« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

4 mars 2009

Forrester Viviane : Virginia Woolf

Page 13

Ce monde devenu palimpseste et que poètes, peintres, musiciens, penseurs de toutes sortes s'acharnent à discerner en son texte initial, c'est au niveau des apparences qu'il subjugue Virginia : dès l'âge de treize ans, à la mort de sa mère – puis dans un climat incestueux créé surtout par son père, mais aussi au rythme de deuils précoces et successifs –, oui, dès l'enfance, les repères du monde habituel, habitable et admis, menacent de lui échapper, de lui faire perdre pied. Elle a très vite perçu d'autres sens, issus de la perte de tout sens, d'autres possibilités, un univers éclaté. Le retour au quotidien, au monde usité, rationnel et prédit, devait lui sembler aussi étrange, fragile et dangereux que les terrains chaotiques, proches de l'égarement. Le retour à la banalité devait lui sembler plus insolite, énigmatique et chargé de magie que l'explosion des limites. Et certaines cohérences plus fantastiques que le chaos. D'où sa fascination pour l'effervescence mystérieuse de l'instant en sa plénitude, en sa fragilité, en cette réalité, même triviale, brièvement fusionnée au réel et qui figure peut-être, dangereusement, la beauté. Qui supplée au divin : « Il n'y a pas de Dieu. Nous sommes les mots, nous sommes la musique. Nous sommes la chose même. »


Page 15-16

Leonard Woolf a fait accepter son point de vue sur elle par Virginia elle-même sans la convaincre, mais il a su convaincre leur entourage. Et même entraîner avec lui la postérité, grâce à la première biographie documentée de Virginia, non seulement « autorisée » mais commandée, pratiquement dictée par lui à son neveu Quentin Bell. Non pas dictée physiquement : elle n'a paru, et à grand bruit, qu'en 1972 ; Leonard, mort trois ans plus tôt, n'avait lu que les tout premiers chapitres de cet ouvrage, dont l'étoffe avait été, cependant, longuement, patiemment tissée par lui depuis des dizaines d'années, dès les débuts de son mariage avec Virginia.

Le plus révélateur dans cette biographie ? Le ton condescendant de Bell pour parler de sa tante en scotomisant l'écrivain, dont il aimait à dire, non sans coquetterie, qu'il connaissait mal l' œuvre. Revanche instinctive (et que nous retrouverons souvent) chez les survivants de Virginia, entre autres chez Vanessa, sa sœur et rivale bien-aimée, qui était aussi la mère de Quentin : pouvoir enfin disposer de Virginia Woolf, lui intimer respectueusement, officiellement quelque déconsidération camouflée en familiarité ; la comparer avec indulgence, ironie (ici bonhomie) à l'image supposée « normale » qu'elle ne figurait pas. Séparer l'écrivain et la femme pour éviter l'un ou rabaisser l'autre. Avant tout, la banaliser et ridiculiser ses lacunes supposées en regard de cette banalité qu'elle n'intégrait pas. Et, par là, en sens contraire, la marginaliser autoritairement. La remettre, en somme (ou plutôt la mettre et publiquement), à ce que l'on avait toujours espéré être sa place. Et qui le demeurerait en partie – une fois les idées fixes, les justifications, les conclusions de Leonard définitivement homologuées, ratifiées légitimes.

Elle, « un génie », par là d'autant plus excentrique et naïve, folle par intervalles, en permanence mentalement fragile, mythomane sur les bords, frigide qui plus est. La permanence, la force, les prodiges de son travail passant au second plan.

Et lui, en toile de fond, faisant figure de sérieux, d'homme stable, protecteur, de mari sexuellement sacrifié aux inhibitions de sa femme, voué à son sauvetage, veillant sur son œuvre et la permettant.


Page 123

À cinquante-sept ans comme à vingt-sept, elle tourne et tourne et retourne autour des mêmes événements, sans en venir à bout. Et, au centre, on ne trouve pas Julia, mais Leslie. C'est lui qui hantera jusqu'à la fin Virginia déchirée entre la haine, l'amour, surtout le refoulement. C'est lui qui figure le péril. Le mentionne-t-elle dans son Journal, fût-ce en passant, fait-elle seulement mention des montagnes, en particulier des Alpes, le domaine de Leslie Stephen, et, quelques lignes ou quelques pages plus loin, quelques jours, c'est la dépression. Manifeste. On songe d'abord au hasard, mais non, c'est systématique.

