« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

5 juin 2004

5 juin 2004 – Le Figaro – Outreau : les psychologues vaincus par KO par le jeu des valeurs inversées

JUSTICE
Les avocats de la défense se sont appliqués à détruire les expertises sur lesquelles l'instruction s'était appuyée
Outreau : les psychologues vaincus par KO
« Rien ni personne n'est infaillible. »
Le Figaro - 5 juin 2004

Les psychologues qui avaient déclaré « crédibles » les enfants dont les accusations ont conduit aux assises du Pas-de-Calais les dix-sept pédophiles présumés d'Outreau, ont été fortement déstabilisés, hier, par la défense. Le procès reprendra lundi avec l'audition de leurs confrères qui avaient expertisé les adultes.
Saint-Omer : de notre envoyé spécial Stéphane Durand-Souffland - Le Figaro - 05 juin 2004
Me Eric Dupond-Moretti fait de chaque procès une affaire personnelle. Pendant judiciaire de l'hercule de foire, il défie un à un les protagonistes à la recherche du KO. Président, avocat général, parties civiles (s'il est en défense), défense (s'il est partie civile) : il lui faut tous les terrasser.

La procédure, parfois, lui facilite la tâche. Ainsi du dossier d'Outreau. Énorme scandale, crimes abominables, ramifications internationales, dix-sept enfants considérés comme victimes... Au vu de l'enjeu – quatre accusés encourent la perpétuité, les autres vingt ans de réclusion – on pouvait s'attendre à des expertises psychiatriques nombreuses, fouillées, inattaquables. Le juge d'instruction a préféré la carte du dépouillement. Il a commis trois psychologues pour vérifier si les petits étaient crédibles. Un pédopsychiatre est bien intervenu, mais par hasard : dans le cadre d'un autre dossier, en examinant Jonathan, également partie civile au procès de Saint-Omer.

Les enfants ont été entendus : certains, indiscutablement, ont menti à la barre. Pourquoi étaient-ils crédibles face aux psychologues, dont le label a longtemps justifié le maintien en détention provisoire de la plupart des accusés ?
Le premier, Emile Leprêtre, 64 ans, a assisté à deux auditions d'Aurore par la police (nos éditions d'hier). A-t-il pratiqué un examen classique, en tête-à-tête ? Non. A-t-il émis un diagnostic ? Non. Mieux que cela : il en a signé deux. Aurore était crédible le 15 février 2002, non crédible le 5 mars suivant. Match nul.

Second expert : Alain Leuliet, le pédopsychiatre égaré, remarquable au demeurant, expose sa méthode. Il refuse de lire les pièces du dossier, s'entretient longuement avec l'enfant, établit un diagnostic. Me Lejeune, conseil de l'abbé Wiel, lui soumet les questions que posaient les policiers aux gamins. Le Dr Leuliet : « Elles sont tendancieuses, très orientées. » Les psychologues qui, eux, ont potassé le dossier, n'ont rien trouvé à y redire.

Me Dupond-Moretti s'est échauffé. Il est prêt pour le troisième expert : Marie-Christine Gryson-Dejehansart, « victimologue », qui a examiné Kévin Delay en août 2001, et les autres enfants, avec Jean-Luc Viaux, ultérieurement. Mme Gryson manie, à toute vitesse, une langue étrange, qui n'est ni celle de la Tour du Renard ni, à coup sûr, celle des jurés. « Morphologie sémantique traumatique », « soulagement libératoire »... Aïe : elle parle psy.

Me Dupond-Moretti qui, lui, sait parler à des jurés et va immédiatement les déculpabiliser de n'avoir pas saisi un traître mot : « Votre rapport a un mérite essentiel, il me remet à ma juste place. Je n'ai rien compris.

Une question simple : Kévin dit-il la vérité ?
– Ce n'est pas ma mission de répondre. Mon expertise est phénoménologique.
– Qu'est-ce que ça veut dire ?
– C'est une méthode enseignée à Lille-III et qui sera codifiée dans un ouvrage à paraître en septembre.
– Vous écrivez, page 12 de votre rapport (il s'approche de la barre, le témoin semble rétrécir : c'est bien votre signature ?) : « Rien ne permet de penser que Kévin impute des faits à des personnes non concernées. » Donc, il dit la vérité ? »
Mme Gryson noie le poisson. Le président, étonnamment ferme : « Expliquez-vous, Madame ».
La victimologue, dans la peau d'une victime : « Je vais essayer de rester sereine... Je ne suis qu'une petite psychologue de terrain. Cela fait dix ans que je suis agressée comme cela... Ce métier n'apporte aucun confort moral ou financier... »
Le président : « On vous a posé une question précise ».
Mme Gryson : « Je n'ai pas de réponse précise. »
Me Dupond-Moretti : « Pourquoi ne répondez-vous pas, puisque vous l'avez écrit ? »
L'expert : « C'est une dualité d'experts. »
A bout d'arguments, Mme Gryson en appelle aux «livres à succès comme ceux de David Servan-Schreiber». Le malheureux n'a pourtant cautionné, que l'on sache, aucune détention provisoire devant la chambre de l'instruction de Douai.

