« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

14 octobre 2010

Laurent de Villiers : « la sexualité, c’était sale et péché »

Lire l'intégralité de l'interview dans VSD 1729 du 14 au 20 octobre 2010
Le plus jeune fils de Philippe, président du Mouvement pour la France, affirme avoir été violé, dans son enfance, par son frère aîné, Guillaume. Alors que ce dernier est passible des assises, Laurent revient sur cette affaire.

Selon la brigade de protection des mineurs, près de 70 % des jeunes victimes sont agressées par des personnes qu’elles connaissent et 80 % d’entre elles par des membres de leur famille. Un chiffre effrayant. Avec émotion, Laurent de Villiers nous raconte le cauchemar qu’il a vécu et la difficulté à faire entendre la vérité à ses parents. Aux Etats-Unis, il tente de se reconstruire aux côtés des siens.
VSD. Dans quel contexte familial avez-vous grandi ?
Laurent de Villiers. Dans une fratrie de sept enfants élevés dans un milieu catholique traditionnel imprégné de culture royaliste. Un père politique enfermé dans la devise « travail, famille, patrie » et une mère qui ne voit la vie que sous l’angle du paradis et de l’enfer, du Bon Dieu et du diable.
VSD. Votre père Philippe de Villiers, qui sur le plan politique apparaît comme dur, était-il un père autoritaire ?
L. de V. Non, plutôt un père incapable de faire la loi à la maison. C’est ma mère qui faisait régner l’ordre, voire la terreur. Mes frères l’avaient surnommée Folcoche en référence au roman d’Hervé Bazin. Mon père était souvent absent, englué dans son combat politique contre cette « République de merde » comme il aimait dire.
VSD. Quelles relations y a-t-il entre votre père et votre mère ?
L. de V. Mon père prend ma mère pour un miroir. Miroir dans lequel il se mire et s’admire… Maman, elle, s’est toujours vouée à Dieu et à son roi ! Dans la famille Villiers, on n’aime pas, on admire.
VSD. Etiez-vous proche de votre père, vous le benjamin ?
L. de V. Comme j’étais d’un tempérament gai et plutôt clown, nous étions plutôt complices. Petit, j’ai toujours été considéré comme son chouchou. Ce qui, je pense, a provoqué la jalousie de mes frères ainés, Guillaume et Nicolas.
VSD. C’est-à-dire ?
L. de V. Mes frères n’hésitaient pas à me donner des coups, probablement faute d’autorité paternelle. Je me souviens que mon frère Nicolas m’a un jour attrapé par le cou et cogné la tête contre le mur pour me faire comprendre que, lorsque maman criait « à table ! », il ne fallait pas arriver en retard.
VSD. La sexualité, c’était tabou ?
L. de V. Chez les de Villiers, la sexualité, c’est sale et péché. Un jour ma mère a découvert un petit mot sur lequel j’avais écrit : « Géraldine, tu es belle, je t’aime. » Elle m’a alors cité les propos de saint Thomas : « La femme est le premier instrument du diable. » Et mon père m’a convoqué pour me dire que j’étais un « hooligan ». J’avais 12 ans.
VSD. Selon vous, comment votre frère aîné, Guillaume, en serait-il venu à vous violer, enfant ?
L. de V. Je l’avais surpris un jour en train de regarder un film porno et, à la suite de cet événement, il m’avait entraîné de force dans des jeux érotiques, incestueux. Au départ, c’étaient des attouchements. Je n’avais que 10 ans et lui 16, c’était durant l’année 1994. à chaque fois, il prétextait aller jouer avec moi dans une chambre et il n’hésitait pas à me violenter. Je redoutais tellement qu’il me fasse mal que je me soumettais à ses volontés. C’est ensuite que ça a dégénéré.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de VSD