Page 124
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D'autres billets sur Virginia Woolf

Ta vie sauvée enfin par Alice Miller

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23 février 2009

Les traumatismes dans l'enfance modifient un gène lié à la réponse au stress dans Psychomédia


Psychomédia avec source:
Science Daily
Les traumatismes dans l'enfance peuvent altérer la façon dont le cerveau réagit au stress, suggère une étude canadienne publiée dans la revue Nature Neuroscience. L'analyse des tissus cérébraux d'adultes qui se sont suicidés a montré des changements génétiques chez les personnes ayant souffert d'abus à un âge précoce. Ces changements affectent la production d'un récepteur impliqué dans la réponse au stress. Cette étude suggère que les expériences de l'enfance, alors que le cerveau se développe, peuvent avoir un impact à long terme sur la façon dont une personne répond aux situations stressantes.
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo Psychomédia
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17 février 2009

Inceste dans le code pénal : comment les parlementaires en viennent à l’inflation législative

Par Maitre Michele Fourtanier le 17/02/09

A l'occasion du rapport de la députée UMP Marise-Louis Fort, on voit resurgir la proposition d'« inscrire l'inceste dans le Code pénal ». La proposition n'est pas nouvelle, tout comme l'argument : l'inceste ne serait pas réprimé en tant que tel, mais compris dans un tout avec les viols et agressions sexuelles.

La non pénalisation spécifique de l'inceste est pourtant loin de garantir son impunité :
• Si l'acte sexuel est consenti, sur un enfant de moins de 15 ans, l'incrimination d'atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans prévu par l'article 227-25 du Code pénal est applicable, et sur un mineur de 15 ans ou plus, l'article 227-27 du même code réprime les atteintes sexuelles commises par les ascendants. Dans l'hypothèse où l'auteur des atteintes est titulaire de l'autorité parentale, l'article 227-28-2 impose au juge de se prononcer sur le retrait total ou partiel de cette autorité ;
• Si l'acte sexuel n'est pas consenti, celles d'agression sexuelle (article 222-27) et de viol (article 222-23) trouvent à s'appliquer, d'autant que le fait que ces infractions soient commises par un ascendant est un circonstance aggravante (respectivement 222-28 et 222-24). Si l'auteur du viol ou de l'agression sexuelle détenait l'autorité parentale sur la victime, l'article 222-31-1 du même code impose au juge de statuer sur le retrait total ou partiel de cette autorité.

Qu'apporterait dès lors l'inscription de l'inceste dans le Code pénal ? Une reconnaissance symbolique de ce qu'ont subi les victimes d'inceste non consenti ? On peut penser que cette reconnaissance de la qualité de victime est déjà assurée par une condamnation au titre d'une des infractions précitées. Une pénalisation systématique de l'inceste, y compris entre majeurs consentants ? On peut s'interroger sur la légitimité d'une telle disposition, alors qu'existent déjà des sanctions civiles (empêchement à mariage, interdiction d'établir le lien de filiation) et sur sa conventionalité au regard de l'article 8 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales qui garantit le droit à la vie privée familiale.
Au final, regrettons :
• que nos députés continuent à penser que la création d'une infraction spécifique de plus permettrait de régler un comportement quand ce comportement est déjà réprimé par le droit existant,
• que nos parlementaires continuent à produire des lois de communication ,
quand des questions bien réelles, comme la situation dans les prisons et lieux de détention, pourraient utilement bénéficier de leur attention.
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12 février 2009

Les violettes sont les fleurs du désir par Ana Clavel – relation incestuelle Père/fille

