renforcée accordée aux mineurs

2. L’APPRÉHENSION JURIDIQUE DU PARTICULARISME DES ACTES INCESTUEUX

2.1 L’EMPRISE EXERCÉE PAR UN AGRESSEUR INCESTUEUX : UNE SPÉCIFICITÉ À INTÉGRER
2.1.1 La notion inadéquate des vices du consentement.
2.1.1.1 les textes français et leur évolution en matière d’infractions sexuelles commises sur les mineurs
2.1.1.2 les notions de surprise et de contrainte : des jurisprudences a priori claires et strictes de la Cour de cassation

2.1.2 Les solutions envisageables pour intégrer la notion d’" emprise "
2.1.2.1 les solutions apportées par les législations étrangères
2.1.2.2 l’interprétation législative du concept de contrainte


2.2 LA NÉCESSAIRE DIFFÉRENCIATION DES QUALIFICATIONS PÉNALES APPLICABLES SELON LA NATURE DES ACTES COMMIS
2.2.1 Les actes commis et leur répercussion sur les victimes : la thèse de l’" indifférenciation "
2.2.2 La nécessaire proportionnalité des incriminations

3. UN AJUSTEMENT DE LA RÉPRESSION DES ACTES INCESTUEUX

3.1 LE MAINTIEN DES RÈGLES DE PRESCRIPTION DE L’ACTION PUBLIQUE ACTUELLEMENT EN VIGUEUR
3.1.1 Le rejet de l’imprescriptibilité des actes incestueux
3.1.2 L’inutilité d’allonger le délai de prescription

3.2 L’OPPORTUNITÉ DISCUTABLE D’AGGRAVER LE RÉGIME DES PEINES PRINCIPALES
3.2.1 Les peines principales encourues
3.2.2 La création de nouvelles circonstances aggravantes

3.3. LA SYSTÉMATISATION DE CERTAINES PEINES COMPLÉMENTAIRES
3.3.1 La question du retrait de l’autorité parentale devant les juridictions pénales
3.3.2 Les interdictions professionnelles et la protection des victimes

CONCLUSION

RECAPITULATIF DES PRECONISATIONS DE LA MISSION
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Pascal Clément – ministre de la Justice – veut inscrire l'inceste dans la code pénal

NOUVELOBS.COM | 28.07.2005 | 09:24
Un rapport remis au garde des Sceaux par le député UMP Christian Estrosi prévoit de redéfinir l'inceste en instituant notamment une présomption d'absence de consentement pour les mineurs de moins de 15 ans.
Le ministre de la Justice Pascal Clément a souhaité mercredi 27 juillet voir l'inceste inscrit dans le code pénal comme une infraction sexuelle à part entière et souligné la nécessité pour les mineurs de moins de quinze ans d'une présomption d'absence de consentement, répondant ainsi aux vœux des associations de victimes.
S'il ne figure pas en tant que tel dans la loi, l'inceste est cependant réprimé par différents articles du code pénal relatifs aux viols et atteintes sexuelles commis sur les mineurs par un ascendant ou une personne ayant autorité qui peut être un parent, un prêtre ou un enseignant.
Nouvelle définition
En janvier 2005, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait confié à Christian Estrosi, député UMP des Alpes-Maritimes, une mission de réflexion sur l'éventuelle création d'une infraction spécifique d'inceste en droit pénal.
Mercredi, Christian Estrosi, devenu ministre délégué à l'Aménagement du Territoire, a remis son rapport à Pascal Clément. Il préconise de consacrer la spécificité de l'inceste dans le code pénal tout en définissant les auteurs de cette nouvelle incrimination. Seraient qualifiés d'incestueux sur mineurs, les viols (crimes), agressions et atteintes sexuelles (délits) commis par les ascendants, les collatéraux et les descendants, qu'ils soient légitimes, naturels ou adoptifs. Entreraient donc dans la définition des auteurs incestueux les parents, oncles et tantes, frères et sœurs ainsi que le conjoint ou concubin de ces trois catégories.
"Les particularités de l'inceste étaient jusqu'ici mal prises en compte par nos lois, tant civiles que pénales", a déclaré le garde des Sceaux, estimant que les juridictions pénales ont "parfois du mal à cerner cette notion, pourtant perçue par tous comme une menace à l'ordre social et à la structure familiale".
Mineurs de moins de 15 ans
Pascal Clément s'est dit favorable à cette nouvelle incrimination où, pour les mineurs de moins de quinze ans, sera retenue une présomption de contrainte morale qui leur fera bénéficier d'une protection générale renforcée.
Seule association à faire entendre mercredi sa différence, "La Voix de l'Enfant" a qualifié de "démagogiques" les propositions de la mission. "On a un système qui fonctionne très bien", a souligné Coralie Capillon, avocate.
Cette dernière regrette le distinguo opéré par la mission entre mineurs de moins et de plus de quinze ans, ces derniers ne se voyant pas reconnaître, selon elle, la qualité de victime d'inceste.
"Comment expliquer aux enfants que les frères et sœurs de moins de quinze ans sont victimes d'inceste alors que l'aîné ne sera pas reconnu comme tel", a-t-elle expliqué. Si le rapport ne propose pas d'augmenter les peines, 20 ans de réclusion pour viols, il prévoit de passer de deux à cinq ans le quantum de la peine pour le délit d'atteinte sexuelle incestueuse. Une initiative jugée opportune par le ministre.
En revanche, celui-ci s'est montré réticent à l'automaticité du retrait de l'autorité parentale pour les auteurs d'infractions incestueuses ainsi qu'à leur interdiction de plein droit d'entrer en contact avec leur victime.
Près de 20% des procès d'assises concerneraient des infractions de type incestueux, selon ce rapport. De 2001 à 2003, les cours d'assises ont prononcé 284 condamnations pour des faits de viols sur mineur par ascendant ou par personne ayant autorité.
L'ethnologue Claude Levi-Strauss, père de l'anthropologie structurale, analyse la prohibition de l'inceste comme un moyen d'échange des femmes entre les groupes et y voit le passage de la nature à la culture.
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27 juin 2005