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Autre billets sur l'affaire de Villiers
Affaire Laurent de Villiers : le combat d’un enfant seul face aux viols par inceste
18/12/2010 – Viols par inceste : Laurent de Villiers juge "totalement partial" le non lieu en faveur de son frère
L'histoire des viols par inceste de Laurent de Villiers par son frère
17/12/2010 – Laurent de Villiers : "Je ne me tairai pas"
16/12/2010 – "Laurent de Villiers est un martyr" par Anne de Kervenoael
13/10/2009 – Pressions sur l'édition : l'exemple du livre de Laurent de Villiers
26/11/2006 – Le fief de la famille Villiers refuse d'y croire
31/01/2011 – Chroniques judiciaires du Nouvel obs : Viol présumé chez les Villiers : retour sur une très étrange affaire
03/03/2011 – Un article sur l’affaire De Villiers retiré du site du Nouvel Obs
11/05/2011 – Guillaume de Villiers, accusé de viols par son frère Laurent, le poursuit pour chantage et subornation de témoin par Isabelle Monnin.
16/05/ 2011 – Un mail relance le duel juridique des Villiers par Ondine Millot
1/11/2011 – Affaire de Villiers : Qu'as-tu fait de ton frère ?
2 novembre 2011 – Canal + 19h – Laurent de Villers parle de son livre sur l'inceste
Laurent de Villiers : Le fils mots dits par Ondine Millot
Laurent de Villiers a déclaré que son père lui avait dit "que cela ne le concernait pas et que c'était entre moi et mon frère".
Laurent de Villiers : le pourvoi pour viols par inceste examiné le 7 décembre 2011
2 novembre 2011 – A2 Journal de 20h – Laurent de Villiers
5 novembre 2011 – fracassante émission pour Laurent de Villiers
5 novembre 2011 – Emission "On n'est pas couché" avec Laurent de Villiers
Tais-toi et pardonne ! par Laurent de Villiers
7/12/2011 – Inceste. Après l'annulation du non-lieu, un procès possible dans l'affaire de Villiers
Affaire Villiers : le non-lieu de Guillaume de Villiers est annulé
Laurent de Villiers : "Il n'y a qu'une victime c'est moi, pas mon père.
Affaire Laurent de Villiers : il n'y aura pas de procès aux assises pour viol
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Autre billets permettant un éclairage sur l'affaire de Villiers
La parole interdite dans les familles incestueuses par Martine Nisse et Pierre Sabourin
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12 octobre 2010

2/ Comment est considérée la peine par La défense sociale nouvelle selon Marc Ancel

Marc Ancel
Editions Cujas, 1954, 183 pages
Dans cet ouvrage qui inaugure la série des publications entreprises par le Centre d’études de défense sociale de l’Institut de droit comparé, M. Ancel, avec la rigueur de pensée et la clarté qui lui sont habituelles, s’attache à définir les traits essentiels d’un mouvement doctrinal et pratique dont il est en France un des principaux animateurs.
Son but a été de faire œuvre de synthèse, en dégageant, par delà les divergences secondaires et les positions individuelles extrêmes, le fonds de pensée commun à tous les adeptes de ce mouvement et, du même coup, de mettre en lumière par une comparaison avec les autres doctrines l’originalité de la nouvelle école.
L’idée maîtresse de cette conception, telle que nous l’expose M. Ancel, c’est que la peine doit être considérée uniquement comme l’instrument d’une politique criminelle réaliste et efficace au service du bien commun, et qu’à ce titre, il convient de lui assigner pour fonction primordiale la réadaptation sociale du délinquant, seule de nature à concilier la protection de la collectivité avec l’intérêt véritable de l’individu à qui elle restituera sa pleine valeur de personne humaine consciente de sa dignité et de ses responsabilités.
Une telle orientation des institutions répressives ne s’oppose pas seulement aux tendances traditionnelles qui, après avoir présidé à l’élaboration de notre Code pénal et dominé l’école classique, commandent encore les réactions plus ou moins réfléchies de l’opinion en présence du crime.