François Gaudry (Traducteur)
Broché
Paru le : 12/02/2009
Editeur : Métailié
EAN : 9782864246749
Nb. de pages : 105 pages
Poids : 160 g
Dimensions : 14cm x 21cm x 1cm
Julian Mercader, héritier d'une fabrique de poupées, éprouve du désir pour sa fille Violeta.
Angoissé à l'idée de passer à l'acte, il crée une série de poupées, les Violettes, qui lui servent de substitut. Mais ces Violettes, présentées lors d'une foire internationale, commencent à incarner les fantasmes de nombreux clients qui passent des commandes extravagantes. Le succès de l'entreprise fait de Julian la cible d'une société secrète. Et il finira par découvrir plus pervers que lui... Ce récit d'une sublimation est remarquable à plusieurs titres.
Par son climat mystérieux, captivant, plus suggestif qu'explicite, servi par un art subtil de provoquer le trouble qui n'est pas sans rappeler Cortazar et Nabokov. Mais il l'est surtout par une écriture tenue de bout en bout, souple, insinuante, sans faiblesse ni complaisance. Remarquable aussi le talent d'Ana Clavel d'inscrire mezza-voce, par la bouche de son personnage mais sans jamais alourdir le déroulement de l'intrigue, une méditation poétique sur l'art de Hans Bellmer, le désir, les parfums, la folie.
Un roman singulier et délicatement scandaleux.
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Autres billets sur Les Violettes sont les fleurs du désir

La blessure dans les Violettes sont les fleurs du désir de Ana Clavel
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La Chronique d'Alain-Gérard Slama Eloge de la prescription

France culture
jeudi 12 février 2009

8h25 : La chronique d'Alain-Gérard Slama
Eloge de la prescription
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28 janvier 2009

Sondage Ipsos : Les Français face à l’inceste

28/01/2009
Les Français connaissent-ils des personnes victimes d’inceste ?
Personnellement, connaissez-vous dans votre entourage une ou plusieurs personnes qui étant enfant ou adolescent ont rencontré les situations suivantes avec un membre de leur propre famille (par exemple un père, une mère, un grand-père ou encore un oncle ou un frère) ?
26% des Français connaissent au moins une personne victime d’inceste dans leur entourage.
Qui sont les personnes victimes d’inceste que les Français connaissent ?
Ces personnes (enfant, adolescent ou adulte) qui ont été victimes de ces situations étaient-elles… ?
Au total ce sont donc 3% des Français qui déclarent avoir été victimes d’inceste
(5% des femmes / 1% des hommes)
Comment la situation a-t-elle été gérée ?
Parlons de la dernière fois que vous avez eu connaissance d’une telle situation. Dites-moi d’après ce que vous en savez, si les choses suivantes se sont passées ?
Les Français sauraient-ils réagir si un mineur leur disait être victime d’inceste ?
Personnellement, si un mineur vous disait qu’il est victime d’un inceste, sauriez-vous comment réagir ?
Les Français révéleraient-ils aux autorités qu’un mineur s’est confié à eux, même si ce dernier ne veut pas diffuser l’information ?
Et si le mineur qui vous disait être victime d’un inceste exigeait de votre part un secret absolu sur cette révélation
La connaissance du fait que l’inceste n’est pas réprimé en tant que tel au sein du code pénal, que feriez-vous ?
Selon vous, l’inceste est-il réprimé en tant que tel au sein du code pénal ?
Pour lire la suite des questions du sondage et leur réponse, cliquez sur le logo IPSOS
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"La reconstruction des victimes ne peut être faite sans une reconnaissance de l'inceste" par Emilie Cailleau

Emilie Cailleau,
publié le 28/01/2009
La députée Marie-Louise Fort, chargée par Jean-François Copé d'une mission sur l'inceste, présentait ce mercredi matin les conclusions de son rapport.
Entretien.

Un sondage Ipsos* réalisé les 16 et 17 janvier dernier (lire notre article) révèle que 3% des Français – et 5% des femmes – déclarent avoir été victimes d'inceste. Est-il facile d'évaluer ce phénomène ?

Malheureusement non. J'ai accepté la mission confiée par Jean-François Copé car j'avais eu connaissance d'un cas d'inceste dans ma circonscription quelques années auparavant. Une de mes premières tâches a consisté à chercher des statistiques en France. Mais il n'en existe pas. On constate que contrairement à d'autres pays d'Europe, la France ne dispose d'aucune étude sérieuse en France sur l'inceste. Le sondage Ipsos que vous mentionnez n'est donc qu'une indication de l'importance du phénomène et non des statistiques.