2/ 27 juin 2005 – Jurisprudence "L'Epi monstre" de Genka ne présentait pas pour la jeunesse un danger

Droit et liberté fondamentaux
Police des publications dangereuses pour la jeunesse 
et « mauvais genres » littéraires

Sommaire de la décision

S'il est constant que l'ouvrage intitulé "L'Epi monstre" fait une large place à l'évocation de relations 
incestueuses entre un père et ses filles, il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, en l'absence de circonstances particulières alléguées par le ministre de l'Intérieur, la diffusion de l'ouvrage "L'Epi monstre" ne présentait pas pour la jeunesse un danger d'une gravité telle que le ministre pouvait légalement s'abstenir d'abroger l'arrêté [portant interdiction de la diffusion de celui-ci].

Conseil d'Etat (10e et ge s.-sect. réun.) 
27 juin 2005

LE CONSEIL D'ETAT: - Vu la requête, enregistrée le 14 mai 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Nicolas Genka, élisant domicile [.u] ; M. Genka demande au Conseil d'Etat: 
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision de rejet née du silence gardé par le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales sur sa demande, en date du 12 janvier 2004, tendant à l'abrogation de l'arrêté du 6 juillet 1962 par lequel le ministre de l'Intérieur, faisant application des dispositions de l'article 14 de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, a interdit, en premier lieu, de proposer, de donner ou de vendre à des mineurs de 18 ans l'ouvrage intitulé I'Epi monstre dont l'exposant est l'auteur, en deuxième lieu, d'exposer cet ouvrage à la vue du public en quelque lieu que ce soit et, en dernier lieu, d'effectuer toute publicité en faveur de cet ouvrage;
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le livre l'Epi monstre
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Autres billets sur l'Epi monstre de Nicolas Genka

