« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

14 février 2008

14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation par François Louboff

Page 137
Mais quels sont les facteurs qui influencent la mémorisation d'un événement traumatique ?
Lorsqu'une personne est confrontée à un événement traumatique, associant terreur et impuissance, sa capacité d'attention est brutalement réduite et sa capacité à percevoir ce qui se passe autour d'elle est très altérée.
Non seulement les détails perçus dans la périphérie de son champ de Vision disparaissent, mais aussi le contexte de ce qui est en train de se produire ainsi que sa perception du temps.
Par contre, son attention est concentrée sur le centre de son champ de vision à l'instant présent. Cette focalisation extrême de l'attention s'accompagne de distorsions très importantes de ce qui est perçu et ressenti, provoquant une insensibilité à la douleur, un vécu de dépersonnalisation, un ralentissement du temps et une amnésie. C'est un état dissociatif.

Les événements traumatiques ont ce pouvoir de provoquer des réactions dissociatives. Certaines personnes peuvent se dissocier spontanément face à la terreur et d'autres vont « apprendre », involontairement, à provoquer cet état, en particulier si elles sont exposées de manière répétée à des événements traumatiques.
Ces altérations profondes de la conscience au moment du traumatisme expliquent certaines caractéristiques anormales des souvenirs traumatiques. En raison de cette attention très focalisée, les sensations vécues par le corps et toutes les autres sensations (odeurs, bruits, images) vont être profondément gravées en mémoire, alors que le contexte, le vécu du temps et le récit verbal vont être faiblement enregistrés.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !

13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation par François Louboff

Page 136
La mémorisation des événements traumatiques contraste avec celle des expériences non traumatiques.
Elle possède des caractéristiques inhabituelles qui ont été observées et décrites par les psychologues et les psychiatres depuis plus d'un siècle.

Notre asymétrie cérébrale (nous avons deux hémisphères cérébraux dont les fonctions sont différentes et qui contiennent des systèmes de mémoire séparés) expliquerait que des expériences traumatisantes, menaçantes, survenant dans les premières années de la vie et stockées dans l'hémisphère droit ne soient pas connues de l'hémisphère gauche.
Le contexte de l'événement traumatique n'est pas mémorisé puisque l'hippocampe, responsable de la mémoire « autobiographique » (ou explicite), n'est pas encore assez fonctionnel (amnésie infantile). L'hippocampe étant incapable de mémoriser tous les détails d'un traumatisme précoce, il est normal que les souvenirs de ce traumatisme, lorsqu'ils réapparaissent à l'âge adulte, contiennent des erreurs.
Quant au cerveau gauche, il n'a presque rien à mettre en mémoire puisque l'enfant n'a pas développé de langage suffisant pour traduire en mots ce qu'il est en train de vivre. Le traumatisme n'étant pas verbalisé, il ne peut être situé sur la ligne du temps (nous verrons que c'est l'hémisphère gauche qui gère le temps). Les souvenirs traumatiques de l'enfance, mémorisés dans le cerveau droit sous une forme non verbale, sont constitués principalement d'émotions et de sensations corporelles. Ils sont inconscients et intemporels.
Après la petite enfance, l'hippocampe est enfin capable de jouer son rôle et de construire des souvenirs autobiographiques. Parmi les personnes qui ont souffert d'agressions sexuelles dans leur enfance, certaines vont garder en mémoire toute leur vie ce qu'elles ont vécu, alors que d'autres vont parfois l'oublier, partiellement ou totalement. Cet oubli peut durer plusieurs années, jusqu'à ce qu'un événement particulier (par exemple un film, un autre traumatisme, une discussion, une thérapie) vienne ranimer la mémoire de ces événements et les rendre de nouveau conscients.
La proportion de personnes qui ont affirmé avoir « retrouvé » leurs souvenirs traumatiques d'agressions sexuelles d'une manière « retardée » varie selon les études de 19 à 82 %.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique

Au Sujet des Faux Souvenirs ou fausses allégations
Rendez-vous sur Hellocoton !

12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique par François Louboff

Page 123
Dans les syndromes douloureux chroniques, le seuil de la douleur est abaissé.
La même stimulation douloureuse sera perçue comme plus intense par un patient souffrant d'un trouble chronique que par une personne non malade.
La fibromyalgie, dont on parle tant depuis quelques années, en est devenue le modèle. Connue depuis plus longtemps mais sous d'autres appellations (syndrome polyalgique diffus, fibrosite), la fibromyalgie est une maladie douloureuse diffuse pour laquelle aucune anomalie biologique ni anatomique n'est décelée : on dit qu'elle n'a aucun « substratum organique » et appartient donc à la catégorie des maladies fonctionnelles. Elle est néanmoins reconnue par l'OMS depuis 1992 comme une maladie rhumatismale « non spécifique ».
Assez fréquente, elle concerne environ 4 % de la population, les femmes étant sept fois plus atteintes que les hommes.
Son traitement est difficile : les antalgiques sont souvent inefficaces, et la plupart du temps elle est associée à des symptômes anxieux et dépressifs, une insomnie, de la fatigue, des troubles digestifs et des troubles de la mémoire et de la concentration.
De nombreux psychiatres la considèrent comme l'expression contemporaine de l'hystérie, alors que d'autres la voient plus comme un trouble dépressif, notamment une dépression chronique qu'on appelle « dysthymie ». 
Pour de nombreux chercheurs, la fibromyalgie n'est pas une maladie homogène, et il y a probablement plusieurs sous-types de patients fibromyalgiques, selon la présence d'angoisse, de dépression, l'intensité des douleurs, etc.