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de l'Express.fr

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bernard - 30/01/2009

Merci iconoclaste d'expliquer l'inceste ! Et bien oui l'inceste va bien au delà de la notion du viol... d'ailleurs qui à une définition claire et juridique de ce mot ? car il semble que cela varie d'une juridiction à l'autre ! Dans l'inceste il y a l'emprise de l'adulte sur l'enfant qui est enfermé dans un filet affectif car il cherche malgré tout à être aimé de son abuseur !

Dans l'inceste il y a la torture répété : quand l'enfant sait qu'il va passer à la casserole dans quelques minutes, la terreur qu'il peut ressentir n'a pas de nom ! connaissez vous les conséquence de cette terreur ? c'est un appel à mourir comme seule délivrance.

Dans l'inceste il y a culpabilité car la victime va se sentir coupable de la faute pour protéger son agresseur car il cherche son amour... Imaginer la culpabilité si en plus la victime à ressenti son corps réagir, s'il y a eu un orgasme ! L'inceste c'est découvrir parfois des années après, quand l'enfant devient adulte, l'interdit des gestes subits, la culpabilité de ses gestes ! l'inceste c'est en vouloir à son corps d'avoir été une proie trop facile, c'est l'automutilation, c'est parfois la prostitution, souvent les conduites addictives.. la défonce pour faire payer à ce corps !

Viol ou pas viol, pénétration sexuelle ou non, là ne doit pas être le débat de l'inceste, l'inceste c'est bien plus vaste, bien plus grave, c'est souvent obliger sa victime à se tuer elle même !

bernard (webmaster http://www.sos-inceste-pour-revivre.org)

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sophie avocat - 28/01/2009

Affirmer, comme vous le faites dans l'encart ci-dessus, que l'inceste n'est pas considéré comme un crime et réducteur ne rend pas compte de la réalité juridique. Selon la nature des faits, l'inceste constitue un délit ou un crime (le viol est toujours un crime) et le Code Pénal qualifie de circonstance aggravante le fait ces crimes ou délits soient commis par des ascendants ou des personnes ayant autorité. la conséquence est que le viol incestueux doit être puni plus sévèrement qu'un viol non incestueux. Le Code pénal punit donc déjà l'inceste.

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2 janvier 2009

Intérêt de l'EMDR dans la prise en charge des traumatismes psychiques

COTTENCIN, Olivier,
(MD, PhD) Docteur en Neurosciences
DOUTRELUGNE, Yves
Médecin et psychothérapeute
JIDV 20 (Tome 7, numéro 2 - 2009)

Quel substratum théorique ?

Comme l’ensemble des psychothérapies focalisées sur le traumatisme, l’EMDR part d’un constat partagé par tous : l’évocation simple du trauma qui se répète à chaque consultation est insuffisante voire dangereuse en ce qu’elle peut entraîner une survictimisation par un renforcement mnésique de la scène et ainsi aggraver la symptomatologie du patient.

L’EMDR est donc proposée comme un protocole sécurisant pour accompagner le patient lorsqu’il se rappelle le noyau traumatique. Car en effet, ce rappel sollicite non seulement l’intellect et le verbal mais encore tous les canaux sensoriels, les émotions, les cognitions. Nous passerons rapidement sur la théorisation de l’intérêt de l’EMDR comme analogie aux mouvements rapides oculaires du sommeil (REM) pour ne retenir que les hypothèses cognitivistes les plus récentes qui considèrent finalement l’état de stress post traumatique comme une maladie de la mémoire (McNally 2003).

En effet, au cours de l’état de stress post traumatique, la mémoire autobiographique semble bloquée et le sujet ne peut dépasser l’évènement traumatique (McNally 1997). Ainsi l’EMDR permettrait d’adjoindre une stimulation sensorielle autorisant au souvenir traumatique d’être réinséré dans le processus de mémoire avec un statut de souvenir révolu.

Pour lire l'article, cliquez sur le logo du journal international de victimologie

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