1/ Nicolas Genka – L'Epi monstre par Noël Blandin

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5 avril 2005

05 avril 2005 – Acquittés d'Outreau : indemnisation chiffrée

05 avril 2005
La Chancellerie a fait des propositions individualisées pour l'indemnisation finale des sept acquittés, jugées insuffisantes par leurs avocats.
Le ministère de la Justice a fait des propositions chiffrées lundi 4 avril pour l'indemnisation finale du préjudice de chacun des sept acquittés de l'affaire de pédophilie d'Outreau. Chaque acquitté doit désormais dire à la Chancellerie s'il accepte ou refuse la proposition avancée.
Ces propositions individualisées "sont loin de nos espérances", ont confié deux des avocats des acquittés, sous couvert d'anonymat. Un autre avocat s'est montré "plutôt satisfait" de la proposition concernant son client.
Procès en appel le 10 mai
Les montants fixés par la Chancellerie comprennent "l'indemnisation du préjudice moral et de la faute lourde de l'Etat, l'indemnisation de la détention provisoire et celle du préjudice matériel", selon une source proche du dossier.
Les avocats de six des sept acquittés d'Outreau qui ont fait de la détention provisoire, ont réclamé un million d'euros d'indemnisation.
Celui de Karine Duchochois, la seule à ne pas avoir été incarcérée, demande 650.000 euros.
Les acquittés ont reçu en décembre un acompte de 100.000 euros.
Les avocats souhaitent "symboliquement" que les questions sur l'indemnisation des acquittés soient closes avant l'ouverture du procès en appel devant la cour d'assises de Paris le 10 mai prochain. Six des dix condamnés doivent être rejugés.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo du Nouvel observateur

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Autres billets sur l'indemnisation des acquittés d'Outreau
Indemnisation des acquittés d'Outreau
CIVI – Commission d'indemnisation des victimes d'infraction
Affaire d'Outreau : accord financier trouvé entre la France et la sœur de François Mourmand
Les Lavier, indemnisés d'Outreau, un couple sans le sou
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Autres billet sur l'affaire d'Outreau
7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri

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21 février 2005

Claire Brisset à propos du procès de Saint-Omer

Claire Brisset, Defenseure des enfants
15 millions d'enfants à défendre, Paris, Albin Michel, 2005
Un premier constat s'impose : les mineurs victimes sont encore trop peu protégés par notre système judiciaire.
Il n'est pas excessif de dire que le procès de Saint-Omer n'aura en rien allégé les souffrances des enfants d'Outreau, bien au contraire.
Placer devant une cour d'assises des enfants auxquels on demande, en présence de leurs parents qui reconnaissent les avoir violés, tous les détails de ce qu'ils ont subi des années auparavant, laisser la presse citer leurs noms et prénoms, pour ensuite, devant le fiasco judiciaire, regretter la « sacralisation » de la parole des enfants ainsi recueillie...

Le procès de Saint-Omer aura concentré, à lui seul, tous les défauts du système [ ... ]. Bien peu de voix se sont élevées pour rappeler que les enfants victimes, ceux que l'on invitait à témoigner dans cette cour d'assises transformée en foire d'empoigne, ne pouvaient en aucun cas rendre un témoignage utile à la cour. Il était totalement illusoire d'attendre quoi que ce soit de leur parole dans de telles conditions.
Déjà blessés, ils seront ressortis de ce tribunal encore plus meurtris.
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Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12 enfants reconnus victimes par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
3/ Outreau : Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité »
6/ Des troubles du comportement par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
7/ Saint-Omer - juin 2004 : Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès, personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires 
de Myriam Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir » par M.-Ch. Gryson-Dejehansart
11/ le test du Rorschach expliqué par Marie-Christine Gryson-Dezjehansart
12/ Militantisme association par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
13/ Les points de défaillance au procès de Saint-Omer par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime résiliente mêlée à toutes les causes
15/ Un éclairage sur les rétractations et les contaminations par Marie-Christine Gryson-Dejehansart
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Autres billet sur l'affaire d'Outreau
7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri

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17 septembre 2004

Le crayon de Papa par Soliane

"...L’inceste, Ian soliane en raconte l’effroi, en montrant comment le rapport haine-amour pour le bourreau, détruit la conscience de la victime qui se sent parfois même coupable. L’auteur, qui a vécu tout cela enfant, a dédié ce livre à sa soeur qui passa aussi entre les mines d’un crayon paternel souillé par l’infamie. Pas d’effets, pas de passages scabreux, l’écriture de l’auteur refusant toujours la complaisance suggère, au lieu de monter de façon salace. Et Ian Soliane de composer une ode au pardon possible, qui n’est pas synonyme d’oubli, mais qui permet de renaître à la vie et donc aux autres. Nécessité absolue, en fait, pour ne pas sombrer dans la destruction de son âme. Le crayon de papa est un grand livre, admirablement composé, avec un épilogue stupéfiant qui serre la gorge et qui, dénonçant l’inceste, redit aux victimes qu’un avenir meilleur est possible. Un livre chrétien en fait, au sens biblique du terme, où l’écriture s’affirme contre un rempart à la folie, au suicide et à la mort. Un livre d’écrivain. Un écrivain lucide, généreux, compassionnel.
Maxime Romain
LA MARSEILLAISE - 26 août 2004