Mais Me Dupond-Moretti le veut, son KO. Il pioche à présent dans le dossier les assertions les plus saugrenues : « Quand un enfant raconte avec force détails qu'il a assisté chez lui à un meurtre à coups de pelle, à la mise à mort d'une fillette belge ou à celle d'un bébé caché dans un placard, c'est la vérité ? » La victimologue, d'une voix fluette : « Ce n'est pas Kévin. Il faudrait voir l'enfant... » Exact : il s'agit de son frère Dimitri, qu'elle a expertisé avec M. Viaux.

Me Dupond-Moretti a ouvert la brèche dans la forteresse des experts. Me Julié, conseil de Karine Duchochois, s'y engouffre et obtient sans mal cet aveu de Mme Gryson : « Rien ni personne n'est infaillible. »

Jean-Luc Viaux, pour terminer. Professeur d'université, de faux airs du cinéaste Patrice Leconte, ce spécialiste se réfère fréquemment à un auteur d'articles et d'ouvrages de premier plan : lui-même. La défense, irrévérencieuse, lui reproche justement, par la voix de Me Frank Berton, d'avoir accordé le matin même un entretien au Parisien, d'avoir écrit sur l'affaire d'Outreau au Monde du 25 mai, et d'être apparu sur France 2 à « Envoyé spécial » le 27. Cela fait beaucoup pour un expert tenu à la réserve et censé réserver à la cour le fruit de ses réflexions, d'autant que ses prises de position très « pro-parole de l'enfant » permettent de douter de son impartialité.

La partie civile est chagrinée, car les dépositions de M. Leprêtre et de Mme Gryson ont été mises à mal, c'est un euphémisme, par la défense. Et voilà que se dresse Me Jacqueline Leduc-Novi, avocate d'une association : « Il est évident que s'il dépose, M. Viaux est totalement décrédibilisé. » Me Dupond-Moretti, d'un air gourmand : « Nous souhaitons l'audition de l'expert. » Lequel s'approche du micro. Le KO, parfois, précède l'assaut.
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Autres billet sur l'affaire d'Outreau
7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri
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31 mai 2004

Immature, narcissique et incestueuse, cette femme reste un mystère par Mariannne 2

Rédigé par Anna Alter
le Lundi 31 Mai 2004

Le comportement de la mère incestueuse des enfants victimes sidère. Dans quels replis mystérieux se cache une personnalité aussi monstrueuse
Par Roland Coutanceau, Psychiatre, expert auprès des tribunaux, auteur de Vivre après l'inceste : haïr ou pardonner ; Desclée de Brower.
Marianne : Que peut-on dire aujourd'hui de la personnalité de Myriam Delay ?
Roland Coutanceau : Ses revirements révèlent une personnalité immature, avec un aspect infantile. Le plaisir de la théâtralisation la pousse, même au prix du scandale, à occuper le devant de la scène. Elle a un besoin d'exister à tout prix, un plaisir narcissique d'être sous les feux de la rampe pour combler le vide, le sentiment de ne pas compter, d'avoir une vie qu'elle n'a pas voulue. Pour attirer les projecteurs, elle joue et, comme une tragédienne, se traite de« menteuse » et de« malade ».