Plusieurs études ont cependant montré que 40 à 65 % des patients fibromyalgiques avaient des antécédents d'abus sexuels, et en particulier ceux qui souffraient de troubles anxieux importants.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !

11/ Explications psychologiques de la revictimisation par François Louboff

Note de la documentaliste :
agression et non pas abus qui vient de l'anglais et qui n'a pas la même signification.
il n'y a pas d'usage "normal" de la sexualité des enfants par des adultes, ce terme d'abus est impropre. Un abus d'alcool est permis une agression sexuelle ne l'est pas.
L'agresseur ne devrait pas non plus être caractérisé par un possessif inapproprié : son ou leur.

page 107
Assimiler la revictimisation à une addiction constitue une tentative de compréhension à un niveau biologique. Il existe un autre niveau de compréhension, psychologique, qui fait appel à plusieurs hypothèses :
Les femmes abusées pourraient devenir des proies faciles, incapables de se méfier des hommes dangereux, à cause de leur faible estime de soi, de leur comportement parfois « hypersexualisé », et de leur tendance à idéaliser les hommes.
La répétition du traumatisme peut être comprise comme une colère dirigée contre soi ou contre les autres. Mais les victimes font rarement le lien et ne perçoivent pas que leurs comportements colériques reproduisent inconsciemment des événements traumatiques passés.
La revictimisation peut aussi être le moyen d'apaiser la culpabilité associée à l'abus : elle agit comme une punition. 
Mais cette culpabilité ne serait qu'une culpabilité « écran » qui masque un sentiment beaucoup plus persistant : la honte. 
Toutes les souffrances liées à la revictimisation ne réussiront pas à calmer cette fausse culpabilité, sans cesse alimentée par la honte sous-jacente.
La reproduction active permettrait de remplacer l'impuissance, vécue lors de l'abus, par un sentiment de contrôle.
Le phénomène de l'attachement permet de comprendre les raisons qui poussent certaines victimes à rester avec leurs agresseurs. Face à des situations très angoissantes, la réaction normale, quel que soit notre développement psychologique et affectif, est de chercher une source de réconfort pour nous apaiser, c'est-à-dire une source d'attachement. Lorsque les sources habituelles d'attachement ne sont pas disponibles (le conjoint, la famille, les amis), les victimes peuvent se tourner vers leurs agresseurs, et développer avec eux des liens émotionnels très forts. C'est ce qui se passe dans le syndrome de Stockholm, où les victimes de prises d'otages prennent la défense de leurs geôliers. Nous verrons que l'attachement est lui aussi sous la dépendance du système opioïde endogène. En résumé, mieux vaut s'attacher à quelqu'un qui vous maltraite qu'à personne !
L'identification à l'agresseur : cette expression, issue de la psychanalyse, désigne l'incorporation de l'image de son agresseur. Dans le psychisme de l'individu abusé cohabitent l'agresseur et la victime. La personne abusée s'identifie ensuite, selon les circonstances, à l'agresseur ou à la victime. 
Trois situations possibles :
1. L'agresseur intériorisé attaque la victime : l'individu s'agresse lui-même (automutilations).
2. L'agresseur intériorisé agresse d'autres personnes : l'individu reproduit le traumatisme sur autrui.
3. L'individu, en s'identifiant à la victime qu'il fut, se met en situation d'être agressé de nouveau par les autres : c'est la revictimisation.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !

10/ Quand être victime devient une addiction par François Louboff

Page 105
Des vétérans de la guerre du Vietnam, souffrant d'un SSPT et soumis à une douleur physique expérimentale, ont mesuré cette douleur avant et pendant la projection d'un film décrivant les combats au Vietnam. On s'est aperçu que regarder le film leur rappelait leur propre traumatisme et réduisait la douleur de 30 %, ce qui équivalait à 8 mg de morphine2.
Cette expérience confirme ce que de nombreux auteurs ont observé depuis longtemps : des émotions fortes peuvent bloquer la douleur physique grâce à la libération d' opioïdes endogènes3. C'est ce qui explique que des soldats gravement blessés ressentent moins la douleur et ont besoin de moins d'analgésiques.
De la même façon, lorsque des victimes de traumatismes dans l'enfance sont réexposées à des situations stressantes ou qui leur rappellent leur traumatisme, leur taux de noradrénaline augmente, stimulant la mémoire et favorisant le retour dans la conscience des souvenirs traumatiques. Ces personnes fabriquent alors de grandes quantités d'opioïdes, qui ont le même effet qu'une prise de morphine.
2. Van der Kolk Bessel A., op. cit.
3. Les opioïdes ou opiacés endogènes sont des molécules assez voisines des dérivés de l'opium, comme la morphine, mais qui sont fabriquées par notre cerveau.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !

9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale

Page 78
Un autre constat soulève des questions passionnantes. En étudiant les survivants de traumatismes graves, notamment l'Holocauste, on s'est aperçu que leurs enfants présentaient un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population généralel.
Et on a constaté que ces descendants avaient le même profil biologique que celui des victimes directes du traumatisme, notamment des taux de cortisol (une des hormones intervenant dans les réactions de stress) dans le sang nettement plus bas que dans la population générale2
Ce constat pose la question de la transmission transgénérationnelle des traumatismes. Comment le fait de vivre avec des adultes ayant survécu à de graves traumatismes pourrait-il faciliter l'apparition d'un véritable SSPT ?

Selon l'une des hypothèses, le comportement des victimes influence l'équilibre biologique de leurs enfants: l'irritabilité chronique, les colères ou la froideur émotionnelle des victimes pourraient provoquer des altérations biologiques chez ceux qui vivent avec eux, pouvant favoriser l'apparition d'un véritable SSPT !
1. Yehuda R., «Changes in the concept ofPTSD and trauma», Psychiatrie Times, April 2003, 20 (4).
2. Yehuda R. et coll., «Parental posttraumatic stress disorder as a vulnerabilit y factor for low cortisol trait in offspring of holocaust survivors », Arch Gen Psychiatry, 2007, 64 : 1040-1048.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !

8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation par François Louboff ?

Page 69
On appelle « PAN » (partie apparemment normale) la partie de la personnalité qui gère le quotidien, c'est-à-dire la personnalité ressentie par la victime comme sienne et perçue par l'entourage (bien que différente de celle qu'elle avait avant le traumatisme).
Elle cherche à éviter à tout prix les souvenirs traumatiques tout en continuant d'assumer les fonctions de la vie quotidienne.
Éviter les souvenirs traumatiques venant de la PE (partie émotionnelle) peut être considéré comme un moyen d'adaptation pour que le comportement de la victime dans la vie quotidienne ne soit pas trop compromis. C'est en ce sens que la dissociation possède une fonction défensive.

Comment la PAN peut-elle réagir pour éviter et fuir toute allusion au traumatisme ?

Elle peut l'oublier (amnésie), se protéger des émotions douloureuses (anesthésie affective), essayer de penser à autre chose (troubles de concentration), fonctionner sur un mode « économique » (diminution des besoins quotidiens et des désirs). Cet évitement peut aussi se manifester par des symptômes somatiques tels qu'une anesthésie, une paralysie ou une cécité.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !

7/ Qu'est-ce que la PE - partie émotionnelle - après un traumatisme par François Louboff

Page 68
On appelle « PE » (partie émotionnelle) celle qui continue à vivre le traumatisme comme s'il était toujours actuel, et qui tente de se protéger de signaux extérieurs perçus comme dangereux.
…/…
Cette partie de la personnalité contient les souvenirs traumatiques et ne cesse de vivre le traumatisme comme si c'était la première fois. Elle reste figée dans ce qu'on appelle la « reviviscence » du traumatisme et dans les processus mis en place pour se défendre contre de nouvelles menaces extérieures.
Ces souvenirs traumatiques sont très différents des souvenirs habituels chargés d'émotion, car ils impliquent une conscience de soi différente de celle vécue lors d'un banal souvenir autobiographique. Rappelons que les constituants des souvenirs traumatiques, c'est-à-dire les images, les sensations, les émotions, les comportements, sont stockés séparément. Cette fragmentation ne permet pas à l'événement traumatique d'être intégré en un souvenir autobiographique.
______________________
Autres billets sur J'aimerais tant tourner la page de François Louboff
1/ J'aimerais tant tourner la page - Guérir des abus sexuels subis dans l'enfance
2/ Le rôle de la justice dans le statut de victime
3/ L'argent et les victimes de viols par inceste
4/ Enfant d'incestée
5/ Dissociation ? mais de quoi ?
6/ La dissociation est un moyen de défense du psychisme
8/ Qu'appelle-t-on « PAN » – partie apparemment normale après une dissociation
9/ Les enfants – de victimes de viols par inceste – présentent un risque de SSPT trois fois plus important que dans la population générale
10/ Quand être victime devient une addiction
11/ Explications psychologiques de la revictimisation
12/ La fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique
13/ Les souvenirs traumatiques : un autre type de mémorisation
14/ La dissociation traumatique perturbe la mémorisation
15/ L'altération de la mémoire autobiographique
Rendez-vous sur Hellocoton !