"(...) Ian Soliane dévoile l’inceste abyssal. Le Crayon de papa est le titre enfantin (aux échos scabreux) d’une chronique familiale dont les relents sont nauséabonds : jour après jour, le père, homme respectable, impose ses désirs les plus pervers à son fils, sous les yeux de la mère. (...) Le roman de Ian Soliane est d’une subtilité bouleversante. Par quel prodige réussit-il à nous ensorceler par le récit du quotidien anodin d’une famille ordinaire pour soudain nous confronter à l’horreur. Quelles phrases d’une crudité rudimentaire sont disséminées dans l’abondance des joies simples du foyer, relatées au fil des jours. Le narrateur du Crayon de papa joue avec un talent de conteur époustouflant sur le registre des souvenirs d’enfance, genre La Gloire de mon père, de Marcel Pagnol, ou Le Petit Chose, d’Alphonse Daudet. Peu à peu s’insinue la répulsion. Le lecteur ne s’y attend pas. A-t-il bien lu ? Ce père cultivé, attentif... Est-ce bien le même qui... ? "Nous avons fini de manger. On s’était entiché de Woody Allen. Papa se calait bien dans le fauteuil. Ma place assignée : les genoux. Il jouait avec les cheveux pour passer ensuite au slip. Tous les acteurs de ce film portaient des lunettes. (...) Je n’arrivais pas à comprendre ce que Woody a de si drôle. Il avait un costume terrible, mais je riais légèrement en retard (le zizi tout raide, entre pouce et index). Maman ne disait rien, de trois quarts, penchée sur la laine."

Hugo Marsan

LE MONDE DES LIVRES - 17 septembre 2004

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4 septembre 2004

DU de Victimologie : Les liens entre victimisation antérieure et agression chez les parents incestueux

Violence subie et violence perpétrée : des liens à établir.
Université de Montpellier 1
Présenté par : Muriel Bouché
2003/2004
A PRESENTATION DE L’INSTITUTION. p. 6
1. Organigramme, lieu et missions du service. p. 6
2. Encadrement et missions de la psychologue de l’Aide Sociale à L’Enfance
(A.S.E). p. 8
B. PRESENTATION DU STAGE. p. 10
1. Mon rôle de stagiaire. p. 10
2. Réflexion personnelle et problématique. p. 10
C PARTIE THEORIQUE. p. 13
C.1 L’inceste. p. 13
D. CAS PRATIQUES. p. 32
D.1 Problématiques familiales rencontrées lors du stage à l’A.S.E. p. 32
1. Présentation de la famille M. p. 32
2. Présentation de la famille S. p. 37
3. Présentation de la famille P. p. 43
D.2 Témoignages. p. 45
1. Témoignage de Lu. p. 45
2. Témoignage de S. p. 46
3. Témoignage de P. p. 47
4. Témoignage de N. p. 47
5. Témoignage de Ch. p. 48
6. Témoignage de Ly. p. 49
7. Témoignage de Ca. p. 50
E. CONCLUSION GENERALE. p. 51
F. BIBLIOGRAPHIE. p. 54
G. ANNEXES. p. 57
- Témoignages.
- Information sur le métier de psychologue territorial.
1. Définition. p. 13
2. L’inceste et la loi française. p. 13
3. Victimologie et inceste. p. 14
4. Le passage à l’acte incestueux du point de vue des psychanalystes. p. 15
5. Qui compose la famille incestueuse ? p. 16
6. Comment s’installe l’inceste ? p. 17
7. Point de vue criminologique. p. 18
8. Symptomatologie et conséquences de l’inceste. p. 20
C.2 Quand les garçons victimisés sexuellement deviennent des pères incestueux :
connaissances et controverses. p. 21
1. Traumatisme, répétition et identification à l’agresseur. p. 22
Les stratégies adaptatives. p. 23
L’apport des théories de l’attachement. p. 24
L’apport des recherches empiriques. p. 25
a. Facteurs biologiques. p. 25
b. Variables criminologiques. p. 25
c. Variables environnementales. p. 27
d. Conclusion. p. 30


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