Les experts avaient souligné sa « profonde immaturité psychologique » , mais ils s'étaient trompés sur toute la ligne en concluant qu'elle était « dépourvue de tendances à la mythomanie mythomaniaque [sic] ou à l'affabulation », ce qui rendait crédible les propos qu'elle tenait...
R.C. : Les experts sont comme saint Thomas : ils ne décrivent que ce qu'ils voient. Il y a des gens qui sont lisibles d'emblée ; d'autres se révèlent par la manière dont ils se défendent face à l'accusation sociale. Devant la justice, Myriam Delay se comporte comme une mythomane et éclaire des facettes de sa personnalité qui ont très bien pu échapper à une analyse à froid. Chine peut se prononcer que sur ce qui se voit, pas sur ce qui est caché dans les replis de l'imaginaire. C'est aussi vrai dans la vie de tous les jours : on découvre chez des gens que l'on croyait parfaitement connaître des côtés stupéfiants qui désarçonnent et on se dit : « Je n'aurais jamais cru ça de lui ».
Pour bien faire, faudrait-il reprendre les expertises de zéro ?
R.C. : On peut d'autant mieux faire un diagnostic que les gens lâchent leur imaginaire. Pour être rigoureux, je dirais que je peux établir un diagnostic d'autant plus fiable que quelqu'un se livre facilement. S'il vous dit, je n'ai rien à dire, il ferme le jeu. Le coeur de la personnalité humaine, c'est ce que l'individu porte dans ses rêves et son imagination. Sur le plan de l'expertise, Myriam Delay est plus intéressante aujourd'hui parce que nous pourrions l'interroger sur tous ces revirements qui n'étaient pas prévisibles... Maintenant qu'elle s'est révélée, elle apparaît comme quelqu'un qui peut avoir éclaboussé des innocents, je ne dis pas que c'est le cas, mais elle en est capable.
A votre avis ?
R.C. : De deux choses l'une. Elle a, avec d'autres, balancé des innocents pour diminuer sa propre responsabilité et satisfaire son envie de se venger de ceux dont elle est jalouse, comme dans la médisance ordinaire. Dans ce cas, elle dit la vérité le vendredi, puis se rétracte parce qu'elle a vu dans la presse que ses enfants sur lesquels elle a commis des atrocités vont passer pour des menteurs. Cela l'angoisse et elle veut les protéger. Deuxième hypothèse: elle a dit la vérité sur les prétendus notables et se rétracte le vendredi parce qu'elle se rend compte qu'être des parents incestueux, c'est moins grave aux yeux de la loi que d'être proxénète et incestueux. Une chose est indéniable : au vu de ce que montre cette femme aujourd'hui, elle avait une grande capacité d'influence sur ses enfants,
Les expertises la décrivent comme « passive, carencée d'un point de vue affectif » et non comme une maîtresse femme...
R.C. : C'est la manière dont elle se défend qui l'a révélée. Avant qu'elle fasse son cirque, certains traits de personnalité n'étaient pas décelables. Si elle a réussi à influencer son entourage dans le sens du mensonge, alors elle a un caractère hors normes. Et, par expérience, je sais que des personnalités immatures, ballottées par la vie, aigries, peuvent faire preuve d'une grande créativité dans la destruction des autres. Mais avant que « le cave se re-biffe»on ne voit pas ce potentiel. On détecte la fragilité, la dépendance, pas la«masse noire ».

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13 mai 2004

1/ Ma mère par Georges Bataille

Poche - Broché
Paru le : 13/05/2004
Editeur : 10/18
Collection : domaine français
ISBN : 2-264-03622-2
EAN : 9782264036223
Nb. de pages : 125 pages
Poids : 100 g
Dimensions : 11cm x 18cm x 1cm
Pierre raconte comment, après une enfance religieuse, il fut, à l'âge de dix-sept ans, initié à la perversion par sa mère.
Plongeant grâce à elle dans l'orgie et la débauche, il découvre l'extase de la perdition où se mêlent l'angoisse, la honte, la jouissance, le dégoût et le respect. Respect pour cette femme, la mère, qui a su brûler ses vaisseaux jusqu'au dernier et qui, ayant touché le fond de l'abîme, entraîne son fils dans la mort qu'elle se donne. Ma mère est l'un des textes les plus violents, les plus scandaleusement beaux de Georges Bataille, qui disait de lui-même : " Je ne suis pas un philosophe, mais peut-être un saint, peut-être un fou ", sachant que c'est dans cette ambiguïté même que réside la seule philosophie.
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Autres billets concernant Georges Bataille
2/ Georges Bataille : Ma Mère. écriture d'un fantasme. Fantasme d'une écriture par Agnès Villadary
3/ Les débuts de l'emprise
4/ Viol de la mère
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8/ Le ressenti de l'agresseur au moment des faits par Victor Simon