Aborder de ce point de vue le problème de la délinquance conduit, en outre, à donner, d’autre part, à la notion de défense sociale une portée sensiblement différente de celle que lui attribuaient l’école positiviste et les doctrines qui en sont dérivées.
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Inceste maternel : l'amour en plus par Caroline Eliacheff

26/07/2004
Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste.
Statistiquement, 90 % des actes pédophiles sont commis par des hommes et 10 % seulement par des femmes. Pourtant, faits divers, publicité, livres à succès débordent d'incestes maternels, au pluriel et sans explication.
L'inceste mère-fils est rarement sanctionné et l'inceste mère-fille avec passage à l'acte reste exceptionnel. Or, deux femmes viennent d'être condamnées pour actes pédophiles sur leurs propres enfants et ceux de leurs voisins sans que le caractère exceptionnel de ces faits ait été remarqué.
Plus extraordinaire encore : les deux mères, Myriam Delay et Aurélie Grenon agissaient en groupe avec leurs compagnons et tous leurs enfants réunis. A la lecture des comptes rendus d'audition, il est quasi impossible de savoir si c'est un enfant ou une adulte qui parle.
Myriam Delay ­ la principale accusée Ñ ne parle pas comme une enfant trop bavarde, elle est une enfant. Elle n'a ni grandi et ni enfanté : elle a crû et s'est reproduite. Il n'y a aucune différence générationnelle perceptible entre parents et enfants dans ces familles. Rien ne les sépare, mais rien ne paraît non plus les unir.
En violant l'interdit de l'inceste après avoir elle-même été violée, Myriam Delay accède à la forme de toute-puissance particulière aux enfants de moins de trois ans, qui ­ justement ­ n'ont pas encore intégré l'interdit de l'inceste. Elle accuse, elle absout, elle dicte capricieusement sa loi sans que rien ne l'arrête. Et dire que la France entière s'interroge sur la crédibilité de la parole des enfants...

On ne recense en France que 10 % de femmes pédophiles parce qu'on se focalise sur l'acte sexuel, dont la trace peut valoir preuve en justice. Or l'inceste se définit par une autre caractéristique tout aussi importante : la formation d'un couple par exclusion du tiers.
Une relation mère/­fille (ou mère-fils) dont le père est exclu peut être qualifiée « d'inceste platonique », selon l'expression de Nathalie Heinich. En littérature, Hervé Bazin appelle « maternite » ce basculement d'une jeune épouse en mère absorbée par sa maternité, délaissant son mari et sa propre identité d'épouse, et troquant la sexualité conjugale contre la sensualité maternelle. En psychanalyse, Winnicott l'appelle « préoccupation maternelle primaire ».

A mesure que l'enfant grandit, l'inceste platonique prend la forme d'une emprise grandissante allant jusqu'à ce que la psychanalyste Alice Miller appelle « l'abus narcissique » : les dons de l'enfant sont exploités pour combler les aspirations insatisfaites ou refoulées d'une mère idéalement dévouée. Comme les filles deviennent rapidement parties prenantes de cette relation d'emprise, ce versant négatif de l'amour maternel est difficile à débusquer : comment et à qui se plaindre d'un excès d'amour ?
Quant au deuxième type d'inceste mère-fille, il s'appelle justement l'inceste du deuxième type. L'anthropologue Françoise Héritier l'a défini la première comme la relation sexuelle de deux consanguins avec le même partenaire, par exemple quand une mère et sa fille ont une relation sexuelle avec le même homme. Cette relation introduit « une intimité charnelle entre consanguins inconcevable, indicible autrement que par le sous-entendu des mots ». Ce type d'inceste ne fait pas l'objet d'une prohibition universelle, mais il n'est pas non plus clairement autorisé, puisque sa transgression provoque pour le moins un malaise.
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Association québécoise Plaidoyer-Victimes

Mission et objectifs
Dès les débuts de l'Association, en 1984, les objectifs sont clairs :
  • sensibiliser les intervenants et le public aux besoins des victimes ;
  • informer les victimes des ressources disponibles ;
  • agir comme groupe de pression à l'égard des instances concernées ;
  • développer des propositions, des positions, des commentaires portant sur la situation des victimes, sur les améliorations à apporter, sur les droits des victimes ;
  • promouvoir la coordination des activités entre les intervenants, les réseaux d'entraide et les organismes communautaires ;
  • développer des connaissances sur la situation des victimes et la victimisation.

Depuis sa création, l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes a poursuivi sa mission et ses objectifs et a ainsi pu contribuer au développement de nombreux programmes et initiatives qui ont permis l'amélioration des pratiques à l'endroit des victimes, une meilleure compréhension de leurs besoins et l'humanisation du système de justice pénale.

L'Association est forte de la présence de ses quelque 275 membres (organismes ou individus) provenant des organismes d'aide aux victimes, du système d'administration de la justice, du réseau de la santé et des services sociaux, de la pratique privée, du milieu de l'enseignement et de la recherche. Elle compte aussi parmi ses membres des victimes et des proches de victimes.

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11 octobre 2010

14/ Après un choc émotionnel, les prisonniers passaient au stade de l'indifférence et de l'insensibilité aux émotions

Page 138
On retrouve cette indifférence émotionnelle dans un contexte très différent, celui du camp de concentration, avec à nouveau les vertus positives et négatives d'une telle réaction. Le psychiatre V. Frankl précise qu'après une première phase assez courte d'intense choc émotionnel, les prisonniers passaient au stade de l'indifférence et de l'insensibilité aux émotions.
Par exemple, ils ne détournaient plus les yeux lorsqu'ils voyaient leurs compagnons d'infortune subir un châtiment quelconque. Ils étaient devenus insensibles aux émotions, indifférents à tout. Rentrer dans leur coquille leur évitait d'être atteints psychologiquement par les drames qui se jouaient autour d'eux. L'indifférence « faisait partie du mécanisme d'autodéfense de chaque prisonnier. La réalité s'estompait alors, et il pouvait concentrer tous ses efforts sur une seule chose ; sauver sa peau et aider ses compagnons à sauver la leur 42. »

Réaction utile de survie donc, mais qui comporte aussi sa face noire, puisque cette réaction, nous dit V. Frankl, réduisait également la vie intérieure du prisonnier à un état quasi primaire.

42 V. Frankl, Découvrir un sens à sa vie, op. cit. p. 47
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Autres billets sur Le bonheur est toujours possible par Stefan Vanistendael & Jacques Lecomte
1/ Le bonheur est toujours possible. Construire la résilience
2/ Les dangers de la naïveté dans la définition de la résilience par Michel Manciaux en cas de Viols par inceste
3/ L'importance du "tuteur de résilience" après les viols par inceste
5/ L'écriture contre le silence
7/ Nancy Palmer propose donc une approche non pathologique pour comprendre un itinéraire de résilience
8/ Un cas exceptionnel de résilience : Victor Frankl
9/ Démagogie – Donner un sens à sa souffrance quand on a subi des viols par inceste
10/ Le pardon, une porte ouverte sur l'avenir
11/ Le soutien de la foi dans la résilience
12/ Les stratégies employées par les personnes résilientes
13/ Le déni face à une situation extrême n'a rien de pathologique, mais constitue au contraire le premier temps de l'adaptation par Nicolas Fischer
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9 octobre 2010

Agnès Bhil – chanson : Inceste – Touche pas à mon corps


9 octobre 2010
J’ai vraiment un problème avec l’iconographie de cette chanson « Inceste » d’Agnès Bhil, et certaines paroles…
Pourtant je sais à quel point l’ambivalence fait partie des effets secondaires de l’effraction incestueuse…
Mais j’attendrai au moins un commentaire pour rectifier et rendre plus didactique le fait que pour dénoncer l’inceste il ne faut pas accrocher avec des images sexuellement explicites…
dont voici ci-dessous une succession de copiés-collés malheureusement démonstrative !
elle semble coutumière de ce genre d’illustration.
Agnès BIHL - Viol au vent =related famine et guerres =related viol trash
Pour moi, c’est NON, et je crains les effets paradoxaux du genre pousse au crime.
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7 octobre 2010

3/ J'aime bien Roland. Pas les cons qui laissent à leur femme le sale boulot par Laurent Herrou