Le plus souvent, durant l'acte, il ressent un sentiment d'apaisement et de plaisir, parfois suivi de dégoût et d'insatisfaction. 
C'est précisément la recherche de cet apaisement que vise l'acte délictueux, apaisement vécu comme une forme de sauvegarde.
…/…
page 86
Toutefois, les réponses fournies par les abuseurs sont variables à souhait. Certaines sont vraiment fondées, ce qui signifie que, réellement, si la victime n'avait pas été sidérée et avait pu intervenir verbalement, l'acte aurait peut-être été évité. Mais nombre de ces sujets semblent complètement incapables d'évaluer la réalité de ce qu'ils éprouvent au moment du déclenchement de l'acte et pensent, de manière inadéquate, que l'acte aurait pu être empêché. Ce qui nous permet d'affirmer qu'ils ne sont pas aptes à évaluer leur degré de dangerosité, et, également, que le déclenchement de l'acte se déroule sous un régime de clivage psychique.
En résumé, pendant l'agression, l'acte délictueux procure essentiellement un sentiment d'apaisement, retour au calme qui suit le dépassement par l'excitation au moment du déclenchement de l'acte. Ce dépassement est vécu comme inquiétant par les sujets, car ils perçoivent cette impossibilité de contrôle et l'effacement de leurs limites subjectives.
L'agresseur serait-il plus acteur qu'auteur de son acte ?
Le fait de se sentir « anormal » au moment de l'acte, constituerait un bon indicateur de prise en charge thérapeutique.

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Autres billets sur le livre Abus sexuel sur mineur par Victor Simon
1/ Abus sexuel sur mineur par Victor Simon
2/ Abus sexuel sur mineur : Ce livre est un cri !
3/ « se faire violer » au profit « d'être violée »
4/ Après un viols par inceste un trouble de la construction de la réalité et du monde environnant : Qui croire ?
5/ Les signes fréquents du refoulement après des viols par inceste
6/ De la spécificité du Syndrome Post-Abus Sexuel (SPAS)
7/ L'agresseur et ses stratégies
9/ Recueillir le témoignage d'un enfant, lors du dépôt de plainte pour agressions sexuelles
10/ Les lettres réparatrices
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7/ L'agresseur et ses stratégies par Victor Simon

Page 83
Mais comment font-ils, comment osent-ils, comment arrivent-ils à leurs fins, comment s'organisent-ils ?
Chaque abuseur utilise une stratégie en parfaite adéquation avec la situation dans laquelle il évolue. Ce sont souvent de véritables experts de la manipulation, tant sur le plan de la rhétorique que sur celui de l'adaptation.
Il s'agit, le cas échéant, de personnalités si bien adaptées qu'elles sont citées en exemple et occupent des postes à responsabilité, parfois à un niveau très élevé de la société. 
Leur perversité est remarquablement « habillée et maquillée » sous des actions à vocation sociale, politique, religieuse : les exemples de ce type foisonnent.

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4/ Après un viols par inceste un trouble de la construction de la réalité et du monde environnant : Qui croire ?
5/ Les signes fréquents du refoulement après des viols par inceste
6/ De la spécificité du Syndrome Post-Abus Sexuel (SPAS)
8/ Le ressenti de l'agresseur au moment des faits
9/ Recueillir le témoignage d'un enfant, lors du dépôt de plainte pour agressions sexuelles
10/ Les lettres réparatrices
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5/ Les signes fréquents du refoulement après des viols par inceste par Victor Simon

Page 76
Le jaillissement de la source souterraine ?
Quelques mois, années ou décennies plus tard, consulte un 
sujet qui vient parler d'une variété de troubles que le clinicien 
non averti va rattacher à des phénomènes anxio-dépressifs, à 
des troubles du comportement, à des somatisations dysneurotoniques (déséquilibre de régulation des systèmes nerveux sympathique et parasympathique entraînant des troubles somatiques et 
psychiques), cortège de symptômes qu'il va falloir relier à 
l'accident :
le sujet a parfois refoulé l'événement traumatique, 
est parfois dans le déni, ou ne veut pas en parler...

Quelques signes fréquemment observés :
troubles du sommeil, de la concentration, de la mémoire ;
dépersonnalisation, perte de contact avec le réel ;
sentiments irrationnels de culpabilité ;
exagération de la perception de dangers extérieurs ;
accentuation des symptômes lorsque la personne est confrontée à des situations rappelant l'événement initial ;
problèmes sexuels multiples et sexualité compulsive ;
troubles du comportement alimentaire, toxicomanies, alcoolisme, tabagisme ;
comportements sociaux inadaptés : absentéisme, agressivité inappropriée ;
– modification des relations interpersonnelles :
tendance à s'isoler, difficulté à faire confiance ;
la femme survalorise et idéalise l'image de l'homme (par sa quête incessante de reconnaissance et d'affection) par son incapacité à repérer les mécanismes qu'utilisent les 
vampires ;
perte de l'estime et de la confiance en soi ;
la dépression est très fréquente, d'évolution chronique, avec rechutes étalées sur plusieurs décennies ;
les risques de tentatives de suicide sont deux fois plus 
importants chez les abusés sexuels.
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Autres billets sur le livre Abus sexuel sur mineur par Victor Simon

1/ Abus sexuel sur mineur par Victor Simon
2/ Abus sexuel sur mineur : Ce livre est un cri !
3/ « se faire violer » au profit « d'être violée »
4/ Après un viols par inceste un trouble de la construction de la réalité et du monde environnant : Qui croire ?
6/ De la spécificité du Syndrome Post-Abus Sexuel (SPAS)
7/ L'agresseur et ses stratégies
8/ Le ressenti de l'agresseur au moment des faits
9/ Recueillir le témoignage d'un enfant, lors du dépôt de plainte pour agressions sexuelles
10/ Les lettres réparatrices
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4/ Après un viols par inceste un trouble de la construction de la réalité et du monde environnant : Qui croire ? par Victor Simon

Page 69
La particularité de cet abus sur l'enfant, par une personne investie de liens parentaux ou d'autorité paternelle déléguée, est qu'elle génère chez lui, de façon quasi indélébile, un trouble de la construction de la réalité et du monde environnant : Qui croire ?
A qui dois-je faire confiance ?
Suis-je indigne d'être aimé ?
Comment peut-on m'aimer ainsi ?
Qu'ai-je fait pour être souillé et puni ainsi ?
Pourquoi dois-je souffrir aussi désespérément ?
En l'absence de communication, de dialogue, de thérapie précoce, l'enfant ne peut que valider le contenu de ses propres pensées et intuitions, générant alors un mal-être qui le suivra tout au long de sa vie et se réactivera dans chaque situation où l'amour, l'affection, le désir, le plaisir, l'abandon et l'emprise seront en jeu. Et qu'est-ce que l'amour à l'adolescence ou à l'âge adulte, sinon la traversée de diverses sensations ?

Il est par conséquent primordial de bien connaître les différents stades par lesquels cheminera l'abusé : ils sont, en effet, souvent déconcertants pour un observateur non averti et peuvent le conduire parfois à rejeter cette situation ou à minimiser les symptômes en raison de leur caractère étrange.
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1/ Abus sexuel sur mineur par Victor Simon
2/ Abus sexuel sur mineur : Ce livre est un cri !
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2/ Abus sexuel sur mineur : Ce livre est un cri ! par Victor Simon

Ce livre est un cri !
Le cri de toutes les souffrances sans nom inscrites dans le corps meurtri, l'esprit éclaté et désagrégé de celui ou celle qui a subi un abus sexuel. La douleur que traînent ces survivants est la conséquence directe de la perversion de leur abuseur : mal-être permanent, pesant, chape de plomb et boulet à la fois, dont l'origine n'est quasiment jamais identifiée.
Comment font-ils donc pour arriver à vivre, à survivre ?
Bien avant l'abus, pendant et après ce drame, la victime doit développer des capacités de survie pour elle toute seule : le plus souvent, elle se tait.
Ce silence sert à maintenir une homéostasie, c'est-à-dire un « équilibre » au sein d'une famille que l'on peut déjà qualifier de pathologique. Une attention plus particulière doit en effet être portée à la cellule familiale : car nous le savons tous, hélas, c'est au sein de sa propre famille que l'enfant court les plus grands dangers... La toxicité de la maltraitance au sein de certaines familles la place même au premier rang de la mortalité infantile, bien avant les décès dus à la maladie...
Car il est des familles, dites « à transactions incestueuses », dans lesquelles l'inceste et/ou l'abus extérieur tacitement accepté constituent une façon de communiquer et d'inter-réagir ; l'inceste s'y répète parfois depuis plusieurs générations.
L'enfant abusé, qui ignore totalement la gravité de l'acte subi, sait néanmoins inconsciemment que ce qu'il vit n'est pas normal. Mais il évolue dans une telle ambiance d'instabilité qu'il pressent que révéler l'abus aggraverait sa situation vis-à-vis de ses parents et de sa proche famille. il est donc ligoté par une double contrainte : « si je me tais, ça continue, si je parle, ce sera pire ! ». Victoire du bourreau, défaite écrasante de sa petite victime. Et tout le monde peut continuer dans le silence assourdissant de cette souffrance sans fin !
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