Page 27
11.
Roland dit : moi, je ne lis pas beaucoup. C'est plutôt ma femme...
C'est souvent le cas.
Comme on dit : c'est ma femme qui fait la cuisine. Qui s'occupe du ménage.
Moi je bricole.
Moi je m'occupe de la bagnole.
Moi je fais des trucs d'homme. Je bosse, moi. C'est ma femme qui fait les trucs ingrats. La vaisselle. La bouffe. La lecture.
En fait Roland s'excuse.
Moi je ne lis pas beaucoup.
J'aime bien Roland. Pas les cons qui laissent à leur femme le sale boulot.
Il dit aussi : il n'y a qu'un auteur que je lise de temps en temps. 
Il dit auteur. Lui aussi.
Je sais de qui il parle.
Il n'y a qu'un auteur que les hommes lisent. Ceux qui laissent les livres à leur femme. Les trucs intellos pour les gonzesses.
Il est peut-être comme les autres après tout.
C'est Stephen King, confirme Roland.
C'est ça un best-seller. Un gars qui ne s'emmerde pas avec les genres.
Je ne fais pas de l'ironie.
Je dis : j'ai lu Stephen King, moi aussi. 
Comme tout le monde.
Un best-seller, je vous dis.
Pour acquérir Cocktail, cliquez sur la couverture du livre
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Autres billets sur le livre Cocktail de Laurent Herrou
1/ Dernier 
représentant d'un genre – hélas – condamné aujourd'hui, c'est-à-dire le courant 
littéraire rangé sous l'étiquette « autofiction »
2/ Document autobiographique sur l’expérience d’un jeune écrivain gay publié à Paris
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5 octobre 2010

Les victimes de l’inceste sur le forum pénal Dalloz

Forum pénal Dalloz
Accueil > Atteintes à la personne, Décisions, Victimes > Les victimes de l’inceste
5/10/2010
La chambre criminelle de la Cour de cassation a rendu, le 23 septembre, un arrêt qui devrait faire couler de l’encre sur la notion de victime de l’inceste (le pluriel employé dans le titre n’est pas anodin !). Cet arrêt (n° 09-84.108) qui est classé I (donc publiable sur internet même s’il n’est pas encore sur le site de la Cour) statue sur la recevabilité de l’action civile de l’enfant né d’un inceste.
En effet, si l’action civile de la victime directe du viol incestueux ne prête pas à discussion, il s’agit, à notre connaissance de la première décision rendue sur la recevabilité de l’action de l’enfant fruit de cet inceste (ce dont on peut se réjouir si l’on considère que c’est peut-être le signe que peu de naissances sont le résultat de tels actes). La recevabilité de l’action pouvait porter à discussion, d’ailleurs, les juges de première instance avaient estimé cette action irrecevable en ce que la naissance en soi ne pouvait constituer un préjudice (cette formulation rappelle une affaire civile célèbre, l’arrêt Perruche qui a été à l’origine de la rédaction de l’article L. 114-5 du code de l’action sociale et des familles invoqué par le demandeur au pourvoi). Par contre les magistrats de la Cour d’appel d’Angers ont accueilli favorablement cette action et ils ont alloué une somme à l’enfant au titre de l’indemnisation de son préjudice moral. Ce préjudice est le suivant : il résulte du fait même de sa conception « dans la mesure où sa filiation paternelle ne pourra jamais être établie par application des dispositions de l’article 310-2 du code civil ».
La Cour de cassation valide ce raisonnement en rappelant les dispositions de l’article 3 du code de procédure pénale portant sur la portée de l’action civile (indemnisation de tous les dommages, matériels, corporels ou moraux) et en relevant que les magistrats d’appel ont (opportunément !) motivé leur décision puisque les dommages-intérêts alloués ne le sont pas pour le seul fait de la naissance.
Sur le principe on peut parfaitement comprendre l’humanité qui sous-tend cette position mais n’est-ce pas là une manière de détourner les dispositions de l’article L. 114-5 précité et de réouvrir le débat de l’indemnisation de l’enfant à naître ?
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Autres billets
17 février 2012 – QPC – Définition du délit d'atteintes sexuelles incestueuses
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